Les  «amis de la Syrie » font leur cirque  

28/02/2012 Passé l’habituelle nausée à l’annonce du casting, on a finalement pas résisté à l’envie de suivre la dernière pantalonnade à grand spectacle du Bloc atlantiste. Et on a pas été déçu.
Dans le décor tunisien, symbolique à souhait, les «Amis de la Syrie » se sont donc fendus d’une énième production hollywoodienne sur la nécessité de jeter à bas, par tous les moyens, le tyran tyrannique tyrannisant la pacifique, démocrate et vertueuse rébellion syrienne.
Bon, rien à dire sur le choix de Tunis, il faut reconnaître que la petite troupe s’était fait
botter les fesses à New York lors de la première quelques semaines plus tôt. Et un tournage en extérieur n’était pas la pire des idées à l’heure où la plupart de ces productions se font en studio avec une armée d’informaticiens et de bidouilleurs d’images et de bilans, type OSDH. Côté bonus, on retiendra tout de même la performance  toujours convaincue, à défaut d’être convaincante, des incontournables vedettes américaines mobilisées pour l’exercice.

Dans une bulle
Globalement pourtant, le show n’a pas suscité l’enthousiasme, n’a pas trouvé son public, hors les rédactions de la presse alignée bien sûr. Il suffit d’ailleurs de cliquer sur n’importe quel article traitant du sujet dans la presse-Pravda et de lire les commentaires des lecteurs pour comprendre que, décidément, la presse-Système vit dans une bulle de plus en plus considérée comme telle. «Propagande que tout cela», se croit obligé d’asséner
Le Monde face aux flots de critiques de ses lecteurs, car chez ces gens-là, Monsieur, on ne se remet pas en question, trop dangereux.
Mais bref. La saga (car il y aura d’autres épisodes) des Amis de la Syrie avait pourtant bénéficié d’un budget pharaonique débloqué par Hollywood-Potomac : une promo planétaire avaient été mise sur pied avec les Prime time habituels sous l’œil humide et bienveillant de présentateurs-Système toujours très à l’aise en VRP de  l’indignation sirupeuse.
Mais force est de constater que non, la mayonnaise n’a pas pris, n’est pas montée et que ce fut un flop au box office.
Alors pourquoi ?
Peut-être d’abord parce que les «Amis de la Syrie » se résumaient principalement au belliqueux Bloc occidental, à une poignée de petits pays clients regroupés pour faire masse, et des très démocrates pétromonarchies du Golfe. Tout un petit monde dont il est devenu difficile de masquer
l’implication active dans la guerre civile en Syrie.
Peut-être aussi parce que dans ce cas-ci, la fameuse «communauté internationale» au nom de laquelle le groupe prétend parler, était amputée  de la Russie , de la Chine , de  l’Inde,  de l’Iran, du Liban ou des pays d’Amérique latine… Bref, de l’écrasante majorité de… la communauté internationale justement.
Peut-être encore  parce qu’il est de plus en plus évident que le Conseil National Syrien basé en Turquie,  
rongé par les divisions et pourtant désigné par acclamation comme représentant du peuple syrien à Tunis, ne représente en fait que lui-même, c'est-à-dire un petit lobby d’opportunistes prêts à livrer leur pays au plus offrant, US-raélien en l’espèce bien sûr. Ce qui n’est pas du goût des Syriens eux-mêmes.

L’info non-alignée
Peut-être enfin parce-que grâce à Internet, les
sites d’informations non-alignés permettent désormais d’échapper à la monoculture de la presse-Système, et une majorité commence à suspecter, surtout après le sanglant fiasco libyen,  que ce n’est pas précisément dans l’intérêt du peuple syrien que tous ces amis-là s’agitent.
De leur côté, la Russie et la Chine (qui
assume désormais son rôle de puissance établie) ont donc beau jeu de dénoncer le bellicisme intéressé du Bloc atlantiste.
Et force est de constater qu’ils le font admirablement en opposant les faits à l’idéologie, en opposant la dialectique à la rhétorique, en opposant le sérieux à la foutaise.
Comme nous le disions dans notre dernière brève, la fenêtre d’opportunité du Bloc atlantiste est donc bel et bien
en train de se refermer.

PS : Au fait, s’agissant toujours de l’hystérie belliciste du Bloc atlantiste, saviez-vous que même les Services de renseignement US ne croient pas à la volonté iranienne de se doter d’une bombe atomique ?
Mais surtout, ne le répétez pas.
Il ne faudrait pas ajouter la dépression à l’hystérie…