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décembre
2003
- l'arrestation de Saddam: juste
un montage de plus 29/12/2003 On s'en doutait, ça se confirme.
A l'image d'une «libération
de Bagdad» interprétée par une poignée de copains de Chalabi
sur une place encadrée par les chars US, l'arrestation de l'ancien
dictateur de Bagdad n'était qu'un montage de plus. En fait, selon le site
US dissident Xymphora
ou encore le Sunday
Herald, ce ne sont même pas les forces US qui ont cravaté
Saddam, mais les Kurdes, qui l'ont ensuite offert à la machine de
propagande d'un cabinet Bush qui était en chute libre dans les sondages.
Du côté du bourbien irakien, Washington ne peut que se féliciter de sa
trouvaille du «plus
ça va mal, plus ça va bien»! Car avec les 19 morts de
samedi, ça va vraiment de plus en plus mal. Donc ça va très bien...
Israël bientôt le dernier détenteur d'armes de destruction massive
du Moyen-Orient L'Irak de Saddam écrasée, la Syrie qui fait le dos
rond, l'Iran qui joue la carte de la transparence nucléaire, la Libye qui
l'imite avec un zèle inédit: tout «l'axe du mal» de Washington (hormis
un régime de Pyongyang beaucoup trop bien armé pour qu'on se risque à
la confrontation) semble découvrir les vertus de la normalisation.
Evidemment, les fous de guerre du cabinet Bush célèbre cette nouvelle
donne comme le fruit de leur politique de cowboys. Pas si simple nous dit
le décidément incontournable de
defensa.org. Khadafi pourrait en effet avoir joué son coup
beaucoup plus finement qu'il n'y paraît et, sous l'aiguillon iranien,
Israël pourrait finalement apparaître comme le seul détenteur d'armes
de destruction massive (dont 200 ogives nucléaires) au Moyen-Orient. La
Syrie a d'ailleurs ajouté une briquette à l'affaire lundi en présentant
au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution demandant à
tous les Etats du Proche-Orient de se débarrasser des armes de
destruction massive (ADM), notamment nucléaires, qu'ils pourraient détenir.
L'ambassadeur de la Syrie à l'ONU, Fayssal Mekdad, a évidemment confirmé
que ce projet de résolution visait Israël...
- Arsenal irakien: la farce s'achève
dans l'indifférence 21/12/2003 Lundi 15 décembre dernier, le
sénateur de Floride Bill Nelson révélait que l'administration Bush
avait été jusqu'à convaincre les sénateurs US que l'Irak de Saddam
avait la capacité de lancer des drones bourrés d'armes de
destruction massive... contre
la côte-est des États-Unis. Une opération de désinformation
d'une audace effarante, mise sur pied par le Pentagone de Rumsfeld, pour
induire en erreur les représentants du peuple étasunien et obtenir leur
feu vert pour la ratonnade pétrolière voulue par Cheney et consorts. En
guise d'épilogue à cette sinistre farce, The Independent nous
apprenait, le 19 décembre dernier, que les équipes anglo-saxonnes chargées
de trouver ces fameuses armes de destruction massive avaient été rapatriées
dans la plus grande discrétion, puisque bredouilles. Sur 1'400 hommes
chargés de trouver l'arsenal irakien, il en resterait ainsi moins
de 40 encore sur place (>>l'article
du NYT).
- Installée en Italie, une
base nucléaire US menace l'Europe 17/12/2003 A 10 kilomètres
des côtes corses, les Etasuniens vont édifier un «Guantanamo atomique»
au cœur de la Méditerranée. «Le point de vue de la US-Navy
est très clair. Ella a toujours considéré la Méditerranée comme une
clef stratégique pour l'Europe, le Nord de l'Afrique et la partie est de
l'Europe centrale, souligne Salvatore Sanna, expert au comité des sites
militaires sardes; L'agrandissement de la base atomique de La Maddalena
est une réponse, directe, aux ambitions de créer une défense européenne
autonome. Des ambitions qui sont incarnées par la France.» >>Lire
l'enquête d'Amnistia.net.
Rappelons que lors du Sommet européen qui s'est achever vendredi 17 octobre à
Bruxelles, l'Europe a unanimement décidé d'élaborer une politique de Défense
européenne «complémentaire» à l'OTAN. Le sujet a été débattu
par les 25 dans un climat tendu à cause des réactions très violentes de
Washington, qui n'a pas hésité pas à s'ingérer
dans les affaires européennes. De source diplomatique, on affirme
ainsi que les Etats-Unis exercent de fortes pressions, en particulier sur
la Grande-Bretagne, pour faire échouer l'idée d'une défense autonome.
Dans sa contre-attaque, Washington s'appuie aussi sur des gouvernements félons
comme ceux de la Pologne ou de l'Espagne pour miner le projet (cf
d'ailleurs le récent échec d'un accord sur la Constitution européenne
à cause de ces deux pays). A l'issue du sommet, Silvio Berlusconi, président en exercice
de l'UE, a toutefois déclaré que les 25 s'étaient prononcés à
l'unanimité en faveur d'une politique de défense «complémentaire»
(mais pas encore alternative hélas) à l'Alliance atlantique. De quoi
faire littéralement paniquer l'administration Bush qui, en plus du fiasco
irakien, redoute d'être accusée d'avoir «perdu
l'Europe».
Soulignons encore qu'en septembre dernier, Max
Boot, néo-conservateur notoire, comprenant qu'on ne pouvait
attaquer de front la construction européenne, estimait qu'il était temps
de la miner, de lutter de façon résolue contre le processus européen
par des moyens détournés. Mi-mai dernier, l'International
Herald Tribune estimait quant à lui que la politique US
visait désormais à désagréger l'Europe. Une politique dans laquelle
s'inscrivait peut-être déjà la décision US, en décembre 2002, de
vendre des armes à l'Algérie, jusque-là chasse gardée des Français,
dans une tentative à peine voilée de déstabilisation méditerranéenne.
-Saddam
Hussein arrêté,
les armes de destruction massive courent toujours... 15/12/2003
Or donc, le raïs irakien s'est fait coincé. Pour spectaculaire qu'elle
soit, la nouvelle ne change en fait strictement rien sur le
terrain. Car
contrairement à ce que tente de faire croire le cabinet Bush à l'opinion
publique étasunienne, ce n'est évidemment ni sous les ordres de
l'ex-dictateur, ni en son nom que la «résistance» irakienne harcèle
les forces d'occupation. Et, paradoxalement, l'arrestation de Saddam
Hussein (auquel les Etats-Unis, rappelons-le tout de même, ont livré une
usine chimique clé en main en 1985) pourrait même servir les intérêts
de la guérilla. En effet, les chiites, qui représentent plus de 60% de
la population irakienne, pourraient maintenant se décider à rejoindre la résistance «pour la
liberté et l’indépendance de leur pays», comme le suggère le
quotidien égyptien Al Ahram. Car tant que le dictateur pouvait ne
serait-ce qu'apparaître comme l'inspirateur de la guérilla antiaméricaine,
une telle alliance avec leur bourreau d'antan n'était pas pensable. Alors
que désormais...
Mais laissons Doobleyou, plus messianique que jamais, tout à sa joie
mystique: «Je crois fermement (…) que la liberté est le cadeau de
Dieu à chaque personne qui vit sur cette terre, a-t-il déclaré. (…)
L’arrestation de Saddan Hussein a changé la donne en Irak. Un homme qui
a refusé ce cadeau de Dieu au peuple d’Irak va être jugé.»
Et laissons à Igor Ivanov, chef de la diplomatie russe, de poser la seule
vraie question: «Espérons qu'elle [la capture de Saddam Hussein]
permettra de donner une réponse à la question qui nous préoccupe tous:
y avait-il ou non des armes de destruction massive
(>>lire la
saga) en Irak, car c'est cela
qui a justement déclenché la crise.»
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octobre
2003
- Risque d'une militarisation du
pouvoir US 29/11/2003 En prévision de la présidentielle US de
2004, le WSWS.org nous livre une analyse
pour le moins inquiétante, évoquant rien de moins qu'une possible déstabilisation
du système US lors de la campagne électorale, notamment à la suite
d'une attaque terroriste. S'ensuivrait alors une suspension de la
Constitution et une militarisation du pouvoir, selon des hypothèses évoquées
par le général Tommy
Franks
soit-même. Un scénario catastrophe certes, mais d'autant plus à
craindre que, paradoxalement, il pourrait aider le trio des fous-de-guerre,
Cheney-Rumsfeld-Wolfowitz, à se maintenir au pouvoir par la force au cas
où leur marionnette Doobleyou n'était pas donnée gagnante dans les
sondages.
Nous avons donc, d'un côté, des groupes terroristes islamistes qui,
emportés dans un Jihad quotidiennement aiguillonné par le racisme
anti-arabe de la politique étrangère US (cf le Proche-Orient), rêvent
d'un nouveau 11 septembre et, de l'autre, une équipe dirigeante US composée
de fanatiques de la gâchette
(avec pour tout programme politique la sauvagerie
néolibérale à l'intérieure des frontières et la guerre à
l'extérieur) pour qui ce même nouveau 11 septembre serait la garantie
d'un deuxième mandat.
C'est ce qu'on appelle une configuration explosive
(>>lire la page de de
defensa.org sur ce thème).
Dr. Folamour fait une poussée de fièvre L'armée américaine
planche sur un projet de bombardier hypersonique sans pilote qui pourrait
frapper n'importe quelle cible à la surface du globe moins de deux heures
après son décollage des Etats-Unis en volant à huit fois la vitesse du
son... L'appareil aurait un rayon d'action de 32'200 kilomètres, mettant
ainsi la terre entière à la portée de la machine de guerre étasunienne.
Encore un grand pas pour l'humanité.
- Boucheries à point nommé en
Turquie 20/11/2003 La guerre dite contre le terrorisme (c'est-à-dire
la croisade contre l'Islam militant lancée au lendemain du 11 septembre)
a de beaux jours devant elle. Cinq jours après le carnage perpétré
contre deux synagogues à Istanbul, deux monstrueux attentats visant les
intérêts britanniques ont fait, dans cette même ville, au moins 27
morts et 400 blessés jeudi. Des attentats commis au moment même où Bush
et Blair se retrouvaient à Londres pour un Sommet qui ne visait déjà initialement
, fastes de la Couronne obligent, qu'à redorer le blason d'un Doobleyou en chute libre dans
les sondages.
Sans verser dans la complotite aiguë (à l'instar de Faik Bulut,
chercheur et écrivain qui affirmait sur la chaîne nationale turque
TRT-Int que «ce sont les services secrets de grands pays alliés de la
Turquie qui sont derrière [ces attaques contre les synagogues]
pour forcer le gouvernement turc à accepter leur stratégie dans la région»),
relevons tout de même à quel point ces attentats, immédiatement
estampillés al-Qaïda par le Renseignement israélien, tombent à point
nommé pour un couple anglo-saxon qui peinait de plus en plus ces derniers
temps à
vendre sa croisade à ses opinions publiques. Les piètres stratèges
islamistes ont en effet donné l'occasion idéale, au couple Bush-Blair,
d'abord d'apparaître en frères d'armes victimes des circonstances et,
ensuite, de prendre à nouveau le monde à témoin pour lui rabâcher combien
ils avaient raison de se battre en
Irak, combien ils ne se
laisseraient pas intimider, combien ils poursuivraient le combat pour la
liberté etc., etc., etc. Profession de foi qui devait par ailleurs occuper
l'essentiel de la conférence de presse ponctuant le Sommet.
Il est vrai que, côté bilan dudit Sommet, il n'y avait rien à dire puisque,
sur tous les sujets de discussions annoncés comme autant de points chauds
par les analystes, dont par exemple les taxes US protectionnistes sur
l'acier ou le cas des prisonniers de Guantanamo, Blair n'a rien, mais alors rien obtenu du tout du grand frère
étasunien. Au point que les commentateurs britanniques se demandaient en
substance jeudi soir à quoi il servait d'être le fidèle allié de
quelqu'un qui ne vous renvoyait jamais l'ascenseur.
- Concessions US insuffisantes
selon la France 17/11/2003 La France juge que le transfert du
pouvoir aux Irakiens envisagé par les Etasuniens à la mi-2004 arrive «trop
tard», et insiste sur la mise en place avant la fin 2003 d'un «gouvernement
de transition» en Irak dans le cadre d'un processus d'«urgence».
«Mon sentiment est que c'est trop tard», a déclaré au quotidien
français La Croix de lundi le ministre français des Affaires étrangères
Dominique de Villepin. «Nous sommes dans une situation de très grande
urgence». Seule «une onunisation» permettra que les Américains
ne soient plus vus comme une force d'occupation, a affirmé, sous couvert
d'anonymat, une source proche de la présidence française. «Tant que
l'ONU ne sera pas mise au centre pour accompagner le processus, la donne
ne sera pas changée», a-t-on précisé de même source. L'accord
signé samedi par le Conseil de gouvernement transitoire irakien prévoit
que l'occupation prendra fin le 30 juin 2004 et n'envisage pas de rôle
accru pour l'ONU. Les Etats-Unis ont précisé que des troupes étrangères
resteraient alors sur place «à l'invitation» des Irakiens...
Pour John Kent, spécialiste des relations internationales à la London
School of Economics (LSE), joint à Londres. «Les Français veulent
rectifier l'erreur que les Américains ont faite en s'engageant» en
Irak, a-t-il ajouté. Ils estiment que «le moindre mal est de remettre
cette pagaille aux Irakiens».
Israël prépare l'opinion a des frappes sur l'Iran Le chef des
services secrets israéliens a averti lundi que le programme nucléaire
iranien représentait une «menace pour l'existence» d'Israël. La
menace nucléaire iranienne est «la plus grande menace pour
l'existence d'Israël depuis sa création» en 1948, a rapporté la
radio citant le patron du Mossad, Meir Dagan, qui s'exprimait lors d'une
rare intervention devant les membres de la commission des Affaires étrangères
et de la Défense du Parlement. L'Iran s'approche du point de non-retour
qui lui permettra de se doter de l'arme nucléaire, a averti le maître-espion
israélien. Le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, avait déjà
lancé une mise en garde similaire lors d'une visite à Washington la
semaine dernière. «Des efforts sont nécessaires pour retarder, arrêter
ou empêcher le programme nucléaire iranien», avait-il affirmé le
12 novembre, à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire à la Défense
étasunien, le fou de guerre Donald Rumsfeld, et le secrétaire d'Etat,
Colin Powell.
Rappelons que le 7 juin 1981, l'aviation israélienne avait rasé la
centrale nucléaire irakienne d'Osirak, près de Bagdad, l'Etat hébreu
soupçonnant l'Irak de vouloir se doter de l'arme nucléaire.
- débandade us amorcée
13/11/2003 La violence des attaques contre les forces d'occupation en Irak
a atteint un niveau inégalé au mois de novembre et touche désormais
toutes les régions du pays. Depuis le début du mois, près de 40 soldats
américains ont ainsi été tués et le total des GI tombés au combat en
Irak depuis le 1er mai, date de l'annonce de la fin des combats majeurs
par le Doobleyou, s'élève à 157, soit largement plus que ceux tombés
durant l'invasion (114). Les soldats espagnols (3 morts) et polonais (un
commandant tué) ont également été pris pour cible. Quant à l'Italie,
elle a payé le prix fort pour sa politique du caniche vis-à-vis de
Washington dans l'attaque qui a coûté la vie, mercedi, à 18 soldats
italiens et neuf Irakiens à Nassiriyah, une ville chiite jusque-là
relativement paisible.
Sept mois après la libération
mise en scène de Bagdad, le constat d'échec est donc total en
Irak où la coalition anglo-saxonne a totalement perdu le contrôle de la
situation. Au point que Doobleyou soit-même, conscient (du moins son
entourage) que le bourbier irakien pourrait lui coûter son prochain
mandat, a demandé jeudi au «proconsul» étasunien en Irak, Paul Bremer,
de «développer une stratégie» pour accélérer le transfert du
pouvoir aux Irakiens. En clair, Washington s'aligne sur la position tant
critiquée de la France, de l'Allemagne et de la Russie. Selon le New
York Times, l'administration Bush veut dorénavant des élections en
Irak durant le premier semestre 2004, et concéder l'autorité aux
Irakiens avant même un accord sur une Constitution irakienne.
- Les menaces
contre la Syrie se précisent 12/11/2003
Le Congrès américain a approuvé mardi des sanctions économiques et
diplomatiques contre
la Syrie. Officiellement, Washington reproche d'abord à Damas de
soutenir les groupes radicaux anti-israéliens Hezbollah, Hamas et Jihad
islamique. Sauf que le constat est vieux de 20 ans et ne saurait, à lui
seul, justifier le tour de vis étasunien, surtout dans le cadre d'un
processus de paix israélo-palestinien aujourd'hui à l'agonie. Washington
reproche aussi à la Syrie de détenir des armes chimiques et de chercher
à acquérir des armes biologiques. L'alibi de l'introuvable arsenal
irakien, version syrienne quoi. Reste que ces dernières accusations, pour
l'heure sans fondement, paraissent déplacées. En terme de défense
nationale, Damas est effectivement, dissuasion oblige, parfaitement fondé
à disposer de telles armes. Son ennemi déclaré, Israël, ne détient-il
pas son propre arsenal d'armes de destruction massive, parmi lesquelles
200 ogives nucléaires, selon les spécialistes?
Troisième reproche majeure de Washington: l'occupation du Liban par la
Syrie depuis 13 ans. Si ce dernier grief est
parfaitement justifié (>>2), il fleure bon le prétexte moral déjà
brandit, faute de mieux, dans la crise irakienne, et se pose un peu là en
terme de mauvaise foi. Car si Damas a pu envahir le Pays des Cèdres le 13
octobre 1990, c'est uniquement grâce au feu vert des Etats-Unis qui, à
l'époque, cherchaient par tous les moyens à se garantir la passivité
arabe durant... la première guerre du Golfe.
En fait, si le courroux de Washington frappe aujourd'hui Damas, c'est
surtout pour son attitude dans le dossier irakien. La Syrie est ainsi
accusée de laisser entrer depuis son territoire des auteurs d'attentats
contre les forces américaines en Irak. «La Syrie a une longue frontière
avec l'Irak, qui est difficile à sécuriser, mais elle ne fait pas
d'efforts, expliquait hier à l'AFP le politologue libanais Antoine
Basbous. D'autre part, elle fait tout ce qu'elle peut pour s'opposer au
Conseil de gouvernement transitoire irakien (installé par les Américains),
et reçoit toutes les oppositions à ce Conseil.» Et l'expert de
conclure: «Le régime syrien joue un jeu dangereux, car les Américains
pourraient bien faire payer à Damas leur éventuel échec en Irak.»
Un autre élément de réponse est peut-être à chercher dans la présidentielle
de 2004. Invité du Courrier International à la fin avril dernier,
Gary Younge, du Guardian, citait les trois raisons qui pourraient
permettre à W. d'être réélu en 2004: «La première , ce sont les démocrates:
la perspective de se dévarrasser de Bush va en doper plus d'un, mais les
neuf qui se sont pour le moment mis en avant n'ont pas réussi à capter
l'imagination populaire ou ont tout simplement peu d'espoir d'être élu.
La deuxième, à Dieu ne plaise, c'est un autre attentat terroriste, qui
rallierait à nouveau le pays autour de son chef. Et la troisième, c'est
qu'il [Doobleyou] se remette à picoler, recommence à vouloir
l'ivresse et se cherche une autre guerre».
En Syrie?
- Soros contre Bush
11/11/2003 Le milliardaire étasunien George Soros a indiqué, dans un
entretien publié mardi, que son «but essentiel» était de «faire
battre» en 2004 le président George W. Bush, qui a fait des
Etats-Unis «un danger pour le monde». «C'est le but essentiel
de ma vie», a résumé M. Soros, interrogé par le Washington Post
après avoir donné, lundi, cinq millions de dollars à une organisation
de gauche, MoveOn.org,
qui combat la politique du président américain.
De son côté, l'inénarrable Doobleyou a affirmé mardi que «des
jihadistes étrangers avaient traversé les frontières irakiennes en
petits groupes avec pour objectif d'installer [en Irak] un régime
similaire à celui des talibans [d'Afghanistan].» Une
affirmation savoureuse lorsque l'on sait que face au fiasco afghan (encore
un), les Étasuniens négocient avec les talibans (>>1
/// >>2)
pour les aider à pacifier la région.
- Doobleyou en plein délire
messianique Issu d'un courant chrétien fondamentaliste,
le président étasunien a affirmé sans sourciller que Dieu
l'avait choisi pour diriger les États-Unis (eh oui, ça devient
grave). Sûr en tout cas que ce ne sont pas
les électeurs...
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octobre
2003
- retour sur investissement:
toujours plus fort! 30/10/2003 Des sociétés ayant soutenu
financièrement Doobleyou lors de son élection
en 2000 figurent parmi les mieux servies en Irak et en Afghanistan
pour les contrats de reconstruction, selon un rapport d'un centre de
recherches publié jeudi. Plus de 70 sociétés ayant effectué des dons
d'au moins 500'000 dollars au profit de Bush ont obtenu au total 8
milliards de dollars de contrats, annonce le Center for Public
Integrity, basé à Washington. Le rapport souligne les relations des
entreprises avec l'armée et le monde politique (>>relire
le dossier Waxmann). La plupart des contrats n'ont pas donné lieu
à un appel d'offres. «Les 10 plus gros contrats pour l'Irak et
l'Afghanistan ont été accordés presque tous à des sociétés employant
d'anciens hauts responsables politiques ou des personnes ayant des liens
privilégiés avec le pouvoir ou avec le Congrès», révèle le
rapport. Le géant du pétrole Halliburton, dirigé par l'actuel vice-président
Dick Cheney jusqu'en 2000, a remporté le plus gros contrat, d'une valeur
de 2,3 milliards de dollars. Bechtel (une société d'ingénierie
californienne qui, en 1988, avait signé plusieurs contrats avec Bagdad
pour la construction d'une... usine
chimique à double-usage), a remporté un contrat d'un milliard de
dollars pour réparer des infrastructures en Irak. L'un de ses
responsables, Riley Bechtel, conseille le président Bush pour
l'exportation.
Aux dernières nouvelles, Halliburton a tiré presque un quart de ses bénéfices
au 3e trimestre 2003 des contrats en Irak accordés sans appel d'offres à
l'une de ses filiales, KBR. A elle seule, Kellogg Brown and Root a ainsi réalisé
un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars, soit un bon de... +80%
par rapport à la même période de l'année précédente.
Rappelons qu'en guise de cadeau d'adieux après la nomination de Cheney au
gouvernement, Halliburton lui avait offert une prime de 20 millions de
dollars.
Vous avez dit retour sur investissement?
L'invasion de l'Irak aurait fait 13'000 morts Environ 13 000
Irakiens, dont 4300 civils, ont été tués pendant les combats menés
entre le 19 mars et le 30 avril en Irak, selon l'étude d'une association
indépendante. Ces chiffres sont fondés sur des données américaines de
combat, des rapport de presse sur les champs de bataille et des enquêtes
d'hôpitaux irakiens, précise l'étude réalisée pour «Project on
Defense Alternatives». «Du côté irakien, une analyse des
preuves disponibles révèle qu'environ 11'000 à 15'000 Irakiens,
combattants et non-combattants, ont été tués au cours des opérations
majeures», qui se sont achevées le 1er mai 2003, selon l'étude. «Sur
le nombre total de morts irakiens (entre le 19 mars et fin avril),
environ 30% (soit entre 3200 et 4300 personnes) étaient des civils
non-combattants, c'est-à-dire des civils qui n'ont pas pris les armes»,
ajoute le rapport.
Plus de GI tués après la fin de la guerre que pendant La mort
de deux nouveaux GI dans leur char Abrams, hier à Bagdad, a porté
mercredi à 117 le chiffre des tués étasuniens depuis la fin officielle
des combats. Soit plus que pendant le conflit lui-même, qui avait 114
victimes US.
- Contre-attaque hors limites
27/10/2003 Lancée au mépris
du droit international, et avec la sauvagerie
high tech (>>2)
que l'on sait, l'invasion de l'Irak par une
coalition d'États que l'on peut dès lors légitimement qualifier de
voyous, est aujourd'hui combattue avec la même rage dévastatrice, le même
mépris des hommes et des règles les plus élémentaires de la guerre. Après l'attaque du siège de l'ONU en août dernier (dont on
pouvait encore comprendre qu'il fut une cible politique au regard du
million et demi d'Irakiens exterminés par les bombes de papiers de
l'Organisation en 12 ans d'embargo), c'est le siège du CICR qui a été
la cible d'une des cinq attaques qui ont fait
quelque 42 morts, lundi à Bagdad. Une opération lancée de surcroît au
lendemain de la pluie d'obus qui s'est abattue sur l'hôtel Rasheed,
dimanche, et qui visait, elle, ni plus ni moins que le numéro deux du
Pentagone, Paul Wolfowitz, théoricien de la guerre préventive contre
l'Irak, idéologue fanatique de la démocratisation à coups de flingue du
Moyen-Orient.
Le but de ces opérations de guérilla est clairement d'installer le
chaos dans le pays pour rendre la position des forces d'occupation
intenable. Désormais, enfermé dans son monde
virtuel, seul le cabinet de guerre du trio
Cheney-Rumsfeld-Wolfowitz, et sa marionnette Doobleyou, affirme encore
qu'il ne s'agit là que d'actes isolés de nostalgiques de Saddam, aidés
par une poignée de sbires d'Al-Qaïda. Dans
une analyse marquée au sceau d'un positivisme débridé (le bateau
coule mais si je dis que tout va bien alors il ne coule pas),
Doobleyou a ainsi été jusqu'à citer lundi les progrès enregistrés par
ses troupes en Irak pour expliquer ces attaques: «Plus nous avons de succès sur le terrain,
plus les tueurs réagiront», a-t-il affirmé à deux reprises, avant
d'ajouter: «Ils détestent la liberté. Ils aiment la terreur».
Sans doute, sans doute.
- Disparition de 4 milliards
25/10/2003 A l'heure où les Etats-Unis et leurs zélateurs cherchent à
obtenir la manne internationale, officiellement pour reconstruire l'Irak
qu'ils ont renvoyé à l'âge de pierre, la nouvelle fait tache. Quelques
4 milliards de dollars de revenus pétroliers irakiens ont «disparu
dans des comptes bancaires opaques gérés par l'Autorité provisoire de
la coalition» que contrôlent les Etats-Unis, a affirmé jeudi
l'organisation non gouvernementale Christian
Aid (>>2). L'ONG, basée à
Londres, a publié à Madrid, au premier jour de la Conférence des
donateurs pour la reconstruction de l'Irak, une enquête qui,
affirme-t-elle, a conclu à l'existence d'un «trou noir financier»
dans lequel auraient disparu «4 milliards de dollars de revenus pétroliers».
Ces revenus sont intégrés dans un Fonds pour le développement de
l'Irak, géré par les Etats-Unis...
«35 attaques anti-US par jour»
Plusieurs soldats américains ont ainsi été blessés mercredi dans des
explosions au passage de convois militaires dans le centre de Bagdad et à
Falloujah, à l'ouest de la capitale irakienne. Le commandant des forces
américaines en Irak, le général Ricardo Sanchez, a confirmé lors d'une
conférence de presse une hausse du nombre des attaques dirigées contre
ses troupes. La moyenne de 20 à 25 attaques quotidiennes a ainsi progressé
au cours de ces trois dernières semaines pour atteindre un «pic de 35
attaques par jour».
Contrôle de l'information Alors qu'il chute dans les sondages, George
Bush s'efforce depuis des semaines de souligner les progrès effectués en
Irak. Face à la multiplication des nouvelles négatives en provenance de
Bagdad, la Maison-Blanche tente de mieux contrôler le message. Lors de la
réorganisation de l'administration américaine en Irak et du transfert de
pouvoir dans les mains de Condoleezza Rice, Conseillère de George Bush en
matière de Sécurité, un département spécifique pour le contrôle des
informations a ainsi été inclus dans la nouvelle structure.
- «Mon dieu est plus fort que le
tien. Na!» 21/10/2003 Collaborateur du très religieux fou de
guerre Rumsfeld, le général William G. Boykin, sous-secrétaire à la Défense
chargé du renseignement, est sur la sellette après les révélations de
la presse américaine sur certains de ses discours et déclarations dans
des églises évangéliques. Le militaire a notamment affirmé que
l'ennemi dans la guerre contre le terrorisme était Satan et que Dieu
avait placé George W. Bush à la Maison-Blanche. Il a par ailleurs raconté
qu'après une confrontation en 1993 avec Osman Otto, chef de guerre
somalien, il a déclaré: «Je savais que mon Dieu était plus fort que
le sien. Je savais que mon Dieu était un vrai Dieu, et que le sien était
une idole». Une fois Otto capturé, le général lui a dit: «Tu
as sous-estimé notre Dieu.»
L'armée US et Tsahal inadaptées? Une incontournable analyse du non
moins incontournable
de defensa.org, sur la réalité des capacités militaires US ou
israéliennes à l'épreuve de guérillas de mieux en mieux structurées.
-Washington contre l'Europe 17/10/2003
Lors du Sommet européen qui s'est achever vendredi 17 octobre à
Bruxelles, l'Europe a unanimement décidé d'élaborer une politique de Défense
européenne «complémentaire» à l'OTAN. Le sujet a été débattu
par les 25 dans un climat tendu à cause des réactions très violentes de
Washington, qui n'a pas hésité pas à s'ingérer
dans les affaires européennes. De source diplomatique, on affirme
ainsi que les Etats-Unis exercent de fortes pressions, en particulier sur
la Grande-Bretagne, pour faire échouer l'idée d'une défense autonome.
Dans sa contre-attaque, Washington s'appuie aussi sur des gouvernements félons
comme ceux de la Pologne ou de l'Espagne pour miner le projet, ces
derniers espérant pouvoir tirer profit de leur flirt avec les USA dans
les négociations européennes en cours sur la futur Constitution
notamment. A l'issue du sommet, Silvio Berlusconi, président en exercice
de l'UE, a toutefois déclaré que les 25 s'étaient prononcés à
l'unanimité en faveur d'une politique de défense «complémentaire»
(mais pas encore alternative hélas) à l'Alliance atlantique. De quoi
faire littéralement paniquer l'administration Bush qui, en plus du fiasco
irakien, redoute d'être accusée d'avoir «perdu
l'Europe».
Rappelons qu'en septembre dernier, Max
Boot, néo-conservateur notoire, comprenant qu'on ne pouvait
attaquer de front la construction européenne, estimait qu'il était temps
de la miner, de lutter de façon résolue contre le processus européen
par des moyens détournés. Mi-mai dernier, l'International
Herald Tribune estimait quant à lui que la politique US
visait désormais à désagréger l'Europe. Une politique dans laquelle
s'inscrivait peut-être déjà la décision US, en décembre 2002, de
vendre des armes à l'Algérie, jusque-là chasse gardée des Français,
dans une tentative à peine voilée de déstabilisation méditerranéenne.
- La victoire étasunienne arrachée
à l'ONU est-elle symbolique? 15/10/2003 A force de tordre des
bras, les Etats-Unis ont réussi à faire passer à l'unanimité leur
projet de résolution sur l'Irak. Les pressions exercées au cours du
week-end dernier, directement au plus haut niveau dans les capitales
concernées, ont fait basculer des pays comme le Mexique et le Chili. Ou même
la Syrie qui, d'abord bombardée par l'allié israélien avant d'être, la
semaine dernière, menacée de sanctions par le Congrès étasunien, était
littéralement dos au mur et pistolet sur la tempe. Quant au camp de la
paix (France-Allemagne-Russie), il s'est livré à un exercice de grand-écart
peu banal en affirmant d'une seule voix ne pas vouloir envoyer de troupes
en Irak ni bourse délier, tout en votant quand même en faveur d'une résolution
finalement qualifiée de «pas dans la bonne direction» (sic).
Les Etats-Unis n'ont pourtant accepté aucun des amendements que le l'axe
Paris-Berlin-Moscou prétendait exiger ces derniers jours. Le texte ne
mentionne ainsi aucun calendrier de retour à la souveraineté des
Irakiens dans leur pays. La résolution ouvre en revanche la voie à la création
d'une force multinationale onusienne de stabilisation, sous commandement
unifié étasunien, tout en laissant le contrôle quasi-absolu du pays en
mains étasuniennes, reléguant apparemment plus que jamais l'ONU à un
statut d'ONG et/ou de chambre d'enregistrement des actions/décisions étasuniennes.
Cerise sur le gâteau, ce sont des soldats opérant sous la bannière de
l'ONU qui devraient à terme, en théorie du moins, payer de leurs vies la
protection du pillage de l'or noir irakien au profit des Etasuniens et de
leurs zélateurs de la première heure.
De prime abord, l'on pourrait donc penser que le camp de la paix,
incapable de soutenir plus longtemps la confrontation avec l'hyper-puissance
US, s'est couché. Et c'est d'ailleurs peut-être le cas. Reste toutefois
à vérifier si cette résolution, obtenue grâce aux armes habituelles de
la diplomatie Bush que sont le
chantage, la menace ou la corruption, trouvera une réelle
application sur le terrain. L'axe Paris-Berlin-Moscou a en effet avertit
qu'il n'enverrait pas de soldats ni ne mettrait la main au porte-monnaie.
Un reste de résistance au diktat étasunien qui pourrait bien faire des
émules et, finalement, vider de son contenu la résolution ainsi arrachée.
Premiers éléments de réponse lors de la conférence des donateurs, à
la fin octobre à Madrid.
Pseudo-arsenal irakien: Powell complice du montage Colin Powell a
trompé les Américains sur les armes de destruction massives fantômes de
Saddam Hussein avant la guerre. C'est ce qu'a affirmé hier Greg Thielmann,
ancien proche collaborateur du Secrétaire d'Etat, à la chaîne de télévision
CBS. Jusqu'à sa retraite, en septembre 2002, Greg Thielmann était
responsable de l'analyse des renseignements fournis par les services
secrets.
Futur légion étrangère étasunienne sur pied L'OTAN a lancé sa
force de réaction rapide mercredi, une unité encore à l'état de
prototype qui rassemblera 20'000 hommes d'ici 2006 et pourra se déployer
à tout moment dans n'importe quelle zone du globe. La Force de réaction
sera placée dans un premier temps sous le commandant du général
britannique Sir Jack Deverell. Elle effectuera ses premières manoeuvres
le mois prochain en Turquie. Rappelons que le jeudi 21 novembre 2002, les
dix-neuf chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance atlantique avaient
approuvé la proposition étasunienne de création de cette force
susceptible d'être mobilisée dans des temps très courts pour des
missions de combat potentielles partout dans le monde. Placée à terme
sous commandement US évidemment, cette force pourra frapper où
elle le voudra et quand elle le voudra, sans avoir besoin
d'obtenir l'aval des Etats dans lesquels elle interviendra dans le cadre
de la lutte contre le terrorisme. Le 7 novembre dernier, William Pfaff, de
l'International
Herald Tribune, s'interrogeait sur une force de réaction
rapide de l'OTAN qui pourrait n'être qu'une «légion étrangère»
au service du Pentagone.
- Troisième tentative US d'enrôler
l'ONU 13/10/2003 Le cabinet de guerre de Doobleyou
devaient présenter lundi soir un troisième projet de résolution ouvrant
la voie à la création d'une force multinationale de stabilisation du
bourbier irakien notamment. Le texte fixe au 15 décembre la date à
laquelle le Conseil de gouvernement interimaire doit présenter le
calendrier de la restitution du pouvoir aux Irakiens. Le chef de la
diplomatie française, Dominique de Villepin, a estimé que le nouveau
projet américain comportait «des progrès» par rapport au texte
précédent. «Vous verrez que dans la résolution, il est peu question
de calendrier», a cependant noté le chef de la diplomatie française,
dont le pays est l'un des plus fervents défenseurs d'un transfert rapide
de souveraineté aux Irakiens. «Il n'y a pas de changement d'approche
sur le fond (...) Il y a des remaniements mais cela reste cosmétique»,
a confirmé pour sa part un diplomate ayant eu connaissance du projet révisé.
Dimanche et lundi, trois marines ont été tués en Irak. Ces décès
portent à 97 le nombre des GI tués depuis le 1er mai, date à laquelle
Doobleyou avait annoncé la fin des opérations militaires majeures.
- Déploiement turc approuvé
07/10/2003 Le Parlement turc a donné mardi son feu vert à l'envoi d'une
force de maintien de la paix en Irak, à la demande du cabinet de guerre
de Doobleyou. A l'issue d'un débat à huis clos, les députés se sont
prononcés par 358 voix contre 183 en faveur du projet. Ankara pourrait
ainsi devenir le premier pays musulman à dépêcher des soldats en Irak.
Les médias turcs et des responsables ont avancé le chiffre de 10'000
hommes. Le mandat devrait durer une année et pourrait débuter en
novembre.
Pseudo-arsenal irakien: le bide! Le chef du Groupe d'inspection en
Irak (ISG), David Kay, enquêtant sur les armes de destruction massive
dont l'existence a été avancée par Washington et Londres pour justifier
la guerre, a déclaré jeudi 2 octobre n'en avoir découvert «aucune»,
à l'issue d'une présentation au Congrès de son premier rapport.
L'expert américain a ajouté que son groupe, fort de 1'400 Américains et
Britanniques, avait «encore beaucoup de travail» (pour en
apporter eux-mêmes sur place en cas de besoin?). L'ancien chef des
inspecteurs de l'Onu en Irak, Hans Blix, a déclaré vendredi dans un
entretien à la BBC que la coalition américano-britannique n'avait pas
réussi à prouver que l'Irak présentait avant la guerre une menace «manifeste
et imminente».
- La France tient bon
02/10/2003 Le Conseil de sécurité de l'ONU a commencé hier à étudier
un projet américain révisé de résolution sur l'Irak. L'ambassadeur de
France à l'ONU, Jean-Marc de La Sablière, a déclaré que le projet «ne
répond pas aux espoirs de la France. Nous ne retrouvons pas les
propositions que nous avions faites avec l'Allemagne sur des points
essentiels.» Le diplomate français a enfin déploré que le projet
«laissait les Nations Unies dans un rôle subsidiaire». Le projet
ne prévoit pas de date pour le retour d'un gouvernement irakien doté de
pleins pouvoirs, alors que de nombreux pays souhaitaient un échéancier
précis. Kofi Annan a aussi émis des réserves sur le nouveau texte: «A
l'évidence, ce projet ne va pas dans la direction que j'avais recommandée,
mais je dois encore l'étudier.»
Scandale à venir La balance qui, à la Maison-Blanche, a jeté le
nom d'un agent de la CIA en pâture à la presse pour se venger de
l'ex-ambassadeur Wilson (qui a démenti les accusations de Bush sur les
pseudo-tentatives d'achat d'uranium au Niger par Saddam), pourrait bien être
Gordon Liddy, le chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, selon une
très sérieuse hypothèse de Justin
Raimondo.
Occupation de l'Irak pour «des années» Le plus haut gradé de
l'armée américaine en Irak, le général Ricardo Sanchez, a reconnu
jeudi que les attaques anti-américaines faisaient chaque semaine trois à
six morts et une quarantaine de blessés parmi ses hommes. Il a indiqué
que ses troupes ne quitteraient pas le pays prochainement: «Ce sera sûrement
des années. Nous n'avons jamais dit que ce sera moins de quelques années»,
a affirmé le général Sanchez à propos de la durée de la présence
militaire américaine.
Retour sur investissement, suite Dans son interview à Meet the
Press du 14 septembre, le vice-président Dick Cheney a déclaré
qu'il n'avait plus «aucun lien financier» avec le géant pétrolier
Halliburton, dont il était le PDG de 1995 à 2000, et qui s'est vu
attribué par le gouvernement, sans appel d'offres, des contrats pour un
montant de... 1,25 milliard de dollars en Irak.
Là où le bât blesse, c'est que selon un rapport du bureau du sénateur
Lautenberg, Cheney a perçu d'Halliburton, au titre de salaire
différé, quelque 205'298 dollars en 2001 et 162'392 dollars en 2002. En
stock options, le vice-président a aussi empoché 100'000 parts à 54,50
dollars (acquis), expiration le 12/03/07; 33'333 parts à 28,12 dollars
(acquis), expiration le 12/02/08, et 300'000 parts à 39,50 dollars
(acquis), expiration le 12/02/09. A ces salaires différés et autres
stocks options s'ajoutent encore des indemnités de départ d'un montant
de 20 millions de dollars qu'Halliburton lui a versés après seulement
cinq années de service, et une prime de 1,4 million de dollars versés en
liquide en 2001.
Vous avez dit retour sur investissement?
Le 23 septembre, le sénateur Lautenberg a officiellement demandé par écrit
au sénateur Susan Collins, présidente de la commission des Affaires
gouvernementale du Sénat, de tenir des auditions immédiates sur les
contrats pour les travaux en Irak. A suivre.
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septembre
2003
- Pseudo-arsenal irakien: le
cabinet Bush en ligne de mire 30/09/2003 La Commission du
Renseignement du Congrès accuse la CIA d'avoir construit son dossier sur
le pseudo-arsenal irakien sur la base de renseignement datant d'avant...
1998. Mais l'accusation n'est dirigée contre la CIA que pour la forme
puisque cette dernière est en mesure de démontrer qu'au final, c'est le
cabinet Bush qui a dénaturé ses informations et ignoré ses
recommandations de prudence.
Affaire Kelly version US? La Maison-Blanche s'est défendue lundi
d'avoir livré aux médias le nom d'une femme agent secret pour se venger
de son mari, un ancien diplomate qui contestait des accusations portées
par l'administration Bush contre l'Irak. L'histoire, révélée par le
Washington Post, rappelle l'affaire Kelly, qui met en difficulté Tony
Blair. L'administration Bush avait chargé un ex-ambassadeur, Joseph
Wilson, d'enquêter sur des informations faisant état des tentatives de
Saddam Hussein de se procurer de l'uranium enrichi au Niger. Après une
mission dans ce pays, M. Wilson était parvenu à la conclusion que ces
accusations n'étaient pas étayées (tout
bonnement un montage, en fait). George W. Bush les avait néanmoins
citées, en janvier, parmi les raisons justifiant une intervention
militaire. Joseph Wilson avait alors transmis à la presse les résultats
de sa mission contredisant les affirmations du président. Pour se venger,
la Maison-Blanche aurait alors fait savoir que son épouse travaillait
pour la CIA. Une enquête officielle a été ouverte mardi.
Retrait US de Bagdad envisagé Selon William Pfaff, du International
Herald Tribune, les Etasuniens envisageraient de se retirer de
Bagdad vers des positions moins exposées et ultrasécurisées. Un plan
qui aurait l'aval de Rumsfeld selon Justin
Raimondo.
Invasion de l'Irak: une fraude «made in Texas»
selon un sénateur démocrate Lors d'une interview accordée à
l'agence AP, le sénateur
Edward Kennedy déclarait que «le mobile avancé pour entrer
en guerre contre l'Irak était une fraude mise au point au Texas pour
donner une impulsion politique aux Républicains, et l'argent de la guerre
est utilisé à suborner des responsables étrangers pour qu'ils y
envoient des troupes» («the case for going to war against Iraq
was a fraud «made up in Texas» to give Republicans a
political boost and the money for the war is being used to bribe foreign
leaders to send troops.»
- Les Etats-Unis, seuls contre le
monde 24/09/2003 Petit retour sur l'historique 58e Assemblée générale
de l'ONU, mardi, où le contraste saisissant entre les applaudissements
polis saluant le discours de Doobleyou, et l'enthousiasme bien réel
ponctuant ceux de Kofi Annan et de Jacques Chirac, aura tout résumé...
(suivant un exergue du Post). Un an après le début du bras de fer
entre le camp de la paix et Washington, «rien n'a changé, et tout est
différent», relève dès lors de
defensa.org dans une remarquable analyse qui nous fait mesurer
toute l'immensité de l'enjeu.
L'argument de «certains Etats, qui estiment avoir le droit et
l'obligation de faire usage de la force à titre préventif, représente
un défi fondamental aux principes sur lesquels la paix et la stabilité
mondiales ont, sans doute imparfaitement, reposé depuis les 25 dernières
années», avait d'emblée déclaré Kofi Annan. D'où l'on peut déduire
qu'au fond, le problème premier, le danger majeur qu'encoure aujourd'hui
le monde, est moins le terrorisme islamique que les délires guerriers des
fous de guerre étasuniens et de leurs zélateurs. Reste à espérer, en
observant l'inquiétante prudence allemande d'hier face à Doobleyou, que
le dieu dollar ne finisse pas par tout emporter.
>>Crimes de guerre: la
Belgique et la Suisse jettent l'éponge
- La Vieille Europe et kofi
Annan contre le cowboy 23/09/2003 Alors que l'inénarrable
Doobleyou a une fois de plus, hier devant l'Assemblée générale des
Nations Unies, mendié l'aide de l'Organisation pour se sortir du bourbier
irakien de l'après-ratonnade,
Jacques Chirac n'a pas manqué l'occasion d'y dénoncé la guerre unilatérale
des Etats-Unis, affirmant que «nul ne peut agir seul au nom de tous».
Le président français a ainsi plaidé pour un transfert de la
souveraineté et des responsabilités aux Irakiens selon un calendrier «réaliste»
et sous l'égide de l'ONU. «Dans un monde ouvert, nul ne peut
s'isoler, nul ne peut agir seul au nom de tous et nul ne peut accepter
l'anarchie d'une société sans règle. Il n'y a pas d'alternative aux
Nations Unies», a-t-il déclaré. Le multilatéralisme «garantit
la légitimité et la démocratie, tout particulièrement lorsqu'il s'agit
de décider du recours à la force. (...) Nul ne saurait s'arroger
le droit de l'utiliser unilatéralement et préventivement.» A noter
que Doobleyou et sa suite avaient quitté la salle juste après
l'intervention de l'inénarrable, affichant de ce fait un mépris évident
pour l'Assemblée et plus singulièrement pour le président français
dont ils n'ont pas daigné écouter l'intervention.
Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait de son côté
épinglé d'entrée Doobleyou en déclarant dans son discours d'ouverture
que l'argument de «certains Etats, qui estiment avoir le droit et
l'obligation de faire usage de la force à titre préventif, représente
un défi fondamental aux principes sur lesquels la paix et la stabilité
mondiales ont, sans doute imparfaitement, reposé depuis les 25 dernières
années».
Faut-il vous l'emballer, Dr. Strangelove?
Le prix du mensonge
Seulement 50 % des Américains approuvent la politique de George W. Bush,
alors que 47 % la désapprouvent. Ils étaient 60 % à soutenir leur président
début août et 71 % fin mars, indique un sondage USA Today/CNN/Gallup
publié lundi. A propos de la situation en Irak, les Américains ne sont
plus que 50 % à estimer que la guerre engagée en mars dernier en valait
la peine contre 63 % fin août. Au moment de la chute du dictateur
irakien, 76 % des Américains estimaient que la guerre valait la peine d'être
engagée.
La majorité des Britanniques estime, pour la première fois depuis le début
des hostilités, que le conflit en Irak n'était pas justifié, selon un
sondage publié mardi dans le quotidien, le Guardian. 53% de
personnes interrogées estiment en effet que le conflit n'était pas
justifié alors que seulement 38% de sondés sont d'un avis contraire,
selon un sondage ICM. Immédiatement après la guerre en Irak en avril,
63% des Britanniques étaient favorables au conflit.
Le gouvernement fantoche irakien muselle la presse arabe Le
gouvernement fantoche mis en place par Washington en Irak a décidé mardi
d'interdire aux chaînes arabes Al-Arabiya et Al-Jazira de couvrir les
conférences de presse officielles pendant 15 jours. Il s'agit d'un «avertissement»
pour ces chaînes accusées d'incitation aux attentats. «Al-Arabiya et
Al-Jazira seront provisoirement exclues de toute couverture des activités
du Conseil de gouvernement et des conférences de presse officielles et
les correspondants des deux chaînes seront interdits d'accès aux ministères
et aux bureaux du gouvernement pendant deux semaines», souligne un
communiqué du Conseil présidé par l'homme de la CIA, Ahmed
Chalabi.
- Propaganda 17/09/2003
Selon un sondage publié la semaine dernière, près de 70% des Etasuniens
pensent que le régime de Saddam Hussein a été associé aux attentats du
11 septembre.
Mercredi, la Maison-Blanche s'est pourtant défendue d'avoir lié l'Irak
aux attentats du 11 septembre. «Nous avons dit que nous n'avons pas de
preuves», a déclaré son porte-parole Scott McClellan. Il a dit ne
pas trouver d'exemple où George W. Bush aurait fait un lien entre l'Irak
et ces attentats commis par le réseau Al-Qaïda.
Rappel non exhaustif:
18/03/2003 George W. Bush a lancé un ultimatum de 48
heures à Saddam Hussein et ses fils pour quitter leur pays, faute de quoi
les Etats-Unis lanceraient une guerre contre l'Irak. Dans son discours, il
affirme que le régime de Saddam Hussein a «aidé, entraîné et hébergé
des terroristes, y compris des agents d'Al-Qaïda».
03/12/2002 Lors d'un discours prononcé à Denver (Colorado,
centre) et dont le texte a été rendu public à Washington, le véritable
patron de la Maison-Blanche, Dick Cheney, a déclaré à propos de Saddam
Hussein que «son régime a eu des contacts de haut niveau ces dix
dernières années avec al-Qaïda et a aidé à l'entraînement de
terroristes d'al-Qaïda». Et d'ajouter: «C'est pour cela que la
guerre contre le terrorisme ne sera pas gagnée tant que l'Irak ne sera
pas, de manière totale et vérifiable, privé de ses armes
de destruction massive.»
9/10/2002 Le directeur de la CIA, George Tenet, dans une lettre au
Congrès, affirme posséder de «solides informations établissant
l'existence de contacts entre l'Irak et Al-Qaïda depuis dix ans»,
fondées notamment sur les aveux des prisonniers capturés depuis un an en
Afghanistan...
15/10/2002 Surfant sur la vague d'indignation internationale suscitée
par l'attentat de Bali, Doobleyou affirme que Saddam Hussein tentait
d'utiliser Al-Qaïda comme «l'avant-garde de son armée», lors
d'un rassemblement politique dans le Michigan.
16/09/2002 «L'Irak a clairement des liens avec le terrorisme, y
compris Al- Qaïda, oui», a déclaré dimanche Condoleezza Rice, la
conseillère pour la sécurité nationale du président Bush, sur la chaîne
de télévision américaine Fox. Elle a affirmé que «des membres d'Al-Qaïda
ont été vus à Bagdad».
Bien sûr, Doobleyou n'a donc pas directement désigné Saddam Hussein comme
complice des attentats du WTC. Pourtant, c'est bien ce qu'ont compris 70%
des Etasuniens, sciemment induits en erreur par son cabinet de guerre.
-
Empêtrée dans le bourbier
irakien, l'équipe Bush tente de piéger
l'ONU 09/09/2003 Histoire d'exploiter au mieux la fibre patriotique
locale, et en espérant sans doute susciter un élan de bienveillante compassion
occidentale, le cabinet de guerre étasunien a monté le dernier
discours-spectacle de Doobleyou à la veille des commémorations
de l'attentat du 11 septembre 2001. Il faut dire que l'enjeu est de
taille. Empêtré dans le bourbier irakien de l'après-ratonnade,
les Etats-Unis se rendent en effet compte qu'ils n'ont pas les moyens ni
militaires, ni financiers de gérer le chaos qu'ils ont instaurés en Irak
libérée. Doobleyou a donc accessoirement demandé une rallonge
de 87 milliards de dollars au Congrès étasunien et, surtout, quémander
l'aide de l'ONU. «Je reconnais que tous nos amis n'ont pas été
d'accord avec notre décision de faire appliquer les résolutions du
Conseil de sécurité des Nations unies [sic] et de chasser Saddam
Hussein du pouvoir, a récité Doobleyou. Mais nous ne pouvons pas
laisser nos divergences passées entraver nos obligations actuelles.»
Insistant lourdement sur l'attentat du 19 août contre le siège de l'ONU
à Bagdad, dont on soulignera à quel point il n'aura décidément servi
que les intérêts US, Doobleyou a alors affirmé sans sourciller: «Des
terroristes en Irak ont attaqué des représentants du monde civilisé;
les contrecarrer doit être la cause du monde civilisé. Les
membres des Nations unies ont aujourd'hui l'occasion et la responsabilité
d'assumer un rôle plus large en vue de garantir que l'Irak deviendra un
État libre et démocratique.»
Ben voyons.
- 11
septembre: une tragédie décidément suspecte 08/09/2003 Selon
un article du Guardian, Michael Meacher, ancien ministre
britannique, a déclaré que la guerre contre le terrorisme n'était qu'un
écran de fumée et que les Etats-Unis était
prévenu à l'avance de ce qui allait se passer le 11 septembre,
mais ont laissé faire pour des raisons stratégiques. En fait pour
asseoir leur domination mondiale d'une manière générale, et contrôler
la région du Golfe en particulier (>>11
septembre, une tragédie suspecte). Dans une tribune
du
Guardian, Michaël Meacher détaille son propos en affirmant
que le 11 septembre aura ainsi fourni le prétexte idéal à l'application
d'un plan de domination mondiale pour les Etats-Unis, rédigé en 2000,
sous la houlette de Dick Cheney (vice-president et véritable patron de la
Maison-Blanche), Donald Rumsfeld (Secrétaire à la Défense), Paul
Wolfowitz (bras droit de Rumsfeld), Jeb Bush (jeune frère de Doobleyou)
et Lewis Libby (Le chef d'équipe de Cheney). Le document, baptisé
Rebuilding America's Defences: Strategies, Forces And Resources For A New
Century (document
pdf 870ko), jetait les bases de la politique américaine
actuelle: besoin d'une augmentation drastique des dépenses militaires, dénonciation
du traité ABM de 1972 sur la non-prolifération des missiles, besoin d'un
bouclier antimissile. L'Irak, l'Iran et la Corée du Nord y étaient désignés
comme les ennemis à abattre. A noter que le document a été rédigé au
sein d'un think-tank néoconservateur fondé par les mêmes fanatiques,
Project for a
New American Century (PNAC).
Les Ben Laden exfiltrés par les USA au lendemain du 11 septembre
Un ex-officiel de la Maison-Blanche confirme que les USA ont évacués des
Etats-Unis 140 Séoudiens de hauts rangs, y compris des membres de la
famille Ben Laden, au lendemain du 11 septembre. Trois sources confirment
la nouvelle (>>1
/// >>2
/// >>3).
11 septembre: des veuves enquêtent Quatre veuves du New Jersey,
qui ont toutes vu périr leurs maris dans les tours du World Trade Center,
se sont réunies pour enquêter
sur la façon dont le gouvernement étasunien a agi avant, pendant et après
l'attentat du 11 septembre.
En attendant les conclusions d'une enquête officielle, quelques liens de
limiers du Web sur le 11 septembre: >>L'enquête
de Information Clearing House /// >>Le
dossier de Michael Rivero /// >>Le
crash du Pentagone.
- Pseudo-liens Saddam-Ben
Laden: Aznar démenti par le contre-espionnage espagnol
05/09/2003 Alors que personne n'a encore vu le début du commencement d'un
bout d'arme de destruction massive irakienne, l'autre mobile brandi par
l'administration Bush et de ses zélateurs pour justifier sa ratonnade pétrolière
s'effondre lui aussi lamentablement. Les services du contre-espionnage
espagnol considèrent qu'il n'existe pas de lien entre Saddam Hussein et
l'organisation terroriste Al-Qaïda. C'est ce qu'a déclaré leur
directeur devant une commission parlementaire siégeant à huis-clos,
rapportent vendredi les médias espagnols. Le directeur du Centre national
d'Intelligence (CNI), Jorge Dezcallar, a déclaré que l'organisation d'Oussama
Ben Laden n'avait pas de liens avec le régime du dictateur irakien et
l'avait même accusé de ne pas respecter les préceptes de l'Islam. Le
chef du gouvernement espagnol, l'autre laquais de Bush, José Maria Aznar,
avait affirmé l'existence de tels liens à plusieurs reprises, notamment
le 5 février devant le Parlement.
Rappelons qu'en juin dernier, deux hauts responsables d'Al-Qaïda, Abou
Zoubeidah et Khaled Cheikh Mohammed, détenus par les Etats-Unis, avaient
démenti auprès de la CIA tout lien de l'organisation terroriste avec le
régime de saddam Hussein, selon le New York Times.
De même, en février dernier, alors que les Etats-Unis tentaient encore
de faire croire que Saddam Hussein et Ben Laden étaient de mèche, le
directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST, le
contre-espionnage français), Pierre Bousquet de Florian, avait remis les
pendules à l'heure, au cours d'une émission de télévision, en
affirmant que les services français spécialisés dans la lutte contre le
terrorisme avaient «une certitude: il n'y a pas de lien organique
entre le régime de Saddam Hussein et Al-Qaïda.»
- Le camp de la paix rempile
04/09/2003 Le président français, Jacques Chirac, a affirmé jeudi que
le projet de résolution américain sur l'Irak était «assez loin de
l'objectif prioritaire» de la France, «le transfert de l'autorité
à un gouvernement irakien», à l'issue d'une rencontre informelle
avec le chancelier Gerhard Schröder à Dresde. Le chancelier allemand a
indiqué de son côté que le projet de résolution américain n'était «pas
suffisant» et qu'il n'allait «pas assez loin». Au cours
d'une conférence de presse conjointe avec M. Schröder, Jacques Chirac a
précisé ce projet de résolution «nous paraît en vérité assez
loin de ce qui nous semble l'objectif prioritaire», à savoir «le
transfert de la responsabilité politique à un gouvernement irakien aussi
rapidement que possible, de façon à sortir d'une logique d'occupation et
d'entrer dans une logique de développement sous la responsabilité des
Irakiens eux mêmes.»
Un nouveau bras de fer entre le camp de la paix (on attend encore une
position claire de Moscou) et Washington paraît inévitable.
Les Européens rejettent la domination des USA La volonté des
Européens de voir les États-Unis jouer un rôle moteur dans la gestion
des affaires internationales s'est effondrée ces 12 derniers mois, révèle
un sondage Transatlantic Trends 2003. Cette étude a été réalisé en
juin auprès de 8000 Européens et Américains. L'élément le plus
frappant est la chute spectaculaire du soutien européen à un leadership
mondial des Etats-Unis, qui recule de 65 à 44 %. Pour une majorité de
Français (70 %), d'Allemands (50 %) et d'Italiens (50 %), une domination
mondiale des Etats-Unis n'est pas souhaitable.
Un imam radical irakien affirme que la coalition occupante «pourrait être derrière certains actes
terroristes» Les Etats-Unis «propagent la terreur et le chaos»
en Irak, une situation qui justifie leur présence dans le pays, a affirmé
l'imam radical irakien Moqtada Sadr, dans un entretien à un journal égyptien
publié jeudi. «Si la sécurité est rétablie en Irak (les
forces) d'occupation se retireront. De ce fait, l'Amérique est la
première à profiter de l'instabilité en Irak et c'est pour cette raison
qu'elle propage la terreur et le chaos, pour s'y maintenir», a déclaré
l'imam chiite au quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram. «Les
forces de la coalition pourraient être derrière certains actes
terroristes», a-t-il souligné, sans donner plus de précisions.
-
Les Etats-Unis tentent
d'obtenir la caution de l'ONU 03/09/2003 Empêtrés dans le
bourbier irakien, les Etats-Unis ont demandé hier à l'ONU d'aider à l'élaboration
d'un «calendrier politique» pour ce pays et à autoriser la création
d'une «force multinationale», tout en leur laissant, évidemment,
la haute main sur les affaires du pays. Washington devait présenter
hier un projet de nouvelle résolution en ce sens. Le premier volet de la
résolution vise donc à établir un «calendrier politique» qui
serait fixé au Conseil de gouvernement irakien pour qu'il rédige une
Constitution, établisse des institutions et organise des élections
libres. Le second consiste à autoriser la constitution d'une «force
multinationale sous commandement unifié» étasunien bien sûr.
Une telle résolution, si elle était adoptée en l'état, offrirait à
Washington une quasi caution a posteriori pour
l'attaque et l'invasion de l'Irak, et lui permettrait surtout d'opposer à
la résistance irakienne des soldats étrangers opérant sous mandat
onusien. On croit rêver.
Choses «inhabituelles» autour du suicide présumé du Dr. Kelly
Dans un article du Guardian,
des experts en cardiologie trouvent «très inhabituel» (very
unusual) que le cadavre du professeur David Kelly ait été retrouvé
avec, encore fixés sur la poitrine, des patch servant à connecter des électrodes
pour un examen cardiaque. Peu avant son suicide présumé, le docteur
Kelly avait de surcroît semblé tout à fait normal à l'un de ces
voisins avec qui il a eu une
conversation.
11 septembre: des veuves enquêtent Quatre veuves du New Jersey,
qui ont toutes vu périr leurs maris dans les tours du World Trade Center,
se sont réunies pour enquêter
sur la façon dont le gouvernement étasunien a agi avant, pendant et après
l'attentat du 11 septembre.
En attendant les conclusions d'une enquête officielle, quelques liens de
limiers du Web sur le 11 septembre: >>L'enquête
de Information Clearing House /// >>Le
dossier de Michael Rivero /// >>Le
crash du Pentagone.
Bush n'a pas la cote à New York Une majorité de New-Yorkais
craint de nouveaux attentats et désapprouve la politique anti-terroriste
du président George W. Bush, selon un sondage publié mardi par le
quotidien Daily News. Près de deux ans après les attentats du 11
septembre 2001, 86% des New-Yorkais interrogés disent qu'ils ne seraient
«pas surpris» qu'une nouvelle attaque se produise. Quelque 56% d'entre
eux désapprouvent la position de M. Bush dans sa «guerre contre le
terrorisme», contre 34 % qui y favorables. Un «renversement de
tendance frappant», alors qu'il y a un an, la politique
anti-terroriste de Washington recueillait 50% d'opinions favorables et
seulement 42% de défavorables.
- Le Kosovo: la vraie-fausse
success-story occidentale
01/09/2003 L'exemple du Kosovo (dont les opérations militaires lancées par
l'OTAN n'ont été, rappelons-le, cautionnées qu'a posteriori par l'ONU)
est cité partout comme une réussite de la politique d'intervention
humanitariste de l'Occident civilisateur. Le BHHRG (British Helsinki Human
Rights Group) décrit pourtant une tout
autre réalité, faite de désordre, d'injustice, de criminalité,
de racisme. Il y a dans tout cela, nous dit de
defensa.org, une grande continuité, une sorte de logique de l'échec
transformée, par le mensonge virtualiste, en gloriole au bénéfice du
modèle occidental.
Gulliver ligoté Un point de vue historique sur la situation
militaire en Irak, par le chef de bataillon Michel Goya. Extraits:
«En apparence, la situation actuelle présente au moins un avantage. Les
139'000 soldats américains en Irak font office d'aimant pour les «bandits
islamiques» du monde entier. L'Irak tend à devenir un «grand
camp retranché» autour duquel de nombreux officiers américains
envisagent de massacrer les «bandits», comme ils le firent des
divisions nord-vietnamiennes autour du camp de Khe Sanh, en 1968. (...)
Cette stratégie repose sur l'idée que le nombre de «bandits»
est compté et qu'il suffit de les déceler et de les détruire (search
and destroy). (...) Elle sous-estime en revanche la possibilité que
l'existence même d'une contre-guerrilla implacable (et sûrement
maladroite) et la présence d'un nouveau royaume franc en terre d'Islam
puissent susciter sans cesse des vocations de martyrs. (...) Parallèlement
à quelques actions PsyOps très superficielles, l'armée américaine
va rapidement chercher à «casser du terroriste» et se lancer dans du
body count, avec des dizaines d'opérations de nettoyage aux noms
flamboyants. Avec les innombrables maladresses que ces opérations vont
provoquer. (...) Les différentes communautés irakiennes, qu'on ne
manquera de taxer d'ingrates, vont fournir de plus en plus le plus le
terreau d'une guérilla aux allures d'Intifada. Lorsque les G.I.s
et Marines seront systématiquement «caillassés» par des nuées
d'enfants, le point de non-retour sera atteint. (...) Le pourrissement de
la situation sera également une forte incitation à demander l'aide de «supplétifs».
Les Américains ont ainsi utilisé Sud-Coréens, Thaïlandais et
Australiens au Sud-Viêt-nam. Le but est de remplacer des morts américains
par des morts étrangers.»
Dernières nouvelles du bourbier Au lendemain de l'attentat de Najaf
qui a coûté la vie à 125 personnes, dont l'ayatollah chiite Mohammad
Baquer al-Hakim, Mohammed Bahr al-Oulum, figure chiite respectée, a démissionné
du Conseil de gouvernement irakien pour protester contre la dégradation
de la situation sécuritaire dans son pays. Le même jour, le pipeline qui
assurait le transfert du pétrole irakien vers la Turquie a été saboté,
quarante-huit heures à peine après avoir été remis en service...
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août
2003
- Retour sur investissement 29/08/2003 Fin mars dernier, l'armée étasunienne avait
attribué le principal contrat de lutte contre les incendies de puits de pétrole
en Irak au géant texan Halliburton, dirigée de 1995 à 2000 par l'actuel
vice-président, Dick Cheney. Déjà, les soupçons de collusion d'intérêts
allaient bon train, surtout que ledit contrat avait été attribué sans
appel d'offres. Les services de Dick Cheney avaient même dû affirmer à
plusieurs reprises que le vice-président n'était pour rien dans l'octroi
du contrat. Hier jeudi, on apprenait que les contrats en Irak,
conclus entre Washington et les groupes américains d'énergie et d'ingénierie
pétrolière Halliburton Co. et Bechtel Group Inc., sont en fait bien plus
importants que les estimations avancées jusqu'à présent. Selon des
documents obtenus par le quotidien Washington Post, les contrats de
Halliburton avec le Pentagone dépassent ainsi les... 1,7 milliard de
dollars, sans compter plusieurs centaines de millions de plus obtenus en
vertu d'un accord avec le Corps des ingénieurs de l'armée de Terre américaine.
Les précédentes estimations, datant de mai, parlait de contrats à
hauteur d'environ 500 millions de dollars. Selon le Washington Post,
Halliburton, basé au Texas (sud), est le plus gros client du gouvernement
étasunien en Irak, suivi par la société Bechtel, basée en Californie.
Rappelons qu'en guise de cadeau d'adieux après la nomination de Cheney au
gouvernement, Halliburton lui avait offert des stock options pour une
valeur de 20 millions de dollars. Vous avez dit retour sur investissement?
Accessoirement, notons aussi que Bechtel a signé, en 1988, plusieurs
contrats avec Bagdad pour la construction d'une usine
chimique à double-usage en banlieue de la capitale, selon
TomPaine.com. Dans
l'inventaire remis aux Nations Unies à la fin de l'année dernière,
Saddam Hussein citait d'ailleurs Bechtel parmi les fournisseurs de
technologie qui ont participé à la mise au point des armes chimiques détenues
par le régime.
De l'utilité de la guerre contre le terrorisme Dans un commentaire
paru dans le Guardian,
Naomi Klein nous explique à quel point la guerre contre le terrorisme
n'est qu'un écran de fumée permettant aux gouvernements de se débarrasser
de leurs opposants.
En pleine crise climatique, les Etats-Unis, plus gros pollueurs de la
planète, en remettent une couche Ahurissant. A l'heure où une crise
climatique majeure déploie ses effets sans que personne ne
veuille la reconnaître, l'administration Bush
décide de rendre moins
contraignante la loi sur la pollution de l'air afin d'améliorer
l'alimentation en énergie des Etats-Unis. L'Agence fédérale pour la
protection de l'environnement (EPA) a décidé de permettre à quelque
17'000 centrales électriques, raffineries et usines fonctionnant au
charbon, de se moderniser sans être obligées de s'équiper des nouveaux
systèmes de contrôle de la pollution estimés trop coûteux. «Les
pollueurs vont pouvoir remplacer des parties énormes de leurs usines sans
installer la technologie moderne aisément disponible pour limiter la suie
et la pollution atmosphérique, a regretté Carl Pope, dirigeant de
l'association écologiste Sierra Club. Cela va conduire à plus de
risques d'asthme pour la population, plus de pluies acides et autres
pollutions toxiques.»
- Des vétérans de la CIA en
croisade contre les manipulations de Bush 27/08/2003 Réunis en
association, des vétérans de la CIA appellent
leurs anciens collègues à agir en dénonçant les manipulations
du Renseignement imposées par l'administration de Doobleyou dans le
dossier irakien, ou en démissionnant.
Plus de 37'000 civils tués durant l'invasion de l'Irak? La première
guerre du Golfe et son cortège
de crimes de guerre ayant fait quelques
200'000 morts selon les sources, l'on peut s'interroger sur le bilan de l'invasion
de l'Irak par la coalition anglo-saxonne. Les premiers bilans
indépendants font état de 6'100
à 7'800 victimes civiles pour l'instant. Mais selon un repérage
de de
defensa.org, le Dr
Mohammed Al-Obaidi (>>2),
coordinateur général du Parti irakien de la liberté, aurait demandé
aux représentations de son parti à travers le pays d'enquêter sur le
nombre de civils tués durant l'offensive. Après cinq semaines
d'enquêtes fouillées menées par des centaines de cadres du parti dans
les hôpitaux, villes, villages et quelques zones désertiques (à
l'exception de la zone kurde), les chiffres obtenus affichent un
total de plus de 37'000 morts.
Dont:
Baghdad: 6103 morts
Mossoul: 2009 morts
Bassorah: 6734 morts
Nasiriyah: 3581 morts
Diwaniyah: 1567 morts
Kut: 2494 morts
Hillah: 3552 morts
Karbala (y compris Najaf): 2263 morts
Samawah: 659 morts
Amarah: 2741 morts
Ramadi: 2172 morts
Kerkuk: 861 morts
Diyalah: 604 morts
Tikrit: 1797 morts
- Pseudo-arsenal irakien: c'est
officiel, le cabinet Blair a bel et bien gonflé son rapport
25/08/2003 Alastair Campbell, directeur de la communication au 10 Downing
street, a persuadé les services secrets britanniques de gonfler la menace
nucléaire irakienne. C'est la retentissante révélation issue des
centaines de mails, lettres et documents écrits publiés pendant le
week-end dans le cadre de l'enquête sur la mort, le 17 juillet, du savant
britannique, expert en armes de destruction massive, David Kelly. À en
croire un mail daté du 18 septembre 2002, le premier lieutenant de Tony
Blair a obtenu l'inclusion d'une phrase dans le fameux dossier
sur les ADM (armement de destruction massive) affirmant que Saddam
Hussein était à même de produire des armes nucléaires dans un délai
de deux ans. «L'histoire sera plus juteuse si l'on insiste sur le péril
nucléaire plutôt que sur la menace bactériologique ou chimique»,
écrit Alastair Campbell dans ses mails
Rappelons qu'un second rapport britannique, publié en février 2003, n'était
quant à lui qu'un simple plagiat (y compris les fautes d'orthographes)
d'une thèse datant de 1991 et rédigée par un étudiant en doctorat
vivant aux Etats-Unis (>>lire
les explications du prof de l'étudiant qui détaille le plagiat
fait sur le travail de son élève).
>>Toute
la saga des pseudo-ADM irakiennes.
Précisions sur le bidouillage australien Vendredi 22 août, au
premier jour de l'enquête parlementaire ouverte pour déterminer si le
gouvernement australien a oui ou non gonflé son dossier irakien pour
justifier l'envoi de troupes, le premier ministre John Howard a été mis
directement en accusation. Un ancien analyste des services de
renseignements australiens, Andrew Wilkie, a très clairement rendu
coupable le bureau du chef du gouvernement d'avoir exagéré la menace
représentée par le régime de Saddam Hussein pour justifier l'envoi de
2000 soldats en Irak. Selon Andrew Wilkie, qui a démissionné de son
poste en mars dernier pour protester contre l'entrée de l'Australie dans
la coalition britannico-étasunienne, c'est au cabinet du premier ministre
et nulle part ailleurs que les exagérations étaient, pour reprendre ses
mots «mises sur pied», et que le «manque d'honnêteté
flagrant apparaissait». Wilkie expliquait alors pour justifier sa
foudre que les informations en provenance de l'Office nationale d'évaluation,
charger de renseigner le premier ministre, parvenaient directement, sans
intermédiaire, au chef de l'exécutif.
Le quotidien The Australian de lundi révèle par ailleurs que
Washington ferait pression sur Canberra pour l'envoi en Irak de troupes
supplémentaires.
Perle: «Merci mon dieu pour la mort des Nations Unies»
Mars 2003 Dans cet
article publié par le Guardian
au lendemain du déclenchement de l'invasion de l'Irak, Richard Perle, précieux
conseiller du Pentagone et ami personnel du secrétaire à la Défense,
Donald Rumsfeld, nous dit toute sa haine de l'Organisation des Nations
Unies. Il y prophétise la disparition, en même temps que le «règne
de terreur de Saddam Hussein», de «la fantaisie selon laquelle
l'ONU était la fondation d'un nouvel ordre mondial». Une ONU qui,
selon lui, «ne nous apporte que l'anarchie à l'heure où le monde a
besoin d'ordre».
- Arsenal irakien: les Australiens aussi auraient bidouillé leur rapport
24/08/2003 Après le gouvernement étasunien et sa succursale londonienne du 10 Downing
street, c'est au tour de l'exécutif australien d'être
accusé d'avoir falsifié
les preuves sur les pseudo-armes de destruction massive irakiennes
pour justifier sa participation à la ratonnade
pétrolière. L'accusation vient de John Wilkie, ancien expert du
service officiel d'évaluation australien ONA, démissionnaire de ce
service en avril. On laissera aux anglo-saxons le mérite de la cohérence.
La mort et la maladie de soldats US en Irak dues à l'uranium appauvri?
Plus de 100 GI ont dû être hospitalisés suite à de graves problèmes
respiratoires survenu en Irak. L'état de quinze d'entre eux a exigé le
recours à un système de ventilation assistée. Deux sont morts. Le rapport
2001 de l'Organisation mondiale de la Santé précise: «Une brève
exposition accidentelle à de hautes concentrations d'hexafluorure
d'uranium a provoqué une maladie respiratoire aiguë, qui peut s'avérer
mortelle.» >>Lire
l'enquête du World Socialist Web Site.
Un deal entre Bush et Musharraf pour ne pas arrêter Ben Laden? Le
chef d'al-Qaïda serait dans le nord du Pakistan, protégé par des tribus
locales chargées prévenir toute approche de troupes. L'enquête
du Guardian rapporte aussi l'avis d'experts qui suggèrent
un deal entre Washington et Karachi pour ne pas arrêter Ben Laden.
Les services secrets de Saddam appelés à la rescousse Des
Irakiens proches de la Moukhabarat, l'ancienne police secrète de Saddam
Hussein, ont affirmé dimanche que les autorités américaines en Irak
recrutaient des membres de ce service afin d'améliorer leur collecte de
renseignements et faire cesser les actions de guérilla contre les forces
d'occupation. Quand on sait qu'en Afghanistan, les États-Unis négocierent
un retour au pouvoir des Talibans pour tenter de venir à bout du chaos
qui règne dans tout le pays depuis leur intervention...
11 septembre: kamikazes entraînés dans des bases militaires US?
Selon Newsweek
l'armée US aurait fourni des informations au FBI suggérant que 5 des
pirates de l'air auraient été entraînés dans ses bases dans les années
1990.
- Irak: guerre totale?
21/08/2003 Avec l'invasion puis l'occupation de l'Irak, les
Etats-Unis croyaient pouvoir, à moindre frais, camper
autour de ses puits de pétrole et, surtout, transformer le pays
en une base
militaire avancée au coeur d'un Moyen-Orient qu'ils comptaient
ainsi mettre à leur botte. C'est raté. La libération
de l'Irak tourne au cauchemar. Pour de nombreux
observateurs, l'attentat contre le siège de l'ONU, relativement
sophistiqué (même si le FBI
tente encore de faire croire à la thèse d'une arrière-garde
baassiste aux ordres de Saddam), marque une étape décisive vers une forme
de guerre
totale (>>2)
dans un pays devenu point de ralliement de toutes les tendances
anti-étasuniennes de l'islamisme radical. L'ONU visé ici, si les
auteurs de l'attentat sont bien les intégristes désignés, n'étant pas
celui des oeuvres humanitaires, mais bien l'organisation ayant soutenu la
première guerre du Golfe,
et qui porte la responsabilité de l'extermination, en douze ans d'un
embargo si sauvage qu'il frappait même les médicaments, de plus d'un
million d'Irakiens, dont une majorité d'enfants, par l'arme biologique de
la privation.
Aujourd'hui, les analogies entre la guerre du Vietnam et l'Afghanistan des
Soviets commencent à sauter aux yeux des commentateurs, et du cabinet
Bush. Dès lors, depuis plusieurs semaines, ce dernier tente désespérément
d'obtenir l'aval de l'ONU pour la création d'une force multinationale
sous contrôle étasunien évidemment. Pas plus tard qu'hier, Colin Powell
a annoncé que les Etats-Unis envisageaient de proposer au Conseil de sécurité
une nouvelle résolution qui puisse «encourager» d'autres pays à
rejoindre la coalition en Irak, tout en précisant qu'il n'était pas
question de transférer à l'ONU le contrôle que les Etats-Unis exercent
sur ce pays. Malgré l'attentat contre le siège de l'ONU à Bagdad, la
partie n'est pas gagnée.
La France résiste Ainsi, hier à New York, lors d'une séance
publique du Conseil de Sécurité, l'ambassadeur de France adjoint aux
Nations Unies, Michel Duclos, a réaffirmé la nécessité d'un rôle
central de l'ONU dans la reconstruction de l'Irak: «La transition
politique aura d'autant plus de chances de réussir qu'elle sera pilotée
par les Irakiens eux-mêmes avec l'assistance non pas des forces
d'occupation, mais de la communauté internationale dans son ensemble,
incarnée par les Nations Unies.» Le représentant français a même
demandé une révision en profondeur de la «stratégie suivie, jusqu'à
présent, pour gagner la paix».
Dans une pique qui se passe de commentaire, le Français s'est permi de
souligner au passage que les armes de destruction massive que «le régime
de Saddam Hussein aurait détenu» manquaient toujours à l'appel.
- L'OTAN en
Afghanistan, et sans doute bientôt en Irak 11/08/2003 L'OTAN a
pris lundi la tête de la Force internationale d'assistance à la sécurité
(Isaf) en Afghanistan, installant pour la première fois ses quartiers
hors d'Europe. Officiellement créée pour lutter contre la menace soviétique,
l'Organisation, qui aurait naturellement dû disparaître après
l'effondrement du bloc soviétique, a été artificiellement maintenue
sous la pression des États-Unis qui lui ont finalement assigné ses
nouvelles missions lors du sommet de Prague, en novembre 2002. Désormais,
les nouveaux créneaux de cette multinationale militaire sont... la lutte
contre le terrorisme et, hormis en Occident bien sûr, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.
Notons que le Sénat américain a appelé mi-juillet la Maison-Blanche à
envisager de demander l'intervention de troupes de l'Otan sur le terrain.
Déjà, l'Alliance a offert une assistance à la Pologne pour la mise sur
pied d'une division multinationale de plus de 9000 hommes que Varsovie va
diriger en septembre dans le sud de l'Irak...
Légion étrangère atlantiste bientôt sur pied Rappelons que le
jeudi 21 novembre 2002, les dix-neuf chefs d'Etat et de gouvernement de
l'Alliance atlantique avaient approuvé la proposition étasunienne de création
d'une Force de réaction rapide de quelque 21'000 hommes devant être opérationnelle
dès 2004. Cette force devra être mobilisable dans des temps très courts
pour des missions de combat potentielles partout dans le monde. Sous
commandement US évidemment, cette force pourra frapper où elle le voudra et quand elle le voudra,
sans avoir besoin d'obtenir l'aval des Etats dans lesquels elle
interviendra dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le 7 novembre
dernier, William Pfaff, de l'International
Herald Tribune, s'interrogeait sur une force de réaction rapide de l'OTAN
qui pourrait n'être qu'une «légion étrangère»
au service du Pentagone. Début avril dernier, le général américain
James Jones, commandant suprême des forces de l'Otan en Europe (Saceur),
avait estimé que des premiers éléments de la Force de réaction de
l'Otan devraient être en place «avant la fin de l'année», soit
près d'un an avant l'échéance initialement prévue d'octobre 2004.
Ordre de «Tirer pour tuer»
Dans son édition de vendredi dernier, News.Telegraph.co.uk
révèle que les policiers britanniques ont reçu l'ordre de «Tirer
pour tuer» (Shoot to kill) les éventuels kamikazes suite à
une annonce des Services de renseignement d'une possible attaque d'Al-Qaïda
sur le territoire anglais.
- Le Pentagone fête Hiroshima à
sa manière 08/08/2003 Au lendemain du jour anniversaire du largage
de la bombe atomique sur Hiroshima par les Étasuniens (qui
carbonisa en un instant des dizaines de milliers de civils dans la plus
monstrueuse attaque terroriste de l'histoire), une réunion
secrète a été organisée jeudi, à Offut dans une base US du
Nebraska, entre des scientifiques du gouvernement et le Pentagone, pour déterminer
de nouvelles doctrines d'emploi d'armes nucléaires tactiques dans des
conflits dits «normaux».
L'armée chiite sera prête avant l'armée irako-étasunienne Les
occupants anglo-saxons de l'Irak ne sont décidément pas au bout de leurs
peines. Et c'est un euphémisme. Confirmant une nouvelle de l'Asia
Times, The
Independent nous donne des détails sur le succès considérable
que rencontre les autorités religieuses chiites dans la formation d'une
puissante milice qui se profile déjà comme une concurrente de l'armée
"régulière" que tente de mettre sur pieds les USA.
Petite tuerie étasunienne Trois Irakiens ont été tués, et cinq
autres blessés dont deux enfants, par les marines à Tikrit (200 km au
nord de Bagdad) vendredi. Les militaires étasuniens ont ouvert le feu sur
trois vendeurs d'armes qui testaient des kalachnikovs à l'intention de
leurs clients, les tuant sur le coup, a précisé Salah al-Doulaïmi,
directeur de l'hôpital Saddam de la ville.
Conventions de Genève? Connais pas! Extrait d'un reportage publié
dans le quotidien suisse 24heures du 9 août: «Apparemment, la
méconnaissance des lois et de la légalité internationale semble répandue
au sein de la CPA (Coalition Provisional Authority, Autorité
provisoire de la coalition). Quelle ne fut pas la surprise d'un membre
d'une ONG de constater qu'un officier américain ignorait jusqu'aux
Conventions de Genève! «Je lui ai expliqué leur contenu et il
prenait des notes, comme un élève!»
-Résistance et partisans de Saddam Rappel: Les puissances occupantes
considèrent que les attaques dirigées contre elles où leurs intérêts
en Irak sont le fait de partisans de Saddam Hussein. Rappelons que dans
une revendication obtenue par la télévision Al-Jazeera du Qatar, à la
mi-juin dernier, les «Brigades de résistance irakiennes» qualifient
Saddam Hussein et ses partisans d'«ennemis qui ont contribué à la
perte de la patrie et à aggraver ses blessures». «Ces opérations
ne sont pas le fait du président de l'ancien régime, de ses partisans,
d'individus ou d'un groupe d'extrémistes islamistes comme le prétendent
les médias», poursuit le communiqué, mais «l'oeuvre d'un groupe
de jeunes Irakiens et d'Arabes qui croient en l'unité, en la liberté et
en l'arabité de l'Irak»
- Powell ne rempilera pas 04/08/2003
Selon le Washington Post, Colin
Powell et son adjoint, Richard Armitage, quitteraient leurs postes
respectifs au lendemain de la prochaine investiture présidentielle, soit
le 21 janvier 2005, même si Bush était réélu en novembre 2004.
Armitage aurait confié récemment les intentions des deux hommes à la
conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, selon «des
sources qui ont assisté à la conversation», affirme le journal. La
catastrophe annoncée est que les candidats les mieux placés pour succéder
à Powell seraient dès lors l'étrange Condoleezza Rice (>>1
/ >>2),
et le numéro deux du Pentagone, le secrétaire adjoint à la Défense et
idéologue de la théorie du remodelage guerrier du Moyen-Orient, Paul
Wolfowitz. S'il est réélu, Doobleyou pourrait ainsi décider «de
recentrer sa politique étrangère sur les conceptions plus conservatrices»
de Wolfowitz, du vice-président, Dick Cheney, [véritable patron de la
Maison-Blanche], et du secrétaire à la Défense,
Donald Rumsfeld, estime le Post. Soit le noyau dur des fous de
guerre. ça promet...
- Rapport
sur les attentats du 11 septembre:
Les questions d'ANtiWAR.COM sur les 28 pages classées
«top secret» 03/08/2003 Dans l'un de ses repérages, de
defensa.org nous parle des interrogations de Justin Raimundo,
de antiwar.com,
qui, dans sa livraison du 1er août, examine les raisons qu'a Doobleyou de ne pas
«déclassifier» les 28 pages tenues secrètes du rapport de la
Commission du Congrès sur l'attaque du 11 septembre. Il fait l'hypothèse
que ce n'est pas vraiment, ou pas seulement l'Arabie Séoudite qui est
impliquée, mais un ou d'autres gouvernements. Raimundo rappelle dès lors
des informations qui avaient couru à la fin 2001 sur le fait que les Israéliens
étaient peut-être au courant de l'attaque.
Rappelons en effet que dans son édition du 28 février 2002 (NO 424),
Intelligence
Online (IOL),
revue spécialisée dans le Renseignement, affirme avoir obtenu la copie
d'un rapport classifié lui permettant d'affirmer qu'un important réseau
de renseignement israélien avait été découvert aux Etats-Unis (taper «espionnage israélien» dans l'onglet «recherche» de la
page de garde du site pour faire apparaître la liste des articles). Près
de 120 ressortissants de l'Etat hébreu avaient été expulsés ou arrêtés
dans le cadre de cette enquête, débutée un an auparavant.
En décembre
2001, la chaîne américaine Fox News, qui avait révélé l'affaire,
avait curieusement «effacé» son reportage de son site internet.
(Jusqu'au début août, en cliquant sur l'ancienne adresse internet du
reportage, vous obteniez un message ironique de Fox News, daté du 21 décembre
2001: «This
story no longer exists» (Cette histoire n'existe PLUS!). Dans ce
reportage, Fox News évoquait l'éventualité d'un réseau clandestin israélien
surveillant les futurs auteurs de l'attentat du 11 septembre. Toujours
dans son numéro du 28 février 2002 (NO 424), IOL rapportait à ce sujet
que «les domiciles des agents israéliens, mentionnés dans le
rapport, sont effectivement très proches des ex-domiciles connus des
terroristes».
Lire l'article du Monde
sur le sujet.
Lire aussi le recueil d'articles de Michaël
Rivero.
Lire encore le dossier complet d'Antiwar.com.
- Attentat contre l'ONU à
Bagdad: à qui profite le crime? 19/08/2003 Les mouvements intégristes
sont-ils derrière l'attentat qui a fait quinze morts mardi au
pourtant très bien gardé siège de l'ONU à Bagdad? Sans doute. Cette thèse
officielle peut d'ailleurs s'appuyer sur le fait que le pays est
effectivement en train de devenir le point de ralliement de toutes les
tendances anti-étasuniennes de l'islamisme le plus radical, comme le relevait récemment l'International
Herald Tribune (>>2).
Le but supposé de l'attentat étant d'ajouter au chaos dans le
pays.
Reste que la chronologie des derniers événements est, par certains
égards, troublante:
Mardi 5 août dernier, alors que Washington venait de demander à l'Arabie
séoudite, à la Jordanie et à l'Égypte d'envoyer des troupes pour
soutenir la coalition en Irak, les 22 participants à la réunion de la
Ligue arabe irritait la Maison-Blanche en appelant à la fin de
l'occupation et, surtout, en refusant de reconnaître le Conseil intérimaire
de gouvernement en Irak mis en place par Washington.
Jeudi matin 7 août à Bagdad, un attentat relativement sophistiqué
frappait l'ambassade de Jordanie, membre influent de la Ligue arabe, tuant
une douzaine de personnes. Bien sûr, le gouvernement du royaume Hachémite
est un zélateur de Washington qui le récompense d'ailleurs à hauteur de
3 milliards de dollars par an, mais tout de même: à l'heure de l'occupation
anglo-saxonne, le choix de la cible et son timing laissent songeur,
surtout qu'une telle action ne pouvait que desservir la cause d'une résistance
irakienne qui ne cesse de revendiquer son arabité: «Ces opérations
[contre l'occupant] ne sont pas le fait du président de l'ancien régime,
de ses partisans, d'individus ou d'un groupe d'extrémistes islamistes
comme le prétendent les médias, affirmait un communiqué diffusé à
la mi-juin dernier, mais l'œuvre d'un groupe de jeunes Irakiens et
d'Arabes qui croient en l'unité, en la liberté et en l'arabité de
l'Irak». Intox? Possible aussi évidemment.
Jeudi 14 août, le Conseil de sécurité des Nations unies irritait à son
tour Washington en approuvant une résolution «saluant» la création, en
Irak, du Conseil intérimaire de gouvernement mis en place par Washington,
mais sans le reconnaître.
Mardi 19 août, au moins quinze personnes sont tuées dans l'explosion qui
a frappé le Canal Hotel, quartier général des Nations
unies à Bagdad. Le représentant spécial du secrétaire général de
l'Onu en Irak, Sergio Vieira de Mello, figure au nombre des victimes.
Alors, bien sûr, après douze ans de sanctions si sauvages qu'elles touchèrent même les médicaments, l'ONU a su se faire haïr
d'une partie des Irakiens
en exterminant plus d'un million d'entre-eux par l'arme biologique de la
privation, dont une majorité d'enfants. Mais tout de même: à l'heure
d'une occupation anglo-saxonne à laquelle l'ONU vient justement de refuser
la caution, le choix de la cible et le timing de l'attentat laissent, là
aussi, songeur.
D'autant que cette fois, les images de GI venant au secours de
membres de l'ONU dans les décombres du siège de l'Organisation à Bagdad
ont une toute autre portée que celles de l'ambassade jordanienne
dévastée. Il est clair en effet que la stratégie de
neutralité adoptée par les Nations unies, pour se dissocier des États-Unis
dans leur aventure guerrière en Irak, est très sérieusement compromise
par cette soudaine
communauté de destin entre l'ONU et la coalition occupante. Quant à la
guerre globale contre le terrorisme...
Pseudo-arsenal irakien: dossier britannique bidon réécrit avec le feu
vert de Blair Alastair Campbell, l'éminence grise de Tony Blair, a nié
hier toute influence personnelle sur le contenu d'un dossier concernant la
menace irakienne, rendu public en septembre 2002, devant la commission
d'enquête sur les circonstances du suicide de l'expert en armement David
Kelly.
Lundi pourtant, un premier élément de l'enquête, embarrassant pour le
gouvernement, avait été révélé. Dans un e-mail envoyé à un haut
responsable du renseignement, le chef de cabinet de Tony Blair, Jonathan
Powell, estimait en septembre que le dossier ne démontrait «en
rien une menace, encore moins une menace imminente, de la part de Saddam
Hussein». Plus fort: dans un autre e-mail, adressé le 5
septembre à M. Powell, Alastair Campbell affirme qu'une décision a été
prise en faveur d'une «réécriture substantielle» du
dossier et d'un nouvel agencement de ce document «conformément aux
discussions avec TB [Tony Blair]».
Un sondage
publié mardi par le Guardian montre que 52 % des Britanniques
interrogés ne font confiance ni au gouvernement ni à la BBC pour dire la
vérité. Et seuls 6 % font plus confiance à l'administration Blair qu'à
la BBC.
- Dossier britannique sur le
pseudo-arsenal irakien: même
le directeur de cabinet de blair d'y croyait pas 17-18/08/2003
Le directeur de cabinet du premier ministre britannique Tony Blair avait
jugé peu convaincant un dossier sur la menace posée par l'arsenal de
Saddam Hussein, publié le 24 septembre 2002 (>>document
pdf) par le gouvernement britannique pour persuader l'opinion
publique d'entrer en guerre. Cette révélation, logée dans un courrier
électronique du directeur de cabinet de Downing Street Jonathan Powell,
en date du 17 septembre 2002, fait partie des documents rendus publics
lundi dans le cadre de l'enquête sur l'apparent suicide de l'expert en
armement britannique David Kelly le 17 juillet. «Le dossier est bon et
convaincant pour ceux qui sont prêts à être convaincus», écrit
alors M. Powell, dans ce courrier envoyé à John Scarlett (président de
la Commission chargée du contrôle parlementaire des services de sécurité
et de renseignements britanniques), à Alastair Campbell (le directeur de
la Communication de Tony Blair) et à David Manning (le conseiller en
Affaires étrangères du Premier ministre).
Rappelons qu'un second rapport britannique, publié en février 2003, n'était
quant à lui qu'un simple plagiat (y compris les fautes d'orthographes)
d'une thèse datant de 1991 et rédigée par un étudiant en doctorat
vivant aux Etats-Unis (>>lire
les explications du prof de l'étudiant qui détaille le plagiat fait sur
le travail de son élève).
Coûteux sabotage et violences Le sabotage de l'oléoduc acheminant
du brut irakien des gisements du nord vers le port turc de Ceyhan,
vendredi, met une nouvelle fois en difficulté la coalition
britannico-étasunienne,
qui misait sur la manne pétrolière tirée des exportations pour se
remplir les poches, pardon, pour financer la reconstruction du pays.
L'administrateur Paul Bremer a déclaré dimanche à Bagdad que le
sabotage entraînait un manque à gagner de sept millions de dollars par
jour. Sur le front des attaques, six irakiens sont morts et 61 autres ont
été blessés par deux obus de mortier tirés samedi soir contre la
prison d'Abu Ghraib, aux environs de Bagdad.
Encore un caméraman abattu par les GI La Fédération internationale
des journalistes (FIJ), basée à Bruxelles, a dénoncé lundi la mort
d'un caméraman palestinien de l'agence britannique Reuters-TV, tué
dimanche par des forces américaines près d'une prison à Bagdad, et réclamé
l'ouverture d'une enquête indépendante. La mort du caméraman, Mazen
Dana, «apporte une nouvelle fois tragiquement la preuve de ce qui
semble être une attitude négligente de la part des responsables
militaires vis-à-vis de la sécurité des journalistes», a affirmé
Aidan White, secrétaire général de la FIJ, dans un communiqué. «C'est
une tragédie qui aurait pu être évitée», a assuré M. White,
selon qui «il doit y avoir une enquête complète, indépendante et
publique». «On ne peut pas accepter que ceci soit simplement
considéré comme un incident regrettable dans le contexte du chaos de la
guerre», a-t-il ajouté. La FIJ, qui dit représenter plus de 500'000
journalistes dans le monde entier, avait déjà dénoncé la semaine dernière
comme un «blanchiment cynique» un rapport officiel américain qui
concluait à l'auto-défense pour expliquer la mort, en avril dans l'Hôtel
Palestine, de deux journalistes pris pour cible par un char US.
- Washington enrôle l'ONU en Irak 14/08/2003 Le Conseil de sécurité des Nations unies a
approuvé jeudi une résolution «saluant» la création en Irak d'un Conseil
intérimaire de gouvernement et autorisant la mise en place d'une mission
d'assistance de l'ONU, afin de contribuer à la reconstruction du pays et
l'établissement d'un gouvernement démocratique. La résolution a été
approuvée par 14 des 15 membres du Conseil de sécurité. La Syrie s'est
abstenue, en raison de son refus de cautionner le Conseil intérimaire de
gouvernement mis en place par les États-Unis.
Rappelons que la théorie, si chère à Washington, d'une résistance
irakienne pilotée par Saddam Hussein apparaît de plus en plus pour ce
qu'elle est, un leurre. Et qu'en réalité, l'Irak est en train de devenir
le point de ralliement de toutes les tendances anti-étasuniennes existant
dans l'islamisme, comme le relève l'International
Herald Tribune ( >>2).
La résistance à l'occupant ne peut donc qu'amplifier et se durcir, menaçant
de faire de l'Irak un bourbier comparable à ce qu'avait été
l'Afghanistan pour les Soviétiques. D'où le soudain empressement de
Washington à impliquer l'ONU dans le processus de reconstruction avec,
pour objectif à court terme, le partage des responsabilités et la manne
onusienne, à moyen terme l'implication militaire de l'OTAN.
A noter que, pour l'heure, Washington est frustré que le Conseil de
Sécurité n'ait fait que «saluer» le gouvernement fantoche qu'il a mis en place à Bagdad,
sans véritablement l'approuver comme le souhaitait initialement le
cabinet Bush.
Le texte de la résolution:
Le Conseil de sécurité,
Rappelant toutes ses résolutions antérieures sur la question, en
particulier la résolution 1483 (2003) du 22 mai 2003,
Réaffirmant la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak,
Réaffirmant aussi le rôle crucial des Nations Unies en Irak défini dans
les dans les paragraphes pertinents de la résolution
1483,
Ayant examiné le rapport du secrétaire général du 15 juillet 2003
(S/2003/715)
1. Salue (terme anglais: Welcome) l'établissement le 13 juillet
2003 du Conseil de gouvernement d'Irak largement représentatif qui marque
un étape importante vers la formation par le peuple irakien d'un
gouvernement représentatif internationalement reconnu qui exercera la
souveraineté de l'Irak;
2. Décide, pour aider le Secrétaire Général à s'acquitter du mandat
que lui assigne la résolution 1483 (2003), d'établir, pour une durée
initiale de 12 mois, la Mission d'assistance des Nations Unies pour
l'Irak, avec la structure et les responsabilités énoncées dans son
rapport du 15 juillet 2003;
3. Décide de rester saisi de la question.
Bourbier du jour Deux soldats britanniques ont été tués et deux
autres blessés jeudi lorsque leur convoi a été attaqué au RPG sur une
route dans le sud de l'Irak, a rapporté l'agence officielle koweitienne
Kuna. De leur côté, les forces américaines ont annoncé avoir tué six
Irakiens au cours de plusieurs raids, mercredi et jeudi, notamment dans la
région de Baaqouba, à 60 kilomètres au nord de Bagdad. L'armée US a également
arrêté dix Irakiens lors de ces opérations.
Les touristes étrangers boycottent les Etats-Unis Après avoir
atteint un pic en 2000, le nombre de visiteurs étrangers n'a cessé de
diminuer aux Etats-Unis: -12,3% en 2001, -8,3% en 2002, soit une baisse de
près de 20% en deux ans. L'année 2003 ne commence pas mieux avec 8,2% de
visiteurs en moins au cours des cinq premiers mois par rapport à la même
période de 2002. Les professionnels du secteur s'alarment du récent
durcissement des règles d'entrée dans le pays qui risque, selon eux, de
transformer leur pays en forteresse inhospitalière. Allons bon.
- Enfant tué, convoi attaqué et
oléoduc saboté en Irak libérée 13/08/2003 Les actes de
violence se sont poursuivis hier en Irak
libérée, où un enfant irakien a été tué par les GI à
Bagdad, deux soldats étasuniens ont péri dans deux attaques et un oléoduc
a été saboté. Quatre habitants ont été blessés et un enfant a été
tué par l'armée américaine au cours d'un affrontement dans le quartier
chiite de Sadr City, à Bagdad, a affirmé cheikh Ali al-Moutaïri, proche
du dirigeant chiite radical Mouqtada al-Sadr, opposé à l'occupation américaine.
Depuis le 1er mai, date de la fin officielle de l'invasion, des centaines
de personnes ont été tuées ou blessées en Irak, tant parmi les troupes
de la coalition occupante que parmi les civils irakiens. Une ONG, Iraq
Body Count, dirigée par des chercheurs et des militants
pacifistes établis pour la plupart en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis,
estime qu'entre 120 et 600 civils irakiens ont été tués depuis cette
date, et plus de 6'000 depuis le début de la guerre, le 20 mars. Côté
occupants, 60 marines et 7 soldats britanniques ont été tués dans des
attaques depuis le 1er mai, de source militaire étasunienne.
Le bourbier irakien se confirme, Bush se précipite à l'ONU La
théorie, si chère à Washington, d'une résist |