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Place des Martyrs, Beyrouth 1990

Le Liban en chiffres, août 2001
Superficie
10 400 km2
Population 4,1 millions
Capitale Beyrouth
Régime
république parlementaire
Religions
Musulmans 60-65% (dont 35% chiites, 23% sunnites, 5% druzes) Chrétiens 35-40% (dont 24% maronites, 13% grecs orthodoxes, 3% arméniens orthodoxe)
PNB
15,8 milliards de dollars
Monnaie
Livre libanaise

Jour noir pour le Liban   Charles Abdallah dénonce le retour au pouvoir des mêmes forces politiques qui ont gouverné le pays depuis la fin de l’année 1992, à l’exception d’une courte parenthèse entre 1998 et 2000, et qui portent seules l’entière responsabilité du désastre économique dans lequel se débat le pays: «Ce qui rend perplexe, ce qui devient de plus en plus suspect, c’est la volonté des puissances occidentales, nouvelles autorités de tutelle du pays, de bâcler le processus démocratique et de ramener au pouvoir ceux qui ont désagrégé l’Etat et l’ont mené à la ruine. Avec, en plus, la mission de réformer ce même Etat ! On croit rêver. Deux explications possibles: Pour les Occidentaux, n’importe qui au pouvoir fera l’affaire parce que, de toute manière, ce sont eux qui dirigeront effectivement le pays. Pas besoin alors de s’embarrasser de démocratie. Des gens corrompus et affaiblis par leur bilan passé sont plus faciles à contrôler. Ils peuvent notamment être amenés plus facilement que d’autres à exécuter les tâches qui leur seront assignées par les puissances de tutelle dans le cadre de leurs politiques régionales.»

  Une version moins conformiste de l'assassinat de Rafic Hariri. Le journaliste et éditorialiste US, Wayne Madsen,  les Etats-Unis avaient demandé à l'ancien premier ministre libanais d'installer une base militaire au nord du Liban (traduction française), raison pour laquelle les troupes syriennes devaient quitter totalement le Liban. Hariri, fervent nationaliste arabe était connu pour son opposition à ce projet. Le contrat, avant même la signature d'un accord avec le Liban, a été remis par le Pentagone à la firme Jacobs Engineering Group, sise à Pasadena en Californie en partenariat avec le groupe Bechtel. Cette base devait servir de plate-forme logistique et de transit pour les troupes US en Irak. Elle devrait servir à protéger les oléoducs US dans la région (Bakou-Tbilissi-Ceyhan et Mossoul-Kirkouk-Ceyhan) ainsi qu'à la déstabilisation de la Syrie. Des indices permettent de penser que cette base en gestation serait aussi importante que la base US au Qatar. Plusieurs sources de renseignements se recoupent pour indiquer que les assassinats ciblés de personnalités, telles Elies Hobeika et Rafic Harriri, relèvent du feu vert de l'adjoint au chef d'Etat-Major, Karl Rove et du vice conseiller à la sécurité nationale à la Maison Blanche, Elliot Abrams.

- La liberté à portée de mains, enfin 16/03/2005 Quinze ans de meurtres et d’oppression, de justice arbitraire, de pillage et de vexations. Quinze ans d’occupation.
Quinze ans ont ainsi passé depuis ce 13 octobre 1990, lorsque la chasse syrienne avait déchiré le ciel libanais pour mettre fin à tout espoir de liberté, d’indépendance, de souveraineté. Dans les semaines et les mois précédant ce terrible jour, les mêmes gigantesques rassemblements, les mêmes forêts de drapeaux, la même fraternité qui submergent aujourd’hui Beyrouth avaient, déjà, enflammé des semaines durant les collines et les champs qui entouraient le palais de Baabda, siège du gouvernement du premier ministre de l’époque, Michel Aoun. Lui aussi, avec eux, réclamait, déjà, le départ des troupes syriennes, des troupes israéliennes encore présentes au sud, et le désarmement des milices. 
Hélas, les préparatifs de la première guerre du Golfe exigeaient le sacrifice du pays sur l’autel d’intérêts géostratégiques essentiellement américains. Il fut livré pieds et poings liés à Damas pour prix de son alignement ou à tout le moins de son silence, même provisoire.
Deux guerres plus tard, le Liban voit le bout du tunnel à la faveur d’autres intérêts géostratégiques qui font qu’aujourd’hui, les puissances qui réclament avec le plus d’emphase sa libération, sont celles-là mêmes qui ont le plus à faire oublier de leur lâcheté d’alors pour les unes, de son cynisme et de sa cruauté pour l’autre.
Quinze ans d’occupation allaient ainsi ponctuer, sous la botte syrienne, quinze ans d’une guerre dite civile et dont ne rappellera jamais assez, sans rien vouloir soustraire à la responsabilité de l’élite libanaise, écrasante, qu’elle hébergea aux moins deux armées régulières étrangères et une volée de milices téléguidées de bien d’autres capitales que Beyrouth.
Un tunnel heureusement éclairé par une jeunesse résistante bien qu’abandonnée, et plus généralement par tous ces hommes et ses femmes qui, dans ce Liban désormais occupé, ont défié le joug syrien et la trahison de leurs gouvernants au péril de leur vie ou de leur liberté. Quinze ans durant lesquels aussi, jetés hors du pays par l’occupant et le pouvoir fantoche mis en place à Beyrouth, les hommes qui suivirent en exil Michel Aoun auront eux aussi combattu de toutes leurs forces, de tout leur cœur, pour maintenir le flambeau de la liberté intact, visible, vivant. Sans relâche, ils auront dénoncé l’occupation syrienne, lutté contre l’oubli et l’indifférence, la calomnie et le mensonge, contre l’ignorance et l’usure.
Aujourd’hui, ce soulèvement du peuple tout entier contre l’occupant rappelle avec tout l’éclat des causes justes que toujours et partout la résistance est le seul choix possible, honorable.
A la veille de rentrer chez eux dans un Liban bientôt libéré, ces hommes et leur famille mesurent aussi le chemin parcouru, le sacrifice consenti. Mais avec au fond du cœur ce bonheur indicible d’avoir fait ce qui devait être fait. Dans l’honneur.
Alors que d’autres fuiront dans la honte, ces hommes vont rentrer en héros, retrouver ceux pour qui ils n’ont jamais baissé la tête, ce pour quoi ils se sont toujours battus.

Bon retour chez vous

Vers la fin du calvaire libanais? Encore du real politik 23/02/2005 Le 13 octobre 1990 au petit matin, six chasseurs syriens entraient dans l’espace aérien libanais et larguaient par groupes de deux en trois vagues successives leur cargaison mortelle sur le palais présidentiel de Baabda. La «guerre de libération» conduite depuis deux ans par le>J général Michel Aoun, nommé conformément à la Constitution premier ministre par intérim en 1988 (décrets 5387-5388), touchait à sa fin. De mémoire de Libanais, jamais, durant toute la guerre dite civile, une chasse autre qu’israélienne n’avait pu survoler le Pays des Cèdres, notamment lors des monstrueux bombardements de Beyrouth en 1982 (15'000 morts). Que les appareils de Damas opèrent leur percée sans encombre avait donc été un message en soi. Les Américains, d'abord hostiles à la nomination du général Aoun mais, surtout, en pleins préparatifs de guerre contre l'Irak, avaient donné leur feu vert à l’opération. De même que Tel Aviv qui avait toutefois exigé, selon les confidences d'un diplomate français en poste à Beyrouth au moment des faits, que l'opération soit menée avec des Sukkoys et non des Mig beaucoup trop dangereux.
Pour Washington, il s'agissait alors de s'assurer de la passivité de Damas avant le déclenchement de Tempête du Désert et le jeu des priorités avait placé le Liban dans la catégorie des pions pouvant être sacrifiés, au moins provisoirement. Pour une grande partie de la jeunesse libanaise, c'en était fini des rêves de libération. Pour le Vieux Lion Afez el-Assad, père de Bachar, c'était le rêve de Grande Syrie tout à coup à portée de main. De canon d'abord. Car la brutalité de l'assaut syrien plongea ensuite le Liban dans la terreur, dans l'effroi. Les jours qui suivirent furent ceux du carnage, de la démesure barbare. Des centaines de civils et de prisonniers de guerre furent exécutés, massacrés, au point que la Communauté internationale dut appeler Damas à ne pas fêter sa victoire avec tant de ferveur sanguinaire. A peine trois mois plus tard, le général Schwartzkopf lançait la coalition internationale à l'assaut de l'Irak.
La Syrie n'allait pas broncher, trop occupée à prendre ses aises dans un Pays des Cèdres où ses troupes stationnaient ou guerroyaient depuis 1975, mais dont elle pouvait enfin commander officiellement la destinée.
Quinze ans plus tard, le Grand jeu a été largement bouleversé dans la région. Les projets américains de remodelage complet du Moyen-Orient, désormais assumés au grand jour, ont fait chuter Damas du rang d'allié objectif de Washington à celui de suppôt de l'Axe du mal. De résolution onusienne en menaces directes à peine voilées, Les Etats-Unis pointent désormais un doigt accusateur vers Damas, réclamant ni plus ni moins que son
«départ immédiat» du Pays des Cèdres.
C’est que dans ce grand chambardement moyen-oriental Damas forme, avec Téhéran, le dernier couple de verrous que l'administration Bush a l'intention de faire sauter, plier en tout cas.
Commencer par Damas offre plusieurs avantages. Tout d'abord, chasser Bachar el-Assad hors du Liban, c'est promettre la Syrie à une crise économique majeure tant, depuis quinze ans, le pays des Cèdres est devenu la vache à lait de Damas, occupant notamment des centaines de milliers de ses travailleurs. Et qui sait, bien «accompagnée», une défaite stratégique conjuguée à une crise économique pourraient même conduire à la chute d’un régime baasiste mis en échec sur tous les fronts. Ou l’obliger à des compromis moyennant compensations.
Pour le court terme, un tel retrait des 14'000 soldats syriens toujours en poste au Liban aurait encore ceci d'appréciable pour Washington qu'il imposerait un redéploiement de l'armée libanaise jusqu'au Liban sud. Avec, pour corollaire, le désarmement d'une milice du Hezbollah soutenue par... l'Iran. Et après avoir cassé la milice de Sadr en Irak, proche de Téhéran, la neutralisation du Hezbollah reviendra donc aussi, pour les Etats-Unis, à mouiller la mèche d’un autre pétard iranien, limitant ainsi les capacités de riposte de Téhéran au cas où...
Dans ce grand jeu, poussés à bout par l'assassinat de Rafic Hariri, les Libanais ont compris que, grâce aux nouveaux besoins de Washington dans la région, il pouvaient regagner leur liberté avec l’aide de ceux qui, jadis, avaient eu intérêt à la leur soustraire.
Ironie du sort? Juste real politik. Toujours écrite en lettres de sang.

- Le gouvernement fantoche du Liban attaque Michel Aoun 30/09/2003 Les Etats-Unis ont critiqué hier les poursuites engagées par la justice libanaise contre l'ex-chef de gouvernement antisyrien, Michel Aoun, en raison de ses propos tenus devant le Congrès américain, jugés préjudiciables aux relations du Liban avec la Syrie. «L'enquête des autorités libanaises à propos de la table ronde du général Aoun avec des membres du Congrès met en question l'engagement (du Liban) vers la liberté d'expression et la tolérance envers les diverses opinions politiques», a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Rhonda Shore. Cette démarche est «en contradiction avec la longue tradition de liberté d'expression politique» au Liban, a ajouté Mme Shore, porte-parole du Bureau des Affaires du Proche-Orient au département d'Etat. Le général Aoun, chef en exil d'un courant hostile à la présence syrienne au Liban, et qui jouit toujours d'une très grande popularité au pays des Cèdres, a rejeté les accusations portées contre lui et revendiqué le droit de critiquer le pouvoir libanais et la Syrie. Le procureur général Joseph Maamari a accusé M. Aoun de «mener et de planifier (...) des actions susceptibles de perturber les relations du Liban avec un Etat ami». S'il est condamné, M. Aoun encourt jusqu'à 15 ans de prison, et sera déchu de ses droits civils et interdit de séjour au Liban. Ex-commandant en chef de l'armée et dernier premier-ministre a avoir été nommé dans le respect de la Constitution, il a été évincé du pouvoir en 1990 par une offensive militaire syrienne qui avait reçu l'aval, à l'époque, de Washington et Tel-Aviv. Il est vrai qu'il s'agissait alors, pour les Etats-Unis, de se garantir la passivité du régime de Damas durant la première ratonnade pétrolière contre l'Irak.

- Démission du gouvernement fantoche du Liban 15/04/2003 Le premier ministre libanais Rafic Hariri a présenté mardi sa démission, acceptée par le président Emile Lahoud qui lui a demandé d'expédier les affaires courantes, selon un communiqué de la présidence. Le président va entamer «à partir de demain (mercredi)» les consultations pour désigner le nouveau Premier ministre, selon le communiqué, qui ne précise pas les raisons de la décision inattendue de M. Hariri. Le communiqué a été publié à l'issue d'une réunion de dix minutes entre les deux hommes au palais présidentiel de Baabda, dans la banlieue est de Beyrouth. Interrogé par la presse sur le point de savoir s'il allait former lui-même le prochain gouvernement, M. Hariri a indiqué que les consultations décidaient du futur chef du gouvernement. Selon des sources gouvernementales, M. Hariri devrait être reconduit dans son poste. Le gouvernement démissionnaire, formé en octobre 2000, compte 30 ministres.
Rappelons que depuis le triste jour du 13 octobre 1990, date de l'invasion du Liban par les troupes syriennes grâce au feu vert étasunien, les gouvernements fantoche successifs qui ont dirigé le Pays des Cèdres étaient aux ordres de Damas.

Repérages israéliens 13/04/2003 L'aviation israélienne a multiplié dimanche ses survols du Liban, provoquant des tirs des batteries anti-aériennes du Hezbollah chiite, en dépit d'un récent appel de l'ONU à l'Etat hébreu à mettre fin à ses violations de l'espace aérien libanais. Des chasseurs bombardiers israéliens ont, à trois reprises tout au long de la journée dimanche, survolé le Liban sud, a annoncé la police. Ils ont en outre survolé cette région dans la nuit de samedi à dimanche, un fait peu fréquent, a-t-on ajouté. Les survols israéliens du Liban, quasi-quotidiens depuis début avril, se sont intensifiés depuis la chute annoncée du régime du président irakien Saddam Hussein, englobant généralement la totalité du pays. Jeudi, au lendemain d'un survol intensif du Liban, Staffan de Mistura, représentant personnel au Liban du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, avait jugé ces survols «inquiétants» et appelé l'Etat hébreu à cesser ses violations de l'espace aérien libanais qui «exacerbent la tension dans cette période délicate».

- Damas de plus en plus isolée

Multiples violations de l'espace aérien libanais 12/01/2003 Des avions de combat israéliens ont violé dimanche l'espace aérien libanais, crevant le mur du son au-dessus du sud et du nord du pays, ainsi que de Beyrouth, a indiqué la police libanaise. Deux avions ont survolé le port de Tyr (83 km au sud de Beyrouth) ainsi que la région environnante, a-t-on indiqué de même source, ajoutant que la DCA du parti intégriste chiite Hezbollah avait ouvert le feu sans atteindre les appareils. Les avions se sont dirigés vers Beyrouth puis, plus au nord, vers Tripoli et la région du Akkar, proche de la frontière avec la Syrie. Il s'agit du quatrième survol israélien du territoire libanais en une semaine.

Liban menacé 06/01/2003 Israël frappera les «infrastructures terroristes» au Liban si le mouvement chiite du Hezbollah profite d'une offensive américaine contre l'Irak pour l'attaquer, a prévenu lundi le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz. «Si le Hezbollah tente d'ouvrir un front au nord (d'Israël) lors d'une attaque américaine contre l'Irak, nous ne resterons pas les bras croisés et Israël sera obligée de détruire les infrastructures terroristes au Liban», a affirmé Mofaz à la radio publique. Le chef du Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah, avait mis en garde, fin novembre, contre «une agression israélienne contre le Liban et la Syrie, concomitante» à une guerre en Irak, et averti que son parti réalisera alors une «victoire stratégique» qui ébranlera les fondements d'Israël.

Menaces sur le Liban 17/12/2002 Le ministre de la Défense israélien, Shaul Mofaz, aurait concocté un plan destiné à «en finir une fois pour toute avec l'arsenal du Hezbollah» au Liban-sud. Il tenterait de défendre l'idée, à Washington, d'une offensive majeure contre le Pays des Cèdres, impliquant des bombardements qui renverrait le Liban à «l'âge de pierre».

Incidents à répétition avec le Liban 6-8(12/2002 Deux soldats israéliens ont été grièvement blessés dimanche par un attentat à la bombe contre leur patrouille près de la frontière israélo-libanaise, selon un porte-parole de l'armée. A Beyrouth, Cheikh Hassan Ezzedine, un responsable du Hezbollah, a affirmé à l'Associated Press que la milice chiite libanaise n'avait «aucun rapport avec l'explosion de dimanche le long de la frontière».
Au début octobre dernier, Ariel Sharon avait affirmé qu'un détournement des eaux de la rivière Ouazzani par le Liban constituerait un «casus belli» pour Israël.
Enfin, outre l'assassinat d'un ressortissant américain quelques jours plus tôt, notons, le 12 novembre, la mystérieuse explosion de trois petites bombes devant trois fast-foods américains à Beyrouth, faisant des dégâts mais pas de blessés.
Al-Qaïda en Israël et au Liban: un montage? L'Autorité palestinienne a accusé samedi des agents israéliens se faisant passer pour des membres d'Al-Qaïda d'avoir recruté des Palestiniens de Gaza. «Au cours des neuf derniers mois, nous avons enquêté sur huit cas dans lesquels des agents israéliens, se présentant comme des membres d'Al-Qaïda, ont recruté des Palestiniens dans la bande de Gaza», a déclaré le chef de la sécurité préventive à Gaza, Rachid Abou Chbak, lors d'une conférence de presse. Ces révélations sont intervenues deux jours après que le général Sharon eut affirmé détenir «des informations selon lesquelles quelques membres d'Al-Qaïda se trouvent dans la bande de Gaza et d'autres sont au Liban où ils sont en étroite collaboration avec le Hezbollah». Le président libanais, Emile Lahoud, a qualifié quant à lui de «nulles et non avenues» les «allégations» d'Israël sur une présence au Liban de membres du réseau Al-Qaïda, et jugé que ces propos dévoilent des «intentions agressives» d'Israël à l'égard du Liban. Quant au Hezbollah, il a déclaré dans un communiqué que «Les allégations de Sharon, souvent répétées par des responsables israéliens, font partie d'un plan exécuté par les services de sécurité d'Israël depuis les attentats du 11 septembre (2001), pour aller de pair avec l'offensive américaine contre les Arabes et les musulmans.»

23 nov. 2002 La conférence "Paris II", dont l'objectif est de "soutenir les efforts de redressement économique engagés" par le Liban, a commencé samedi à 9h00 à l'Elysée autour de Jacques Chirac, du Premier ministre libanais Rafic Hariri et de nombreux dirigeants internationaux. L'objectif du Liban est d'obtenir de trois à cinq milliards de dollars de crédits à des taux préférentiels pour alléger le fardeau écrasant du service d'une dette publique de plus de 30 milliards de dollars, soit près de 180% de son produit intérieur brut (PIB).

Paris II est-elle vraiment la solution?

Paris- Le Général Michel Aoun

Les efforts déployés par la France pour soutenir le Liban dans la crise économique dans laquelle il se débat sont louables. Ils s’inscrivent dans une tradition d’amitié entre les deux peuples français et libanais qui remontent à des décennies, voire des siècles. Nul ne saurait douter des intentions de la France ainsi que des autres pays participant à la conférence de Paris II, dont l’objectif consiste à rééchelonner la dette publique libanaise qui a aujourd’hui atteint des niveaux alarmants.
 Mais on le sait, les chemins pavés de bonnes intentions ne mènent pas tous au salut. Si elle escamote les réformes politiques nécessaires, Paris II risque derechef de cautionner un fait accompli, à savoir l’occupation du pays du Cèdre par la Syrie et la mauvaise gouvernance de l’équipe au pouvoir. L’expérience des dernières années ne laisse former aucun espoir que les fonds devant être accordés au Liban seraient utilisés à bon escient.
 Soyons brefs, toute aide économique, si elle ne se trouvait pas précédée d’une réforme politique visant au recouvrement de la souveraineté nationale, ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau. C’est en vain qu’on essaiera d’apporter une solution économique à une crise qui est fondamentalement politique. On ne le répétera jamais assez. Le Liban est sous occupation. C’est une lapalissade de l’histoire que d’affirmer : « Aucune prospérité n’est possible sous l’occupation ». De Gaulle l’a dit. D’autres, politiques ou économistes, l’ont répété. Toute reconstruction passe impérativement par un rétablissement de la démocratie et de la société de droit. Nul n’ignore le poids de la crise économique sans précédent qui pèse sur le peuple libanais. Alléger le fardeau qui en incombe aux Libanais est une chose, cautionner la mauvaise gestion des affaires publiques, pour ne pas dire la collaboration, en est une autre. Je ne parlerai pas de l’hégémonie syrienne sur les institutions économiques libanaises. C’est une conséquence logique de l’occupation. En effet, le régime syrien a été le premier bénéficiaire des fonds contractés de façon irresponsable par les dirigeants libanais. L’attribution des marchés publics et la conclusion de grands contrats et projets répondent avant tout aux intérêts des officiers et politiques syriens en charge du dossier libanais. Des accords entre le Liban et la Syrie ont été signés. Ils légitiment de fait des échanges économiques déséquilibrés au profit de la Syrie.
 Les gouvernements successifs depuis 1990 sont largement responsables de la débâcle économique du pays. Mauvais paris, dilapidation des ressources stratégiques, népotisme, corruption, pouvoir discrétionnaire ont été les caractères distinctifs du régime de Taëf. En effet, la politique de ce dernier est aux antipodes du modèle économique libéral. En matière de libertés publiques et de démocratie, cadre nécessaire au développement et à la croissance économique, le régime libanais n’a pas beaucoup d’actif à son crédit. Les exactions contre les droits de l’homme sont légion. Les atteintes aux valeurs fondamentales de la démocratie sont devenues le lot quotidien des libanais. Dernière en date de ces atteintes, la fermeture de la MTV, chaîne de télévision nationale qui a eu l’outrecuidance de s’opposer au discours dominant, sans mentionner l’annulation du mandat de Gabriel Murr, membre de l’opposition, élu au suffrage universel en juin dernier.
 La réhabilitation du système juridique est une condition sine qua non d’une reprise économique. Ce n’est un secret pour personne qu’en dehors des mécanismes de contrôle et de sanction, toute politique court des risques de dérives. Qu’en serait-il alors dans un pays qui a perdu tous les attributs de sa souveraineté ? Il n’est que de voir les rapports des institutions humanitaires pour se rendre à l’évidence que le système judiciaire est devenu un spectre entre les mains d’une autorité obsédée par son seul maintien au pouvoir.
 Concentration de pouvoir, étouffement du secteur privé ont été les maîtres mots d’une politique qui s’inscrit en faux contre les règles de bonne gestion économique. M. Hariri est devenu le symbole d’une politique du « tout-gouvernement ». Une politique de dépenses irresponsables qui ne prend en considération ni les critères de productivité ni ceux du développement équilibré.
 Le surendettement, hypothèque exercée sur l’avenir des générations à venir, a engagé le pays dans un processus irréversible. Il s’est traduit par des niveaux excessivement élevés du taux d’intérêt. La ponction de la masse monétaire et son recyclage sous forme de bons de Trésor devaient avoir pour conséquence inéluctable la paralysie du secteur privé, force vive de l’économie qui a toujours été à l’origine du miracle libanais. Exemption fiscale de la société Solidere qui gère en monopole la reconstruction du centre-ville, dépossession des ayants droit, une loi sur les investissements étrangers qui consacre le favoritisme en disent long sur le respect de la propriété privée et les lois de la libre concurrence qui pourtant constituent les piliers d’un système économique libéral.
 Le gouvernement libanais s’est engagé sur la voie de fausses promesses vis-à-vis du FMI. Son programme de réformes de l’administration est au point mort. En effet, épurer l’administration revient à saper les fondements du système clientéliste sur lequel repose la légitimité d’un pouvoir sous tutelle syrienne.
 La politique de privatisation est restée un slogan creux. Le soi-disant chantier de privatisation du secteur des télécoms a abouti à une nationalisation pure et simple du secteur. Encore une fois, népotisme, opacité du système de prise de décision sont à l’origine de l’échec. L’équipe aux commandes veut mettre à son actif la stabilité de la livre libanaise. Cette stabilité est pour le moins artificielle. Elle ne repose sur aucune donnée économique fondamentale telle une croissance du PNB ou une propension à l’exportation.
 Ma conclusion est simple. On ne peut cautionner l’occupation. On ne peut récompenser la mauvaise gestion. Toute aide économique au Liban doit s’accompagner de réformes politiques afin de rétablir la souveraineté et la démocratie. En dehors de ces deux principes, toute aide est vaine et risque d’avoir ses effets pervers, à savoir l’aggravation de la crise et la dénaturation de la réalité du problème.