- Psycho-Mickey
bombe le torse 29/08/2007 Malgré la mise en scène solennelle, le ton exagérément
ferme et déterminé, malgré les effets de manches d'un discours
exclusivement rhétorique, Doobleyou, alias Psycho-Mickey selon une
savoureuse trouvaille égyptienne, n'a pas réussi, mardi à Reno, à
nous faire oublier la toujours étonnante vacuité de son regard, cette
presque absence au monde qui nous fait parfois douter de sa réalité
même. Comme si l'homme se confondait avec la marionnette, comme si la
coquille était réellement, dramatiquement vide. Récitant une fois
encore le credo de néocons hystériquement pro-israéliens, islamophobes
et plus que jamais décidé à un
remodelage
à coups de flingue du Moyen-Orient *,
Doobleyou s'en est donc violemment pris à l'Iran lors d'un discours censé défendre
les bienfaits de la boucherie irakienne. Brandissant la menace d'un "holocauste
nucléaire" si l'Iran parvenait à se doter de l'arme atomique,
réaffirmant que c'était bien là ce que Téhéran cherchait à faire,
accusant la république des mollahs de soutenir la résistance irakienne
et de semer le trouble dans tout le Moyen-Orient, le porte-parole des
néocons a donc désigné l'Iran comme le nouveau Satan à abattre,
la forme du discours, les arguments choisis étant bien sûr calqués à
la virgule près sur le modèle des recettes servies jusqu'à
la nausée avant l'attaque de l'Irak. Tout les ingrédients y
étaient, de la menace des armes de destruction massive au soutien
au terrorisme planétaire en passant par les menaces sur les
libertés et la sécurité du monde libre...
Il faut dire que les néocons n'ont plus qu'une année de pouvoir devant
eux, élection présidentielle US de 2008 oblige. Et si chacun peut mesurer
l'entendue des dégâts provoqués par l'aventure irakienne (augmentation
de la menace terroriste, massacres à grande échelle, menace de guerre
civile et de déstabilisation régionale (cf. Pakistan), les néocons n'appliquent
pas la même grille de lecture et voient encore une possibilité de
victoire en Irak, quand bien même le cercle vertueux espéré par la
démocratisation aux forceps du pays s'est transformé en cercle vicieux. Et
même si ce chaos devait aboutir à la partition
du pays sur fond de sanglante guerre civile, cela réaliserait au moins le
vieil objectif israélien de partition de l'Irak (relire à ce sujet
Stratégie pour Israël dans les années 1980 (Extrait
1 / Extrait 2 /
Extrait
3), le soutien inconditionnel à l'Etat hébreu étant l'une des priorités
des néocons. A cet égard, il est évident que les agendas
israéliens et néocons se superposent désormais à la perfection autour du projet
de remodelage du Moyen-orient. Nous l'avons vu concernant l'Irak et,
concernant l'Iran, il suffit de rappeler les déclarations
d'un ancien chef du Mossad, Shavtaï
Shavit le 1er septembre 2006, affirmant qu'"Israël doit se
préparer à la pire des possibilités, même à une option militaire"
(en
préparation depuis
longtemps d'ailleurs), pour empêcher l’Iran
d’acquérir l’arme nucléaire. On se souvient
aussi qu'en 2003 déjà, le Washington Post
rapportait que le général Sharon avait affirmé
à Doobleyou que l'Iran pourrait avoir la bombe atomique en 2005 (sic...) et, surtout,
qu'il envisageait une attaque préventive contre Téhéran. De son côté,
le magazine allemand Spiegel
(>>L'article
du Ha'aretz) révélait dans le même temps qu'une unité spéciale du Mossad avait déjà
reçu pour mission d'élaborer des plans d'attaques simultanées contre
une demi-douzaine de sites nucléaires dispersés sur le territoire
iranien. Parmi lesquels le réacteur de Bushehr, l'usine de production
d'eau lourde d'Arak, la centrifugeuse de Natanz, la Compagnie nationale
iranienne des métaux d'Ispahan et le Centre de recherches nucléaires
de Rudan. Dans une interview du Times du 5
novembre 2002 et intitulée «Attack
Iran the day Iraq war ends, demands Israel», le général
Sharon avait enfin pressé la communauté internationale d'attaquer
l'Iran dès que le conflit avec l'Irak serait terminé.
L'on voit
donc bien que, à la fois par conviction, ou plutôt aveuglement, et aiguillonnés par Tel Aviv qui pourrait être tenté de
jouer les alliés en rupture de ban en cas d'inaction américaine, les
néocons sont presque contraints à la fuite en avant. Reste à
considérer l'aspect militaire de l'opération. Et là, rien n'est joué.
Car nous l'avons déjà souligné, même si les Etats-Unis ont les moyens
de renvoyer l'Iran à l'âge de pierre, les capacités de riposte de
Téhéran ne sont pas celles de l'Irak, qui fut rappelons-le contrainte de
rendre ses derniers missiles à l'ONU avant l'attaque américaine. L'Iran
dispose de missiles russes modifiés capables d'envoyer par le fond
n'importe quel bâtiment de la Ve flotte US. L'Iran peut contribuer à déstabiliser
un peu plus l'Afghanistan et l'Irak. L'Iran peut bloquer le détroit
d'Ormuz et provoquer une grave crise pétrolière. L'Iran a enfin
théoriquement les moyens d'anéantir purement et simplement le corps
expéditionnaire US englué en Irak. Il existe donc entre Washington et
Téhéran une sorte d'équilibre de la terreur qui devrait empêcher le
pire. Reste à savoir si, face à une administration américaine en pleine
croisade, pressée dans son agenda et donc dangereusement
jusqu'au-boutiste, ces considérations auront un poids quelconque.
* L'objectif
néocons de remodelage du Moyen-Orient est à usages multiples. Il
s'agit d'abord de créer un ensemble économique cohérent dans le plateau
arabo-musulman qui puisse être soumis à la dictature des marchés sans
barrière étatique. Pour cela, il faut renverser les régimes
récalcitrants en leur substituant des pouvoirs amis sous quelque forme
que ce soit mais avec une façade parlementaire pour les rendre
fréquentables. Ensuite, il s'agit de casser les puissances naissantes qui
pourraient devenir un rival militaire d'Israël qui, considéré ici comme
le 51eme Etat américain, doit rester maître absolu en ce domaine dans la
région. Enfin, il s'agit de contrôler les robinets du pétrole soit par
la force, soit au travers de gouvernement inféodés.
- Privatisation
de
La boucherie des neocons Les pertes irakiennes elles, pourraient
approcher du million
de morts, évidemment dans l’écrasante majorité des civils. Le
rêve neocons de démocratisation à coup de flingues du Moyen-Orient
tourne ainsi à la plus épouvantable des boucheries. Heureusement, ces
massacres de masse sont perpétrés au nom du monde libre, pour la liberté
bien sûr, contre la terreur (…), sans quoi ce ne serait tout juste pas
supportable. De leur côté, les neocons.
- Interview
exclusive de Hussein Hajj Hassan 11/04/2007 Pour compléter son
dossier sur le Liban et à l'heure où la crise politique au Pays du
Cèdre est dans l'impasse, principalement parce que les gouvernements
occidentaux s'acharnent à pratiquer la respiration artificielle sur le
cadavre politique que constitue le gouvernement Siniora, Entrefilets
vous propose une interview
exclusive du député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan. Lequel ne
mâche évidemment pas ses mots pour nous dire à quel point la scène politique libanaise est instrumentalisée par les Etats-Unis qui créent
ou alimentent les crises, partout où ils le peuvent, en cherchant à créer
ce fameux "chaos constructif" censée faire naître ce non moins fameux "Nouveau Moyen-Orient".
- Dossier sur le Liban (enrichi le 20 mars) où l'on apprend que:
oui, la guerre de juillet 2006 déclenchée par Israël avait bel et bien
été commanditée par les Américains qui espéraient que l'exode massif
des chiites libanais vers Beyrouth allait provoquer une guerre civile.
Objectif: plonger le Pays du Cèdre dans un nouveau chaos qui aurait
notamment servi, le moment venu, de porte d'entrée locale dans la guerre régionale
(texte enrichi le 20 mars)
rêvée alors par les néocons contre l'Iran et la Syrie. Une thèse
notamment soutenue par un député
franco-libanais du Courant Patriotique Libre, Nabil Nicolas, qui
fait aussi le point sur la situation politique intérieure libanaise et la complète
soumission de l'actuel gouvernement au diktat des Américains. Un
gouvernement qui se livre par ailleurs, à coup de millions, à une propagande
hystérique avec la création d'un véritable
culte autour de la personne pourtant controversée de Rafik Hariri, assassiné en
2005
dans des conditions plutôt obscures...
- où l'on apprend aussi,
dans une longue
interview du général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique
Libre, que c'est précisément son entente avec le Hezbollah qui bloque
les plans américano-israéliens de déclenchement d'une guerre civile au Liban.
Le principal leader de l'opposition s'étonne aussi de constater que sur
les 16 attentats commis au Liban ces dernières années, aucun n'a été
élucidé, ce qui soulève de délicates questions sur leurs réels
commanditaires.
- où l'on apprend enfin que
le chef de la milice chrétienne des Forces Libanaises, Samir
Geagea, condamné 3 fois à la prison à vie pour assassinats et
finalement grâcié (!!!), est l'objet des pires soupçons, considéré
qu'il est par beaucoup comme un agent déstabilisateur à la solde des
Etats-Unis et d'Israël.
Enfin,
il est intéressant de revenir sur un discours prononcé par le
leader du Hezbollah, Cheikh
Hassan Nasrallah, en décembre dernier, et dans lequel il donne sa
version des faits (largement interdite de séjour dans la presse
occidentale) sur les tentatives de déstabilisation du Liban et la
guerre d'agression israélienne de juillet 2006.