Al-Qaïda
est morte en 2002, confirme la DGSE
22/02/2010 Il est parfois bon (ne boudons pas notre plaisir) de voir ses thèses confirmées par
des hommes que leur pédigrée place au-dessus de tout soupçon. Le 29 janvier
dernier, lors d’un colloque au Sénat intitulé « Le
Moyen-Orient à l'heure nucléaire », l’ancien chef du
service renseignement et de sécurité de la DGSE, Alain Chouet, a
définitivement tordu le cou de la légende de l’internationale terroriste
Al-Qaïda, ce mythe fabriqué dans les bureaux de la CIA à Langley et propagé
par une presse-Pravda lobotomisée depuis longtemps.
Alain Chouet : « Comme bon
nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, a expliqué le
maître-espion, j’estime sur la base
d’informations sérieuses et recoupées qu’al-Qaïda est morte sur le plan
opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002.
Les services pakistanais se sont ensuite contentés, de 2003 à 2008, à nous en
revendre les restes contre quelques générosités et indulgences diverses. Sur
les quelque 400 membres actifs de l’organisation qui existait en 2001, moins
d’une cinquantaine de seconds couteaux (à l’exception d’Oussama ben Laden
et d’Ayman al-Zawahiri qui n’ont aucune aptitude sur le plan opérationnel)
ont pu s’échapper et disparaître dans des zones reculées, vivant dans des
conditions de vie précaires, et disposant de moyens de communication rustiques
ou incertains.
Ce n’est pas avec un tel dispositif que l’on peut animer à l’échelle
planétaire, un réseau coordonné de violence politique. D’ailleurs il apparaît
clairement qu’aucun des terroristes auteurs des attentats post 11-Septembre
(Londres, Madrid, Charm-el-Sheikh, Bali, Casablanca, Djerba, Bombey, etc) n’a
eu de contact avec l’organisation.
Quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps
en temps par ben Laden ou Zawahiri, à supposer d’ailleurs qu’on puisse réellement
les authentifier, elles n’impliquent aucune liaison opérationnelle,
organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de
l’organisation. »
(…) A force de l’invoquer en
permanence (Al-Qaïda donc), un
certain nombre de médias réducteurs et quelques soi-disant experts de part et
d’autres de l’Atlantique ont fini non pas par la ressusciter, mais par la
transformer en une espèce d’Amédée de l’auteur Eugène Ionesco, ce mort
dont le cadavre ne cesse de grandir et d’occulter la réalité, et dont on ne
sait pas comment se débarrasser.
(…) Premier effet: tout
contestataire violent dans le monde musulman, qu’il soit politique ou de droit
commun, quelles que soient ses motivations, a vite compris qu’il devait se réclamer
d’al-Qaïda s’il voulait être pris au sérieux, s’il voulait entourer son
action d’une légitimité reconnue par les autres, et s’il voulait donner à
son action un retentissement international.
De part son statut, Alain Chouet nous offre ici des propos qui ont quelque
chose de révolutionnaire à provoquer l’irruption de la réalité dans le
monde imaginaire de la réalité virtuelle occidentale en général, et américaine
en particulier.
Bien sûr, tout cela aura la brièveté d’un éclair dans une nuit d’orage
et personne ne s’en fera l’écho parmi les éditorialistes de la
grande-presse, ne serait-ce que pour ne pas passé pour idiot au regard de ce
que l’on a toujours ânonné. Mais, tout de même, la chose est dite.
Et puis un autre élément est intéressant. Le discours de M. Chouet contredit
frontalement Sarkozy, qui inscrit son soutien à la guerre en Afghanistan précisément
dans la lutte contre Al-Qaïda. De là à penser que la DGSE refuse de
cautionner les fadaises propagées par le petit Nicolas, il n’y a qu’un pas.
Le torchon brûlerait-il entre l’Elysée et les SR français ?