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![]() Place des Martyrs, Beyrouth 1990 Le
Liban en chiffres, août 2001 |
Jour noir pour le Liban
Charles Abdallah dénonce le retour au pouvoir des mêmes forces
politiques qui ont gouverné le pays depuis la fin de l’année 1992,
à l’exception d’une courte parenthèse entre 1998 et 2000, et qui
portent seules l’entière responsabilité du désastre économique
dans lequel se débat le pays: «Ce qui rend perplexe, ce qui devient de plus en plus suspect,
c’est la volonté des puissances occidentales, nouvelles autorités de tutelle
du pays, de bâcler le processus démocratique et de ramener au pouvoir ceux qui
ont désagrégé l’Etat et l’ont mené à la ruine. Avec, en plus, la
mission de réformer ce même Etat ! On croit rêver. Deux explications
possibles: Pour les Occidentaux, n’importe qui au pouvoir fera l’affaire
parce que, de toute manière, ce sont eux qui dirigeront effectivement le
pays. Pas besoin alors de s’embarrasser de démocratie. Des gens corrompus et affaiblis par leur bilan passé sont
plus faciles à contrôler. Ils peuvent notamment être amenés plus
facilement que d’autres à exécuter les tâches qui leur seront assignées
par les puissances de tutelle dans le cadre de leurs politiques régionales.»
Une version moins conformiste de
l'assassinat de Rafic Hariri. Le journaliste et éditorialiste US,
Wayne Madsen, les
Etats-Unis avaient demandé à l'ancien premier ministre libanais d'installer
une base
militaire au nord du Liban (traduction
française),
raison pour laquelle les troupes syriennes devaient quitter totalement
le Liban. Hariri, fervent nationaliste arabe était connu pour son
opposition à ce projet. Le contrat, avant même la signature d'un
accord avec le Liban, a été remis par le Pentagone à la firme Jacobs
Engineering Group, sise à Pasadena en Californie en partenariat avec le
groupe Bechtel. Cette base devait servir de plate-forme logistique et de
transit pour les troupes US en Irak. Elle devrait servir à protéger
les oléoducs US dans la région (Bakou-Tbilissi-Ceyhan et
Mossoul-Kirkouk-Ceyhan) ainsi qu'à la déstabilisation de la Syrie. Des
indices permettent de penser que cette base en gestation serait aussi
importante que la base US au Qatar. Plusieurs sources de renseignements
se recoupent pour indiquer que les assassinats ciblés de personnalités,
telles Elies Hobeika et Rafic Harriri, relèvent du feu vert de l'adjoint
au chef d'Etat-Major, Karl Rove et du vice conseiller à la sécurité
nationale à la Maison Blanche, Elliot Abrams.
-
La
liberté à portée de mains, enfin 16/03/2005
Quinze
ans de meurtres et d’oppression, de justice arbitraire, de pillage et de
vexations. Quinze ans d’occupation.
Quinze ans ont ainsi passé depuis ce 13 octobre 1990, lorsque la chasse
syrienne avait déchiré le ciel libanais pour mettre fin à tout espoir
de liberté, d’indépendance, de souveraineté. Dans les semaines et les
mois précédant ce terrible jour, les mêmes gigantesques rassemblements,
les mêmes forêts de drapeaux, la même fraternité qui submergent
aujourd’hui Beyrouth avaient, déjà, enflammé des semaines durant les
collines et les champs qui entouraient le palais de Baabda, siège du
gouvernement du premier ministre de l’époque, Michel Aoun. Lui aussi,
avec eux, réclamait, déjà, le départ des troupes syriennes, des
troupes israéliennes encore présentes au sud, et le désarmement des
milices.
Hélas, les préparatifs de la première guerre du Golfe exigeaient le
sacrifice du pays sur l’autel d’intérêts géostratégiques
essentiellement américains. Il fut livré pieds et poings liés à Damas
pour prix de son alignement ou à tout le moins de son silence, même
provisoire.
Deux guerres plus tard, le Liban voit le bout du tunnel à
la faveur d’autres intérêts géostratégiques qui font
qu’aujourd’hui, les puissances qui réclament avec le plus d’emphase
sa libération, sont celles-là mêmes qui ont le plus à faire oublier de
leur lâcheté d’alors pour les unes, de son cynisme et de sa cruauté
pour l’autre.
Quinze ans d’occupation allaient ainsi ponctuer, sous la botte syrienne,
quinze ans d’une guerre dite civile et dont ne rappellera jamais assez,
sans rien vouloir soustraire à la responsabilité de l’élite
libanaise, écrasante, qu’elle hébergea aux moins deux armées régulières
étrangères et une volée de milices téléguidées de bien d’autres
capitales que Beyrouth.
Un tunnel heureusement éclairé
par une jeunesse résistante bien qu’abandonnée, et plus généralement
par tous ces hommes et ses femmes qui, dans ce Liban désormais occupé,
ont défié le joug syrien et la trahison de leurs
gouvernants au péril de leur vie ou de leur liberté. Quinze ans durant
lesquels aussi, jetés hors du pays par l’occupant et le pouvoir fantoche mis en place à Beyrouth, les hommes qui suivirent en exil Michel
Aoun auront eux aussi combattu de toutes leurs forces, de tout leur cœur,
pour maintenir le flambeau de la liberté intact, visible, vivant. Sans relâche,
ils auront dénoncé l’occupation
syrienne, lutté contre l’oubli et l’indifférence, la calomnie et le
mensonge, contre
l’ignorance et l’usure.
Aujourd’hui, ce soulèvement du peuple tout entier contre l’occupant
rappelle avec tout l’éclat des causes justes que toujours et partout la
résistance est le seul choix possible, honorable.
A la veille de rentrer chez
eux dans un Liban bientôt libéré, ces hommes et leur famille mesurent
aussi le chemin parcouru, le sacrifice consenti. Mais avec au fond du cœur
ce bonheur
indicible d’avoir fait ce qui devait être fait. Dans l’honneur.
Alors que d’autres fuiront dans la honte, ces hommes vont rentrer en héros,
retrouver ceux pour qui ils n’ont jamais baissé la tête, ce pour quoi
ils se sont toujours battus.
Bon retour chez vous
Vers
la fin du calvaire libanais? Encore du real politik
23/02/2005 Le 13 octobre 1990 au
petit matin, six chasseurs syriens entraient dans l’espace aérien
libanais et larguaient par groupes de deux en trois vagues successives leur
cargaison mortelle sur le palais présidentiel de Baabda. La «guerre
de libération» conduite depuis deux ans par le>J
général Michel
Aoun, nommé conformément à la Constitution premier ministre par intérim en
1988 (décrets 5387-5388), touchait à
sa fin. De mémoire de Libanais, jamais, durant toute la guerre dite
civile, une chasse autre qu’israélienne n’avait pu survoler le Pays
des Cèdres, notamment lors des monstrueux bombardements de Beyrouth en
1982 (15'000 morts). Que les appareils de Damas opèrent leur percée sans encombre
avait donc été un message en soi. Les Américains, d'abord
hostiles à la nomination du général Aoun mais, surtout, en pleins préparatifs
de guerre contre l'Irak, avaient donné leur feu vert à l’opération.
De même que Tel Aviv qui avait toutefois exigé, selon les
confidences d'un diplomate français en poste à Beyrouth au moment
des faits, que l'opération soit menée avec des Sukkoys et non
des Mig beaucoup trop dangereux.
Pour Washington, il s'agissait alors de s'assurer de la passivité de
Damas avant le déclenchement de Tempête du Désert et le jeu
des priorités avait placé le Liban dans la catégorie des pions pouvant
être sacrifiés, au moins provisoirement. Pour une grande partie de la
jeunesse libanaise, c'en était fini des rêves de libération. Pour le
Vieux Lion Afez el-Assad, père de Bachar, c'était le rêve de Grande
Syrie tout à coup à portée de main. De canon d'abord. Car la
brutalité de l'assaut syrien plongea ensuite le Liban dans la
terreur, dans l'effroi. Les jours qui suivirent furent ceux du
carnage, de la démesure barbare. Des centaines de civils et de
prisonniers de guerre furent exécutés, massacrés, au point que la
Communauté internationale dut appeler Damas à ne pas fêter sa victoire
avec tant de ferveur sanguinaire. A peine trois mois plus tard, le général
Schwartzkopf lançait la coalition internationale à l'assaut de l'Irak.
La Syrie n'allait pas broncher, trop occupée à prendre ses aises dans un
Pays des Cèdres où ses troupes stationnaient ou guerroyaient depuis
1975, mais dont elle pouvait enfin commander officiellement la destinée.
Quinze ans plus tard, le Grand jeu a été largement bouleversé dans
la région. Les projets américains de remodelage complet du Moyen-Orient,
désormais assumés au grand jour, ont fait chuter Damas du rang d'allié
objectif de Washington à celui de suppôt de l'Axe du mal. De résolution
onusienne en menaces directes à peine voilées, Les Etats-Unis
pointent désormais un doigt accusateur vers Damas, réclamant ni
plus ni moins que son
«départ
immédiat»
du Pays des Cèdres.
C’est que dans ce grand chambardement moyen-oriental Damas
forme, avec Téhéran, le dernier couple de verrous que
l'administration Bush a l'intention de faire sauter, plier en tout cas.
Commencer par Damas offre plusieurs avantages. Tout d'abord, chasser
Bachar el-Assad hors du Liban, c'est promettre la Syrie à une crise économique
majeure tant, depuis quinze ans, le pays des Cèdres est devenu la vache
à lait de Damas, occupant notamment des centaines de milliers de ses
travailleurs. Et qui sait, bien «accompagnée», une défaite stratégique
conjuguée à une crise économique pourraient même conduire à la chute
d’un régime baasiste mis en échec sur tous les fronts. Ou l’obliger
à des compromis moyennant compensations.
Pour le court terme, un tel retrait des 14'000 soldats syriens
toujours en poste au Liban aurait encore ceci d'appréciable pour Washington
qu'il imposerait un redéploiement de l'armée libanaise jusqu'au
Liban sud. Avec, pour corollaire, le désarmement d'une milice du
Hezbollah soutenue par... l'Iran. Et après avoir cassé la milice de
Sadr en Irak, proche de Téhéran, la neutralisation du Hezbollah reviendra
donc aussi, pour les Etats-Unis, à mouiller la mèche d’un autre pétard iranien,
limitant ainsi les capacités de riposte de Téhéran au cas où...
Dans ce grand jeu, poussés à bout par l'assassinat de Rafic
Hariri, les Libanais ont compris que, grâce aux nouveaux besoins de
Washington dans la région, il pouvaient regagner leur liberté avec
l’aide de ceux qui, jadis, avaient eu intérêt à la leur soustraire.
Ironie du sort? Juste real politik. Toujours écrite en lettres de
sang.
- Le gouvernement fantoche du Liban attaque Michel Aoun 30/09/2003 Les Etats-Unis ont critiqué hier les poursuites engagées par la justice libanaise contre l'ex-chef de gouvernement antisyrien, Michel Aoun, en raison de ses propos tenus devant le Congrès américain, jugés préjudiciables aux relations du Liban avec la Syrie. «L'enquête des autorités libanaises à propos de la table ronde du général Aoun avec des membres du Congrès met en question l'engagement (du Liban) vers la liberté d'expression et la tolérance envers les diverses opinions politiques», a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Rhonda Shore. Cette démarche est «en contradiction avec la longue tradition de liberté d'expression politique» au Liban, a ajouté Mme Shore, porte-parole du Bureau des Affaires du Proche-Orient au département d'Etat. Le général Aoun, chef en exil d'un courant hostile à la présence syrienne au Liban, et qui jouit toujours d'une très grande popularité au pays des Cèdres, a rejeté les accusations portées contre lui et revendiqué le droit de critiquer le pouvoir libanais et la Syrie. Le procureur général Joseph Maamari a accusé M. Aoun de «mener et de planifier (...) des actions susceptibles de perturber les relations du Liban avec un Etat ami». S'il est condamné, M. Aoun encourt jusqu'à 15 ans de prison, et sera déchu de ses droits civils et interdit de séjour au Liban. Ex-commandant en chef de l'armée et dernier premier-ministre a avoir été nommé dans le respect de la Constitution, il a été évincé du pouvoir en 1990 par une offensive militaire syrienne qui avait reçu l'aval, à l'époque, de Washington et Tel-Aviv. Il est vrai qu'il s'agissait alors, pour les Etats-Unis, de se garantir la passivité du régime de Damas durant la première ratonnade pétrolière contre l'Irak.
- Démission du gouvernement fantoche
du Liban 15/04/2003 Le premier ministre libanais Rafic Hariri a présenté mardi sa démission,
acceptée par le président Emile Lahoud qui lui a demandé d'expédier
les affaires courantes, selon un communiqué de la présidence. Le président
va entamer «à partir de demain (mercredi)» les consultations pour désigner
le nouveau Premier ministre, selon le communiqué, qui ne précise pas
les raisons de la décision inattendue de M. Hariri. Le communiqué a été
publié à l'issue d'une réunion de dix minutes entre les deux hommes
au palais présidentiel de Baabda, dans la banlieue est de Beyrouth.
Interrogé par la presse sur le point de savoir s'il allait former lui-même
le prochain gouvernement, M. Hariri a indiqué que les consultations décidaient
du futur chef du gouvernement. Selon des sources gouvernementales, M.
Hariri devrait être reconduit dans son poste. Le gouvernement démissionnaire,
formé en octobre 2000, compte 30 ministres.
Rappelons que depuis le triste jour du 13 octobre 1990, date de
l'invasion du Liban par les troupes syriennes grâce au feu vert étasunien,
les gouvernements fantoche successifs qui ont dirigé le Pays des Cèdres
étaient aux ordres de Damas.
Repérages israéliens 13/04/2003 L'aviation israélienne a multiplié dimanche ses survols du Liban, provoquant des tirs des batteries anti-aériennes du Hezbollah chiite, en dépit d'un récent appel de l'ONU à l'Etat hébreu à mettre fin à ses violations de l'espace aérien libanais. Des chasseurs bombardiers israéliens ont, à trois reprises tout au long de la journée dimanche, survolé le Liban sud, a annoncé la police. Ils ont en outre survolé cette région dans la nuit de samedi à dimanche, un fait peu fréquent, a-t-on ajouté. Les survols israéliens du Liban, quasi-quotidiens depuis début avril, se sont intensifiés depuis la chute annoncée du régime du président irakien Saddam Hussein, englobant généralement la totalité du pays. Jeudi, au lendemain d'un survol intensif du Liban, Staffan de Mistura, représentant personnel au Liban du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, avait jugé ces survols «inquiétants» et appelé l'Etat hébreu à cesser ses violations de l'espace aérien libanais qui «exacerbent la tension dans cette période délicate».
- Damas de plus en plus isolée
Multiples violations de l'espace aérien libanais 12/01/2003 Des avions de combat israéliens ont violé dimanche l'espace aérien libanais, crevant le mur du son au-dessus du sud et du nord du pays, ainsi que de Beyrouth, a indiqué la police libanaise. Deux avions ont survolé le port de Tyr (83 km au sud de Beyrouth) ainsi que la région environnante, a-t-on indiqué de même source, ajoutant que la DCA du parti intégriste chiite Hezbollah avait ouvert le feu sans atteindre les appareils. Les avions se sont dirigés vers Beyrouth puis, plus au nord, vers Tripoli et la région du Akkar, proche de la frontière avec la Syrie. Il s'agit du quatrième survol israélien du territoire libanais en une semaine.
Liban menacé 06/01/2003 Israël frappera les «infrastructures terroristes» au Liban si le mouvement chiite du Hezbollah profite d'une offensive américaine contre l'Irak pour l'attaquer, a prévenu lundi le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz. «Si le Hezbollah tente d'ouvrir un front au nord (d'Israël) lors d'une attaque américaine contre l'Irak, nous ne resterons pas les bras croisés et Israël sera obligée de détruire les infrastructures terroristes au Liban», a affirmé Mofaz à la radio publique. Le chef du Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah, avait mis en garde, fin novembre, contre «une agression israélienne contre le Liban et la Syrie, concomitante» à une guerre en Irak, et averti que son parti réalisera alors une «victoire stratégique» qui ébranlera les fondements d'Israël.
Menaces sur le Liban 17/12/2002 Le ministre de la Défense israélien, Shaul Mofaz, aurait concocté un plan destiné à «en finir une fois pour toute avec l'arsenal du Hezbollah» au Liban-sud. Il tenterait de défendre l'idée, à Washington, d'une offensive majeure contre le Pays des Cèdres, impliquant des bombardements qui renverrait le Liban à «l'âge de pierre».
Incidents à répétition avec le Liban 6-8(12/2002 Deux soldats israéliens
ont été grièvement blessés dimanche par un attentat à la bombe
contre leur patrouille près de la frontière israélo-libanaise, selon
un porte-parole de l'armée. A Beyrouth, Cheikh Hassan Ezzedine, un
responsable du Hezbollah, a affirmé à l'Associated Press que la milice
chiite libanaise n'avait «aucun rapport avec l'explosion de dimanche
le long de la frontière».
Au début octobre dernier, Ariel Sharon avait affirmé qu'un détournement
des eaux de la rivière Ouazzani par le Liban constituerait un «casus
belli» pour Israël.
Enfin, outre l'assassinat d'un ressortissant américain quelques jours
plus tôt, notons, le 12 novembre, la mystérieuse explosion de trois
petites bombes devant trois fast-foods américains à Beyrouth, faisant
des dégâts mais pas de blessés.
Al-Qaïda en Israël et au Liban: un montage? L'Autorité
palestinienne a accusé samedi des agents israéliens se faisant passer
pour des membres d'Al-Qaïda d'avoir recruté
des Palestiniens de Gaza. «Au cours des neuf derniers mois,
nous avons enquêté sur huit cas dans lesquels des agents israéliens,
se présentant comme des membres d'Al-Qaïda, ont recruté des
Palestiniens dans la bande de Gaza», a déclaré le chef de la sécurité
préventive à Gaza, Rachid Abou Chbak, lors d'une conférence de
presse. Ces révélations sont intervenues deux jours après que le général
Sharon eut affirmé détenir «des informations selon lesquelles
quelques membres d'Al-Qaïda se trouvent dans la bande de Gaza et
d'autres sont au Liban où ils sont en étroite collaboration avec le
Hezbollah». Le président libanais, Emile Lahoud, a qualifié quant
à lui de «nulles et non avenues» les «allégations» d'Israël sur
une présence au Liban de membres du réseau Al-Qaïda, et jugé que ces
propos dévoilent des «intentions agressives» d'Israël à l'égard du
Liban. Quant au Hezbollah, il a déclaré dans un communiqué que «Les
allégations de Sharon, souvent répétées par des responsables israéliens,
font partie d'un plan exécuté par les services de sécurité d'Israël
depuis les attentats du 11 septembre (2001), pour aller de pair avec
l'offensive américaine contre les Arabes et les musulmans.»
23 nov. 2002 La conférence "Paris II", dont l'objectif est de "soutenir les efforts de redressement économique engagés" par le Liban, a commencé samedi à 9h00 à l'Elysée autour de Jacques Chirac, du Premier ministre libanais Rafic Hariri et de nombreux dirigeants internationaux. L'objectif du Liban est d'obtenir de trois à cinq milliards de dollars de crédits à des taux préférentiels pour alléger le fardeau écrasant du service d'une dette publique de plus de 30 milliards de dollars, soit près de 180% de son produit intérieur brut (PIB).
Paris II est-elle vraiment la solution?
Paris- Le Général Michel Aoun
Les efforts déployés par la France pour soutenir le Liban
dans la crise économique dans laquelle il se débat sont louables. Ils
s’inscrivent dans une tradition d’amitié entre les deux peuples français
et libanais qui remontent à des décennies, voire des siècles. Nul ne saurait
douter des intentions de la France ainsi que des autres pays participant à la
conférence de Paris II, dont l’objectif consiste à rééchelonner la dette
publique libanaise qui a aujourd’hui atteint des niveaux alarmants.
Mais on le sait, les chemins pavés de bonnes intentions ne mènent pas
tous au salut. Si elle escamote les réformes politiques nécessaires, Paris II
risque derechef de cautionner un fait accompli, à savoir l’occupation du pays
du Cèdre par la Syrie et la mauvaise gouvernance de l’équipe au pouvoir.
L’expérience des dernières années ne laisse former aucun espoir que les
fonds devant être accordés au Liban seraient utilisés à bon escient.
Soyons brefs, toute aide économique, si elle ne se trouvait pas précédée
d’une réforme politique visant au recouvrement de la souveraineté nationale,
ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau. C’est en vain qu’on essaiera
d’apporter une solution économique à une crise qui est fondamentalement
politique. On ne le répétera jamais assez. Le Liban est sous occupation.
C’est une lapalissade de l’histoire que d’affirmer : « Aucune prospérité
n’est possible sous l’occupation ». De Gaulle l’a dit. D’autres,
politiques ou économistes, l’ont répété. Toute reconstruction passe impérativement
par un rétablissement de la démocratie et de la société de droit. Nul
n’ignore le poids de la crise économique sans précédent qui pèse sur le
peuple libanais. Alléger le fardeau qui en incombe aux Libanais est une chose,
cautionner la mauvaise gestion des affaires publiques, pour ne pas dire la
collaboration, en est une autre. Je ne parlerai pas de l’hégémonie syrienne
sur les institutions économiques libanaises. C’est une conséquence logique
de l’occupation. En effet, le régime syrien a été le premier bénéficiaire
des fonds contractés de façon irresponsable par les dirigeants libanais.
L’attribution des marchés publics et la conclusion de grands contrats et
projets répondent avant tout aux intérêts des officiers et politiques syriens
en charge du dossier libanais. Des accords entre le Liban et la Syrie ont été
signés. Ils légitiment de fait des échanges économiques déséquilibrés au
profit de la Syrie.
Les gouvernements successifs depuis 1990 sont largement responsables de la
débâcle économique du pays. Mauvais paris, dilapidation des ressources stratégiques,
népotisme, corruption, pouvoir discrétionnaire ont été les caractères
distinctifs du régime de Taëf. En effet, la politique de ce dernier est aux
antipodes du modèle économique libéral. En matière de libertés publiques et
de démocratie, cadre nécessaire au développement et à la croissance économique,
le régime libanais n’a pas beaucoup d’actif à son crédit. Les exactions
contre les droits de l’homme sont légion. Les atteintes aux valeurs
fondamentales de la démocratie sont devenues le lot quotidien des libanais.
Dernière en date de ces atteintes, la fermeture de la MTV, chaîne de télévision
nationale qui a eu l’outrecuidance de s’opposer au discours dominant, sans
mentionner l’annulation du mandat de Gabriel Murr, membre de l’opposition,
élu au suffrage universel en juin dernier.
La réhabilitation du système juridique est une condition sine qua non
d’une reprise économique. Ce n’est un secret pour personne qu’en dehors
des mécanismes de contrôle et de sanction, toute politique court des risques
de dérives. Qu’en serait-il alors dans un pays qui a perdu tous les attributs
de sa souveraineté ? Il n’est que de voir les rapports des institutions
humanitaires pour se rendre à l’évidence que le système judiciaire est
devenu un spectre entre les mains d’une autorité obsédée par son seul
maintien au pouvoir.
Concentration de pouvoir, étouffement du secteur privé ont été les maîtres
mots d’une politique qui s’inscrit en faux contre les règles de bonne
gestion économique. M. Hariri est devenu le symbole d’une politique du «
tout-gouvernement ». Une politique de dépenses irresponsables qui ne prend en
considération ni les critères de productivité ni ceux du développement équilibré.
Le surendettement, hypothèque exercée sur l’avenir des générations
à venir, a engagé le pays dans un processus irréversible. Il s’est traduit
par des niveaux excessivement élevés du taux d’intérêt. La ponction de la
masse monétaire et son recyclage sous forme de bons de Trésor devaient avoir
pour conséquence inéluctable la paralysie du secteur privé, force vive de
l’économie qui a toujours été à l’origine du miracle libanais. Exemption
fiscale de la société Solidere qui gère en monopole la reconstruction du
centre-ville, dépossession des ayants droit, une loi sur les investissements étrangers
qui consacre le favoritisme en disent long sur le respect de la propriété privée
et les lois de la libre concurrence qui pourtant constituent les piliers d’un
système économique libéral.
Le gouvernement libanais s’est engagé sur la voie de fausses promesses
vis-à-vis du FMI. Son programme de réformes de l’administration est au point
mort. En effet, épurer l’administration revient à saper les fondements du
système clientéliste sur lequel repose la légitimité d’un pouvoir sous
tutelle syrienne.
La politique de privatisation est restée un slogan creux. Le soi-disant
chantier de privatisation du secteur des télécoms a abouti à une
nationalisation pure et simple du secteur. Encore une fois, népotisme, opacité
du système de prise de décision sont à l’origine de l’échec. L’équipe
aux commandes veut mettre à son actif la stabilité de la livre libanaise.
Cette stabilité est pour le moins artificielle. Elle ne repose sur aucune donnée
économique fondamentale telle une croissance du PNB ou une propension à
l’exportation.
Ma conclusion est simple. On ne peut cautionner l’occupation. On ne peut
récompenser la mauvaise gestion. Toute aide économique au Liban doit
s’accompagner de réformes politiques afin de rétablir la souveraineté et la
démocratie. En dehors de ces deux principes, toute aide est vaine et risque
d’avoir ses effets pervers, à savoir l’aggravation de la crise et la dénaturation
de la réalité du problème.