BrèvES 2002 Proche-Orient

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Brèves 2003

 
décembre 2002

- nEUF PALESTINIENS TUéS 26/12/2002 Le scénario est devenu classique. A la moindre accalmie, Tsahal lance des opérations meurtrières qui ont sans doute pour principal objectif de redynamiser l'engrenage attentats-répression nécessaire à la politique du gouvernement Sharon. Hier jeudi, alors que des pourparlers interpalestiniens visant la suspension des attentats doivent se tenir en Egypte, Sharon a commanditer des opérations meurtrières en Cisjordanie, tuant pas moins de sept Palestiniens dont au moins un adolescents. Selon la radio militaire, le ministre israélien de la Défense avait ainsi ordonné «d'accentuer la pression sur les organisations terroristes et de lancer de opérations partout dans les territoires palestiniens pour y capturer les terroristes recherchés». L'armée, notamment des membres d'unités spéciales «déguisés en Palestiniens», a lancé six opérations en douze heures en Cisjordanie. Dans la bande de Gaza, deux activistes armés du Hamas ont aussi été tués alors qu'ils tentaient de s'infiltrer dans la colonie de Netzarim.

- Elections palestiniennes reportées 22/12/2002 L'Autorité palestinienne a annoncé ce week-end le report des élections générales du 20 janvier. Elles n'auront lieu que lorsque l'occupation des villes cisjordaniennes par l'armée israélienne aura été levée, a annoncé dimanche le ministre Saëb Erekat. «En raison de la réoccupation israélienne, des mesures de couvre- feu et des bouclages, il est impossible de convoquer une élection pour le 20 janvier», a dit le ministre palestinien des Collectivités locales à l'issue d'une réunion de l'exécutif palestinien.Dans un communiqué, l'exécutif palestinien a déclaré que le scrutin serait «immédiatement organisé» après le retrait de Tsahal derrière les positions qu'elle occupait avant le début de la seconde intifada en septembre 2000. Il a souligné que, conformément à la loi électorale, un délai de 100 jours était nécessaire entre l'annonce du nouveau scrutin, et la date à laquelle celui-ci se tiendra. Le Haut représentant de l'Union européenne (UE) aux relations extérieures, Javier Solana, a indiqué que Bruxelles comprenait la décision palestinienne. «On ne peut pas avoir d'élections libres s'il n'y a pas de liberté de mouvement et s'il y a des chars dans les rues», a affirmé le Commissaire européen chargé des Relations extérieures, Chris Patten.
Veto étasunien, «feuille de route» bloquée, fillette tuée Deux Palestiniens, dont une fillette de 11 ans, ont été tués samedi par des tirs de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, désormais coupée en trois, au lendemain de la mort d'un colon tombé dans une embuscade palestinienne. Sur le plan diplomatique, Israël s'est félicité du veto américain à un projet de résolution, au Conseil de sécurité, condamnant Israël pour la mort de trois employés des Nations unies en territoire palestinien. L'Autorité palestinienne a dénoncé ce veto et, plus généralement, le soutien de Washington à Israël. Les Etats-Unis ont en effet empêché, vendredi, l'adoption de la «feuille de route» du quartette au Proche-Orient (ONU, Union européenne, Etats-Unis, Russie) qui doit conduire à la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005.
Le plan de Sharon Le point de vue du mensuel suisse Current Concerns sur la stratégie Sharon et le rôle du Hamas.

- Liberté de la presse, version israélienne 19/12/2002 Un photographe palestinien de l'AFP basé à Naplouse, en Cisjordanie, a été battu jeudi  par des gardes-frontières de la police israélienne. Jaafar Achtiyé a indiqué que deux gardes-frontières ont sauté de leur jeep à un barrage routier érigé entre Naplouse et la localité de Salim, pour tenter de lui confisquer son appareil photographique. Il a refusé de le leur céder et exigé des explications, les deux gardes-frontières l'ont alors jeté à terre et frappé au cou et à la tête, sans toutefois provoquer de blessures, a-t-il raconté. Un autre photographe palestinien de l'AFP, Musa al-Shaer, a été forcé jeudi de détruire deux photos de militaires israéliens armés qu'il avait prises alors qu'ils pénétraient dans la basilique de la Nativité, à Bethléem, érigée sur les lieux de la naissance du Christ, selon les évangiles. En avril, un autre photographe palestinien de l'AFP, Hossam Abou Alan, avait été appréhendé dans le sud de Hébron en Cisjordanie et maintenu en détention administrative, sans jugement, puis relâché sans explication six mois plus tard. En août, Seif Chauki Dahlah, également photographe palestinien de l'AFP, basé à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, avait accusé des soldats israéliens d'avoir volé des bijoux et trois téléphones portables pour une valeur de 2'000 dollars lors d'une perquisition à son domicile. Il a aussi accusé les militaires de lui avoir conseillé de changer de domicile, faute de quoi il risquait de subir le même sort que Imad Abou Zahra, un photographe palestinien tué en juin à Jénine.
Camouflet italien à Netanyahou L'Italie a octroyé un don de 10 millions d'euros à l'Autorité palestinienne et un accord en ce sens a été signé jeudi à Ramallah, indique un communiqué de la Banque mondiale. L'accord portant sur l'octroi de ce don a été signé en présence du président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, alors que le chef de la diplomatie israélienne, Benjamin Netanyahou, appelait, à Rome, les pays européens à rompre leurs relations avec le dirigeant palestinien.
Terrorisme d'Etat Une fillette de 11 ans a été tuée quand des soldats israéliens ont ouvert le feu à l'arme automatique alors qu'elle se trouvait dans sa maison à Rafah. Un Palestinien a par ailleurs été tué et un autre a été blessé près de Jénine (nord de la Cisjordanie), à la suite de tirs de chars israéliens contre leur voiture, ont indiqué des responsables des services de sécurité palestiniens.
Norman Finkelstein au sujet du conflit israélo-palestinien Extrait: «Déjà, lors de l'été 2000, le Groupe d'Information «the authoritative Jane" avait annoncé qu'Israël avait achevé la planification d'une invasion massive et sanglante des Territoires Occupés. Mais les Etats-Unis ont mis leur véto au plan et l'Europe a également émis sa totale opposition. Cependant, après le 11 Septembre, les États-Unis ont suivi Israël. En effet, le projet de Sharon d'écraser les Palestiniens allait essentiellement dans le même sens que celui de l'administration américaine qui désirait exploiter l'atrocité du World Trade Center pour éliminer les derniers restes de résistance arabe à la domination totale des États-Unis. (...) Avec un feu vert des États-Unis, tout ce dont a besoin maintenant Israël est un prétexte. De manière prévisible, les assassinats des leaders Palestiniens se sont intensifiés dès qu'il y avait une accalmie dans les attaques terroristes palestiniennes. (...) En effet, Israël a désespérément cherché cette réponse sanguinaire. Une fois que les attaques terroristes palestiniennes aient atteint le seuil desirable, Sharon pouvait déclarer la guerre et continuer à annihiler la population civile palestinienne essentiellement sans défense.» (>>Lire le texte)

- Votes achetés pour les primaires du Likoud Selon News Telegraph, le parti de Sharon est mouillé dans un scandale de votes achetés pour influencer le résultats des primaires. Deux membres du comité central du parti ont été arrêtés par l'office des fraudes israéliens la nuit passée.
Alliance éternelle contre la paix Ariel Sharon a exclu hier, en début de journée, que le Quartette (Etats-Unis, UE, Russie, ONU) adopte ce vendredi la feuille de route censée conduire à la création d'un Etat palestinien indépendant en 2005. «On ne parlera pas de cette feuille de route jusqu'à la formation du prochain gouvernement israélien après les élections», a déclaré Sharon, ajoutant sans plus de détail qu'il existait actuellement «plusieurs feuilles de route en discussion». Un peu plus tard dans la journée, les Etats-Unis, par la voix de Colin Powell, ont annoncé qu'ils s'opposeraient à l'adoption d'une «feuille de route» pour un règlement du conflit au Proche-Orient par ledit quartette avant les élections israéliennes du mois prochain.
Amnesty réclame la libération des objecteurs de consciences israéliens
Amnesty International a dénoncé mercredi la détention des appelés ou réservistes de l'armée israélienne qui refusent de servir dans les territoires palestiniens pour ne pas participer à des violations des droits de l'Homme. Dans une lettre adressée au ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz, l'organisation de défense des droits de l'Homme demande la libération «immédiate et inconditionnelle» de ces «prisonniers de conscience». Des membres de l'armée israélienne «qui commettent de graves violations des droits de l'Homme et des crimes de guerre, notamment en tuant des enfants ou d'autres civils sans armes, en tirant et en bombardant de façon irresponsable des zones résidentielles densément peuplées, ou en faisant sauter des maisons tout en laissant mourir les gens sous les décombres, ne sont pas traduits en justice et tenus responsables de leurs actes», s'indigne Amnesty. Selon l'organisation, environ 180 objecteurs de conscience ont été emprisonnés en Israël depuis 26 mois. Curieux: Un site internet dédié aux soldats et officiers israéliens refusant de servir dans les territoires palestiniens était jusqu'à récemment accessible à l'adresse: http://www.seruv.org/. Aujourd'hui, en tapant cette adresse, vous arrivez sur un tout autre site israélien, spécialisé dans l'Internet.

- L'invitation suspecte de Blair aux Arabes 17/12/2002 Tony Blair, principal zélateur de Washington dans les préparatifs de guerre en Irak, a lancé une opération de séduction en direction des pays arabes en invitant des responsables palestiniens à une conférence internationale en janvier à Londres. Des représentants des principaux «acteurs» internationaux au Proche-Orient (le Quartette: Etats-Unis, Russie, UE, ONU) ont également été conviés, mais pas Israël. Il faut dire que cette rencontre ne vise pas une quelconque relance du processus de paix, mais la réforme de l'Autorité palestinienne. Pour le Times (centre-droit), «M. Blair a calculé qu'il avait besoin d'autant d'amis dans le monde arabe que possible» dans la perspective probable d'un conflit en Irak au début de l'année prochaine. Robert Fisk, du quotidien The Independent (centre-gauche), souligne qu'en annonçant sa conférence, Tony Blair «a repris la rengaine de la «réforme» palestinienne, qui revient à se débarrasser de Yasser Arafat».
Menaces sur le Liban Le ministre de la Défense israélien, Shaul Mofaz, aurait concocté un plan destiné à «en finir une fois pour toute avec l'arsenal du Hezbollah» au Liban-sud. Il tenterait de défendre l'idée, à Washington, d'une offensive majeure contre le Pays des Cèdres, impliquant des bombardements qui renverrait le Liban à «l'âge de pierre».
Attentats de Mombasa: plus qu'un suspect
La police kényane a libéré mardi la mère et le frère de Saleh Ali Saleh Nabhan, dernier suspect identifié dans le double attentat anti-israélien du 28 novembre à Mombasa (Kenya).
Terrorisme d'Etat
Un jeune Palestinien de 16 ans a été tué et un autre a été blessé mardi par des tirs d'obus de chars israéliens contre une maison à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, ont indiqué des responsables des services de sécurité palestiniens.

- Deuxième Noël sous occupation à Bethléem 15/12/2002 Israël a fait savoir dimanche que son armée allait continuer à occuper Bethléem et interdira au président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, de s'y rendre pour la messe de minuit. «L'attitude israélienne est stupide et constitue une provocation à l'encontre du peuple palestinien, c'est également un défi patent au droit international», a affirmé à l'AFP Nabil Abou Roudeina, conseiller de M. Arafat. Israël «avait promis aux Etats-Unis et au pape (Jean Paul II) que son armée se retirerait pour les fêtes de Noël», mais il «a menti et défié la communauté internationale», a-t-il poursuivi. L'armée israélienne, qui bloque M. Arafat dans son quartier général de Ramallah en Cisjordanie depuis plus d'un an, a réoccupé le 22 novembre Bethléem en riposte à un attentat suicide à Jérusalem.
7'000 Palestiniens détenus Des troubles ont éclaté dimanche dans la prison de la base militaire israélienne de Ofer, près de Ramallah en Cisjordanie, où sont détenus près d'un millier de Palestiniens, a-t-on appris auprès d'un représentant des prisonniers. Des gardiens israéliens ont lancé des grenades lacrymogènes contre des prisonniers qui protestaient pour que l'un d'eux, blessé durant son arrestation, soit hospitalisé, mais les autorités ont refusé de céder et les protestations se sont amplifiées, a raconté à l'AFP Aysa Karaka. La base israélienne d'Ofer est le principal centre de détention de prisonniers palestiniens, dont le nombre total est estimé à 7'000.
Attentats de Mombasa: bientôt plus de suspects... 12/12/2002 Six Pakistanais et trois Somaliens, arrêtés au lendemain des deux attentats anti-israéliens du 28 novembre à Mombasa, sur la côte du Kenya, ont été mis hors de cause, a annoncé hier la police kényane. Une explosion avait fait seize morts dans un hôtel, et deux missiles avaient été tirés sans contre un avion de ligne transportant 261 passagers, sans l'atteindre. Trois suspects restent sous les verrous: le négociant ayant vendu le véhicule 4x4 qui a explosé dans l'hôtel, ainsi que la mère et le frère de l'acheteur. L'acheteur, un jeune kényan né en 1979 à Mombasa, pourrait être l'un des kamikazes, selon la police, qui a toutefois diffusé sa photo d'identité, assortie d'une offre de récompense de 500'000 shillings (9000 francs) pour toute information permettant son arrestation. En clair, plus de suspect digne de ce nom. Rappelons que, selon The Telegraph.co.uk du 30 novembre), un mystère persiste autour du décollage de l'avion israélien visé par deux missiles. Extrait: «Le mystère entoure la direction du décollage du charter Arkia IZ582. Ce dernier n'a pas pris la route habituelle que prennent les vols commerciaux lorsqu'ils quittent l'aéroport de Mombasa. Ces derniers partent normalement vers le large. Le charter d'Arkia s'est, lui, dirigé vers l'intérieur des terres, faisant de lui une cible facile pour le lance-missile

- Journée sanglante. Alliance éternelle pour la guerre reconfirmée 12/12/2002 Sept Palestiniens ont été tués jeudi dans les territoires palestiniens et en Israël. Cinq d'entre-eux, non armés, ont été tués par l'armée israélienne avant l'aube, près du point de passage de Karni, entre Israël et la bande de Gaza. Dans la soirée, deux soldats israéliens, un homme et une femme, ont été tués par des tirs palestiniens près d'une colonie juive sauvage à Hébron (sud de la Cisjordanie), selon une source médicale. Ces neuf morts portent à 2'768 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada, dont 2'038 Palestiniens et 680 Israéliens.
A Washington, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a affirmé que la paix au Proche-Orient passait par une «direction nouvelle et différente» pour les Palestiniens. Parallèlement, Israéliens et Etasuniens ont intensifié jeudi leur coordination en prévision d'une éventuelle guerre en Irak. Sharon a rencontré à Jérusalem le sous-secrétaire américain à la défense, Douglas Feith. Aucun détail n'a filtré sur ces discussions mais les deux hommes devaient parler de la guerre contre l'Irak. Feith a aussi rencontré le ministre israélien de la défense, le super faucon Shaul Mofaz, qui doit se rendre à Washington samedi.

- Les Travaillistes achèvent leur mue en parti de droite 11/12/2002 En votant hier pour établir leur liste de candidats aux législatives du 28 janvier, quelque 60'000 militants travaillistes, sur les 110'000 membres du parti, se sont offerts une purge des «colombes» au profit des «faucons», emmenés par Binyamin Ben Eliezer, ancien ministre de la Défense de M. Sharon. «Une liste que même Sharon pourrait conduire», titrait ainsi en première page le quotidien Ha'aretz. La cuisante défaite de Yossi Beilin, une colombe israélienne dont le nom symbolise les accords d'Oslo, confirme la fin d'une époque. Relégué à la 39e place à l'issue du vote, Yossi Beilin n'a, en effet, aucune chance de siéger à la prochaine Knesset (parlement), les travaillistes n'étant crédités, au mieux, que de 25 sièges face au Likoud, donné grand vainqueur de ce scrutin. Hier après-midi, fidèle à ses convictions, Yossi Beilin a fait savoir qu'il quittait le parti travailliste pour rallier le Meretz, suivi par Yaël Dayan, la fille du célèbre général borgne, Moshé Dayan, une autre colombe notoire qui a publiquement annoncé hier son départ du parti après avoir, elle aussi, été mise sur la touche lors du vote de lundi. Yossi Beilin, 54 ans, principal artisan des accords israélo-palestiniens d'Oslo depuis son entrée à la Knesset, en 1988, a toujours été considéré par ses pairs comme un politicien brillant, remarqué pour son indépendance d'esprit et ses convictions politiques, n'hésitant pas à aller à contre courant pour les défendre. Le camp de la paix se retrouve ainsi complètement marginalisé en Israël, où le pouvoir est désormais concentré dans les mains des seuls fanatiques religieux et des militaires.
Bon sens néo-zélandais Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Phil Goff a appelé à s'attaquer aux racines du terrorisme en réglant le conflit israélo-palestinien, au terme d'une visite en Iran mercredi soir. «C'est le conflit palestinien qui alimente le terrorisme. Il donne aux terroristes une cause pour laquelle ils sont assurés d'obtenir beaucoup de soutien, a déclaré M. Goff dans une interview à l'AFP à Téhéran. De notre point de vue, le succès de la guerre contre le terrorisme ne dépend pas seulement de l'élimination par les moyens militaires de ce phénomène (...), mais aussi de l'élimination des causes qui encouragent le terrorisme, en premier lieu le conflit israélo-palestinien.» Il a dans ce contexte condamné la colonisation par Israël des territoires palestiniens occupés et le recours «disproportionné» à la force par l'Etat juif contre les Palestiniens. M. Goff a jugé «inacceptables» les conditions de vie du peuple palestinien et a appelé dans le même temps l'Autorité palestinienne à «rejeter sans équivoque la violence des extrémistes» palestiniens.

- L'ONU encore prise pour cible 10/12/2002 Le commissaire général de l'UNRWA, le Danois Peter Hansen, va protester auprès d'Israël contre «les tirs arbitraires» de soldats israéliens, lundi, contre un autobus scolaire de l'Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), blessant un Palestinien de 19 ans dans le dos. «C'était un élève qui a été touché par une balle qui a pénétré à l'arrière du bus de l'UNRWA portant les couleurs de l'ONU, à un point de contrôle de Gush Katif au sud de la bande de Gaza», a-t-il déclaré mardi à l'agence danoise Ritzau. Rappelons que deux employés palestiniens de l'UNRWA ont été tués vendredi dernier lors d'un raid israélien à Gaza, et qu'un collègue britannique de la même agence avait été abattu par un soldat israélien deux semaines plus tôt dans un bâtiment de l'ONU à Jénine.
Alliance éternelle contre les Palestiniens confirmée La semaine dernière, Bush Jr. a demandé à Elliott Abrams de s'occuper du dossier israélo-palestinien. Elliott Abrams? Partisan depuis des années de l'éviction de Yasser Arafat, le nouveau directeur pour les affaires proche-orientales au Conseil de sécurité nationale est connu pour avoir recommandé aux juifs américains de s'allier à la droite chrétienne évangélique, une mouvance emmenée par la Christian Coalition qui s'oppose à la création d'un Etat palestinien. Avec la nomination d'Abrams, le message est clair. La Maison-Blanche charge un farouche adversaire des Accords d'Oslo de mettre en pratique la théorie du «un territoire, deux Etats» prônée par Bush. Elliott Abrams, c'est également un sulfureux passé. Au début des années 1980, il était l'un des leaders de l'engagement américain en Amérique centrale pour combattre les courants marxistes. Lui qui se décrivait comme le «gladiateur» de Reagan dans la région a d'ailleurs été condamné, en 1991, pour son implication dans l'affaire de l'Iran-contra. Ne reconnaissant pas la victoire des sandinistes lors des élections de 1984 au Nicaragua, les Etats-Unis avaient financé les mouvements contre-révolutionnaires (contras) en vendant des armes à l'Iran. Abrams, qui y avait activement participé, a admis avoir trompé le Congrès sur cette affaire. Peu après sa condamnation, il a été «gracié» par George Bush Sr. Aujourd'hui, Abrams côtoie du côté de la Maison-Blanche d'autres acteurs de ces sombres années, dont John Negroponte, ambassadeur américain à l'ONU. (source: 24heures / J.-C. De.)
Un mot sur la guerre de conquête du gouvernement Sharon En novembre 2001, un diplomate français m'avait déclaré en substance, sous couvert d'anonymat, que le gouvernement Sharon avait décidé la déportation des Palestiniens en Jordanie. A l'époque, j'avais cru à un excès de pessimisme même si, à peine élu, le «Boucher de Beyrouth» (comme le surnomme les Libanais depuis les 15'000 morts de l'invasion du Liban en 1982), avait bel et bien annoncé que «la guerre d'indépendance de 1948 n''était pas achevée. Non. 1948 n'était qu'un chapitre». Les douze mois écoulés m'ont donné tort. Attentat palestinien ou non, Sharon a poursuivit des opérations de plus en plus criminelles dans les territoires, terrorisant la population pour la pousser à l'exil (pour quoi d'autre), détruisant méthodiquement les infrastructures étatiques et l'Autorité palestiniennes, accélérant la colonisation, progressant dans la reprise de contrôle militaire des territoires. Bref, Sharon n'a fait, depuis sa visite provocatrice sur l'Esplanade des Mosquées, qu'appliquer un plan de reconquête désormais parfaitement lisible sur le terrain et qui, surtout, n'a rien à voir avec la prétendue autodéfense invoquée. La tuerie perpétrée à Gaza vendredi dernier, survenue en l'absence d'attentat palestinien et, surtout, au moment où les principaux groupes d'activistes palestiniens tentent enfin de se mettre d'accord sur l'arrêt des attentats-suicide, n'est que le dernier exemple en date d'une tactique israélienne qui vise clairement à redynamiser, quant le besoin s'en fait sentir, l'engrenage attentats-répression si utile à sa politique. Le ridicule plan de paix récemment proposé par Sharon (une souveraineté palestinienne sur 40% de la Cisjordanie et les trois-quarts de la bande de Gaza), donne d'ailleurs la juste mesure des bénéfices que le vieux général pense avoir tiré de deux ans de cette politique du pire, encouragée par l'actuelle direction étasunienne. Auteur du film «après Jénine», Jenny Morgan témoignait du fait que certains journalistes israéliens parlent de deux plans sur la table de Sharon. L'un maximal, avec déportation des Palestiniens à la clé, l'autre étant, grosso modo, celui cité plus haut. La question n'est donc même pas de savoir jusqu'où Sharon veut aller, mais bien jusqu'où la fameuse «communauté internationale» le laissera aller. Gageons qu'aux premières heures d'une éventuelle deuxième guerre du Golfe, des éléments de réponse déterminants surgiront.

- Nouvelle boucherie à Gaza 6-8/12/2002 Tsahal a mené vendredi à l'aube une nouvelle opération meurtrière dans la bande de Gaza, sur le camp de réfugiés de Boureij cette fois. L'objectif déclaré était de démolir la maison d'un chef local du Hamas... Bilan: dix morts et 19 blessés. Six des victimes étaient des membres présumés du Hamas et les autres sont des civils, dont deux employés onusiens de l'UNRWA. Rappelons qu'un autre employé de l'Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés de Palestine, Iain Hook, avait été abattu par les soldats de Tsahal le 22 novembre dernier à Jénine. Dimanche soir, une Palestinienne a aussi été tuée et trois de ses enfants blessés par des tirs israéliens dans le sud de la bande de Gaza.
Ce nouveau carnage s'inscrit dans le cadre d'une offensive israélienne désormais concentrée sur la bande de Gaza: 17 octobre: Huit Palestiniens, dont deux enfants, ont été tués et une quarantaine blessés par des tirs de chars israéliens dans la bande de Gaza. 7 octobre: Tsahal a lancé une nouvelle opération meurtrière à Gaza, tuant pas moins de 14 Palestiniens. Ariel Sharon avait estimé que l'opération était un «succès»: «Je regrette la présence de civils parmi les victimes, mais il y avait aussi des terroristes.» 23 juillet: Un raid aérien lancé la nuit passée a fait 15 morts à Gaza, parmi lesquels neuf enfants (dont cinq de moins de 5 ans et un bébé), ainsi que 176 blessés, dont quinze étaient dans un état «désespéré». Une «bombe d'une tonne», destinée à un chef du Hamas, avait été larguée par un avion de combat F-16, détruisant cinq maisons dans un quartier populaire de Gaza où vivaient des dizaines de familles. >>Chronique de l'Intifada.
«Israël, pays moral du Proche-Orient» En visite à Berlin, le président israélien, Moshé Katsav, a mis en garde contre la mise sur «le même plan» du «terrorisme palestinien» et de la riposte «défensive» d'Israël. Bien que «tout bébé palestinien tète avec le lait de sa mère la haine d'Israël», Israël reste attaché à la nécessité de travailler pour la paix: «Nous sommes le pays moral du Proche-Orient». Détails gênants tout de même: 85% des 2000 Palestiniens tués depuis le début de la deuxième Intifada étaient des civils, et 120 d'entres-eux étaient des gosses de moins de 12 ans.
Al-Qaïda en Israël et au Liban: un montage? L'Autorité palestinienne a accusé samedi des agents israéliens se faisant passer pour des membres d'Al-Qaïda d'avoir recruté des Palestiniens de Gaza. «Au cours des neuf derniers mois, nous avons enquêté sur huit cas dans lesquels des agents israéliens, se présentant comme des membres d'Al-Qaïda, ont recruté des Palestiniens dans la bande de Gaza», a déclaré le chef de la sécurité préventive à Gaza, Rachid Abou Chbak, lors d'une conférence de presse. Ces révélations sont intervenues deux jours après que le général Sharon eut affirmé détenir «des informations selon lesquelles quelques membres d'Al-Qaïda se trouvent dans la bande de Gaza et d'autres sont au Liban où ils sont en étroite collaboration avec le Hezbollah». Le président libanais, Emile Lahoud, a qualifié quant à lui de «nulles et non avenues» les «allégations» d'Israël sur une présence au Liban de membres du réseau Al-Qaïda, et jugé que ces propos dévoilent des «intentions agressives» d'Israël à l'égard du Liban. Quant au Hezbollah, il a déclaré dans un communiqué que «Les allégations de Sharon, souvent répétées par des responsables israéliens, font partie d'un plan exécuté par les services de sécurité d'Israël depuis les attentats du 11 septembre (2001), pour aller de pair avec l'offensive américaine contre les Arabes et les musulmans.»
Incidents à répétition avec le Liban Deux soldats israéliens ont été grièvement blessés dimanche par un attentat à la bombe contre leur patrouille près de la frontière israélo-libanaise, selon un porte-parole de l'armée. A Beyrouth, Cheikh Hassan Ezzedine, un responsable du Hezbollah, a affirmé à l'Associated Press que la milice chiite libanaise n'avait «aucun rapport avec l'explosion de dimanche le long de la frontière».
Au début octobre dernier, Ariel Sharon avait affirmé qu'un détournement des eaux de la rivière Ouazzani par le Liban constituerait un «casus belli» pour Israël.
Enfin, outre l'assassinat d'un ressortissant américain quelques jours plus tôt, notons, le 12 novembre, la mystérieuse explosion de trois petites bombes devant trois fast-foods américains à Beyrouth, faisant des dégâts mais pas de blessés.

- Un américain soupçonné de lien avec al-Qaïda arrêté puis expulsé par Israël 04/12/2002 Curieuse affaire où l'on apprend qu'Israël a récemment arrêté et expulsé un ressortissant américain soupçonné de liens avec le réseau terroriste international Al-Qaïda, selon un porte-parole de la police israélienne, Gil Kleiman. Cet Américain, Khaled Nazem Diad, 34 ans, «est soupçonné d'avoir voulu transférer des fonds aux organisations terroristes, en particulier à celles qui sont liées au Al-Qaïda», a indiqué M. Kleiman à l'AFP. Il a été arrêté il y a un mois à sa descente d'avion à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv «parce qu'il était fiché pour ses contacts avec des organisations et des activistes liés au Hamas», mouvement radical palestinien responsable de nombreux attentats anti-israéliens meurtriers, a précisé ce porte-parole. M. Diab était récemment employé pour une oeuvre de bienfaisance au Qatar et auparavant l'association islamique Al-Najda, fermée aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, selon un communiqué du Bureau de presse gouvernemental. Ce communiqué précise que «Diab a été expulsé d'Israël à l'issue de l'enquête» à une date et vers une destination qui n'ont pas été précisées.
Répression israélienne légitimée
Bush Jr. a affirmé hier à la Maison-Blanche que les terroristes freinaient le processus de paix israélo-palestinien. «Je m'inquiète du fait que des terroristes ont perturbé l'aptitude de gens qui aiment la paix (sic) à faire avancer le processus de paix. Je comprends parfaitement les efforts du gouvernement israélien pour déraciner la terreur, parce que nous n'aurons jamais la paix tant que des terroristes peuvent se montrer perturbateurs.»
Sharon dévoile ses intentions Criminel de guerre en exercice pour beaucoup (>>1 / >>2 / >>3 / >>4 / >>5), le général Sharon a ajouté hier le grotesque à l'infamie en proposant aux Palestiniens une «souveraineté sur 40% de la Cisjordanie et les trois-quarts de la bande de Gaza.» Les Palestiniens ont répondu par le mépris.

- Pétition: des employés de l'ONU dénonce la violence de Tsahal 03/12/2002 Soixante-quatre employés étrangers de l'Onu en poste en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ont signé mardi une pétition pour dénoncer les violences de l'armée israélienne à leur encontre, qui se sont traduites par la mort d'un de leurs collègues. «Nous condamnons l'armée israélienne dans les termes les plus fermes pour l'acte gratuit de violence contre un homme non armé tué dans le dos par un tireur d'élite israélien», souligne cette pétition, la première du genre depuis le début de l'Intifada en septembre 2000. «Depuis deux ans, les membres des équipes de l'Onu sont victimes d'une politique de harcèlement croissant et de violence de la part des militaires israéliens», ajoute ce texte parvenu à l'AFP à Jérusalem. Cette pétition, signée par des ressortissants de 22 pays, appelle le gouvernement israélien «à prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ce harcèlement, ces agressions et aux meurtres de membres de l'Onu». Iain Hook, 53 ans, un responsable britannique de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (Unrwa), a été tué le 22 novembre par des tirs israéliens dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.
La réoccupation totale en marche? L'armée israélienne a fermé mardi des bureaux de liaison israélo-palestiniens, chargés de la coopération sécuritaire, en Cisjordanie, a indiqué un responsable palestinien, accusant Israël de vouloir «réinstaurer son administration militaire dans les territoires». Rappelons qu'au début novembre,le Ha'aretz, révélait que des unités de l'armée israélienne étaient entraînées depuis plusieurs mois à reprendre en main les infrastructures civiles palestiniennes. Mardi, le journal Maariv rapportait par ailleurs que des représentants des colons, et le ministère de l'Habitat israélien, avaient élaboré un projet d'intensification de la colonisation juive en Cisjordanie pour les trois prochains mois. (>>L'ombre du pire).
Terroriste de 95 ans abattue En Cisjordanie, une Palestinienne de 95 ans a été tuée mardi matin par des soldats israéliens à un barrage militaire, alors qu'elle circulait en voiture près d'une des entrées de Ramallah en Cisjordanie.

- Al-Qaïda en Israël... 02/12/2002 C'est nouveau. Le ministre israélien de la Défense, Shaul Mofaz, a affirmé lundi qu'Al Qaïda, évidemment accusé d'être responsable du double attentat anti-israélien au Kenya, avait tenté en vain de commettre plusieurs attaques sur le territoire israélien. «Les tentacules de la pieuvre Al-Qaïda ont essayé de nous atteindre. Il y a eu plusieurs tentatives d'attentats de sa part, mais nous sommes parvenus à les faire échouer», a affirmé M. Mofaz à la deuxième chaîne de télévision privée. Le ministre de la Défense n'a toutefois pas donné de détails sur ces tentatives.
Hormis la question aujourd'hui secondaire de la véracité de telles déclarations, l'annonce de Mofaz est intéressante à plus d'un titre. D'abord, elle permet à Israël de réaffirmer un peu plus cette communauté de destin entre Israéliens et étasuniens, désormais officiellement confrontés au même ennemi. Ensuite, elle pourrait servir à légitimer une participation plus directe d'Israël à la pseudo guerre contre le terrorisme, lui permettant d'intervenir militairement où bon lui semble.
Tsahal détruit 527 tonnes de vivres à Gaza
Le Programme alimentaire mondial (Pam) a dénoncé lundi la destruction délibérée par Israël de plusieurs centaines de tonnes de vivres dans un de ses entrepôts de la bande de Gaza et a exigé un dédommagement. «Le Pam aurait du être autorisé à enlever les vivres. Cette action a été menée en contravention avec tous les principes humanitaires», a dénoncé le directeur de l'Agence onusienne pour la région, Jean-Luc Siblot, dans un communiqué diffusé à Rome, siège du Pam. 537 tonnes de vivres pour une valeur de 271'000 dollars étaient stockées dans l'entrepôt détruit, a précisé le Pam. «L'entrepôt était clairement identifié, avec un drapeau des Nations Unies et trois grands autocollants du Pam, mais malgré cela, les soldats israéliens ont enfoncé les portes avec des chars d'assaut», a déploré l'agence. L'opération a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. La bâtiment où se trouvait l'entrepôt a été dynamité et les vivres ont été ensevelis sous les décombres.

 

novembre 2002

- Attentats anti-israéliens 28-29/11/2002 Quinze personnes, dont trois touristes israéliens, ont été tuées hier dans un attentat à la voiture piégée devant un hôtel appartenant à des Israéliens près de Mombasa, sur la côte kenyane. Au même moment, un charter israélien qui venait de décoller de Mombasa a essuyé deux tirs de missiles, qui ont raté leur cible. Ce double attentat a fait l'objet d'une revendication fantaisiste, à Beyrouth, de la part d'un groupuscule jusqu'ici inconnu s'appelant «Gouvernement en exil de la Palestine universelle - Armée de Palestine» et à Tel-Aviv comme à Washington, on accusait une fois de plus la nébuleuse Al-Qaïda. Un attentat séparé, renvendiqué par la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa, a fait six victimes israéliennes dans un siège local du Likoud, durant les primaires du parti de la droite nationaliste israélienne qui a reconduit Ariel Sharon à sa tête. Israël a bien sûr promis une riposte sévère à cette série d'attaques.
Al-Qaïda?
Dans une interview publiée au lendemain de l'attentat de Mombasa, Saïda Bédar, chargée de recherche au CIRPES, nous dit: «A ce jour, il est difficile de faire le bilan de ce qui reste d'Al-Qaida, ni même de ce qu'il a pu vraiment représenter. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit d'un acteur ubiquitaire qui a pour effet (paradoxal) d'unir la coalition de la guerre globale au terrorisme et qui permet une emprise sécuritaire sans précédent des Etats-Unis (FBI et militaires) dans certains Etats (Afghanistan, Indonésie, Yémen).» Et de conclure: «Il est évident que nous avons affaire à une campagne de terreur, mais il est impossible de déterminer avec exactitude par qui elle est orchestrée.» (>>Lire interview).
Le Mossad chargé de la vengeance
«Nous poursuivrons ceux qui ont versé le sang de nos ressortissants», avertit Ariel Sharon. Son entourage parle de «très haute priorité» et le Mossad a été chargé de l'enquête sur les attentats au Kenya. Ses experts participent même déjà, avec leurs homologues américains de la CIA, aux interrogatoires des suspects appréhendés sur place. Son chef, Meir Dagan, est un expert en la matière. Il a été conseiller du premier ministre en 1996 et 1997 pour la lutte anti-terroriste, et a commandé en 1970 l'unité ultra-secrète «Rimon» de Tsahal, spécialisée dans la liquidation des extrémistes palestiniens. Aujourd'hui, le général Dagan dépend directement de Sharon et dispose de quelque 3000 agents qui ont une double vocation: la collecte des renseignements et les missions spéciales. Ces activités sont par nature passées sous silence, mais certaines ont fait grand bruit: l'enlèvement en Argentine du nazi Adolphe Eichmann en 1960 ou, plus récemment, l'assassinat du chef du Jihad islamique Fathi Chkaki à Malte en 1996.

- Comme prévu, Sharon se succédera à lui-même 27/11/2002 Comme nous en avions fait le pronostic dès le retrait des Travaillistes du gouvernement de guerre d'Ariel Sharon (brève du 6 novembre), le vieux général maniaco-répressif a toutes les chances de se succéder à lui-même lors des élections anticipées du 28 janvier. Il devance en effet de plus de 20 points son challenger, Benjamin Netanyahou, à la veille des primaires du Likoud. Le 28 janvier, le Likoud devrait par ailleurs doubler sa représentation au Parlement avec 38 députés, contre 19 actuellement. Encore bravo aux Travaillistes.

- Humiliations dénoncées par l'ONU 26/11/2002 L'Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés de Palestine (Unrwa) a adressé mardi une protestation officielle à l'armée israélienne pour des pratiques «humiliantes» à l'encontre de l'une de ses employées à Bethléem (Cisjordanie). «Le 22 novembre à l'aube, une unité israélienne de 20 à 30 hommes armés a cerné à Bethléem le domicile de Mme Allégra Pacheco, expert juridique de l'Unrwa», de nationalité américaine, selon un communiqué de l'Agence. «Les militaires l'ont tenue en joue durant deux heures à l'extérieur de sa résidence pendant qu'ils y faisaient une perquisition (...) et ses affirmations répétées sur son appartenance aux Nations unies ont été ignorées», ajoute le texte. L'époux de Mme Pacheco, le Palestinien Abed Al-Ahmar, a été «forcé de se déshabiller partiellement avant d'être emprisonné pour une période de 11 jours», ajoute le texte qui s'élève contre ces pratiques «humiliantes» (>>autre exemple à Naplouse). L'armée israélienne a réoccupé Bethléem, déclarée zone militaire fermée, au lendemain d'un attentat suicide palestinien dans un bus à Jérusalem-ouest qui a fait jeudi onze morts, outre le kamikaze. Actuellement, 23 employés palestiniens de l'Unrwa en Cisjordanie sont détenus par l'armée sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre la majorité d'entre eux, ajoute le communiqué.
Elections palestiniennes improbables
Entre démolitions de maisons et arrestations de militants présumés, Tsahal a poursuivi mardi ses opérations en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza où des accrochages entre soldats israéliens et Palestiniens ont laissé douze blessés côté palestinien. Ces incursions de l'armée israélienne risquent d'entraîner le report des élections palestiniennes, normalement prévues le 20 janvier prochain, selon des responsables palestiniens et des diplomates étrangers qui jugeaient mardi la tenue du scrutin de plus en plus improbable. Deux militants palestiniens ont été tués mardi soir lorsqu'un missile israélien a touché une maison dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, a-t-on appris de sources sécuritaires palestiniennes.
Images insoutenables
Vidéo, à déconseiller aux âmes sensibles, où l'on constate que l'ordre donné à Tsahal de briser les os des Palestiniens, lors de la première Intifada, avait été suivi à la lettre.

- Gosse de huit ans abattu 25/11/2002 Alors que les soldats et les blindés israéliens se sont retirés de Bethléem lundi matin, un Palestinien de huit ans a été tué par balles à Naplouse où des centaines d'enfants et d'adolescents ont ignoré le couvre-feu imposé par Tsahal pour lancer des pierres sur les soldats, ont rapporté des témoins et des responsables hospitaliers palestiniens de Cisjordanie.

- Bavure israélienne 24/11/2002 Quatre personnes, dont un employé britannique de l'ONU et un enfant palestinien, ont été tuées vendredi dans les territoires occupés où l'armée israélienne a lancé de vastes opérations en riposte à l'attentat suicide de Jérusalem. Bethléem a été réoccupée et plus de 32 Palestiniens y ont été arrêtés, dont trois futurs kamikazes présumés. L'ONU a contredit dimanche la version de Tsahal sur les circonstances exactes de la mort d'un responsable britannique de l'UNRWA. Selon Tsahal, Iain Hook, chef de projet de l'Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA), a été abattu par des soldats lors d'une fusillade avec des Palestiniens tirant depuis l'intérieur des locaux de l'UNRWA dans le camp de Jénine. «A ce stade de l'enquête, ce que nous savons c'est qu'il n'y a eu absolument aucun tir provenant de l'intérieur du complexe de l'Unrwa, contrairement à ce qu'a dit l'armée», a indiqué un porte-parole de l'Unrwa, Paul McCann, joint à Jénine au téléphone par l'AFP. L'ONU a en outre accusé les forces israéliennes d'avoir bloqué l'ambulance venue évacuer M. Hook, qui était âgé de 54 ans. Il était chargé de la réhabilitation du camp de réfugiés palestiniens de Jénine.
Opérations tout azimuts «Tsahal opèrera dans tous les territoires jusqu'à l'éradication du terrorisme. Les directives sont sans équivoque: il faut capturer ou abattre les tueurs, leurs commanditaires et leurs chefs, partout où ils se trouvent», a déclaré un haut responsable proche du ministre de la défense Mofaz, cité par le quotidien israélien Maariv.
Quatre milliards de dollars de plus pour la guerre? Selon le quotidien Haaretz, Israël souhaite obtenir de Washington une aide militaire spéciale de 4 milliards de dollars, étalée sur plusieurs années pour «faire face au terrorisme» et aux répercussions d'éventuelles frappes américaines contre l'Irak. Israël espère en outre obtenir des garanties du gouvernement américain qui lui permettraient de lever à des conditions avantageuses des emprunts bancaires de 10 milliards de dollars. Les Etats-Unis sont liés à Israël par un accord d'étroite coopération stratégique et lui accordent une assistance économique et militaire annuelle de près de 3 milliards de dollars.

- horrible attentat. Processus de paix enterré  21/11/2002 Onze personnes, dont quatre enfants ou adolescents âgés de 8 à 16 ans, et six femmes, ont été tuées et près de 50 autres personnes blessées, jeudi matin, dans un attentat suicide perpétré par un Palestinien qui s'est fait exploser dans un autobus bondé à Jérusalem. L'attentat, qui a également coûté la vie à son auteur, a d'abord été revendiqué par la branche armée du mouvement islamiste Hamas, puis, dans la soirée, par un autre mouvement intégriste palestinien, le Jihad islamique. Il s'agissait du premier attentat à Jérusalem depuis près de quatre mois. La radio militaire israélienne a cité de hauts responsables militaires israéliens selon lesquels une opération de grande envergure était «inévitable» à Bethléem, ville autonome palestinienne du sud de la Cisjordanie d'où provenait apparemment le kamikaze.
Il est clair que ce carnage offrira à Sharon l'occasion de déclarer le processus de paix définitivement mort et enterré. Alors trembles, Palestine, car même après 35 ans d'occupation, d'oppression, de meurtres et d'apartheid, même s'il y avait  85% de civils parmi les deux mille enfants que tu as perdu depuis le début de la deuxième Intifada, même si 120 d'entres-eux étaient des gosses de moins de 12 ans, voici qu'aux yeux de la «communauté internationale», ton calvaire à venir vient d'être légitimé.
Huit jeunes Palestiniens ont été blessés, dont un grièvement, lorsque l'armée israélienne a ouvert le feu jeudi sur des lanceurs de pierre à Naplouse, a-t-on appris de sources médicales palestiniennes. Un jeune âgé de 17 ans est dans un état grave après avoir été touché par balles à l'estomac. Les autres blessés, dont un garçon de 12 ans, ont été atteints alors qu'ils lançaient des pierres aux soldats. Mardi 7 Palestiniens avaient été tués par un commando israélien à Tulkarem.

- Désinformation sur Hébron: les Palestiniens réagissent 18/11/2002 La représentation palestinienne aux Nations unies s'est élevée lundi contre la manière dont les autorités israéliennes avaient rendu compte de l'attaque d'Hébron et les condamnations internationales ayant suivi. «Les autorités israéliennes parlent de «massacre» et «d'agression contre des fidèles» alors qu'en fait tous ceux qui ont été tués ou blessés sont des militaires israéliens ou des membres de services de sécurité», affirme la représentation palestinienne dans un communiqué. «Certains membres de la communauté internationale ont laissé parler leur enthousiasme en parlant «d'actes terroristes. Mais, insiste le texte, si l'Autorité palestinienne demeure favorable à des négociations pacifiques, il reste essentiel de souligner le contexte légal de la situation. Les colonies sont illégales (...) et il est absolument légitime pour le peuple palestinien de résister à leur présence qui équivaut à une négation de nos droits nationaux. (...) Les prises de position de membres de la communauté internationale contre la violence, faites sans clarification ou mise en perspective de son contexte légal, ne servent qu'à encourager la Puissance occupante à poursuivre la colonisation qu'elle mène avec ardeur dans les territoires palestiniens.» Douze israéliens, neuf militaires dont le lieutenant-colonel commandant le secteur, et trois colons armés, avaient été tués vendredi à Hébron lors d'une embuscade.

- Appel du Rassemblement pour le Liban (France)  Depuis le début de la guerre en 1975 et jusqu'à nos jours, la Syrie tente de soumettre le Liban et de le transformer en sa propriété exclusive. Sur ce territoire qu'elle a réussi à contrôler à force d'usure, elle applique les méthodes de la dictature de Damas: terrorisme, détournement de fonds, violation des droits de l'homme, refus des libertés fondamentales. Le 22 novembre, le Liban commémore «son indépendance perdue». En même temps, des délégations viennent de différents pays pour assister à la rencontre «Paris II» parrainée par la France pour étudier les difficultés économiques du Liban. Nous voulons leur dire que le Liban n'est ni indépendant, ni souverain et ni libre. Nous voulons crier fort: «Pas de prospérité sans liberté».  Les Libanais ne sont pas dupes: ils savent que l'aide économique n'ira pas au peuple libanais, mais à un appareil d'État corrompu et soutenu par la Syrie.  Nous, nous voulons une paix véritable; nous refusons de nous asservir et de perdre une liberté et une dignité qui nous sont si chères. Nous n'acceptons ni la tutelle syrienne, ni le silence complice et complaisant de la communauté internationale.  Chers libanais, chers amis du Liban, Dans une période où le monde entier est en quête de paix et de justice, que voulez-vous? Allez-vous laisser périr la seule démocratie du monde arabe, la seule dont la constitution soit conforme à la charte universelle des droits de l'homme? Allez-vous vous taire et la laisser subir les manipulations dont elle est victime? Allez-vous laisser remplir les coffres de Damas par l'intermédiaire d'un «prêt» accordé au «peuple libanais»? 
Si vous refusez la soumission, venez participer au rassemblement pour un Liban libre et souverain; venez, le jour de la «fête de son indépendance», dire votre soutien pour la liberté et la dignité le samedi 23 novembre à 11h30 Place Saint Augustin à Paris (8ème) Métro : Saint Augustin

- Exploitation cynique d'une terrible embuscade 15-17/11/2002 Un commando palestinien du Jihad islamique a infligé vendredi l'un des coups les plus durs à l'armée israélienne depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, en tuant neuf militaires et trois colons armés, lors d'une embuscade à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Les autorités israéliennes ont dénoncé «le massacre du shabbat», mais la presse ainsi que des membres de l'opposition présentaient ce drame comme une bataille rangée entre «des terroristes et l'armée». Tous les Israéliens tués dans l'embuscade étaient des militaires ou des vigiles armés, qui ont eu droit dimanche à des funérailles militaires. «Il faut appeler un chat un chat, a déclaré à la radio publique, selon l'AFP, l'ancien ministre travailliste de la Culture, le général de réserve Matan Vilnaï. Ce qui s'est passé à Hébron est une bataille rangée entre l'armée et des terroristes, et non un massacre».
«Exploiter la situation pour créer des faits accomplis» En représailles à l'attaque, le général Sharon a donné dès dimanche son feu vert à l'extension de la colonisation juive à Hébron, en Cisjordanie. Et l'on relèvera le cynisme de la formule utilisée par ce dernier sur la radio publique isralienne: «Il faut exploiter la situation pour créer des faits accomplis sur le terrain qui permettront d'établir une continuité territoriale entre Kiryat Arba, le quartier d'habitation des colons de Hébron et le Caveau des patriarches» (site vénéré par le judaïsme et l'islam). Prenant Sharon au mot, des dizaines de jeunes colons ont immédiatement créé un point de colonisation sauvage en s'installant sous des tentes entre Kiryat Arba et le Caveau des patriarches, a annoncé Zvi Katsover, un dirigeant des colons. Le chef de la diplomatie israélienne, Benjamin Netanyahou, a quant à lui déclaré que «tous les accords conclus par Israël [avec les Palestiniens] ont été annulés par Arafat lui-même».
L'armée israélienne a réoccupé samedi soir la ville de Hébron.
Une Palestinienne de 21 ans a été tuée samedi matin dans sa maison par des tirs de chars israéliens à Naplouse, en Cisjordanie, selon des sources médicales palestiniennes.
Un Palestinien âgé de 65 ans a été tué samedi soir par des tirs de soldats israéliens près de la ville de Kalkiliya, en Cisjordanie, selon les mêmes sources.
Commando israélien en Irak Selon American Free Press (), un commando israélien serait en opération en Irak et sa mission pourrait consister à déclencher la guerre. Une information déjà diffusée, fin septembre, par le Jerusalem Post, qui attribuait toutefois au commando une mission de repérage des sites de lancement de missile.

- Usage de boucliers humains par Tsahal: ça continue 14/11/2002 L'armée israélienne continue à recourir à des «boucliers humains» palestiniens, selon l'associaton israélienne pour la défense des droits de l'Homme B'Tselem. Cette pratique a pourtant été interdite par la Cour suprême israélienne. Dans un rapport, B'Tselem accuse l'armée d'avoir «utilisé des Palestiniens comme boucliers humains malgré une injonction de la Cour suprême» d'Israël, lors d'une opération à Jénine en Cisjordanie le 9 novembre. Celle-ci avait abouti à la liquidation d'Iyad Sawalha, un chef local des Brigades Al-Qods, la branche militaire du mouvement radical palestinien Jihad islamique. Dans un rapport publié le 4 novembre, Amesty International (AI) avait également affirmé que l'armée utilisait des civils comme boucliers humains, notamment lors de son opération «Rempart» menée entre avril et juin en Cisjordanie.
Opération à Naplouse prévue depuis un mois L'opération de l'armée israélienne lancée depuis mercredi à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, a été préparée il y a un mois, a affirmé jeudi un haut responsable militaire. «Cette opération a été préparée il y a un mois, et à mon avis nous allons rester là longtemps, beaucoup plus longtemps que nous ne sommes restés à Jénine, car il s'agit d'une opération d'une autre envergure», a-t-il déclaré aux journalistes, sous le couvert de l'anonymat.

- Trois bombes dans trois fast-foods étasuniens à Beyrouth 12/11/2002 De petites bombes ont explosé devant trois fast-foods américains tôt mardi matin au Liban, faisant des dégâts mais pas de blessés, a annoncé la police. La première bombe, composée de 0,5kg de TNT, a explosé à 4h30 (2h30 GMT). Elle a endommagé l'escalier métallique menant à un restaurant Pizza Hut à Jounieh, une ville côtière située à 20km au nord de Beyrouth. Trente minutes après, une deuxième bombe, d'une taille similaire, a explosé au restaurant Winners de Jounieh, selon la police. La déflagration a détruit l'entrée du restaurant. La troisième bombe a explosé devant un Pizza Hut de Tripoli, une ville du nord du pays, à 4h30 (2h30 GMT). Elle a soufflé les vitres et endommagé des tables ainsi que des chaises, a précisé la police. Les trois restaurants ont été fermés. La police a refusé de se prononcer sur les causes de ces attentats.
Netanyahou veut expulser Arafat S'il est élu premier ministre, Netanyahou fera expulser Arafat Le ministre israélien des Affaires étrangères, le super-faucon Benyamin Netanyahou, a affirmé mardi, dans une intervention télévisée prononcée à l'occasion du convention du Likoud, que s'il était élu premier ministre aux élections générales du 28 janvier prochain, sa première décision sera de faire expulser Yasser Arafat des territoires palestiniens.
Tsahal va lancer une importante opération sur Naplouse dans les prochaines heures selon les agences.

- Terreur contre terreur 11/11/2002 Dimanche soir peu avant minuit, cinq Israéliens, dont deux enfant de 4 et 5 ans, ont été tués dans l'attaque du Kibboutz Metzer (nord d'Israël). L'attaque a été revendiquée, dans un appel téléphonique de Jénine, par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa. Israël s'apprête a «riposter durement» à l'attaque, a déclaré un haut responsable de la Défense, non identifié, cité par la radio militaire. Selon la télévision publique israélienne, Tsahal préparait lundi soir une «vaste opération» à Naplouse et Tulkarem en Cisjordanie.
Lundi matin, un bébé palestinien de deux ans a été tué à Rafah (sud de la bande de Gaza) par des tirs de soldats israéliens qui ont blessé trois autres enfants, a-t-on indiqué de sources hospitalières palestiniennes.
Déportation d'Arafat
Selon le site web du quotidien israélien Haaretz, citant la radio israélienne, Sharon et Mofaz évoquaient hier soir la déportation d'Arafat en réponse à l'attaque du Kibboutz de Metzer.
La réoccupation totale se prépare
Selon le Ha'aretz de lundi, des unités de l'armée israélienne sont entraînées depuis plusieurs mois à reprendre en main les infrastructures civiles palestiniennes (>>L'ombre du pire).
Les USA et Israël rejettent un Protocole onusien anti-torture
Le protocole anti-torture, qui prévoit des visites surprises d'experts indépendants dans tous les lieux de détention des Etats qui le ratifieront, a été approuvé par une écrasante majorité (104 voix contre 8 oppositions et 37 abstentions) de la 3e Commission de l'Assemblée, jeudi dernier. L'Assemblée générale des Nations Unies doit encore trancher le mois prochain, mais cela ne devrait être qu'une formalité. Huit pays refusent ce protocole facultatif qui complétera les dispositions de la Convention des Nations Unies contre la torture adoptée en 1984: La Chine, Cuba, les Etats-Unis, Israël, le Japon, le Nigéria, la Syrie et le Vietnam. Rappelons que les USA et Israël tentent parallèlement par tous les moyens de torpiller la Cour pénal internationale, habilitée à juger les crimes de guerre ou contre l'humanité.

- Offensive israélienne contre la CPI 10/11/2002 Israël a proposé dimanche d'accueillir en janvier prochain une rencontre de juristes de différents pays opposés aux prérogatives  actuelles de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, a-t-on appris de source officielle. Le gouvernement israélien a adopté une initiative en ce sens lancée par le nouveau chef de la diplomatie, Benjamin Netanyahou, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Le ministre a proposé notamment à des juristes des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine de participer à cette rencontre, ces trois pays «considérant qu'il faut réduire les prérogatives du CPI», chargée de juger les crimes de guerre et contre l'humanité.

- Israël: la (dernière?) trahison des travaillistes 06/11/2002 Décidément, les travaillistes auront été, depuis près de deux ans, les meilleurs alliés des faucons du Likoud. Coupables d'avoir privé tout ce temps le peuple israélien d'une alternative au délire maniaco-répressif de Sharon et de ses zélateurs, ils se sont finalement décidés à quitter le gouvernement d'union nationale la semaine passée, non pas pour protester contre les coups de boutoir portés au processus de paix et chercher à défendre la voie de la paix tracé par Rabin, mais bien pour des seules questions de politique intérieure. Le résultat de cette fronde? Des élections anticipées désormais annoncées dans les trois mois par Sharon (qui a renoncé à maintenir son cabinet par des alliances indéfendables sur le plan international), et dans lesquels les travaillistes, discrédités, sont promis à de la figuration. Une nouvelle majorité étant d'ores et déjà acquise au Likoud selon les sondages, le seul enjeu du scrutin sera en effet de savoir qui, de Sharon ou de Netanyahou (l'autre maniaco-répressif de la politique israélienne), commandera la progression des Merkava dans les territoires palestiniens. Le plus probable étant que Sharon se succède à lui-même. Pour les tenants de la paix en général, les pacifistes israéliens en particulier et les Palestiniens, c'est donc la peste ou le choléra qui sortira des urnes après cette (dernière?) trahison des travaillistes.
Dans l'intervalle, Netanyahou va remplacer le Poulidor de la politique israélienne, Pérès, à la tête de la Diplomatie. Le super-faucon Shaul Mofaz ayant accepté le poste de ministre de la Défense, c'est donc un gouvernement de véritables fous de guerre qui assurera l'intérim. Avec de tels hommes aux commandes d'Israël, on n'ose à peine imaginer ce qui va arriver aux Palestiniens, ou ce qui pourrait se passer au Proche-Orient si les Etats-Unis décidaient de déclencher leur guerre pétrolière en Irak.
Paroles d'extrémistes Premiers signes de jours encore plus sombres à venir pour la région: Ariel Sharon a affirmé, mardi dans une interview au Times, que la communauté internationale devrait mettre la pression sur l'Iran «dès le lendemain» de la fin de la guerre en Irak et qu'il ferait son possible pour que cela soit fait. «L'Iran fait tous ses efforts pour posséder des armes de destruction massive (...) et des missiles balistiques. C'est un danger pour le Proche-Orient, pour Israël et un danger pour l'Europe.»
De son côté, Netanyahou a affirmé, mardi également, qu'une opération américaine qui permettrait de «se débarrasser de Saddam Hussein offrira une bonne occasion de se débarrasser d'Arafat».
Le ton est donné.
Adolescents abattus Sur le terrain, deux adolescents palestiniens de 16 et 17 ans ont été tués mardi, et 14 autres blessés, par des tirs israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Amnesty accuse Israël de «crimes de guerre» 04/11/2002 Amnesty International a accusé hier l'armée israélienne d'avoir commis des crimes de guerre lors d'opérations menées au printemps à Naplouse et à Jénine dans la nord de la Cisjordanie. Dans un rapport intitulé «Un rempart contre une enquête: les violations de l'armée israélienne à Jénine et Naplouse», Amnesty International appelle Israël et la communauté internationale à enquêter pour identifier les responsables de ces «crimes de guerre», quelle que soit leur fonction. L'organisation affirme qu'entre avril et juin, lors de son opération «Rempart», l'armée israélienne a tué des civils, torturé des prisonniers, utilisé des civils comme boucliers humains, détruit des maisons et empêché l'acheminement d'aide humanitaire et médicale aux Palestiniens. «Amnesty International croit que certains actes de l'armée israélienne décrits dans le rapport relèvent de graves violations de la Quatrième Convention de Genève et constituent des crimes de guerre», indique le document. Amnesty demande «une enquête complète, transparente et impartiale concernant ces allégations de violation des droits de l'Homme et humanitaire».
Le super-faucon Mofaz à la Défense
Le Parlement israélien a approuvé hier la nomination du super-faucon Shaul Mofaz, l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne, au poste de ministre de la Défense. Il succède au travailliste Benyamin Ben-Eliezer, qui a donné sa démission mercredi.
Terreur contre terreur
Pas moins de sept Palestiniens ont été tués hier en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, dont cinq par des tirs de soldats israéliens, et deux chefs du Hamas dans l'explosion de leur véhicule à Naplouse. Deux hélicoptères d'assaut Appache ont en outre attaqué à coups de missiles un bâtiment situé dans la zone industrielle de cette ville. Dans le même temps, un kamikaze palestinien a actionné une ceinture de dix kilos d'explosifs dans un centre commercial de Kfar Saba, près de Tel-Aviv, tuant deux Israéliens.
Liban: la Syrie resserre son étau
04/11/2002 L'invalidation lundi de l'élection d'un député d'opposition, après la fermeture de sa chaîne de télévision et l'interdiction des manifestations, illustre un nouveau tour de vis contre ceux qui critiquent le rôle dominant de la Syrie au Liban. Le Conseil constitutionnel a invalidé l'élection du député Gabriel Murr, élu en juin, en raison d'irrégularités lors de ce scrutin partiel. Il a déclaré élu le candidat arrivé en troisième position, l'avocat Ghassan Moukheiber. Un verdict qualifié de «montage juridique» par Gabriel Murr. Le 4 septembre, la chaîne de télévision MTV appartenant à Gabriel Murr, qui était la principale tribune de l'opposition, a été fermée et ses 450 employés privés de travail. Motif, selon la justice: la chaîne avait «porté atteinte aux relations avec la Syrie, à la dignité du chef de l'Etat Emile Lahoud» et «violé les dispositions de la loi électorale». Rappelons que la Syrie avait été autorisée à envahir le Liban, le 13 octobre 1990, en échange de sa passivité lors de la Guerre du Golfe.

- Sharon plus libre que jamais? 31/10 - 02/11/2002 Coupables d'avoir soutenu --par calcul politique, lâcheté ou peut-être même, finalement, par unité de vue-- le terrorisme d'Etat du gouvernement Sharon en participant, depuis deux ans, à son cabinet de guerre; coupables d'avoir, de ce fait, privé le peuple israélien d'une alternative politique en renonçant à leur rôle d'opposition, les travaillistes viennent de se fendre d'un coup de pouce inespéré au général Sharon. En démissionnant en bloc mercredi --officiellement pour protester contre les subventions allouées aux colonies juives dans les territoires palestiniens dans le projet de budget 2003--, la formation du ministre de la Défense, Ben Eliezer, pensait peut-être benoîtement faire sauter le gouvernement d'union nationale et provoquer des élections anticipées avant l'échéance du 28 octobre 2003. Le ratage est non seulement complet, mais il offre en plus l'occasion rêvée au général Sharon d'orienter définitivement son gouvernement à l'extrême droite. Sans envisager un instant les élections anticipées, ce dernier a en effet immédiatement saisi l'opportunité de tisser des alliances avec les ultras parmi les ultras afin de conserver une majorité à la Knesset. Déjà, l'ancien chef d'état-major, le super-faucon Shaul Mofaz, partisan de l'explustion d'Arafat et du tout répression vis-à-vis des Palestiniens, a accepté son offre de devenir ministre de la Défense, en remplacement de Binyamin Ben Eliezer. La diplomatie reviendrait à Benjamin Netanyahou, l'ex-chef du gouvernement, faucon notoire. Quant aux sept députés du bloc des partis d'extrême-droite «Union nationale - Israël Beytenou» sur lesquels Sharon compte pour étoffer son assise parlementaire, ils rejettent le plan du Quartette, veulent accentuer la colonisation des territoires occupés, contestent le transfert à l'Autorité palestinienne de fonds lui revenant qu'Israël a gelés. Partisans de la manière forte, ils préconisent aussi le bannissement pur et simple de Yasser Arafat. (>>L'ombre du pire)
Coordination israélo-américaine pour l'offensive sur l'Irak Un haut responsable militaire américain, l'amiral James Metzger, se trouve d'ores-et-déjà en Israël où il servira de coordinateur pendant l'offensive contre l'Irak. Le chef d'état-major de Tsahal, le général Moshe Yaalon, doit, lui, se rendre la semaine prochaine aux Etats-Unis. Il sera suivi le 13 novembre par le ministre sans portefeuille, Dan Meridor, et le chef du Conseil national de la Défense, Ephraim Halevy. Dans le cadre des rencontres régulières prévues par l'accord de coopération stratégique Israël-USA, tous deux présenteront l'approche d'Israël sur «l'après Saddam», lorsque le régime du président irakien Saddam Hussein aura été écarté.

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octobre 2002

- Forcing français. Sharon refuse un gel de la colonisation 28/10/2002 «Il est temps que la communauté internationale prenne toutes ses responsabilités» sur la crise au Proche-Orient, a affirmé lundi le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.«Il est temps véritablement que la communauté internationale se mobilise et prenne toutes ses responsabilités. (...) Nous ne pouvons pas accepter cette situation de crise ouverte qui est celle du Proche-Orient, cette situation d'injustice qui nourrit tant d'insatisfactions, d'humiliations, de frustrations. (...) Nous avons tous le devoir aujourd'hui de contribuer à trouver une solution juste et équitable partant du fait que l'ensemble de la communauté internationale reconnaît (la nécessité) de deux Etats capables de vivre en paix et en sécurité, l'un à côté de l'autre.»
Côté israélien, le général Sharon a déclaré lundi qu'il acceptait les principes de la «feuille de route» présentée par l'émissaire américain William Burns, à partir des propositions du quartette pour un règlement du conflit avec les Palestiniens. Il a cependant indiqué qu'il rejetait un gel total de la colonisation, selon la radio publique israélienne.
Destruction de dix maisons, adolescent abattu
Les militaires israéliens a détruit lundi quatre maison à Djénine en Cisjordanie, appartenant à des militants palestiniens impliqués ou soupçonnés d'être impliqués dans des violences contre Israël, selon Tsahal et des témoins. Six autres habitations ont subi le même sort dans la bande de Gaza. Par ailleurs, un adolescent de 16 ans a été abattu d'une balle dans la poitrine quand des soldats israéliens ont ouvert le feu sur des jeunes qui lançaient des pierres à Tulkarem, en Cisjordanie

- Sanglant week end. Opération à Jénine 27/10/2002 Trois militaires israéliens ont été tués dimanche dans un attentat suicide, qui a également coûté la vie à son auteur palestinien, à l'entrée de la colonie juive d'Ariel (nord de la Cisjordanie), selon un nouveau bilan de sources sécuritaires israéliennes. Les trois militaires tués sont deux officiers et un soldat, tous réservistes, selon ces mêmes sources. Située à quelque 25 km à l'est de Tel-Aviv, Ariel, qui comprend une université, est l'une des plus grosses colonies de Cisjordanie. Peu après, deux activistes palestiniens armés ont été tués dimanche dans une opération israélienne à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. Ils ont été abattus par une unité spéciale opérant en civil dans une voiture banalisée. Plus tard dans la journée, un Palestinien âgé de 15 ans a été tué par un tireur embusqué israélien à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, où l'armée israélienne opère depuis vendredi sa plus grosse incursion depuis la sanglante offensive d'avril dernier. 57 Palestiniens ont été arrêtés. Par ailleurs, l'armée israélienne a abattu un individu - probablement un Palestinien - qui tentait de s'infiltrer de la bande de Gaza vers l'Egypte, a-t-on appris de sources policières égyptiennes.

- «médiation» américaine 23/10/2002 Le secrétaire d'Etat adjoint américain William Burns est arrivé à Jérusalem mercredi, porteur d'une nouvelle initiative de paix sur laquelle Israéliens et Palestiniens ont déjà exprimé d'importantes réserves. Washington tente ainsi de calmer le jeu au moment où l'administration Bush cherche le soutien des pays arabes modérés dans la perspective d'une guerre contre l'Irak. Les effets se sont déjà fait sentir puisqu'Israël, qui a reconnu prendre en compte les intérêts de Washington, a renoncé à exercer des représailles immédiates après l'attentat-suicide de lundi, qui a fait 16 morts, dont les deux kamikazes.
Israël s'enlise dans la récession (24heures) Après avoir chuté de 0,6% l'an dernier, le produit intérieur brut devrait encore piquer du nez et se fixer à -1,5% pour l'ensemble de l'année en cours. L'horizon 2003 n'est guère encourageant, avec un taux de croissance prévu de 1,7%. Cette récession, sans précédent depuis la création de l'Etat en 1948, s'accompagne d'un dangereux taux de chômage, 10,5%, et d'un taux annuel d'inflation d'environ 7%. Tous les clignotants sont allumés: chute des exportations industrielles (hormis les diamants taillés), du tourisme et des investissements étrangers. Résultat: près de 1,5 million d'Israéliens, sur un total de 6,5 millions, sont considérés comme pauvres. D'autant que les dépenses sociales de l'Etat sont à la baisse. Quelques centaines d'associations caritatives tentent de pallier au pire en distribuant des soupes populaires. L'armée a été mise à contribution: elle distribuera les restes de ses cantines plutôt que de les jeter dans les décharges publiques. L'Etat hébreu espère sortir du marasme en observant la rigueur budgétaire et en limitant la main d'oeuvre étrangère. Il compte aussi sur un soutien massif de Washington. Les Américains ont aussi proposé un soutien massif dédommageant Israël des effets éventuels de leur offensive en Irak. Le gouvernement américain garantirait ainsi 10 milliards USD qu'Israël emprunterait à des banques à des conditions avantageuses. Il pourrait aussi convertir en shekels l'aide militaire américaine annuelle, 2,1 milliards USD, normalement réservée à des achats d'armes aux Etat-Unis.
Appels à l'épuration ethnique des Palestiniens légitimée Le parlement israélien a rejeté mercredi à une forte majorité une proposition de loi visant à interdire aux partis qui incitent à l'expulsion vers l'étranger de Palestiniens ou d'Arabes israéliens, de participer aux élections. La Knesset a rejeté par 51 voix contre 23 sur 74 députés présents la proposition de loi contre «l'incitation au transfert» de Palestiniens, présentée par la liste communiste Hadash (3 députés sur 120). «L'incitation au transfert est, en fait, à un appel à l'épuration ethnique et devrait tomber sous le coup de loi israélienne qui interdit l'incitaion à la haine raciale», a déclaré à la tribune le député Mohammed Baraka, de la liste Hadash. Le ministre de la Justice, Méir Sheetrit, a répondu au nom de la majorité de droite qu'un appel à un «transfert volontaire» pouvait être légitime, estimant qu'il n'était pas plus choquant que les appels à gauche pour l'expulsion de colons juifs des territoires palestiniens. Des sondages font état de 20 à 30% d'Israéliens favorables d'une façon ou d'une autre à ce programme.
Les insoumis devant la Cour suprême
La Cour suprême d'Israël a entamé mercredi l'examen du recours de huit officiers de réserve israéliens qui ont demandé à l'Etat de reconnaître leur droit à refuser de servir dans les territoires palestiniens occupés. C'est la première fois dans l'histoire d'Israël que la plus haute instance juridique du pays est saisie d'un tel appel. Lors d'une audience qui a duré deux heures, les huit réservistes ont affirmé que l'occupation des territoires palestiniens par Israël était «illégale» et demandé à bénéficier du statut d'objecteurs de conscience. Ils représentent 500 autres officiers et soldats de réserve qui ont signé une pétition marquant leur refus de servir en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

- Enfants et femmes âgées tués à Gaza 17/10/2002 Au lendemain de la visite d'Ariel Sharon à Washington, Tsahal a relancé ses opérations meurtrières dans la bande de Gaza. Huit Palestiniens, dont deux enfants, ont été tués et une quarantaine blessés jeudi par des tirs de chars israéliens dans la bande de Gaza, selon des sources médicales et des témoins. Les victimes sont une petite fille de quatre ans, un garçon de 12 ans, quatre autres jeunes hommes et deux femmes âgées.

- Bush invite Israël à riposter en cas d'attaque irakienne! 16/10/2002 En rupture totale avec la situation de 1991 où, pour éviter un embrasement régional, l'on avait interdit à Israël de riposter aux tirs de Scuds irakiens,  W. a donné carte blanche hier à Ariel Sharon pour répliquer à une éventuelle attaque. «Si l'Irak attaquait Israël demain, je suis sûr qu'il y aurait une réponse appropriée. Je pense que le premier ministre [Sharon] répondrait, car il a le droit de se défendre», a affirmé Jr. à Washington, à l'issue d'un entretien avec Ariel Sharon. «Nous ne pouvions espérer mieux de la part du président américain qui a reconnu publiquement le droit d'Israël à se défendre en cas d'attaque de la part de l'Irak ou du Hezbollah», a ensuite précisé à l'AFP le porte-parole du premier ministre israélien, Ranaan Gissin. Il a ajouté qu'il n'y avait eu «aucune pression de la part des Américains sur la question palestinienne». C'est d'abord la confirmation du pas de deux israélo-étasunien dans toutes les options choisies depuis deux ans sur la scène régionale. Ensuite, c'est le risque de voir les super-faucons de Washington réunir toutes les conditions à un embrasement régional. Pour remodeler tout le Proche-Orient? C'est ce que pense Pat Buchanan (14 octobre). Une thèse déjà développée début septembre dans le Boston Globe. Et l'on repense au récent avertissement, dans le Ha'aretz du 15 août, du commentateur israélien Meron Benvenisti: «Les avertissements sur les conséquences destructrices pour l'ensemble du Moyen-Orient d'une attaque contre l'Irak ne dissuadent pas Israël: ils l'encouragent. (...) Un assaut américain sur l'Irak, en dépit d'une opposition arabe et mondiale, et une participation même symbolique d'Israël à cet assaut, provoquera l'effondrement du régime hachémite en Jordanie. Israël mettrait alors en oeuvre la vieille «option jordanienne» en expulsant des centaines de milliers de Palestiniens de l'autre côté du Jourdain. Il n'y a jamais eu de meilleure opportunité pour cette option. (...). Les avertissements à propos du nettoyage ethnique ne doivent pas seulement venir des militants gauchistes, mais aussi de ceux dont on ne peut remettre en doute le patriotisme. Et Benvenisti de souligner que les Américains doivent être «avertis qu'un assaut contre l'Irak pourrait déclencher le nettoyage ethnique des Palestiniens
Seize Palestiniens, dont 9 enfants, blessés Seize Palestiniens, dont 9 enfants, ont été blessés mercredi par des tirs israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont indiqué des sources palestiniennes. Deux chars ont pénétré sur un boulevard de Rafah et ouvert le feu à la mitrailleuse faisant six blessés, dont deux grièvement atteints, un enfant de 12 ans et un homme de 53 ans, a-t-on ajouté de même source. Les tirs israéliens, qui ont atteint une école pour réfugiés administrée par l'ONU, ont provoqué des affrontements entre les militaires et des jeunes lanceurs de pierres, ainsi que des Palestiniens armés. Ces heurts ont fait dix autres blessés, dont deux enfants de 3 et 11 ans grièvement atteints, a-t-on précisé.
Liban-Israël: la guerre de l'eau
Israël «se réserve le droit de défendre ses ressources en eau», a déclaré mercredi le chef de la diplomatie israélienne Shimon Pérès au moment même ou le Liban inaugurait une station de pompage sur la rivière Ouazzani, qui abreuve le Jourdain. «Nous ne tolérons pas et ne tolérerons pas de mesures unilatérales et (Israël) se réserve le droit de défendre ses ressources en eau conformément au droit international», a déclaré M. Pérès, lors d'une intervention à la tribune du Parlement diffusée par la radio publique israélienne. M. Pérès a tenu ces propos au moment où le président du Parlement libanais Nabih Berri inaugurait, en présence du chef de l'Etat, Emile Lahoud, une station de pompage sur le Ouazzani, au Liban sud, à laquelle Israël est hostile, craignant qu'elle ne réduise ses propres réserves d'eau. «Cette affaire est susceptible de déclencher un conflit régional sur la question des ressources en eau et la mesure unilatérale prise par le Liban pourrait entraîner une grave escalade entre le Liban et Israël» a ajouté M. Pérès. Le Ouazzani se jette dans le Hasbani, rivière qui coule au Liban puis en Israël, où elle rejoint le Jourdain, qui alimente le lac de Tibériade, principale réserve d'eau douce de l'Etat juif. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a récemment affirmé qu'Israël considérait le pompage des eaux du Ouazzani tout près de sa frontière comme un casus belli, et déclaré que son pays «a su et saura défendre ses ressources en eau, qui sont vitales».

- Week end de terreur ordinaire: 8 Palestiniens tués 12-13/10/2002 Un enfant de 4 ans a été tué dimanche, écrasé sous les décombres de sa maison à Rafah (sud de la bande de Gaza), lorsque les soldats israéliens ont fait sauter une habitation voisine. La charge d'explosifs était si forte qu'elle a démoli deux autres maisons, dont celle où se trouvait l'enfant. Selon l'armée israélienne, l'opération avait pour but de faire sauter «des tunnels servant à la contrebande d'armes». Lors de cette opération, un autre Palestinien a été en tué par un tir de char. Persuadé que «le gouvernement israélien prépare une réoccupation totale de la bande de Gaza», le négociateur palestinien, Saëb Erakat, a condamné «fermement ces crimes commis contre notre peuple dans la bande de Gaza». Deux Palestiniens armés sont morts dans la matinée lors d'un échange de tirs avec des soldats israéliens et une Palestinienne de 40 ans a été tuée, et deux fillettes ont été blessées, près de Jénine, en Cisjordanie. Enfin, un membre des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa a été tué à Bethléem (Cisjordanie) par l'explosion d'un téléphone piégé, selon des sources sécuritaires palestiniennes. L'armée israélienne a dit ne pas avoir de commentaires à faire sur le sujet dans l'immédiat...
Samedi, un Palestinien de 21 ans avait été abattu dans la bande de Gaza par l'armée israélienne, qui affirme qu'il tentait d'enfouir une charge explosive. Un autre jeune Palestinien a été tué le même jour à Tulkarem, en Cisjordanie, par des balles de mitrailleuses de chars venus surveiller le couvre-feu.

- Les intégristes étasuniens prêchent pour Israël 11/10/2002 Entre 2000 et 3000 chrétiens fondamentalistes s'étaient donné rendez-vous vendredi à Washington, à l'appel de la Christian Coalition, pour apporter leur soutien à Israël et combattre la décadence qui menace l'Amérique. Pour l'occasion, de nombreux représentants du Parti républicain ont fait le déplacement, à commencer par le président Bush, qui a fait un bref passage en début de matinée. A quatre semaines des élections pour le renouvellement du Congrès, les conservateurs comptent notamment sur la Christian Coalition, mouvement qui revendique aujourd'hui deux millions de membres, pour tenter de reprendre le contrôle du Sénat. «Vous êtes une armée de deux millions de personnes et nous dépendons de vous, car nous avons une révolution à faire! Dieu vous bénira pour ça!» a ainsi proclamé le sénateur républicain de l'Oklahoma, Jim Inhofe. Parmi les figures de proue de la Christian Coalition, on trouve notamment J.C. Watts, Représentant républicain de l'Oklahoma, qui a cité jeudi saint Augustin pour expliquer pourquoi il avait voté en faveur de la résolution autorisant le président Bush à user de la force en Irak, et Tom DeLay, numéro trois des conservateurs de la Chambre basse. Hier, ce dernier a exprimé un vigoureux soutien à Israël, tout comme son collègue du Missouri Roy Blunt: «Que l'on attaque Tel-Aviv ou New York, cela ne fait pas de différence, a clamé ce dernier. Nous devons défendre notre liberté, car nous avons les meilleures idées
Rappelons qu'aux Etats-Unis, le courant chrétien évangélique conservateur rassemblerait quelque 40 millions de fidèles qui vivent leur foi dans une perspective apocalyptique. Selon une prophétie de la Bible, qu'ils lisent littéralement, la reconstruction du Temple juif à Jérusalem annoncerait la fin des temps et le retour du messie sur terre. Seul hic, pour reconstruire le temple en question, il faudrait d'abord raser les mosquées d'Omar et d'al-Aksa, troisième lieu saint de l'Islam, qui occupent aujourd'hui son ancien emplacement... Le Dôme du Rocher, ou Mosquée d'Omar, a été édifiée en 691 au centre du lieu correspondant à l'esplanade de l'ancien Temple juif. La Mosquée Al-Aksa a ensuite été construite en 715 sur ce même parvis.
Au fait, pourquoi la mosquée d'Al-Aqsa, joyau de l'architecture arabe, n'est-elle toujours pas inscrite au patrimoine de l'Humanité de l'Unesco d'après vous?
La voix du Liban libre Hier dimanche 13 octobre 2002, jour anniversaire de l'invasion du Liban par la Syrie en 1990, le site officielle du Courant Patriotique Libre, de l'ex-premier ministre libanais Michel Aoun, a été mis en ligne. Infos et documents à profusion.

- Réponse civile au carnage de Khan Younès 9/10/2002Convaincus que la paix est possible entre les deux peuples, les activistes du «Mouvement des familles endeuillées palestiniennes et israéliennes» organisent des dons du sang réciproques. Des Israéliens ont ainsi fait don de leur sang mardi dans des banques de sang palestiniennes, alors que des Palestiniens ont fait de même dans des banques de sang israéliennes. «Nous sommes venus faire don de notre sang à l'hôpital gouvernemental de Ramallah pour les familles endeuillées palestiniennes en réponse aux événements de Khan Younès», le raid israélien (usage d'une bombe à fragmentation?) qui a fait 16 morts lundi, explique Roni Gerston, un activiste israélien du mouvement. Roni Gerston a perdu son fils Amir, 19 ans, dans un attentat contre un bus israélien à Beit Leid (nord de Tel Aviv) en 1995. Le Jihad islamique avait revendiqué cette attaque. Au centre David Magen Adom, l'équivalent israélien de la Croix rouge, à Jérusalem ouest, des Palestiniens qui ont perdu des proches tués par les balles israéliennes ont aussi fait don de leur sang aux familles israéliennes.
Deux adolescents tués à Gaza. Un Israélien succombe
Deux Palestiniens de 14 et 15 ans ont été tué mercredi par des tirs de chars israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, qui ont également blessé 20 personnes, dont dix grièvement, selon un nouveau bilan fourni par des sources médicales palestiniennes. Ahmad Radwane, 14 ans, a été tué lorsque les chars ont ouvert le feu sur une foule de jeunes qui les attaquaient avec des pierres, selon des sources de sécurité et médicales. Plus tôt, Mohammad Moussa Achwar, 15 ans, a été tué par les tirs des chars assurant la protection de bulldozers qui détruisaient des habitations palestiniennes dans la région. Un Israélien, grièvement blessé mardi dans une attaque palestinienne au sud de Hébron, en Cisjordanie, a par ailleurs succombé.
Liban: pompage à haut risques
Le Liban a procédé mercredi au premier test de pompage des eaux du Ouazzani, passant outre les avertissements d'Israël et sans attendre les résultats de la tentative de médiation des Etats-Unis. Se disant sûr de son bon droit, Beyrouth a achevé le même jour un rapport technique et juridique sur ce sujet controversé, qu'il devait envoyer au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Le pompage doit alimenter en eau potable une vingtaine de villages du sud du pays. Le Ouazzani est le principal affluent du Hasbani, rivière qui coule au Liban puis en Israël, où elle rejoint le Jourdain, qui alimente le lac de Tibériade, principale réserve d'eau douce de l'Etat hébreu. Israël voit dans ces travaux tout près de sa frontière un casus belli et Ariel Sharon a affirmé mardi que son pays «a su et saura défendre ses ressources en eau, qui sont vitales».

Etude sensible censurée Dans The Guardian du 25 novembre 2001 (repérage tardif...), une curieuse histoire de censure au sujet d'un article traitant d'une étude scientifique tendant à démontrer qu'au Proche-Orient, Juifs et Palestiniens sont pour ainsi dire un même peuple. (L'étude en question peut être consultée à cette adresse, au format pdf (840ko). Téléchargement assez lent).

- Sharon annonce d'autres massacres à Gaza 09/10/2002 Deux Palestiniens ont succombé à leurs blessures suite à la boucherie perpétrée par l'armée israélienne lundi à Gaza, portant le bilan de l'opération à 16 morts. Précisions tombées hier: selon des sources militaires israéliennes, seuls six des seize Palestiniens tués étaient «des activistes terroristes armés impliqués dans des attentats anti-israéliens». La radio militaire a même indiqué qu'ils n'étaient pas des «activistes importants» et qu'aucun d'entre eux n'appartenait au Hamas (sic). Mardi, fort de ce nouveau haut fait militaire, le général Ariel Sharon a donc annoncé l'imminence d'autres incursions à Gaza.
Fillette de 12 ans abattue Hier mardi, Tsahal a abattu, à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, une fillette palestinienne de 12 ans. Mayssa Zanoun a été atteinte au torse par des balles, alors qu'elle se trouvait près de sa maison. Des soldats d'une position voisine de Rafah ont été attaqués par des Palestiniens et ont riposté en ouvrant le feu, ont affirmé des sources militaires israéliennes. Reste que les précédents de ce genre, où l'on voit des enfants palestiniens abattus, souvent en dehors de toute zone d'affrontements d'ailleurs, sont si fréquents qu'il devient difficile de ne pas soupçonner une politique de la terreur parfaitement délibérée de la part de Tsahal.

- Encore une boucherie «réussie» à Gaza 08/10/2002 Après un premier raid aérien qui avait fait 15 morts, dont neuf enfants, le 22 juillet dernier à Gaza, Tsahal y a lancé lundi une nouvelle opération meurtrière, tuant pas moins de 14 Palestiniens. L'hôpital de Khan Younès a même été touché par des tirs de mitraillettes et par un obus de char. Comme pour la boucherie précédente, Ariel Sharon a estimé que l'opération avait été un «succès»: «Je regrette la présence de civils parmi les victimes, mais il y avait aussi des terroristes», a déclaré mardi Ariel Sharon selon Euronews (on est rassuré). Notons que cette offensive israélienne intervient alors que le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, tente de relancer le processus de paix au Proche-Orient où il a rencontré Yasser Arafat notamment.
«Cet odieux massacre prouve qu'Israël veut réoccuper la bande de Gaza», a prévenu le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat. Et, de fait, après la reprise de contrôle militaire de la Cisjordanie et la destruction des infrastructures d'Etat et de l'Autorité palestiniennes, la bande de Gaza reste le dernier territoire «autonome» palestinien.
Officiellement, cette escalade ne fait pas le jeu de l'équipe Bush qui voudrait pouvoir se consacrer à la mise en place d'une coalition internationale contre l'Irak. Sharon a donc été invité à se rendre à la Maison-Blanche le 16 octobre (pour la septième fois depuis son investiture), toujours officiellement pour se voir demander de garder un profil bas. Mais au vu du pas de deux israélo-américain auquel chacun assiste depuis deux ans, il ne s'agit peut-être, au fond, que de dresser un bilan intermédiaire de l'avancement des travaux.

- Exercice d'expulsion d'Arafat! 03/10/2002 L'armée israélienne a récemment effectué un exercice d'entraînement pour se préparer à une éventuelle expulsion vers l'étranger du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, a indiqué jeudi le quotidien israélien Maariv. Le but de cet exercice, qui s'est déroulé dans un secteur «isolé», était de s'emparer du dirigeant palestinien, puis de l'expulser vers un «pays étranger» qui n'est pas nommé, a ajouté le journal, en se bornant à préciser qu'il ne s'agit ni de la Jordanie ni du Liban (la Tunisie peut-être?). Maariv a précisé que ce plan pourrait être appliqué «très rapidement» si les responsables politiques israéliens donnaient leur feu vert à un bannissement. Le quotidien indique également que pour cet exercice, les militaires ont utilisé des hélicoptères et que l'expulsion pourrait également s'appliquer à des proches d'Arafat. Le quotidien a ajouté que ce plan a été gelé «pour le moment», après que l'armée eut mis fin dimanche au siège du quartier général de M. Arafat à Ramallah (Cisjordanie) sous la pression des Etats-Unis. Le journal précise que ce plan a été mis au point à la demande du premier ministre Ariel Sharon et de son ministre de la Défense, le «travailliste» Binyamin Ben Eliezer.

- Le Congrès US reconnaît Jérusalem comme capitale d'Israël 02/10/2002 La décision, lundi, du Congrès américain de considérer Jérusalem comme la capitale d'Israël a déclenché un tollé dans les pays arabo-musulman qui l'estiment, à juste titre, contraire aux résolutions de l'ONU. Le président palestinien, Yasser Arafat, a qualifié cette décision de «désastre». Le Fatah a mis en garde contre «ses retombées dangereuses»; le mouvement islamiste Hamas l'a qualifiée d'«agression directe contre les droits du peuple palestinien» et le Jihad islamique a appelé «gouvernements et peuples à s'opposer à ce nouveau complot avec tous les moyens disponibles».
Techniquement, la décision a été votée dans le cadre de la loi sur le budget du département d'Etat, pour l'année fiscale 2003, qui comportait une disposition reconnaissant Jérusalem comme capitale de l'Etat juif. La Maison-Blanche avait annoncé lundi que M. Bush avait signé le texte bien que la communauté internationale n'ait jamais reconnu l'annexion de Jérusalem-est par Israël, en 1967, et considère toujours Tel-Aviv comme la capitale de l'Etat juif.
Cette provocation du «médiateur américain», qui intervient précisément au moment où de plus en plus de Palestiniens se disaient favorables à une «Intifada pacifique», résonne comme une véritable incitation l'escalade. Elle dit aussi à quel point l'unité de vue est totale entre Tel-Aviv et Washington, et notamment sur la «question palestinienne».
Blair tente d'embobiner les Arabes 02/10/2002 Israël a rejeté mercredi l'appel lancé la veille par Tony Blair pour que reprennent des négociations sur un Etat palestinien, avant la fin de l'année, et pour que les résolutions de l'ONU soient appliquées par l'Irak mais aussi par Israël. Le chef de la diplomatie israélienne, Shimon Pérès, a lié les déclarations de M. Blair à des considérations intérieures britanniques. «Je ne justifie pas ce qu'il a dit, mais il faut tenir compte du contexte, Tony Blair s'est exprimé devant un congrès du Parti travailliste qui refuse de soutenir sa politique vis-à-vis de l'Irak», a dit M. Pérès à la radio publique. Un haut responsable qui a requis l'anonymat a toutefois dit à l'AFP que les déclarations de M. Blair «étaient destinées à contenter les pays arabes en vue d'une attaque anglo-américaine» sur l'Irak.
580 écoles palestiniennes fermées
Des centaines de milliers d'enfants palestiniens sont empêchés d'aller régulièrement à l'école en raison des mesures de sécurité israéliennes dans les territoires occupés, a affirmé mercredi l'UNICEF. Dans un communiqué, l'UNICEF a précisé que plus de 226'000 enfants et plus de 9'300 enseignants n'étaient pas en mesure d'avoir une scolarité normale et que 580 écoles avaient été fermées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Plusieurs écoliers suivent les cours dans des mosquées, des caves et autres lieux, a noté l'UNICEF, ajoutant que ce mode d'éducation alternatif «souligne à quel degré la vie des enfants palestiniens a été perturbée par le conflit». L'UNICEF a souligné qu'Israël se devait d'assurer un accès à l'éducation à chaque enfant palestinien comme l'y obligent les conventions internationales.

- Halte aux meurtres d'enfants! 01/10/2002 Plus de 250 enfants palestiniens et plus de 70 petits israéliens sont morts depuis le début du soulèvement dans les teritoires occupés en septembre 2000, estime le groupe de défense des droits de l'Homme Amnesty international. Amnesty accuse l'armée israélienne de ne pas sanctionner ses soldats répondant aux jets de pierre des enfants par «un usage illégal et excessif d'une violence mortelle». L'ONG s'en prend également aux dirigeants palestiniens qui ne parviennent pas empêcher les activistes de mener des actions suicide en Israël.
Leçon de morale israélienne
Palestiniens et Israéliens ont réagi à ce rapport en accusant l'autre partie d'être responsable de cette situation. «Nous sommes attaqués, et nous nous défendons, et il est inévitable que des gens meurent dans des opérations de légitime défense. Nous en sommes désolés, a réagi le ministre israélien Yitzhak Levy sur la télévision israélienne. Mais on ne peut comparer la moralité de l'armée israélienne à l'immoralité des groupes terroristes». En clair, si l'on agit au sein d'une armée organisée portant l'uniforme, il est moral de faucher des enfants à la mitrailleuse.

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septembre 2002

- Plantée de Sharon, ou de Bush? 29-30/09/2002 Malgré un marathon diplomatique effréné, Washington n'arrive pas à faire passer son projet de résolution autorisant le recours automatique à la force contre l'Irak. Des émissaires américain et britannique se sont rendus successivement vendredi à Paris, et samedi à Moscou, pour défendre leur projet, mais ni Paris ni Moscou n'y étaient favorables. Dimanche, Washington a donc tenté le joker Arafat en forçant Sharon à mettre fin au siège du QG du président palestinien, histoire sans doute d'amadouer la France et la Russie qui réclamaient un tel retrait. Mais la manoeuvre n'a pas eu le succès escompté. Tout en se réjouissant de la levée du siège de la Moukataa, la France persistait lundi à refuser de donner son aval à une action militaire contre l'Irak. «Nous ne voulons pas donner de blanc-seing à une action militaire, car nous voulons assumer notre responsabilité jusqu'au bout, a déclaré au journal Le Monde le chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin. C'est pourquoi nous ne pouvons pas accepter une résolution autorisant dès maintenant le recours à la force, sans retour devant le Conseil de sécurité des Nations unies.» Dans la foulée, le ministre chinois des Affaires étrangères, Tang Jiaxuan, et son homologue russe, Igor Ivanov, ont enfoncé le clou en insistant de concert sur le fait que la meilleure façon de résoudre le problème irakien passait par la voie politique, a rapporté l'agence de presse Chine Nouvelle.
Compte à rebours En Israël, la retrait obligé de Tsahal du QG d'Arafat a déclenché de vives critiques à l'égard du premier ministre israélien, globalement accusé de s'être planté. Plusieurs ministres ont admis lundi avoir sous-estimé l'opposition de Washington à un siège du QG de Yasser Arafat, alors que les Américains entendent à tout prix éviter que la difficile problématique irakienne soit «polluée» par des complications supplémentaires non nécessaires. Le ministre du Logement, Natan Sharansky, nous donnait à cette occasion une lecture intéressante des événements: «Nous n'avions pas pris en considération (la semaine dernière) à quel point les Etats-Unis avaient déjà lancé le compte à rebours d'une attaque contre l'Irak.»
Jérusalem, bientôt capitale d'Israël pour les USA? Les Etats-Unis en passe de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël?
Les meurtres continuent Deux enfants palestiniens de 10 ans et 11 ans ont été tués par des tirs de chars israéliens à Naplouse, selon des sources palestiniennes. Un soldat israélien a par ailleurs été tué et un autre grièvement blessé dans le centre de Naplouse également. Dans la bande de Gaza, c'est une Palestinienne de 43 ans qui était considérée comme cliniquement morte après avoir été blessée par des éclats d'obus de char israélien à Rafah. Soubhia Al-Soufi, 43 ans, a été atteinte par les tirs israéliens alors qu'elle se trouvait dans sa maison.
Forces spéciales israéliennes en Irak Selon le Internet Jerusalem Post, des forces spéciales israéliennes seraient actuellement en opération dans l'ouest de l'Irak.

- Offensive meurtrière 26/09/2002 Deux Palestiniens ont été tués et vingt-cinq autres, dont dix enfants, ont été blessés, lors d'un raid mené par un hélicoptère israélien qui a tiré au moins un missile sur un quartier nord de Gaza. Les deux tués étaient des activistes du Hamas, selon l'un des responsables politiques du mouvement. Quatre autre Palestiniens, dont un bébé, ont été tués en Cisjordanie et à Gaza, au septième jour du siège imposé à Yasser Arafat à Ramallah. A Hébron, une fillette palestinienne de 14 mois a ainsi succombé après avoir inhalé des gaz lacrymogènes tirés par des soldats qui tentaient d'imposer le couvre-feu sur la partie palestinienne de la ville, pour permettre aux colons juifs du centre de célébrer la fête hébraïque de Souccot. Un officier israélien a par ailleurs été tué dans un violent échange de tir. En tout, 16 Palestiniens ont été tués en quatre jours.

- Halte aux meurtres d'enfants! 01/10/2002 Plus de 250 enfants palestiniens et plus de 70 petits israéliens sont morts depuis le début du soulèvement dans les teritoires occupés en septembre 2000, estime le groupe de défense des droits de l'Homme Amnesty international. Amnesty accuse l'armée israélienne de ne pas sanctionner ses soldats répondant aux jets de pierre des enfants par «un usage illégal et excessif d'une violence mortelle». L'ONG s'en prend également aux dirigeants palestiniens qui ne parviennent pas empêcher les activistes de mener des actions suicide en Israël.
Leçon de morale israélienne
Palestiniens et Israéliens ont réagi à ce rapport en accusant l'autre partie d'être responsable de cette situation. «Nous sommes attaqués, et nous nous défendons, et il est inévitable que des gens meurent dans des opérations de légitime défense. Nous en sommes désolés, a réagi le ministre israélien Yitzhak Levy sur la télévision israélienne. Mais on ne peut comparer la moralité de l'armée israélienne à l'immoralité des groupes terroristes». En clair, si l'on agit au sein d'une armée organisée portant l'uniforme, il est moral de faucher des enfants à la mitrailleuse.
Jérusalem, bientôt capitale d'Israël pour les USA? (bis) Les choses se précisent: les Etats-Unis pourraient bientôt reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël? Sûr que ça va aider à apaiser le conflit.

- Des chrétiens fondamentalistes suisses font pression sur le gouvernement en faveur d'Israël 26/09/2002 En Suisse comme aux États-Unis, des courants protestants fondamentalistes se mobilisent en faveur d'Israël (24heures)

- Nouvelle colonie fêtée 25/09/2002 Des colons ont inauguré mercredi une nouvelle implantation à une dizaine de kms de la ville palestinienne de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. Le vice-ministre de la Sécurité intérieure, Guidon Ezra, s'est rendu dans la colonie de Rehalim afin de féliciter ses habitants «pour leur détermination dans le combat pour l'intégrité de la terre d'Israël», a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'implantation, Naty Israëli. Les colons ont inauguré quatorze maisons construites dans cette colonie où n'étaient installées, jusqu'à présent, que des caravanes.
Le
«hooliganisme» des colons juifs d'Hébron Le chef de l'opposition de gauche au Parlement israélien, Yossi Sarid, a fustigé mercredi les colons juifs de Hébron, estimant qu'ils représentaient «la tache la plus laide du sionisme», et a affirmé que cette ville de Cisjordanie était devenue «un enfer». «Hébron est devenue un enfer, sécuritaire, politique, et, plus que tout, ethnique», a déclaré M. Sarid à des journalistes, dans une interview diffusée sur la télévision publique israélienne. Cette ville, où quelque 500 colons juifs vivent retranchés sous la protection de l'armée israélienne, au milieu de plus de 120'000 Palestiniens, est devenue «un enfer pour les Juifs et les Palestiniens. Les attaques et le hooliganisme des colons juifs à Hébron ne visent pas seulement les Palestiniens mais aussi ceux qui portent l'uniforme», a déclaré M. Sarid.
Dix-neuf adolescents palestiniens blessés
Dix-neuf adolescents palestiniens ont été blessés, dont deux grièvement, mercredi par des tirs israéliens lors d'incidents séparés dans la bande de Gaza, selon de sources sécuritaire et hospitalière palestiniennes.
Le «miracle» palestinien
Le chef de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens, Peter Hansen, a qualifié mercredi de «miracle» la résistance de la société palestinienne aux retombées de deux ans d'Intifada. «Les conditions de vie des Palestiniens n'ont cessé de se détériorer depuis deux ans» en raison des mesures de sécurité israéliennes, a déclaré M. Hansen dans une conférence de presse. Je pense qu'on peut parler de miracle quand on constate que la société palestinienne n'a ni explosé ni implosé. (...) Où peut on trouver un peuple qui peut survivre à des taux de chômage et de pauvreté de 60%?»

- Israël rejette la résolution 1435. Arafat toujours otage 24/09/2002 En dépit des menaces de veto brandies par le représentant américain au Conseil, John Negroponte, les Etats-Unis ne pouvaient décemment pas bloquer une résolution condamnant l'agression israélienne alors qu'ils ont besoin, de la part de ce même Conseil de Sécurité, d'une résolution ouvrant la voie à l'option militaire contre l'Irak. Washington s'est donc abstenu au moment du vote de la résolution 1435, approuvée dans la nuit de lundi à mardi par les 14 autres membres du Conseil, résolution qui exige notamment la fin du siège du QG d'Arafat. Tel-Aviv a bien sûr rejeté cette résolution: «L'ONU peut demander ce qu'elle veut, Israël continuera son opération jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints», a affirmé à l'AFP un haut responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat. Et pour donner toute la mesure de sa détermination et de sa liberté d'action, l'armée israélienne a mené la plus importante incursion jamais lancée dans Gaza (90 blindés et des hélicoptères d'assaut), dans la nuit de lundi à mardi, tuant pas moins de 9 Palestiniens tout en poursuivant le siège du QG de Yasser Arafat.
Sur le fond, la donne reste donc inchangée. Sans ordre ferme de Washington, le feu restera au vert pour Sharon. Mais gageons qu'en cas de résolution de l'ONU autorisant un recours à la force contre l'Irak, les choses s'amélioreront subitement pour Arafat (au moins provisoirement).
Manif à Paris aujourd'hui mercredi
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) appelle à une manifestation mercredi à Paris pour protester contre le siège du quartier général de Yasser Arafat par l'armée israélienne, et demander une paix juste et durable au Proche-Orient. Le départ de la manifestation est prévu place de la République à 18h30. Le cortège se rendra place de la Bastille, a précisé le MRAP dans un communiqué publié mardi. Le MRAP demande la «levée immédiate» du siège de la Moukataa et le retrait des troupes israéliennes des territoires occupés. Il plaide pour «l'envoi immédiat d'une force de protection internationale du peuple palestinien».

- La prise en otage d'Arafat se confirme 23/09/2002 Dans notre brève d'hier, nous avancions l'hypothèse selon laquelle le siège de la Moukataa par Sharon n'était en fait qu'une vulgaire prise d'otage. Le but du jeu étant d'offrir à Bush un moyen de pression sur les membres du Conseil de Sécurité de l'ONU (notamment la France et la Russie sensibles à la cause palestinienne) pour obtenir une résolution ouvrant la voie à l'option militaire contre l'Irak. Rien, au Proche-Orient, ne se faisant sans un feu vert de Washington, une initiative unilatérale de Sharon s'avérait peu probable, la mollesse de la réaction étasunienne attestant d'une entente préalable sur l'opération. Comme pour lever les derniers doutes, les Etats-Unis ont dès lundi menacé d'opposer leur veto à un projet de résolution, devant le Conseil de sécurité de l 'ONU, exigeant qu'Israël lève le siège du QG d'Arafat. Et parallèlement, W. Bush n'a pas manqué de revenir à la charge en affirmant qu'il voulait une «résolution forte» des Nations Unies, «demandant des comptes» au président irakien Saddam Hussein...
Guerre éclair Ce projet de résolution, sur lequel Américains et Britanniques travaillent depuis plusieurs jours, devrait être présenté au Conseil de sécurité de l'ONU «dans les prochains jours», selon un porte-parole du premier ministre britannique, Tony Blair. Selon des déclarations au Financial Times de Condoleezza Rice, conseillère du président américain, Washington mobilisera alors «les forces suffisantes pour gagner» une guerre contre l'Irak et «se consacrera entièrement» ensuite à la reconstruction du pays (comme en Afghanistan?). Le sénateur républicain John McCain apporte ensuite quelques précisions techniques en annonçant qu'une guerre éclair est le scénario le plus plausible. Le régime irakien ne devrait pas tenir longtemps alors qu'il «est considérablement affaibli», a-t-il estimé, prédisant que Bush allait obtenir une résolution de soutien des Nations unies et du Congrès américain. Et franchement, il n'y a aucune raison d'en douter.
L'église au milieu du village Le représentant de la Palestine aux Nations unies, Nasser Al-Kidwa, a demandé au Conseil de sécurité d'adopter une «résolution claire» exigeant le retrait de l'armée israélienne des abords du quartier général de Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie. M. Al-Kidwa a assuré que l'Autorité palestinienne condamnait les attaques-suicide, précisant que le premier attentat de ce genre a eu lieu en 1994, après 27 ans d'occupation israélienne et le transfert de 350'000 colons israéliens en territoire palestinien: «L'occupation, accompagnée de pratiques affreuses, n'est pas le résultat des attaques-suicides et elle n'a pas continué à cause d'elles, a-t-il assuré. En fait, elle les a créées
Exécution constatée d'un adolescent de 13 ans à Naplouse
A Naplouse, une bénévole britannique travaillant en Cisjordanie a affirmé hier avoir vu un soldat israélien abattre délibérément un adolescent palestinien qui ne l'avait pas provoqué. L'armée israélienne a indiqué qu'elle enquêtait sur les circonstances du décès de Baha Albahsh, 13 ans.

- Arafat pris en otage pour faire plier l'ONu sur l'Irak? 22/09/2002 Une fois de plus, le gouvernement israélien a donc choisi de s'en prendre aux infrastructures et à l'Autorité palestiniennes en riposte aux derniers attentats du Hamas, mercredi et jeudi, qui ont fait sept victimes israéliennes. Depuis jeudi soir, le président Arafat est ainsi assiégé, pour la troisième fois en huit mois, avec pour objectif avoué de le «pousser à l'exil», selon les propos du vice-ministre de la Défense israélien, Weizman Shiri. Samedi, l'armée avait démoli tout le quartier général du chef palestinien, sauf ses bureaux et, dimanche, elle a même «accidentellement» coupé l'eau, l'électricité et le téléphone du dernier bâtiment encore debout de la Moukataa. L'ampleur de l'opération de Tsahal (pompeusement baptisée «Question de temps») apparaît tout à fait disproportionnée pour des attentats qui, bien que meurtriers, survenaient après 5 semaines durant lesquels seuls les Israéliens avaient continué à tuer des civils (douze civils palestiniens tués en quatre jours fin août, entre-autres).
De deux choses l'une: soit Sharon a décidé unilatéralement de se débarrasser d'Arafat (ce qui est peu probable puisque, a priori, une escalade au Proche-Orient nuirait au projet de «busherie» en Irak), soit il a pris, avec le feu vert de Washington, le président palestinien en otage pour fournir à son alter-ego étasunien, W. Bush, le levier qui lui manque pour forcer le Conseil de Sécurité à voter une résolution ouvrant la voie à l'option militaire contre Saddam. Des trois membres permanents du Conseil de Sécurité opposés aux frappes (France, Russie et Chine), au moins deux, la France et la Russie, se sont en effet toujours opposés à l'éviction par la force du leader palestinien. Le message à l'ONU serait donc, grosso modo: où vous couvrez l'invasion de l'Irak par une résolution, où Sharon a carte-blanche pour liquider Arafat. Aux dernières nouvelles d'ailleurs, les États-Unis n'avaient toujours pas pris de position claire vis-à-vis du siège de M. Arafat hier soir, alors que la Russie et la France ont demandé que cesse l'attaque israélienne....
Cinq Palestiniens tués
Défiant le couvre-feu, des milliers de Palestiniens ont manifesté dimanche pour protester contre l'assaut lancé par l'armée israélienne contre le QG du président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, à Ramallah. Quatre hommes et un adolescent de 13 ans ont été tués par l'armée israélienne lors de ces manifestations, organisées à l'appel du Fatah de Yasser Arafat dans plusieurs villes de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza.
Grande marche internationale contre l'occupation à Marseille et appel au boycott des produits israéliens Pour la protection du peuple palestinien. Contre l'occupation, la colonisation et l'apartheid en Palestine. Pour la suspension de l'accord d'association Union Européenne-Israël. Le Collectif pour le respect des droits du peuple palestinien de Marseille appelle à une Grande marche internationale à Marseille le 28 Septembre 2002.

- Israël attaque et détruit la Moukataa. Arafat coincé sans son bureau 20/09/2002 Pour la troisième fois en huit mois, Yasser Arafat se trouvait vendredi isolé dans son QG de Ramallah, au lendemain d'un attentat suicide qui a fait six morts à Tel-Aviv. Paris et Moscou ont vaguement critiqué le siège du leader palestinien, tandis que Washington a lancé un appel inaudible à la retenue. En clair, plus personne ne réagit aux coups de boutoir de Tsahal dans son entreprise de destruction des infrastructures et de l'Autorité palestiniennes. Une passerelle reliant les bureaux de M. Arafat à une salle de réception a même été détruite dans la soirée, selon des sources sécuritaires palestiniennes, isolant ainsi totalement les bureaux du président palestinien. De nombreuses explosions se produisaient hier soir dans et autour de l'enceinte de la Moukataa. Un policier, qui se trouvait près d'une fenêtre dans le QG, a été tué par un tireur d'élite israélien, selon une source palestinienne. L'armée israélienne a reconnu avoir détruit plus d'une dizaine de maisons. Un couvre- feu a été imposé pour une période indéterminée sur cinq villes autonomes de Cisjordanie réoccupées depuis la mi-juin. Ramallah a été déclarée «zone militaire fermée» et également soumise à un couvre-feu. Une fois de plus, le gouvernement israélien s'en est pris aux symboles et infrastructures de l'Etat palestinien sous prétexte de riposte aux attentats pour servir sa politique du pire dans les territoires. En attendant sans doute de déclencher, comme le suspecte de plus en plus d'observateurs, le nettoyage ethique des Palestiniens dès les premières explosions sur Bagdad (>>Lire ci-dessous la brève du 05/09/2002: Le plan «Busharon»: attaque de l'Irak et nettoyage ethnique des Palestiniens?)
Reddition Une vingtaine de Palestiniens se sont rendus vendredi aux forces israéliennes qui assiègent le QG de Yasser Arafat à Ramallah. Leur reddition est intervenue après la destruction par Tsahal d'une partie du bâtiment dans lequel ils se trouvaient. Ces Palestiniens, parmi lesquels figurent des membres de la sécurité palestinienne, se trouvaient dans la salle de réception reliée aux bureaux du président de l'Autorité palestinienne par une passerelle qui a été détruite dans la soirée par les militaires israéliens. Un représentant palestinien resté aux côtés d'Arafat dans l'aile intacte de la Moukaata a indiqué qu'ils avaient quitté le bâtiment de peur qu'il ne s'effondre. Certains d'entre eux ont été blessés.

- Terreur contre terreur 19/09/2002 Un attentat suicide perpétré jeudi dans un autobus à Tel-Aviv a fait au moins six morts et 66 blessés, selon la police israélienne. La direction palestinienne a condamné cet acte. L'attentat, revendiqué par la branche armée du Hamas, s'est produit dans la partie avant d'un autobus près de la grande synagogue de Tel-Aviv. En réponse à cet attentat, l'armée israélienne a réimposé le couvre-feu sur les villes palestiniennes réoccupées en Cisjordanie, hormis Hébron. Le premier ministre, Ariel Sharon, a convoqué hier soir à Jérusalem son cabinet pour une séance d'urgence, a indiqué la radio publique israélienne. Il s'agit du deuxième attentat en deux jours. Mercredi, un attentat suicide a eu lieu près de la localité arabe d'Oum el-Fahm et a coûté la vie à un policier israélien ainsi qu'au kamikaze.
Enfant palestinien tué
Un enfant palestinien de 10 ans a été abattu à la mitrailleuse lourde par un char israélien jeudi à Ramallah, en Cisjordanie. Absalam Soumrine a été touché à la poitrine dans la localité d'el-Bireh, qui fait partie de la municipalité de Ramallah. La police palestinienne a affirmé qu'il n'y avait pas d'affrontement au moment où l'armée israélienne a ouvert le feu, soulignant néanmoins que la zone, réoccupée depuis la mi-juin par l'armée israélienne, était sous couvre-feu. Depuis le déclenchement de l'Intifada, en septembre 2000, Tsahal a tué 21 enfants âgés de 0 à 5 ans, 32 de 5 à 10 ans, 176 de 10 à 15 ans et 225 adolescents âgés de 15 à 18 ans, selon un décompte de Solidarité-Palestine.org50 palestiniens âgés de 65 à  85 ans ont encore été tués. En tout, et y compris 167 assassinats extra-judiciaire, ce sont 1'848 Palestiniens qui ont été tués. 65% étaient des civils, précise le décompte. Parallèlement, 612 Israéliens ont été tués, dont également une écrasante majorité de civils.
Arafat à nouveau assiégé Le gouvernement israélien a décidé jeudi soir à l'unanimité d'isoler Yasser Arafat dans son QG de Ramallah et d'exiger la reddition des Palestiniens recherchés qui y sont retranchés, a rapporté la radio publique israélienne. L'éventualité d'expulser M. Arafat des territoires palestiniens a été abordée par le cabinet, mais écartée du fait qu'une telle mesure, selon les responsables de la sécurité qui étaient présents, aurait causé plus de tort que d'avantage à Israël, a ajouté la radio sans autre précision. Les forces israéliennes ont appelé, au moyen de haut-parleurs, une vingtaine de Palestiniens recherchés qui y sont réfugiés à se rendre, a indiqué à l'AFP un porte-parole du gouvernement israélien. Parmi ces Palestiniens figurent notamment le général Taoufic Tiraoui, chef des services de renseignement en Cisjordanie, et le commandant de la Force 17, la garde rapprochée du président Arafat, Mahmoud Damra.

- Le quartette sur le Proche-Orient laisse les mains libres à Israël  17/09/2002 Les membres du quartette sur le Proche-Orient ont adopté mardi le calendrier du plan esquissé par l'Union européenne pour mener à la création d'un Etat palestinien d'ici 2005, tout en avertissant que sa mise en œuvre dépendrait des progrès accomplis par les parties. Les principaux responsables du quartette ( États-Unis, Russie, UE et ONU), sont parvenus à cet accord minimal après une série de trois rencontres ponctuées par des consultations  séparées avec des dirigeants israéliens et palestiniens, ainsi qu'avec les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes. Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, joint par téléphone par l'AFP, a estimé que le calendrier adopté par le quartette ne résolvait «rien». «Il s'agit d'une déclaration générale. Elle ne résout rien. Nous espérions que le quartette mette fin à l'agression israélienne, au siège et au bouclage, ainsi qu'au terrorisme israélien contre notre peuple pour que l'on puisse relancer les négociations.»
Pétition des lycéens: plus de 200 jeunes israéliens refusent de servir dans une «armée d'occupation»
17/09/2002 Plus de deux cents jeunes Israéliens appelés sous les drapeaux ont annoncé qu'ils refuseraient de servir dans une «armée d'occupation», dans une pétition publiée mardi. «Nous refusons d'être soldats d'une armée d'occupation» est-il écrit dans la pétition parvenue à l'AFP, et signée par 213 juifs israéliens, âgés de 15 à 19 ans. La pétition, dite des «lycéens», a été adressée au Premier ministre Ariel Sharon, aux ministres de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, et de l'Education nationale, Limor Livnat, a précisé un porte-parole du mouvement Hagaï Matar. Les signataires accusent l'Etat d'Israël de «commettre des crimes de guerre et de violer les droits de l'Homme» dans les territoires palestiniens occupés et soutiennent toute forme de refus de servir. «L'occupation n'est pas seulement immorale, elle porte atteinte à notre sécurité puisqu'elle pousse les Palestiniens au désespoir et provoque des actes de terrorisme», souligne le texte.
Pétitions des insoumis
Rappelons que 483 officiers et soldats de la réserve ont à ce jour signé la «pétition des insoumis», document par lequel ils s'engagent à ne pas servir en territoire occupé. Huit des signataires de cette pétition on présenté un recours à la Cour suprême, le 4 septembre, pour qu'elle décrète l'occupation «illégale». Dans sa réponse le procureur de l'Etat a demandé à la Cour de décréter  illégal le refus de servir en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza. L'armée israélienne a durci son attitude ces derniers mois face au mouvement d'insoumission de réservistes ou d'appelés du contingent alors que dans un premier temps elle avait fermé les yeux. Parmi les signataires de ces diverses pétitions, plusieurs dizaines ont été incarcérés pour des périodes de deux à quatre semaines en moyenne. Cinq sont actuellement sous les verrous.
Israël-Liban: le ton monte
17/09/2002 L'Etat hébreu a réaffirmé mardi qu'il était fermement opposé à un projet libanais de pomper les eaux de la rivière Ouazzani, un affluent de la rivière Hasbani qui se jette elle-même dans le Jourdain. Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Pérès a promis d'en saisir son homologue américain Colin Powell à New York. Alors que le Liban affirme avoir besoin de cette eau pour alimenter des villages isolés dans le sud du pays, le ministre israélien de la Défense Benyamin Ben-Eliezer a déclaré à des journalistes à Bethléem que le bassin de la rivière Hasbani fournissait 10% des ressources en eau d'Israël et qu'en détourner son cours constituait une «violation de tous les accords conclus par le passé». Le 10 septembre dernier, Sharon évoquait carrément, quand à lui, un casus belli.

- Il y a 20 ans, les massacres de Sabra et Chatila 16/09/2002 Le 14 septembre 1982, le président libanais Béchir Gemayel, ancien chef des Forces Libanaises (FL), milice chrétienne de droite, est assassiné trois semaines après avoir été élu, grâce aux pressions d'Israël. Moins de 24 heures plus tard, le 15 septembre, l'armée israélienne investit Beyrouth-ouest pour «empêcher des effusions de sang et des actes de vengeance» et combattre «2000 terroristes» qui y seraient embusqués. Le 16 septembre au soir, des miliciens chrétiens pro-israéliens, aidés par l'armée israélienne qui tire des fusées éclairantes, entrent dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, évacués fin août par les combattants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Pendant trois jours, dans un black-out total, ils se livrent à des massacres sans que Tsahal n'intervienne. Le 19, des images insoutenables de corps amputés, éventrés, de nourrissons écrasés bouleversent l'opinion mondiale. Les massacres font entre 800 et 2000 morts civils, selon les estimations, dont une centaine de Libanais. La commission d'enquête officielle israélienne, présidée par le juge Kahane, attribuera en 1983 à Ariel Sharon, ministre de la Défense au moment des faits, la «responsabilité personnelle» mais «indirecte» des massacres, lui reprochant de ne pas les avoir prévus ou empêchés. Il sera forcé de démissionner de son poste en février 1983. La responsabilité directe du carnage a été imputée par la commission à Elie Hobeika, alors chef des services de renseignements des FL. Tué le 24 janvier 2002 dans un attentat à Beyrouth, Elie Hobeika avait annoncé en juillet 2001 détenir des preuves innocentant les FL et avoir amassé «des documents qui vont ternir l'image de la commission Kahane et lui ôter toute crédibilité». De nombreux rescapés avaient fait état de la présence dans les camps lors du massacre de miliciens de l'Armée du Liban libre, une milice multiconfessionnelle créée, financée et armée par Israël, connue par la suite sous le nom d'Armée du Liban sud (ALS). En juin 2001, 23 Palestiniens rescapés de la tuerie ont porté plainte en Belgique contre Ariel Sharon pour pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et actes de génocide lors de ce massacre, en se fondant sur une loi belge de 1993 qui accorde une compétence universelle aux tribunaux du pays pour ce type de crimes. La justice belge a jugé cette plainte irrecevable le 26 juin dernier, au motif qu'Ariel Sharon «n'a pas été trouvé en Belgique».

- Démission du cabinet d'Arafat 11-12/09/2002 Le cabinet, formé en juin par M. Arafat, a préféré démissionner mercredi plutôt que de se présenter au vote du Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) qui lui refusait sa confiance. Si les députés voient dans cette fronde un exercice normal de la démocratie, les dirigeants israéliens n'ont pas manqué de se réjouir du revers infligé au dirigeant palestinien et voient dans cette contestation un signe annonciateur de la fin de l'ère Arafat. Mais tous les Israéliens ne sont pas aussi optimistes. Zehava Gal On, député du Meretz (opposition de gauche) a mis en garde contre une éventuelle arrivée au pouvoir de radicaux islamistes si M. Arafat venait à perdre le pouvoir. Une situation de «chaos» pourrait, selon elle, résulter de cette éventualité «et ferait le jeu d'Ariel Sharon (le Premier ministre israélien) qui n'a pas d'horizon politique, celui-ci pouvant affirmer alors qu'Israël n'a pas d'interlocuteurs».
Annexion dénoncée
L'Autorité palestinienne a dénoncé jeudi la décision d'Israël de maintenir son contrôle sur le tombeau de Rachel et un petit aéroport situé en Cisjordanie, qualifiant cet acte d'annexion en violation des accords de paix intérimaires. Le cabinet de sécurité israélien a en effet décidé de garder le contrôle sur le tombeau de Rachel à Bethléem et l'aéroport de Kalandia, en les plaçant dans la zone de sécurité autour de Jérusalem, qui comporte des murs, des barrières et des barrages routiers. Cette décision constitue «un nouveau crime contre le peuple palestinien , les lieux saints chrétiens et musulmans», a déploré l'Autorité palestinienne dans un communiqué.

- L'Alliance éternelle pour la guerre perpétuelle 11/09/2002 (brève remaniée) Les commémorations du 11 septembre auront été l'occasion, pour le couple américano-israélien, de réaffirmer l'Alliance éternelle qui unit les deux pays dans leur pseudo lutte contre le terrorisme: même vision du monde, même objectifs de guerre.
En préambule, une perle du général Sharon:
Sharon: «Nous, en Israël, nous luttons contre le terrorisme depuis plus d'un siècle» 11/09/2002 «Le président américain George W. Bush mène la lutte contre le mal et le terrorisme pour préserver les valeurs démocratiques. Nous, en Israël, nous luttons contre le terrorisme depuis plus d'un siècle», a déclaré le premier ministre israélien lors des commémorations du 11 septembre. Pour un état créé en 1948 et qui occupe illégalement depuis 35 ans des territoires palestiniens soumis à la violence, l'oppression et l'apartheid, il fallait oser...
A bas la pensée unique Puis c'est le couplet sur l'axe du Mal, version Sharon, avec, en préambule, une vibrante déclaration d'allégeance: «Nous sommes aux côtés des Américains. Nous n'oublierons pas. C'est notre devoir historique, c'est notre devoir pour la vie et pour les générations futures» (...) «Tout le monde éclairé comprend qu'il n'y a pas de bon et de mauvais terrorisme, et que le terrorisme de Ben Laden, du Hamas, du Tanzim (organisations palestiniennes), du Hezbollah (chiite libanais), de Saddam Hussein et de l'Iran, tous font partie du même axe du Mal qui menace la paix et la stabilité du monde.» Dans la foulée, le premier ministre a alors accusé l'Iran, l'Irak et la Libye de soutenir le terrorisme et de vouloir se doter de l'arme nucléaire, reprenant ainsi à son compte la réthorique guerrière de W. Bush dans son discours sur l'Etat de l'Union de janvier 2002.
En écho, Bush Jr. a évidemment renouvelé quant à lui, à Washington, sa promesse de gagner à tout prix, et surtout celui du sang irakien, sa guerre contre le terrorisme:  «Nous renouvelons notre engagement de gagner la guerre qui a commencé ici», a notamment déclaré le président étasunien, ajoutant que les attentats perpétrés avaient déclenché «la première grande lutte du nouveau siècle». Et que bien sûr malgré les progrès réalisés dans la lutte contre Al-Qaïda, «beaucoup de choses restent à faire».
A noter que la notion de «première grande lutte du nouveau siècle» avait déjà été développée récemment par... Ehud Barak, l'ancien premier ministre israélien, en juillet dernier: «Le premier chapitre de la guerre, l'Afghanistan, s'achève. L'étape suivante, c'est l'Irak, et ensuite l'Iran. Nous devons gagner la première guerre mondiale du XXIe siècle. Ce ne sera pas une simple guerre. Ce sera un marathon.» (AFP, Sofia, 11 juillet 2002). Dans l'ordre nous avons donc Sharon qui plagie Bush et Bush qui plagie Barak. On tourne un peu en rond, non?

- israël-Liban: SHARON évoque un casus belli 10/09/2002 Ariel Sharon a affirmé mardi qu'un détournement des eaux de la rivière Hasbani par le Liban constituerait un «casus belli» pour Israël, a rapporté la radio militaire israélienne. M. Sharon a fait cette déclaration lors d'une réunion spéciale de responsables civils et militaires, à l'issue du conseil des ministres, selon la radio. Le Hasbani prend naissance au Liban et coule sur une cinquantaine de km en territoire libanais, puis rejoint le Jourdain qui se déverse dans le lac de Tibériade. «Le Hasbani fournit entre 20 et 25% de l'eau s'écoulant dans le lac de Tibériade», selon un responsable le ministère israélien de l'Agriculture. En mars 2001, un responsable militaire israélien avait affirmé que les Libanais avaient entamé des travaux de construction d'un système de pompage de leur côté de la frontière afin d'empêcher les eaux de la rivière Hasbani de couler en Israël. Un porte-parole de la force de l'ONU au Liban sud avait démenti alors que le Liban ait détourné les eaux du Hasbani, affirmant que des ouvriers installaient une «conduite de 10 cm» pour alimenter un village souffrant de manque d'eau.

- «Enormes quantités d'armes» US acheminées en Israël 09/09/2002 Israël a autorisé les États-Unis à entreposer dans les bases de son armée d'énormes quantités de matériel militaire, d'armes et de munitions en prévision d'une éventuelle offensive contre l'Irak, a indiqué dimanche le quotidien Maariv. Selon le journal, qui fait état d'un document qui lui est parvenu, le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer a donné son feu vert aux premières livraisons de ce matériel dans les prochains jours. Maariv affirme aussi qu'un officier supérieur amméricain a confirmé sous couvert de l'anonymat ces informations, précisant que les livraisons s'inscrivaient dans le cadre de la coopération stratégique entre Israël et les Etats-Unis. En vertu de cette coopération, a-t-il précisé, Israël met ses bases militaires à la disposition des Etats-Unis, auxquels il fournit aussi une assistance logistique et des renseignements. Maariv ajoute encore que «des dizaines d'officiers et fonctionnaires américains se trouvent actuellement dans des bases de l'armée israélienne pour vérifier les entrepôts de munitions et d'armements». Selon un de ces officiers cité par le journal, «les quantités d'armes qui ont déjà été livrées ou doivent encore parvenir en Israël sont énormes, car Israël est le seul pays auquel nous fassions confiance».

- Sharon enterre officiellement Oslo, Camp David et Taba 06/07/2002 Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a enterré officiellement vendredi les accords avec les Palestiniens. Pour Israël, les accords d'Oslo conclus en 1993 avec les Palestiniens et les arrangements envisagés à Camp David et à Taba en l'an 2000 «n'existent plus», a déclaré M. Sharon dans une interview accordée au quotidien Maariv à l'occasion du Nouvel an juif, qui débute en soirée. «Oslo n'existe plus, Camp David (Etats-Unis) n'existe plus, ni Taba (Egypte). Nous ne retournerons pas dans ces endroits», a-t-il déclaré, en allusion aux accords et arrangements conclus depuis 1993 par les précédents gouvernements israéliens et les Palestiniens.
Soldats de Tsahal blanchis pour les douze civils tués en 4 jours Une enquête interne de l'armée, ordonnée par le ministre de la Défense, a comme prévu blanchi des militaires soupçonnés d'avoir eu la gâchette facile en tuant 12 civils palestiniens en quatre jours la semaine passée (lire plus bas la brève du 03/09). Une commission d'enquête a conclu que dans les trois attaques, les «soldats ont suivi les consignes de tirs», a annoncé le porte-parole de l'armée...
Sur le terrain, en Cisjordanie occupée, l'armée israélienne a tué deux Palestiniens lors d'échanges de tirs à Jénine, portant à 2'490 le nombre des tués depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, dont 1'837 du côté palestinien et 604 du côté israélien. Pas de consigne de tir sur les civils aujourd'hui.

- Sharon provoque Kadhafi 05/09/2002 La Libye pourrait bien être le premier pays arabe à se doter de l'arme nucléaire, a affirmé mercredi le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Selon lui, la Corée du Nord, l'Irak et peut-être bien le Pakistan aident le colonel Moammar Kadhafi à mettre au point ces armes, peut-être avec des fonds saoudiens. «La Libye devient peut-être un pays plus dangereux qu'on ne le croyait», a-t-il déclaré à la télévision israélienne sans se montrer plus précis. M. Sharon a assuré en tout cas que l'Etat hébreu réunissait des informations sur ce sujet et qu'il se préparait à faire face à cette menace.
Sur le terrain, deux militaires israéliens, dont un officier, ont été tués et quatre autres blessés dans deux attaques survenues dans la bande de Gaza, qui ont également coûté la vie à un assaillant palestinien. L'un des deux militaires israéliens a été tué dans l'attaque d'un char Merkava, le troisième détruit depuis le début de la deuxième Intifada.

- Le plan «Busharon»: attaque de l'Irak et nettoyage ethnique des Palestiniens? 05/09/2002 Le quotidien Ha'aretz du 16 août rapportait que Sharon avait envoyé des messages à l'administration Bush pour lui demander de ne pas surseoir à une attaque contre l'Irak. La veille, toujours dans le Ha'aretz, le commentateur israélien Meron Benvenisti écrivait: «Les avertissements sur les conséquences destructrices pour l'ensemble du Moyen-Orient d'une attaque contre l'Irak ne dissuadent pas Israël: ils l'encouragent. (...) Un assaut américain sur l'Irak, en dépit d'une opposition arabe et mondiale, et une participation même symbolique d'Israël à cet assaut, provoquera l'effondrement du régime hachémite en Jordanie. Israël mettrait alors en oeuvre la vieille «option jordanienne» en expulsant des centaines de milliers de Palestiniens de l'autre côté du Jourdain. Il n'y a jamais eu de meilleure opportunité pour cette option. (...). Les avertissements à propos du nettoyage ethnique ne doivent pas seulement venir des militants gauchistes, mais aussi de ceux dont on ne peut remettre en doute le patriotisme. Et Benvenisti de souligner que les Américains doivent être «avertis qu'un assaut contre l'Irak pourrait déclencher le nettoyage ethnique des Palestiniens.»

- La machine de guerre israélienne grippée par les objections de conscience 05/09/2002 Sans compter sa puissance nucléaire, Tsahal peut aligner quelques 186'000 appelés ou engagés et 445'000 réservistes pour servir ses 400 avions ultra-performants, ses 4000 chars et ses milliers de bouches de canons. Mais comme le note Martin Van Crefeld, considéré comme le meilleur historien de Tsahal, dans un article publié vendredi dans 24heures, «Israël peut perdre la bataille, et son âme, à cause de l'occupation des territoires palestiniens». Et de rappeler que personne n'a jamais réussi à réduire l'aspiration d'un peuple à l'indépendance. Ni les Américains au Vietnam, ni les Russes en Afghanistan, ni les Français en Algérie. Des centaines de militaires (486 à ce jour) ont signé une pétition appelant au refus de servir dans les territoires occupés, et des dizaines d'entre-eux ont été incarcérés. Ils ne veulent pas être mêlés à la répression ou pire: aux pillages et exactions. Les militants d'extrême gauche du «Bloc de la paix» d'Uri Avnery ont menacé de constituer des dossiers personnels sur les gradés violant le code éthique, afin de les soumettre au tribunal pénal international de La Haye. Les désertions, elles, ont augmenté de 100% en douze mois, avec 2400 militaires qui ont fait défection.

- Le Hezbollah dans la ligne de mire 05/09/2002 Le groupe chiite fondamentaliste du Hezbollah pourrait bien être l'équipe championne du terrorisme, et sera visé par la campagne américaine antiterroriste «le moment venu», a déclaré jeudi le le secrétaire d'Etat adjoint américain, Richard Armitage. «Ils sont sur la liste, leur heure viendra, ça ne fait aucun doute», a dit M. Armitage en évoquant le mouvement opérant au Liban avec le soutient de l'Iran et de la Syrie.
Quant on sait que Sharon fait des pieds et des mains pour obtenir le feu vert de Washington pour attaquer la Syrie, on peut penser qu'il s'agit-là des prémices d'une réponse positive.

- «Terrorisme d'Etat»:  Trente des 49 Palestiniens tués en août étaient des civils! 03/09/2002 Treize civils palestiniens ont trouvé la mort depuis mercredi soir. Quatre personnes, dont une femme de 55 ans et deux de ses enfants, ont d'abord succombé à un tir d'obus de char contre leur domicile à Gaza. Samedi, des missiles d'hélicoptères d'assaut «Apache» ont fait cinq tués, dont deux enfants, lors d'un raid prétendument ciblé à Toubas, en Cisjordanie, qui a par ailleurs blessé dix passants. Enfin, le lendemain, quatre ouvriers, que l'armée qualifie de «terroristes», ont été abattus dans une embuscade près de Hébron. «Cette escalade vise à effrayer le peuple palestinien et à l'amener à la reddition. C'est du terrorisme d'Etat», a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat.
Sur un total de 49 Palestiniens tués par l'armée en août, 30 étaient ainsi des civils, selon des organisations palestiniennes humanitaires et de droits de l'Homme, citées par le quotidien israélien Haaretz (>>bilan provisoire). Face à ce carnage, le ministre israélien de la Défense, Ben Eliezer, a tout de même dû ordonner une «enquête», histoire de calmer les critiques. Une reprise en main qui se traduisait déjà dans les faits hier soir à Naplouse, où une terroriste palestinienne de 12 ans a été grièvement blessée par des tirs israéliens. Marwa Kaïed a été atteinte par des balles à la tête et à la poitrine, non loin de son domicile, quand des soldats de Tsahal ont ouvert le feu contre des manifestants qui les attaquaient à coups de pierres.
Appel au boycott: la LICRA contre-attaque
La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) prépare une plainte qu'elle va bientôt déposer contre une campagne de boycott de produits israéliens en France, a annoncé hier un communiqué de l'association. «Une incitation au boycott constitue un délit pénal: l'incitation publique à commettre le délit de discrimination», estime la LICRA. Un appel au boycott de l'ensemble des produits alimentaires israéliens avait été lancé le 11 juillet dernier à Paris par une trentaine d'associations regroupées dans la Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (CAPJPO).
Colonisation au pas de charge
Huit nouveaux points de colonisation sauvage ont été créées en un mois par des Israéliens en Cisjordanie, a indiqué lundi le mouvement israélien la Paix Maintenant. Des colons ont installé dans ces points des conteneurs, des caravanes, un wagon de train et des réservoirs d'eau pour créer un fait accompli, en attendant des constructions en dur, a précisé dans un communiqué ce mouvem

- Treize Palestiniens tués, dont deux enfants et trois adolescents 02/09/2002 Alors qu'aucun attentat anti-israélien n'est survenu depuis le 4 août dernier, les soldats de Tsahal ont tué hier quatre Palestiniens, portant le bilan à treize morts palestiniens depuis jeudi, dont deux enfants et trois adolescents (>>bilan provisoire). Le ministre palestinien de l'Information, Yasser Abed Rabbo, a demandé l'arrêt des négociations avec Israël, estimant que ces incidents sanglants fournissent la preuve que l'Etat hébreu ne souhaite pas un cessez-le-feu: «Après chaque rencontre avec les Israéliens, un nouveau massacre survient quelque part dans les territoires».

Absent du 02/08/2002 au 02/09/2002

(index)

juillet-août 2002

- Officiellement «pas de massacre à Jénine», selon l'ONU 01/08/2002 Plus de la moitié des 52 Palestiniens tués à Jénine étaient des civils, reconnaît l'ONU dans un rapport, mais Israël n'a pas commis de «massacre» lors de son opération contre le camp de réfugiés palestiniens, du 3 avril au 10 avril dernier. Les Nations unies rejettent ainsi les affirmations palestiniennes faisant état du massacre de plusieurs centaines de personnes. Le secrétaire général de l'organisation, Kofi Annan, a toutefois tenu à préciser que ce texte «n'était pas le résultat d'une enquête sur place mais qu'il s'appuyait sur des informations déjà disponibles dans le domaine public». «Le fait que nous ne disions pas qu'il y ait eu un massacre ne veut pas dire qu'il n'y en a pas eu, a renchérit jeudi un haut responsable des Nations Unies, selon l'AFP. Nous avons voulu éviter un terme au contenu émotionnel.»
Bouclier humain Le rapport formule une série de reproches à l'armée israélienne, notamment celui d'avoir empêché à des médecins d'entrer dans le camp. Il cite également trois cas d'ambulances attaquées par Tsahal ainsi que «de nombreuses informations» faisant état de l'utilisation par les soldats israéliens de civils palestiniens pour se protéger des tirs. L'ONU reproche aussi à l'Etat hébreu d'avoir utilisé des armes lourdes dans ses opérations. La rédaction du rapport avait été demandée au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, par l'Assemblée générale de l'ONU en mai dernier, après qu'Israël eut refusé d'autoriser une mission de l'ONU à se rendre sur les lieux. Le rapport souligne que l'Autorité palestinienne a fourni des informations sur les événements qui se sont déroulés lors de l'attaque du camp début avril mais que le gouvernement israélien ne l'a pas fait.
Attentat Un attentat a fait sept morts mercredi soir à l'Université hébraïque du mont Scopus, située dans la partie orientale occupée et annexée de Jérusalem. Cinq des sept personnes tuées étaient des citoyens américains, dont un qui possèdait la double nationalité française, a confirmé le département d'Etat. L'attentat a été revendiqué par la branche armée du mouvement islamiste radical Hamas, qui a affirmé que c'était une «première riposte» au raid aérien israélien du 22 juillet sur Gaza, qui avait tué son chef et quatorze autres Palestiniens, dont neuf enfants. Jeudi en fin d'après-midi au sud de la bande de Gaza, une fillette de 9 ans a été tuée par une rafale d'un char israélien lors d'une incursion.

- Meurtre, couvre-feu et bouclage 28/07/2002 Une Palestinienne de 14 ans a été tuée dimanche d'une balle dans la tête par des tirs de colons juifs de Hébron après les funérailles d'un des leurs, tué dans une attaque. Le frère de l'adolescente a été légèrement blessé, selon la même source, qui a cité deux autres blessés par balles, un garçon battu, un autre poignardé et une famille de six Palestiniens renversée par une voiture de colons. Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens vivent sous couvre-feu depuis près de six semaines en Cisjordanie, alors que plus d'un million sont sous bouclage dans la bande de Gaza. Responsables palestiniens et experts internationaux se disent alarmés par la dégradation de la situation humanitaire, soulignant un problème croissant de malnutrition chez les enfants.

- Immigrés illégaux: dehors! Rallonge de Washington ! 26/07/2002 Le gouvernement israélien, qui s'attend pour 2003 à un chômage record de 11,5%, a décidé de renvoyer 50'000 travailleurs immigrés illégaux. Frappé depuis l'Intifada par la récession, Israël compte 270'000 sans-emploi (10,6% de la population active), un taux jamais enregistré depuis la création de l'État, en 1948. Le Premier ministre Ariel Sharon a en effet donné lundi ordre à la police de commencer au plus vite les expulsions, pour arriver à 50'000 en un an. «La solution est de réduire le nombre de travailleurs étrangers, qui concurrencent les chômeurs israéliens», a affirmé Michaël Sarel, directeur-adjoint au ministère des Finances. Évidemment, les partis religieux de la coalition, qui contrôlent le ministère de l'Intérieur, font eux aussi campagne pour réduire de façon draconienne le nombre de travailleurs étrangers, mais afin de préserver le caractère juif du pays.
Heureusement, l'effort de guerre israélien vient de recevoir une rallonge de Washington sous la forme d'une enveloppe de 200 millions de dollars votée mercredi par la chambre des représentants au titre de la «lutte antiterroriste». Les Palestiniens se sont vu octroyer, eux, 50 millions, au titre d'«aide humanitaire». On appréciera le cynisme du distinguo.
Sur le terrain, quatre colons ont été abattus par des tirs palestiniens près de Hébron après l'assassinat, lundi, du chef militaire du Hamas, tué à Gaza lors d'un raid israélien qui a aussi coûté la vie à 14 civils, dont neuf enfants. En Cisjordanie, Israël maintenait son couvre-feu sur les villes réoccupées et, à Kalkiliya, un Palestinien a été tué. Au total, plus de 2200 personnes ont déjà perdu la vie depuis le début de la deuxième Intifada, en septembre 2000. Selon Tsahal, 577 personnes ont été tuées dans des attaques anti-israéliennes. Côté palestinien, le nombre de morts s'élève à 1649, dont 311 enfants, selon l'AFP.

- Sharon, première impasse pour la CPI 24-25/07/2002 (brève remaniée) Le bombardement lundi à Gaza, qui a fait 15 morts dont 9 enfants,  est un «crime de guerre» qui tombe sous le coup de la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré le représentant de la Palestine, Nasser al-Kidwa, mercredi soir devant le Conseil de sécurité de l'ONU convoqué en urgence. «Cet acte tombe définitivement sous la juridiction de la Cour et donc des mesures pour que ses responsables puissent être présentés à la justice doivent être prises», a dit le diplomate palestinien, selon l'AFP. Aucun orateur n'a repris la demande palestinienne de saisir la Cour pénale internationale de l'action israélienne. «Si politiquement cette demande ne manque pas de mérites, ses fondements juridiques sont peut-être plus fragiles», a commenté un diplomate. L'argument consiste à dire que seul un État peut saisir la CPI, qualité non reconnue à l'Autorité palestinienne, même si l'État de Palestine a été reconnu par 94 Etats, dont l'Autriche et le Vatican, après sa proclamation par la réunion du Conseil National Palestinien (CNP) d'Alger de novembre 1988. Autre problème, la juridiction de la CPI ne s'exerce que sur les pays qui ont ratifié le Traité de Rome (1998) qui a créé la Cour, et, si Israël a bien signé ce Traité, elle ne l'a pas ratifié. Cela dit, la Cour a toutefois juridiction sur des affaires qui impliquent des États qui n'ont pas ratifié le Traité, mais seulement si elle est saisie par... le Conseil de sécurité. Et au final, qui dit Conseil de sécurité dit, en dernier ressort, veto américain en tout ce qui touche à Israël. Fin de l'épisode.
Accessoirement, le Conseil de sécurité a débattu jusque tard dans la nuit d'une résolution présentée par les pays arabes, exigeant le «retrait des forces d'occupation israéliennes des villes palestiniennes». Les responsables américains ont fait savoir que Washington n'approuverait pas le texte de la résolution.
Dans une interview diffusée par France info mercredi 24, Jospeh Algazi, journaliste au quotidien israélien Ha'aretz, réagissait à la tuerie de Gaza en affirmant que «Le gouvernement savait que ce quartier était très peuplé. Que croyait-il, s'emportait le journaliste, qu'une bombe d'une tonne allait juste tuer la personne visée. (...) Il faut observer le timing. Nous savions que la veille un accord était sur le point d'aboutir pour la cessation des attentats kamikazes. Et que fait le gouvernement Sharon? Il lance cette attaque terroriste. (...) Sharon ne veut pas la paix. Cette situation lui convient même si les Israéliens doivent en payer le prix fort. Il faut l'écarter du pouvoir.»
Depuis le début de l'Intifada Al-Aqsa en septembre 2000, le bilan des morts s'élève à 578 Israéliens et 1'789 Palestiniens, dont environ 900 civils, un chiffre avancé par les Palestiniens et contesté par Israël.

- Boucherie «réussie» à Gaza 23/07/2002 (brève remaniée en soirée) Un raid aérien lancé la nuit passée a fait 15 morts à Gaza, parmi lesquels neuf enfants (dont cinq de moins de 5 ans et un bébé), ainsi que 176 blessés, dont quinze étaient dans un état «désespéré». Le raid visait officiellement le chef de la branche armée du Hamas, Salah Chéhadé. Selon la radio militaire israélienne, c'est une «bombe d'une tonne» qui a été larguée par un avion de combat F-16, détruisant cinq maisons dans un quartier populaire de Gaza où vivaient des dizaines de familles. Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a parler d'une «des opérations les plus réussies» de l'armée. Opération qui avait reçu l'aval et de Sharon, et de Ben Eliezer, le ministre «travailliste» de la Défense, sans réunion préalable du cabinet de sécurité.
Comme par hasard, cette boucherie intervient au lendemain des déclarations du chef spirituel du Hamas, le cheik Yassine, qui proposait pour la première fois la fin des attentats suicide en échange du retrait de Tsahal des villes de Cisjordanie. Selon un diplomate à Bruxelles, cité par l'AFP mais qui a requis l'anonymat, les Européens avaient même des «indications précises» selon lesquelles plusieurs mouvements palestiniens, dont les brigades d'Al-Aqsa et «probablement le Hamas», étaient sur le point de s'associer à un «arrêt unilatéral de tous les actes de violence contre des civils israéliens».
Inutile de dire que ce nouveau carnage garantit à Sharon tous les attentats nécessaires à la poursuite de sa politique de reconquête des territoires palestiniens. Accessoirement, il s'ajoute à la longue liste (lire ci-dessous) des crimes de guerre du «Boucher de Beyrouth», comme l'appelle encore les Libanais.  B'Tselem, la principale association israélienne de défense des droits de l'Homme, a d'ailleurs accusé les autorités israéliennes d'adopter «des méthodes terroristes». «Un gouvernement qui approuve une telle attaque, adopte en pleine connaissance de cause les tactiques des organisations terroristes qui ne s'arrêtent devant rien pour aboutir à leurs fins», affirme l'association dans un communiqué.
«Comment le monde peut-il rester silencieux face à de tels crimes et ne pas chercher à y mettre un terme?» s'est interrogé le prix Nobel de la paix et président palestinien démocratiquement élu, Yasser Arafat (élément de réponse: parce-que la Communauté internationale ne désigne qu'un club de nantis pour l'heure à la botte du cow-boy de Washington, et que le cow-boy de Washington appuie sans réserve la politique du cow-boy de Tel-Aviv). L'Autorité palestinienne a décidé de porter plainte pour «crime contre l'humanité» auprès de la Cour pénal internationale  (les Etats-Unis et Israël ont refusé de signer le Traité fondateur). Plainte qui sera une forme de test de la CPI, selon des responsables palestiniens.
En Cisjordanie occupée, deux Palestiniens armés ont par ailleurs été abattus hier matin après s'être infiltrés dans le kibboutz de Kissoufim. «C'est notre première riposte», a ensuite indiqué le Jihad. Trois combattants du Ezzedim al-Qassam ont encore été tués près de Naplouse, portant à vingt le nombre de Palestiniens tués par Tsahal en 24 heures.
- >>Lire aussi: Il faut stopper le soldat Sharon

- Business is Business 21/07/2002 Neuf soldats et officiers de Tsahal ont été arrêtés. Ils sont soupçonnés d'avoir vendu des munitions (60'000 balles) à des Palestiniens membres de groupes armés du Fatah, l'organisation de Yasser Arafat. Deux chefs de ce réseau habitent dans la colonie d'Adoura (Cisjordanie) où, il y a à peine trois mois, un commando palestinien a tué quatre Israéliens, dont une petite fille.

- Déportation de Palestiniens 20/07/2002 Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée israélienne a détruit deux maisons et fait prisonniers vingt et un Palestiniens, dans le nord de la Cisjordanie, avec l'intention de les déporter vers la gigantesque prison à ciel ouvert qu'est la bande de Gaza, au seul motif qu'ils avaient des liens de parenté avec des auteurs d'attaques anti-israéliennes. Les autorités israéliennes se sont toutefois engagées dimanche, devant la Cour suprême, à donner un préavis de douze heures aux Palestiniens qu'elles voudraient expulser.

- Effort britannique pour la paix 19/07/2002 L'an passé selon The Guardian, la Grande-Bretagne a doublé ses ventes d'armes à Israël, selon un rapport publié vendredi 19 juillet 2002. (voir aussi dossier du Guardian sur les ventes d'armes).

- Un rapport d'information du Sénat français, d'après une mission effectuée juste avant le déclenchement de l'opération «Mur de protection», souligne l'ambiguïté de l'engagement américain et préconise le déploiement, sur le terrain, d'une présence internationale d'observation, d'interposition ou de sécurisation. 

- Attentat à Tel-Aviv, incursion près de jénine, bombardement à Gaza 17/07/2002 Cinq personnes ont été tuées, dont deux kamikazes palestiniens, et 28 autres blessées, dans un attentat suicide perpétré mercredi soir à Tel-Aviv. Le premier depuis le lancement, le 19 juin, de l'opération israélienne «Voie ferme» en Cisjordanie. Dans l'après-midi, un avion de chasse israélien a bombardé une usine métallurgique de la Bande de Gaza et, près de Jénine, la localité de Silat ad-Daher a été investie en fin de journée par des chars israéliens «tirant partout» dans les rues, selon son maire, Ragheb Abou Diyak. Un palestinien membre du Fatah de Yasser Arafat a été tué. Par ailleurs, selon le quotidien israélien Ha'aretz, quatre soldats de Tsahal ont été arrêtés lundi. Ils sont suspectés d'avoir vendu de l'armement à des activistes palestiniens. Les quatre soldats vivent dans une colonie au sud d'Hébron. Enfin, un Palestinien armé a été tué par des soldats israéliens alors qu'il tentait d'entrer en Israël à travers un barrage près de la ville de Kalkiliya occupée.

- Attentat à quelques heures de la réunion du quartette 16/07/2002 Un commando de trois hommes portant des uniformes militaires israéliens a attaqué mardi un car de colons juifs en Cisjordanie, faisant huit morts et une quinzaine de blessés. Cet attentat est intervenu peu avant la réunion du «quartette» (USA, UE, Russie, ONU) à New York sur la relance du processus de paix au Proche-Orient. L'opération a été revendiquée par les brigades des martyrs d'Al Aqsa, puis par la branche armée du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP, gauche radicale) et, enfin, plus tardivement par le Hamas.

- «La vision d'Ariel Sharon: Maximal Killing» 16/07/2002 Petit retour en arrière sur les hauts faits de guerre du général Ariel Sharon, du massacre de villageois palestiniens à Qibya, en 1953 (70 morts), aux 15'000 morts de l'invasion du Liban et du siège de Beyrouth (publié le 12). Avec Naplouse, Jénine ou Ramallah cette année, les historiens n'ont pas fini d'empiler les cadavres dans la biographie de celui que Bush Jr. appelle «a man of peace». Un autre «décompte» sanglant du Monde Diplomatique (novembre 2001).

- Sabra et Chatila: secret maintenu 15/07/2002 La Cour suprême d'Israël a rejeté un appel pour la publication de la partie secrète du rapport de la commission d'enquête sur les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, en 1982. La Cour a repoussé le recours de la famille du lieutenant Yoav Spiegel, tué au Liban, qui lui demandait de déclassifier la partie secrète du rapport de la commission Kahane sur les massacres, selon les agences. La famille s'était heurtée au refus du gouvernement israélien qui a décidé, le 23 juin, du maintien du secret. Le gouvernement, sur avis des services secrets, a estimé que la publication de cette partie du rapport pourrait «porter préjudice aux intérêts israéliens, notamment à la sécurité de l'Etat et ses relations extérieures». La commission d'enquête, présidée par le juge Itzhak Kahane, avait conclu en février 1983 qu'Israël avait une «responsabilité indirecte» dans les massacres et que l'actuel Premier ministre, Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, portait une «responsabilité personnelle» pour avoir ni prévu ni empêché à temps les tueries.

- Bombardements US sur le Liban évoqués 15/07/2002 Le président de la commission des renseignements du sénat américain, Bob Graham, affirme que les Etats-Unis doivent envisager sérieusement le bombardement aérien des bases terroristes au Liban si la Syrie se refuse à les démanteler. (radio Kol Israël, le 10-07-2002).

- Saisie de terres 15/07/2002 L'armée israélienne a informé des familles palestiniennes résidant à l'entrée nord de Ramallah qu'elle s'apprêtait à saisir un terrain de 1,5 hectare, apprend-on auprès des intéressés. Le terrain vague, qui jouxte des habitations, est la seule voie de passage pour les Palestiniens qui veulent entrer ou sortir de Ramallah occupée, bouclée par l'armée israélienne et soumise au couvre-feu depuis près d'un mois. Des militaires ont informé les propriétaires du terrain et les voisins que cette parcelle située près du quartier général de l'armée de Beit El devait être saisie «pour des raisons de sécurité», précise l'AFP.

- Journaliste et enfant de 13 ans tués 12/07/2002 L'armée israélienne a abattu un policier palestinien et un jeune Palestinien de 13 ans vendredi matin lors d'une incursion dans la bande de Gaza, a-t-on déclaré de sources médicale et proche de la sécurité palestinienne. Quatre personnes ont été blessées. L'armée est entrée dans la ville de Deir al Balah, dans le centre de la bande de Gaza, et a ouvert le feu sur deux positions de la police palestinienne, tuant un policier. L'adolescent a été tué au moment où les militaires se retiraient des lieux, a-t-on ajouté de mêmes sources. Par ailleurs, un des deux journalistes palestiniens blessés jeudi à Jénine par des tirs de l'armée israélienne est par ailleurs décédé vendredi matin. Imad Abou Zahra, 35 ans, rédacteur indépendant travaillant pour un journal palestinien, est le deuxième reporter tué en quatre mois, après la mort, le 13 mars, d'un photographe italien indépendant, Raffaele Ciriello

- Anecdote 12/07/2002 Le 5 juillet dernier, dans un avion Air France se rendant à Tel Aviv, le commandant de bord du vol AF1992 a déclenché les foudres de ses passagers, notamment israéliens, en mentionnant «Israël-Palestine» dans l'une de ses annonces. La compagnie Air France a déploré «l'incident»  et précisé «qu'il s'agissait d'une annonce personnelle du commandant de bord et en aucun cas d'un libellé recommandé par la compagnie». Notons au passage que l'Etat de Palestine a été reconnu par 94 Etats, dont l'Autriche et le Vatican, après sa proclamation par la réunion du Conseil National Palestinien (CNP) d'Alger de novembre 1988. D'autres pays, sans avoir formellement reconnu l'Etat de Palestine, ont accordé un statut diplomatique spécifique à une représentation palestinienne: délégation générale de Palestine en France, délégation générale palestinienne en Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, UK. Le Brésil et la Suisse accueillent une représentation de l'OLP bénéficiant des immunités diplomatiques d'une autre Mission arabe.

- «L'entreprise sioniste» 10/07/2002 Le cabinet israélien entend reconsidérer un projet de loi, approuvé dimanche, restreignant dans certains cas la vente de terres domaniales aux juifs, a indiqué hier le secrétaire du gouvernement selon l'AFP. «Le gouvernement veut examiner la nécessité de légiférer à ce sujet, a affirmé Guidon Saar à la radio publique israélienne. Nous voulons entendre l'avis d'un forum de professionnels, et le gouvernement décidera ensuite de la marche à suivre pour assurer au mieux la poursuite de l'entreprise sioniste.»

- «Crimes de guerre» à naplouse, pillage à Bethléem  10/07/2002 La première enquête d'ONG internationales menée à Naplouse parle d'infractions «qualifiables de crimes de guerre». En encadré, la traduction d'un communiqué de presse de la Direction du Centre de la paix de Bethléem qui en dit long sur le comportement des soldats de Tsahal en opération. 

- soutien des intégristes américains à sharon: une vision apocalyptique! 08/07/2002 Ils sont 40 millions d'américains issus du courant évangélique à soutenir sans réserve la politique du gouvernement Sharon. Ils forment actuellement le lobby pro-israélien le plus influent des Etats-Unis. Le ministre de la Justice, John Ashcroft, ou Tom Delay, chef de la majorité républicaine au Sénat, font partie de ces ultras qui vivent leur foi dans une perspective apocalyptique. En soutenant Ariel Sharon dans sa guerre de conquête des territoires Palestiniens, ils espèrent, à terme, permettre la reconstruction du Temple de Jérusalem et entrer ainsi dans la fin des temps, suivant la prophétie biblique de St.-Jean.

- Londres et la politique du caniche 08/07/2002 Dans sa dernière fantaisie télévisée du 24 juin dernier, le leader du monde libre, Bush Jr., sommait les Palestiniens de changer de dirigeant, condition sine qua non à la création d'un bantoustan, pardon, d'un Etat palestinien pour Washington. Mardi soir 2 juillet, le nouveau secrétaire d'Etat britannique au Moyen-Orient, Mike O'Brien, confirmait, s'il en était besoin, la politique du caniche de l'administration Blair à l'égard des Américains en invitant les Palestiniens à faire émerger de nouveaux leaders avec lesquels la communauté internationale pourra traiter, à côté de Yasser Arafat, selon un communiqué du Foreign Office. Publié le 4 juillet, un sondage du Mirror montre que le premier ministre britannique est perçu par 62% des personnes interrogées comme le toutou (poodle) de Bush.

- (absent du 15 juin au 1er juillet)

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juin 2002

- Un mur autour de la Cisjordanie 13/06/2002 Israël va construire une ligne défensive tout au long des 364 km de la «ligne verte» séparant l'Etat hébreu de la Cisjordanie occupée depuis juin 1967. Sur ordre du ministre de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, des travaux ont commencé pour l'édification d'une première ligne de fortifications face au village palestinien de Kfar Salem et près de Umm el-Fahem (Galilée), aux abords de la ville palestinienne de Jénine (nord de la Cisjordanie). Remblais, profondes tranchées, herses, tours de guet, chicanes en béton, clôtures électroniques, déploiement d'un triple réseau de fils de fer barbelés: c'est en fait un véritable réseau défensif qui sera mis en place en fonction des données topographiques. Le tout surveillé par des patrouilles motorisées ou à pied accompagnées de chiens, voire par ballons mongolfières à l'aide d'appareillages électroniques hyper-sophistiqués. Coût de l'opération: 1 million de dollars le kilomètre (24 heures ).
 - Non à la CPI 12/06/2002 A l'instar des Américains, Israël a annoncé son intention de ne pas ratifier le traité créant la Cour pénale internationale (>>CPI) de crainte, notamment, de se retrouver sur la banc des accusés pour la poursuite de la colonisation, a annoncé le ministère de la justice. «Nous estimons qu'il y a un trop grand risque de politisation du tribunal qui pourrait considérer l'installation d'Israéliens dans les territoires [occupés] comme un crime de guerre», a déclaré à l'AFP le porte parole du ministère, Jacob Galanti. La Cour pénale internationale doit débuter ses travaux le 1er juillet après que 67 Etats sur 120 eurent ratifié le statut du traité de Rome de 1998.
- Carte-blanche 12/06/2002 Comme prévu, Ariel Sharon est revenu de sa sixième visite à Washington avec une carte définitivement blanche du médiateur américain. Plus que jamais, Washington et Tel-Aviv sont sur la même longueur d'onde et la tête du président Palestinien ne tient plus qu'à un fil. Le 5 juin, jour de l'attentat à la voiture piégée à Megiddo (17 morts, dont 13 recrues israéliennes), le patron de la CIA, George Tenet, aurait ainsi mis en garde le leader palestinien: «Au prochain attentat suicide, nous (les Américains) ne pourrons plus retenir Sharon» (24 heures). Les conseillers du président de l'Autorité palestinienne se sont montrés très critiques envers le soutien apporté au Premier ministre israélien par le président Bush et le Congrès américain lors de sa visite à Washington. «Cette approbation est très dangereuse», a souligné le ministre palestinien de l'information Yasser Abed Rabbo. «Il montre que le président Bush soutient le renversement de l'Autorité palestinienne».
Sur le terrain, cinq Palestiniens ont été abattus par des soldats israéliens lors d'une attaque avortée mardi, peu avant minuit, près de la colonie juive de Netzarim, dans le centre de la bande de Gaza. Un enfant de neuf ans a par ailleurs été tués par des soldats israéliens, toujours à Gaza, quelques heures après un attentat-suicide dans un restaurant de Herzliya, au nord de Tel Aviv, qui a coûté la vie à une adolescente israélienne et blessé huit autres personnes. Tsahal a parallèlement commencé à lever le siège du QG d'Arafat.
Par ailleurs, l'officier de réserve israélien qui avait rédigé il y a six mois la «>>pétition des insoumis» en Israël, a été condamné cette semaine à 35 jours de prison ferme par le commandement militaire. Le lieutenant de réserve David Sonnenstein a été condamné pour refus de servir en territoire palestinien occupé, bien qu'il se soit déclaré prêt à servir à la place en territoire israélien. Un total de 467 officiers et soldats de la réserve ont à ce jour signé la «pétition des insoumis», un document les engageant à ne pas servir en territoire occupé, selon les organisateurs du mouvement
 - Non à la CPI 12/06/2002 A l'instar des Américains, Israël a annoncé son intention de ne pas ratifier le traité créant la Cour pénale internationale (>>CPI) de crainte, notamment, de se retrouver sur la banc des accusés pour la poursuite de la colonisation, a annoncé le ministère de la justice. «Nous estimons qu'il y a un trop grand risque de politisation du tribunal qui pourrait considérer l'installation d'Israéliens dans les territoires [occupés] comme un crime de guerre», a déclaré à l'AFP le porte parole du ministère, Jacob Galanti. La Cour pénale internationale doit débuter ses travaux le 1er juillet après que 67 Etats sur 120 eurent ratifié le statut du traité de Rome de 1998.
- Pas de paix séparée avec les Palestiniens 09/06/2002 A la veille de sa sixième visite à Washington, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a rappelé sa vision de la paix dans une contribution au New York Times publiée ce week-end. Il y réaffirme qu'il ne croit pas à un règlement définitif et global du contentieux israélo-palestinien en l'absence d'une paix avec le monde arabe. Il propose donc un arrangement provisoire sur les questions les moins épineuses. La fin des violences étant toujours un préalable à la reprise du «processus de paix» . Le premier ministre israélien a affirmé qu'en tout état de cause, Israël ne reviendra pas aux frontières «vulnérables» d’avant 1967. Sur le terrain, chacun enterrait ses morts de la veille: sept Arabes et trois Israéliens avaient été tués.
- Décorations pour «hauts faits» à jénine 05/06/2002 Douze officiers et militaires israéliens seront prochainement décorés pour «hauts faits» dans les combats acharnés qui ont opposé, en avril, les soldats à des Palestiniens armés dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, selon l'AFP. Seront également cités pour «hauts faits» à Jénine plusieurs unités, dont celle du génie du commandement centre qui a mis en oeuvre les bulldozers géants blindés pour raser une partie du camp, selon le quotidien israélien Yédiot Aharonot. Les Palestiniens ont accusé l'armée d'avoir commis à Jénine des «crimes de guerre» et un «massacre», faisant état de centaines de tués, ce qu'Israël a formellement démenti, affirmant y avoir tué des dizaines de «terroristes» lors de combats au cours desquels 23 de ses soldats ont été tués. En tout, une cinquantaine de corps de Palestiniens ont été retrouvés sur le site des combats, dont près de la moitié étaient des civils, selon une enquête de The independent.co.uk. Début mai, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan devait formellement dissoudre la mission chargée de faire la lumière sur les événements de Jénine après le refus de coopération d'Israël.
- Attentat meurtier, qg d'arafat bombardé 05/06/2002 Dix-sept Israéliens, dont 13 militaires, ont été tués mercredi à Megiddo, dans le nord de l'État hébreu. Une cinquantaine de personnes a en outre été blessée. La branche armée du Jihad islamique, les Brigades al-Qods, a revendiqué cet attentat, précisant que le kamikaze était originaire de Jénine. Yasser Arafat a condamné l'attentat et ordonné l'arrestation des membres du Jihad islamique. De son côté, Ariel Sharon l'a comme de coutume accusé d'être responsable de ce nouveau carnage. Tsahal a immédiatement déclenché à Jénine une première vague de représailles impliquant des dizaines de chars appuyés par des hélicoptères. Une cinquantaine de chars est ensuite entrée à Ramallah et a bombardé le QG du président palestinien pendant 6 heures. Des obus ont été tirés jusque dans sa chambre à coucher, selon Euronews, qui trouve par ailleurs «difficile de croire que l'assaut israélien ne visait pas le président Arafat», dont un des gardes personnels a été tué. Cette nouvelle vague de violences intervient alors que le premier ministre israélien doit se rendre pour la cinquième fois à Washington, où il ne manquera pas de demander la tête d'Arafat au médiateur américain. Lancée le 28 février avec l'opération Un voyage haut en couleurs, puis avec la réoccupation de Ramallah (opération Bientôt chez toi), et enfin avec Mur de protection,  la reprise de contrôle militaire des territoires palestiniens par Tsahal doit s'achever, en toute logique, par la destruction totale de l'Autorité palestinienne actuelle.
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«Médiation» et colonisation 04/06/2002 Alors que le chef la CIA, George Tenet, est à pied d'œuvre pour des rencontres avec Sharon et Arafat, les travaux de construction d'un nouveau quartier de colonisation juif à Jérusalem-est ont commencé. Ce nouveau quartier, surnommé Nof Zaav (paysage en or), sera construit sur un terrain de 14 hectares dans le quartier arabe de Jabel Moukaber. Il comprendra plusieurs centaines de logements, un hôtel de luxe ainsi qu'un téléphérique. Le maire de Jérusalem, Ehud Olmert, a affirmé que le quartier va s'ériger sur des «terrains acquis en toute légalité», alors que certains résidents palestiniens affirment qu'ils ont été confisqués. Le chef de l'opposition de gauche Yossi Sarid a dénoncé à la radio le plan de construction estimant qu'il «sabotait toute chance de paix et alimentait le terrorisme» palestinien.
- La justice belge jette l'éponge 02/06/2002 Comme prévu, la justice belge a déclaré, le 26 juin dernier, irrecevable la plainte déposée le 18 juin 2001 à l'encontre d'Ariel Sharon et Amos Yaron par 23 victimes du massacre de Sabra et Chatila, survenu au Liban en 1982. Si les magistrats de la chambre des mises en accusation de Bruxelles rappellent que la «compétence universelle» du juge belge, telle qu'assignée par la loi de 1993, ne va pas à l'encontre du droit international, elle statue, en revanche, que les personnes visées par la plainte doivent se trouver sur le territoire de Belgique.

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mai 2002
- attaque sanglante d'une colonie. bethléem réoccupé
Trois étudiants d'une école juive orthodoxe ont été tués, et un autre légèrement blessé, par les tirs d'un Palestinien qui a lui-même été abattu, dans l'implantation d'Itamar, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. Dans la journée, l'armée israélienne a poursuivi ses incursions en Cisjordanie, menant une opération de quelques heures à Jénine. Un Palestinien a été tué par des tirs, et une vingtaine ont été arrêtés. Bethléem est réoccupé depuis deux jours. Par ailleurs, trois colons juifs ont été inculpés par un tribunal de Jérusalem pour avoir fomenté un projet d'attentat. Ils avaient projeté de faire sauter une école de filles palestinienne à Jérusalem-est le 29 avril dernier. Enfin, un Palestinien incarcéré depuis un an pour des activités hostiles à Israël s'est suicidé dans la prison israélienne de Ramlé, à l'est de Tel-Aviv.
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Attentat-suicide 27/05/2002 Une femme et une fillette ont été tuées lundi dans un attentat-suicide perpétré dans un centre commercial de Petah Tikva, à l'est de Tel-Aviv. Le kamikaze est mort et une vingtaine de personnes ont par ailleurs été blessées. Les Brigades des Martyrs Al-Aqsa, qui ont revendiqué la responsabilité de l'attentat, ont annoncé qu'elles allaient poursuivre les opérations tant que l'occupation israélienne durerait. Le ministre israélien de la Sécurité Intérieure, Uzi Landau, a accusé Yasser Arafat d'être responsable de l'attentat, estimant que l'Autorité palestinienne devait être «complètement désarmée». Sur CNN, Saëb Erekat, un proche de Yasser Arafat, a déclaré, quant à lui, que le président palestinien condamnait tous les assassinats de civils palestiniens et israéliens. Et d'ajouter: «On ne peut pas accepter qu'Israël nous fasse tout endosser. Aujourd'hui, nous avons assisté à une incursion de Tsahal à Bethléem et Kalkilya. Ce n'est pas la routine.»
- «Partition de la Cisjordanie» 20/05/2002 Selon Saëb Erakat, haut responsable palestinien, Yasser Arafat a envoyé des messages à plusieurs dirigeants étrangers pour protester contre la «partition» par Israël des zones palestiniennes, estimant que cela représentait une forme «d'apartheid». Dans les «messages urgents», qu'il a adressés notamment aux dirigeants des Etats-Unis, de la Russie, de la France, de l'Espagne et au secrétaire général de l'ONU, le président palestinien a demandé l'intervention de la communauté internationale «pour mettre un terme à ce nouveau chapitre de l'apartheid qui vise à transformer la Cisjordanie et la bande de Gaza en cantons entourés de zones tampon et à intensifier la colonisation».  «Israël a introduit aujourd'hui un nouveau système d'apartheid pire que celui qui était en vigueur jadis en Afrique du Sud», a affirmé M. Erakat, accusant l'Etat hébreu d'avoir procédé à la «division de la Cisjordanie en huit parties, et la bande Gaza en quatre». De son côté, le ministère de la Défense israélien a indiqué, dans un communiqué, qu'Israël allait accélérer les travaux de construction d'ouvrages défensifs en Cisjordanie le long des 350 km de la ligne de démarcation. L'AFP précise que le ministre israélien de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, en a assuré les maires des localités israéliennes proches de ce secteur qu'il a rencontrés dans ses bureaux de Tel-Aviv, au lendemain de l'attentat suicide meurtrier qui a fait trois tués, outre son auteur, à Netanya. Le ministère israélien du logement, dirigé par Natan Sharansky, fervent ennemi du «gel» des implantations, a, quant à lui, lancé des appels d'offre pour la construction d'un millier de nouveaux appartements destinés aux colons en Cisjordanie.
- Sabra et Chatila: Sharon saura le 26 juin s'il est poursuivi 16/05/2002  Ariel Sharon saura le 26 juin s'il sera poursuivi par la justice belge pour son rôle présumé dans les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, en 1982 à Beyrouth. La chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Bruxelles doit se prononcer sur la recevabilité de la plainte déposée, en juin 2001 contre le premier ministre, par 23 Palestiniens rescapés de cette boucherie qui avait fait, selon les sources, entre 800 et 3000 morts. Mais déjà, on évoque un récent arrêt de la Cour internationale de Justice qui devrait faire jurisprudence et dissuader les juges belges de poursuivre Sharon.
- coup dur ou coup de pouce?
13/05/2002 Analyse A l'initiative de l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le comité central du Likoud, le parti que dirige Ariel Sharon, a approuvé dimanche une motion rejetant la création d'un Etat palestinien.  «Il faut que ce soit clair: il n'y aura pas d'Etat palestinien à l'ouest du Jourdain car un tel Etat sera une menace mortelle pour Israël», a déclaré Netanyahou. Opposé à un tel vote qu'il a qualifié, sous les huées des délégués, de «dangereux pour Israël», le premier ministre Ariel Sharon est donc, apparemment, désavoué par son parti (60% des 1500 membres (sur 2600) du comité central ont approuvé la motion). Un vote qui intervient au moment même où Tsahal a mis fin à l'opération Mur de protection, en levant le siège de la Nativité. Coup dur pour Sharon? Pas si sûr. Car à court terme au moins, le premier ministre pourra se présenter comme l'alternative au pire, un presque... modéré en somme, face à l'extrémisme des positions d'un Netanyahou. D'abord servi par les attentats du Hamas qui lui ont permis d'imposer sa politique du pire, servi ensuite par le silence assourdissant de Shimon Pérès qui privait le peuple israélien d'une alternative, servi désormais par l'épouvantail Netanyahou qui lui tend le masque du modéré, le bulldozer Sharon va sans doute, avec le soutien toujours inconditionnel de Washington, chercher à s'imposer comme celui avec qui les Palestiniens ont une dernière chance de négocier, même des bantoustans. On croirait la partition écrite. Des accords ainsi obtenus par la violence ne sauraient toutefois déboucher que sur une paix contestée avec, à la clé, davantage de morts, davantage de terrorisme, davantage de répression. Un conflit permanent mais de basse intensité que, selon la chercheuse Saïda Bédar, l'État hébreu envisage de soutenir désormais contre sa périphérie arabe. Difficile pourtant d'imaginer que les Israéliens acceptent de vivre dans un Etat bunker en permanence attaqué. Reste le plan séoudien et la normalisation des relations qu'ils proposent avec le monde arabe. Il a l'avantage de jeter les prémices d'une solution globale, seule à même de calmer les angoisses sécuritaires d'Israël, notamment en faisant baisser d'un cran l'importance stratégique de certaines parties des territoires palestiniens. Reste que le peu d'enthousiasme d'Ariel Sharon pour une telle normalisation conduisent, pour l'heure, certains observateurs à lui prêter des arrière-pensées finalement aussi conquérantes que les projets avoués de son turbulent élève.
Samedi, 60'000 pacifistes se sont rassemblés sur la place Itzhak Rabin, à Tel-Aviv, afin d'appeler au «retrait des territoires occupés, pour le salut d'Israël». Sur le terrain, Tsahal a finalement reporté l'opération militaire massive qui était prévue dans la bande de Gaza. 
- Coup de sang 07/05/2002 Dans un discours à la chambre des Communes (The Guardian, 17 avril), un parlementaire du Parti travailliste britannique, Gerald Kaufman (principale personnalité politique juive outre-Manche), a qualifié Sharon de «criminel de guerre» qui avait «donné l'ordre à ses troupes d'utiliser des méthodes barbares contre les Palestiniens». Evoquant les opérations de Tsahal dans le camp de Jénine, M. Kaufmann a comparé les tactiques de Sharon à celles des terroristes juifs de l'Irgoun qui, en 1948, rappela le parlementaire, avaient notamment massacré des dizaines de civils palestiniens à Deir Yassin. M. Kaufmann a vigoureusement condamné les attentats-suicides palestiniens, affirmant toutefois qu'il était «important de se demander pourquoi les Palestiniens utilisaient ces méthodes. Nous devons nous demander comment nous nous sentirions si nous avions été occupés durant 35 ans par une puissance étrangère qui vous refuse les plus élémentaires droits humains et des conditions de vie décentes.» «Nous devons nous demander ce que les Juifs auraient fait en pareilles circonstances», a encore martelé M. Kaufmann, rappelant par le détails les actions des groupes Irgoun et Stern. Dans ce discours jugé très «émotionnel» par The Guardian, le Parlementaire a aussi déclaré que la différence entre Deir Yassin et Jénine était qu'il s'agissait à l'époque d'actions de «groupes terroristes», mais que «l'horreur de Jénine était  le fait de l'armée israélienne officielle». Rappelant la grandeur du Peuple juif, il regretta qu'il soit «désormais symbolisé à travers le monde par le bulldozer Sharon, un criminel de guerre impliqué dans le meurtre de Palestiniens à Sabra et Chatila et qui recommence à tuer des Palestiniens.»  M. Kaufmann a encore mis en garde contre «une attaque de l'Irak qui dresserait le monde musulman tout entier contre les États-Unis et la Grande-Bretagne», prédisant la désintégration de la coalition anti-terroriste et un crash «comparable au choc pétrolier de 1973».
Sur le terrain, le gouvernement Sharon a précisé sa vision de la paix. En visite à Washington, le premier ministre israélien réclame la tête d'Arafat et propose des accords intérimaires, «sur plusieurs années», avant d'envisager des négociations finales devant aboutir à la création de ces fameux bantoustans palestiniens sur 40% de la Cisjordanie et à Gaza. Il a aussi réaffirmé qu'aucune colonie ne serait démantelée. Bref, un plan inacceptable pour les Palestiniens et qui, notamment sur les volets colonie et bantoustans, assurerait en l'état mille ans de terrorisme à Israël. Comme lors des trois semaines de calme relatif de décembre 2001, où Sharon s'était borné à exiger un calme absolu avant de commencer à négocier, le premier ministre ne semble toujours pas intéressé par un règlement final du conflit dans le respect des résolutions de l'ONU. Son peu d'intérêt pour le plan séoudien en témoigne aussi. Une stratégie qui prend tout son sens, selon des observateurs (lire plus bas: L'ombre du pire), si on l'inscrit dans le vieux plan sioniste de déportation des Palestiniens en Jordanie (lire ci-contre: Stratégie pour Israël dans les années 1980). Un plan officiellement exhumé par le petit dernier du gouvernement Sharon, Effie Eitam. On ne peut toutefois s'empêcher de juger le scénario excessif puisqu'il nécessiterait, au minimum pour être techniquement réalisable, une guerre régionale à laquelle Washington est opposé. Reste l'hypothèse convaincante de la chercheuse Saïda Bédar, pour qui l'Etat hébreu aurait pris le «pari de la guerre ingagnable», envisageant désormais un conflit permanent mais de basse intensité avec sa périphérie arabe. Pour l'heure, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Shaul Mofaz, évoque déjà, quant à lui, la possibilité d'une opération de plus grande envergure que celle lancée le 29 mars en Cisjordanie (et pratiquement toujours en cours):  «Si les Palestiniens poursuivent leurs attentats terroristes et qu'il n'y ait personne du côté palestinien pour les brider, nous serons contraints de le faire même si cela nécessite une nouvelle opération plus large et plus profonde.»
- Le hamas au rendez-vous! 07/05/2002 Tard mardi soir, Euronews annonçait qu'un attentat-suicide, revendiqué par le Hamas, avait fait plus d'une quinzaine de morts dans une salle de billard au sud de Tel-Aviv. Dans un timing aussi prévisible que macabre après l'horreur de l'opération Mur de protection, cette nouvelle boucherie ne manquera pas de déclencher une riposte dont personne ne saurait, aujourd'hui, prévoir l'ampleur.
Une crise humanitaire est imminente dans la bande de Gaza, en raison du bouclage du territoire palestinien par l'armée israélienne, a affirmé l'UNRWA. L'agence de l'ONU est à court de combustible, de médicaments et de réserves de nourriture.
- Israël plus fort que l'ONU 03/05/2002 L'Etat hébreu a finalement gagné son bras de fer avec l'ONU. Il n'y aura pas d'enquête à Jénine. Face au refus de coopérer d'Israël, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a formellement dissous jeudi la mission d'enquête, regrettant que «la lumière sur les ombres inquiétantes provoquées par les événements qui se sont déroulés dans le camp de réfugiés palestiniens ne sera pas faite». Côté Palestinien, c'est l'écœurement. «L'enquête ne peut pas être abandonnée. Nous voulons que la communauté internationale envoie une mission à Jénine pour mettre en évidence les crimes israéliens contre notre peuple», a déclaré le conseiller du président palestinien Yasser Arafat, Nabil Abou Roudeina. Les Palestiniens accusent Tsahal d'avoir commis un massacre dans le camp de réfugiés et selon une enquête à Jénine de The independent.co.uk, près de la «moitié des 50 Palestiniens dont les cadavres ont déjà été sortis des décombres étaient des civils, parmi lesquels des femmes, des personnes âgées et des enfants». Vigoureusement contesté par Israël mais jugé «crédible» par Mary Robinson, Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme, un rapport de l'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW), écarte la thèse du massacre mais évoque des «crimes de guerre», notamment l'usage de civils comme «boucliers humains». Qualifiée de «dangereuse reculade» ou même de «droit de veto» accordé à Israël, l'annulation de la mission de l'ONU a soulevé une vague d'indignation au Proche et au Moyen-Orient notamment.
Au plan international, les Américains ont exprimé leur soutien inconditionnel à Israël en adoptant deux résolutions soulignant que ce pays est engagé, comme les Etats-Unis, dans une guerre «contre le terrorisme». Le Sénat a été le premier à se prononcer à une écrasante majorité (94 voix contre 2) en faveur d'un texte pro-israélien proposé par le sénateur Joseph Lieberman. La Chambre des Représentants a, peu après, adopté par 352 contre 21 une autre résolution, plus agressive, qui s'en prend directement à Yasser Arafat, accusé de «soutenir et de coordonner le terrorisme». Parallèlement, Colin Powell a proposé de rééditer la conférence internationale de Madrid, 10 ans après, pour trouver une solution au conflit. MM. Bush et Powell ont d'ores et déjà donné le ton de la médiation américaine, et un avant goût des concessions attendues côté palestinien, en avertissant Yasser Arafat «qu'il n'aura pas encore beaucoup d'occasions pareilles à saisir».
- Mission sur Jénine sacrifiée
02/05/2002 Yasser Arafat a retrouvé sa liberté de mouvements jeudi, au moment où le Conseil de sécurité des Nations Unies cherchait le meilleur moyen d'enterrer la mission chargée de faire la lumière sur les événements de Jénine, où les Palestiniens accuse Tsahal d'avoir commis un massacre. «En fait, nous sommes à la recherche du meilleur moyen d'enterrer la mission et de limiter les dégâts», a commenté un diplomate cité par l'AFP. Le démantèlement de la mission des Nations Unies signifie, comme le relevait M. Annan mercredi dans une lettre au Conseil, que «cet exercice d'établissement des faits n'ayant pas lieu, la lumière ne sera pas faite sur les ombres inquiétantes provoquées par les événements qui se sont déroulés dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine». Il signifie surtout qu'Israël dispose désormais, de facto, d'un véritable droit de veto aux Nations Unies. Le dirigeant palestinien Saëb Erakat a estimé, quant à lui, que la dissolution de cette mission serait un «désastre» et «un feu vert à Sharon et son gouvernement pour commettre plus de massacres et plus de crimes de guerre». Le premier ministre israélien a d'ailleurs d'ores et déjà annoncé qu'il se réservait le droit de réitérer l'opération de Tsahal, ou de bloquer Arafat à l'étranger, en cas de nouvelle attaque suicide.
L'armée israélienne a par ailleurs informé 14 familles palestiniennes du nord de la bande de Gaza de son intention de saisir leurs terres, a affirmé un groupe palestinien de défense des droits de l'Homme. «Les forces de l'occupation ont remis des ordres à 14 propriétaires de Beit Lahia les informant de leur intention de saisir leurs terres, soit quelque 30 hectares», indique le centre Al-Mizan dans un communiqué reçu par l'AFP. L'armée a précisé vouloir saisir ces terres pendant une période de cinq ans et justifié sa décision par des considérations sécuritaires, selon le centre.

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Avril 2002

-L'ombre du pire 29/04/2002 Le vieux plan sioniste de déportation des Palestiniens en Jordanie (lire ci-contre: Stratégie pour Israël dans les années 1980), officiellement exhumé par le petit dernier du gouvernement Sharon, Effie Eitam, semble de plus en plus préoccuper les observateurs. Uri Avnery, biographe de Sharon, estime ainsi que le but de l'opération Mur de protection n'était pas de détruire l'infrastructure terroriste, mais de préparer à la réalisation d'Eretz Israël (Israël dans ses frontières bibliques). De son côté, l'historien israélien Martin van Creveld pense qu'une attaque américaine contre l'Irak, ou un attentat particulièrement sanglant en Israël, pourrait sonner la mobilisation générale dans l'Etat hébreu afin de «vider les territoires de quelque 2 millions d'Arabes». Quant au soutien populaire que nécessiterait une telle opération, l'historien précise que 44% des Israéliens sont aujourd'hui favorables à un transfert de population. Le rabbin Michael Lerner, éditeur du magazine Tikkun parlait, lui, de 46%.
Sur le terrain, Sharon bloque toujours la mission d'enquête de l'ONU. L'armée israélienne a effectué lundi matin une nouvelle incursion à Hébron, tuant neuf Palestiniens, dont six civils, et arrêtant 17 activistes, dont deux dirigeants locaux du Hamas, le mouvement qui a revendiqué la tuerie de samedi dans la colonie d'Adora. Quatre personnes, dont une fillette de cinq ans, avaient été abattues. Le ministre de la Défense, Benyamin Ben Eliezer, a assuré que les soldats ne devraient pas rester longtemps à Hébron et quitteraient également Ramallah dans les prochains jours.

- Jénine: Israël craint une «enquête pour crime de guerre» 25/04/2002 Selon une enquête à Jénine de The independent.co.uk, près de la moitié des 50 Palestiniens dont les cadavres ont déjà été sortis des décombres étaient des civils, parmi lesquels des femmes, des personnes âgées et des enfants. Une infirmière en uniforme aurait même été «tuée en secourant un garçon de 14 ans qui était blessé». Sur le front diplomatique, la tentative israélienne de bloquer l'équipe d'enquêteurs de l'ONU, censée faire la lumière sur le «massacre» dénoncé par les Palestiniens, s'explique par la crainte de l'Etat hébreu de se voir exposé à une «enquête pour crime de guerre». «Nous devons faire attention si on ne veut pas tomber dans un traquenard», a ainsi déclaré Emmanuel Nahchon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Ajoutant: «Chat échaudé craint l'eau froide», en référence à la plainte déposée en Belgique contre Ariel Sharon pour son rôle présumé dans les massacres de Sabra et Chatila. Selon un rapport rendu public hier par le quotidien israélien Ha'aretz, et dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par un responsable israélien qui a requis l'anonymat, cet aspect juridique a fortement pesé dans la décision d'Israël de geler son accord à la venue de l'équipe de l'ONU. Dans ce mémorandum, Daniel Bethlehem, expert de droit international à l'université de Cambridge et conseiller juridique du gouvernement israélien à propos de cette mission, a averti qu'Israël prenait le risque, s'il acceptait la mission dans sa forme actuelle, de se voir exposer à une «enquête pour crime de guerre».
Au plan international, les pays donateurs réunis à Oslo ont promis une aide de 1,5 milliard de dollars aux autorités palestiniennes. 300 millions sont destinés à l'urgence humanitaire en Cisjordanie et 1,2 milliard à la reconstruction des infrastructures. Sur le terrain, et alors qu'il laissait entendre la veille qu'il pourrait porter le fer dans la bande de Gaza, Ariel Sharon a fait savoir hier qu'il envisageait de mettre fin au confinement de Yasser Arafat dans son QG de Ramallah et de lui permettre d'aller s'installer à... Gaza. «Si Arafat s'engage à combattre le terrorisme à Gaza, nous envisagerons de le laisser s'y rendre», a déclaré Danny Ayalon, un conseiller de Sharon. Le ministre palestinien, Saeb Erekat, y voit une manœuvre israélienne afin de «réoccuper la Cisjordanie». Peut-être songeait-il aux propos du premier ministre dans le Jérusalem-Post au lendemain de son élection: «La guerre d'indépendance n'est pas encore terminée.»
Dans le camp de Jénine, deux camions transportant de l'aide américaine ont été renvoyés hier par une foule en colère, en signe de protestation contre le soutien de Washington à Israël.
- et maintenant gaza? 24/04/2002 Ariel Sharon a laissé entendre que l'offensive «Mur de protection», lancée le 29 mars en Cisjordanie et officiellement terminée le 21 avril, pourrait s'étendre à la bande de Gaza, selon des propos rapportés mercredi par les médias israéliens. Selon un communiqué de la Knesset, le premier ministre israélien a estimé que les attaques terroristes avaient été «incessantes» dans la Bande de Gaza, mais jugé qu'il n'était pas prudent de révéler à l'avance où Tsahal allait opérer. Dans la foulée, le premier ministre a appelé à la rescousse les lobbies dans une allocution par satellite, affirmant aux délégués de l'AIPAC à propos de l'antisémitisme: «Maintenant plus que jamais, nous avons besoin que vous participiez à notre effort pour combattre ce phénomène effrayant». Il a répété que son objectif était de faire venir en Israël «un million de juifs dans la prochaine décennie» (en Judée-Samarie?). Au plan régional, le président égyptien Hosni Moubarak s'est montré plutôt vif: «Israël a dépassé toutes les limites en assiégeant l'église de la Nativité et en violant atrocement les droits de l'Homme dans les villes palestiniennes, notamment dans la ville et le camp de Jénine. Israël commet une faute en continuant à défier la volonté internationale, en comptant sur le laxisme de certaines puissances internationales qui ont abandonné leur responsabilités mondiales au profit d'intérêts étroits et temporaires.» Reste qu'au delà des déclarations à usage souvent interne, Moubarak ne peut pas grand-chose. Le Caire bénéficie d'une aide annuelle américaine d'environ 2 milliards de dollars, la deuxième en importance après celle octroyée à Israël (3 milliards). Côté marocain en revanche, c'est la détente. On se souvient pourtant de l'accueil plutôt froid que Mohammed VI avait réservé à Colin Powell, à Rabat, au moment où l'offensive israélienne tournait à plein régime: «N'aurait-il pas été plus important d'aller à Jérusalem d'abord!» lui avait asséné le roi, un badge pro-palestinien à l'épaule. Reçu hier mercredi à Washington, le jeune souverain n'a désormais plus aucun grief contre Bush, avec qui il s'est félicité de l'excellence des relations bilatérales entre leurs deux pays. Certaines mauvaises langues vont jusqu'à dire que c'est parce-que Washington et Rabat ont annoncé leur intention de négocier un accord de libre-échange. Le deuxième conclu par Washington avec un pays arabe, après celui passé avec la... Jordanie.
Concernant l'enquête sur Jénine et alors que le bilan s'alourdit quotidiennement dans les territoires, c'est le bras de fer entre Sharon et Kofi Annan. L'Etat hébreu a demandé un report de la mission avant de contester la composition de l'équipe d'établissement des faits que l'ONU a décidé d'envoyer à Jénine. Mais le secrétaire général n'a semble-t-il pas cédé. Un porte-parole a confirmé que l'équipe arriverait sur place d'ici à samedi.
- Jénine: «Toutes les apparences d'un crime de guerre» 23/04/2002 Le porte-parole de la délégation parlementaire européenne en visite en Cisjordanie, Francis Wurtz, a estimé hier mardi que l'intervention de Tsahal dans le camp de réfugiés de Jénine (où environ 500 personnes ont été «massacrées» selon les Palestiniens, «relevait selon toutes les apparences d'un crime de guerre». La présence de cette délégation de 19 parlementaires, venant de dix pays, avait pour but de montrer qu'«une majorité du Parlement européen et de l'opinion publique européenne condamne sévèrement la politique de Sharon», a expliqué M. Wurtz. «La communauté internationale ne pourra pas l'accepter au risque de se décrédibiliser», a-t-il encore souligné, affirmant que «M. Sharon est un grand malheur pour le peuple palestinien et le peuple israélien». Hier soir, la radio publique israélienne annonçait que le gouvernement avait décidé de revenir sur l'accord qu'il avait donné à la venue d'une équipe «d'établissement des faits» de l'ONU dans le camp de réfugiés Jénine... La radio a précisé que cette décision avait été prise à la suite de consultations menées par Ariel Sharon avec des représentants du ministère de la Défense, de l'armée et des Affaires étrangères. L'envoi à Jénine à l'initiative du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, d'une «équipe chargée de l'établissement des faits» avait été appuyée par la résolution 1405 adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité.
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coût financier des destructions pour l'europe avant «mur de protection»: 19 milliards! Selon Bruxelles, au 20 mars dernier, soit quelques jours avant l'opération de réoccupation israélienne qui a commencé le 29 mars, le coût des destructions ayant touché la part des projets financée par l'Union européenne atteignait 18,79 millions d'euros, sur un total de 33,640 millions, en comptant notamment la destruction quasi totale de l'aéroport de Gaza (la piste de 3,2 kilomètres de long a été scarifiée par les bulldozers israéliens de tranchées de 1 à 1,5 mètre de profondeur sur 3 mètres de largeur, et les systèmes radars ont été totalement détruits), la destruction de l'immeuble et des studios de la radiotélévision palestinienne (PBC), celle d'écoles, de cinq camps de la police palestinienne ou même la disparition totale des laboratoires de la police scientifique antiterroriste palestinienne.
- expulsions et résolution! 22/04/2002 La police israélienne a expulsé, tard lundi soir, neuf familles palestiniennes résidant dans des maisons réclamées par des colons juifs à Jérusalem-est, selon l'AFP, citant des sources palestiniennes. Sur le front militaire, l'offensive israélienne se poursuit dans les faits même si Ariel Sharon a annoncé la fin de sa «première phase», réitérant toutefois son refus de démanteler la moindre colonie juive. Une vingtaine de Palestiniens ont ainsi été tués entre samedi et lundi. Ramallah et Bethléem sont toujours occupées et les autres grands villes de Cisjordanie restent encerclées. Ce qui fait dire à l'Autorité palestinienne que le retrait de Tsahal n'est que «poudre aux yeux». Du côté du médiateur américain, la Chambre des représentants au Congrès devrait se prononcer aujourd'hui mardi sur une résolution accusant Yasser Arafat de «soutenir et de coordonner le terrorisme». Cette résolution exprime «la solidarité avec Israël» des parlementaires américains, alors que ce pays «prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de son peuple en démantelant l'infrastructure terroriste dans les zones palestiniennes». Une telle résolution, si elle était adoptée, serait un encouragement pour Sharon à pousser plus loin son offensive. Et qui sait alors de quoi sa «deuxième phase» serait faite? Accessoirement, Ariel Sharon a été interrogé lundi durant plus de sept heures par la police sur le financement de sa campagne au sein de son parti, le Likoud, en 1999, selon une source policière. Une enquête a été ouverte à la suite de la publication d'un rapport du contrôleur de l'Etat portant sur des contributions suspectes d'un montant de 1 million de dollars US.
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«a man of peace» 21/04/2002 En trois semaines, l'opération «Mur de Protection» lancée par Tsahal a pratiquement balayé dix années de mise en place d'une infrastructure étatique palestinienne suite aux Accords d'Oslo. Le général Shaoul Mofaz, chez d'état-major, parle par ailleurs de «370 à 400 terroristes palestiniens tués lors de l'offensive». Quelque 1800 Palestiniens ont été arrêtés, dont Marwan Barghouti, chef du Fatah pour la Cisjordanie. La destruction de l'Autorité palestinienne est quasi totale et Sharon envisage d'expulser Arafat. A en croire Bush, le premier ministre israélien est «un homme de paix» («a man of peace». A en croire news.telegraph.co.uk, citant un ministre israélien, il veut «annexer la moitié de la Cisjordanie».
- «Une horreur qui dépasse l'entendement» 17/04/2002 Après le retour, bredouille, de Powell à Washington, les Palestiniens ont témoigné que la situation, dans les territoires, était «pire qu'avant l'arrivée du secrétaire d'Etat américain». A Ramallah, ils craignent désormais un assaut contre le QG d'Arafat. A Bethléem, Tsahal fait dans la brutalité psychologique en inondant, par haut-parleurs, la basilique de la Nativité de rugissements d'animaux, de bruits de marteaux-piqueurs et de cris stridents pour briser le moral des combattants palestiniens qui y ont trouvé refuge. A Jénine, le représentant spécial de l'ONU a affirmé que «les destructions montrent une horreur qui dépasse l'entendement.» Israël a une nouvelle fois réfuté la thèse du massacre, admettant que des civils avaient pu être tués «par erreur». Le croissant rouge palestinien a annoncé que les corps de cinq Palestiniens ont été découverts dans une fosse commune située à Beir Saada, à 3 kilomètres à l'ouest de Jénine, où des témoins déclarent avoir vu des soldats israéliens enterrer des cadavres, selon l'AFP. Le médiateur américain aurait, toujours selon l'AFP, d'ores et déjà averti le Conseil de sécurité des Nations Unies, jeudi, qu'il opposerait son veto si un projet de résolution demandant une enquête sur les «événements tragiques» ayant eu lieu au camp de  Jénine était proposé...
- «500 Palestiniens tués»
10/04/2002  Depuis le 29 mars, environ 500 Palestiniens ont été tués selon le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, qui a estimé hier que le Premier ministre israélien était devenu «fou». Exécutions sommaires de policiers palestiniens, meurtres de civils, persécution des populations, tirs sur les ambulances, pillages, autant de crimes de guerre sur lesquels les témoignages s'accumulent contre Tsahal. Des responsables palestiniens ont aussi accusé l'armée israélienne de creuser des fosses communes pour cacher l'ampleur de la tuerie perpétrée à Jénine. Mercredi, un attentat-suicide revendiqué par le Hamas, commis par un kamikaze originaire de Jénine, a tué huit civils israéliens près de Haïfa (nord d'Israël). Une attaque meurtrière qui prouverait, selon le ministre palestinien de la Coopération internationale, Nabil Chaath, qu'Ariel Sharon «a échoué» dans son entreprise. Au plan international, les Etats-Unis, l'ONU, l'Union européenne et la Russie ont appelé à un «retrait immédiat» d'Israël des territoires palestiniens, de Ramallah et du quartier général de Yasser Arafat compris. Colin Powell doit effectivement arriver jeudi au Proche-Orient (à moins qu'il ne décide au dernier moment de s'octroyer une semaine aux Maldives). Une rencontre avec le président palestinien Yasser Arafat, prévue samedi, a d'ores et déjà été qualifiée par Israël d'«erreur tragique».
- «massacre» 09/04/2002 Selon le quotidien israélien Haaretz,  le travailliste Shimon Pérès a qualifié de «massacre»  l'opération de Tsahal dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, où «plus d'une centaine de Palestiniens ont été tués», a ajouté le journal. 13 réservistes israéliens sont apparemment tombés dans une embuscade et ont été tués, également à Jénine. Sharon a immédiatement réaffirmé que l'offensive en Cisjordanie se poursuivrait. Joint au téléphone par France-Info, un Palestinien de Jénine affirmait voir des bulldozers israéliens démolir des maisons que «certains habitants n'avaient pas pu fuir à cause des combats» dans le camp de réfugiés. Il est désormais certain que l'opération Mur de protection se soldera par des centaines de morts du côté palestinien. Ce qui faisait d'ailleurs dire à l'interlocuteur de France-Info qu'un nouveau Sabra et Chatila était perpétré. Pendant ce temps-là, le président américain George W. Bush attend mollement «des résultats» de la part d'Israël concernant le retrait de ses forces des territoires palestiniens. Quant à Colin Powell, il suscite l'effarement de ses interlocuteurs arabes, à l'instar du roi du Maroc qui lui a demandé s'il ne trouvait pas «qu'il aurait été plus important d'aller à Jérusalem d'abord!» Au plan régional, les Emirats arabes unis ont appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à appliquer contre Israël le chapitre 7 de la Charte des Nations unies, prévoyant le recours à la force, pour obtenir un retrait israélien de Cisjordanie. «Le Conseil de sécurité a eu recours à l'article 7 contre l'Irak lorsqu'il a envahi le Koweit, contre l'Indonésie pour protéger le peuple du Timor Oriental, contre la Yougoslavie pour protéger le peuple de Bosnie et du Kosovo. Pourquoi n'applique-t-il pas l'article 7 contre Israël qui commet des boucheries contre les Palestiniens et refuse d'appliquer toutes les résolutions» de l'ONU? s'est-interrogé cheikh Mohamed, selon l'AFP. Le chapitre 7 autorise le Conseil de sécurité à prendre des mesures coercitives, dont le recours à la force, pour appliquer ses résolutions.
- Mise hors jeu d'arafat 05/04/2002 Deux résolutions pro-israéliennes votées par le Sénat et la Chambre des représentants américains ont achevé, jeudi, d'élargir la marge de manœuvre d'Ariel Sharon. Et si un doute subsistait encore sur le pas de deux entre Washington et Tel-Aviv, la conseillère pour la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, Condoleezza Rice, l'a dissipé dimanche sur Fox News, affirmant sans sourciller que «la direction palestinienne qui est en place aujourd'hui, l'Autorité [palestinienne], n'est pas la sorte de direction qui peut conduire à l'Etat palestinien dont nous avons besoin. (...) Il faut mettre un nouvel accent sur la nécessité de mettre en place la direction palestinienne dont le peuple palestinien a besoin.» En clair, les Etats-Unis pèseront de tout leur poids pour substituer, à l'actuelle Autorité palestinienne, une direction plus docile, seule à même d'accepter la création de ces bantoustans palestiniens qu'Ariel Sharon propose sur 40% de la Cisjordanie et à Gaza. Dimanche, Ariel Sharon était d'ailleurs à Washington pour présenter à W. Bush un «plan de paix basé sur le principe d'accords intérimaires à long terme», selon les déclarations de Mme Limor Livnat, ministre de l'Education et membre de la délégation israélienne. Mme Livnat, une dure du Likoud, a souligné que M. Sharon devait défendre «l'idée de l'émergence d'une direction alternative, plus démocratique et plus transparente, avec laquelle, le moment venu, Israël pourra aborder des négociations pour un règlement définitif du conflit». Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Ariel Sharon a été entendu.
Sur le terrain, deux enfants palestiniens de 3 et 4 ans et leur mère, ainsi qu'un enfant de 8 ans, ont été tués par des tirs de soldats israéliens dans le nord de la Cisjordanie, selon des sources hospitalières palestiniennes. Les soldats ont tiré à l'arme automatique vers des «silhouettes suspectes» qui s'enfuyaient, a-t-on affirmé de sources militaires israéliennes. Quant à la conférence internationale proposée par Colin Powell, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, l'a dénoncée comme un piège. Le projet «tente de promouvoir les dangereuses propositions d'Israël qui refuse de s'engager dans un processus de paix et ne recherche que des accords temporaires, a-t-il estimé. La région n'a pas besoin de davantage de réunions, elle a besoin d'une application des résolutions de l'ONU
- feu toujours vert 12-16/04/2002 Vendredi 12 avril, après 4 heures de discussions avec Colin Powell, Ariel Sharon a annoncé qu'il «espérait terminer bientôt» ses opérations en Cisjordanie. Le secrétaire d'Etat américain, quant à lui, a précisé les exigences du médiateur américain: à savoir «qu'à la fin, les parties devront entamer des négociations»! C’est le plan Zinni de mars dernier: Israël s'engage à retirer ses troupes et les Palestiniens doivent immédiatement cessez la violence. Le lendemain samedi, un deuxième attentat-suicide, depuis le début de l'offensive, a fait 6 victimes civiles israéliennes, donnant de nouveaux arguments à Ariel Sharon pour poursuivre ses opérations. Lundi, les équipes du CICR ont enfin pu pénétrer dans un camp de Jénine dévasté, où les Israéliens démentent avoir commis le massacre dénoncé par les Palestiniens. «C'était comme si les lieux avaient été frappés par un tremblement de terre», a expliqué un responsable de l'information au CICR pour le Moyen-Orient. Sur le terrain, la destruction de l’Autorité palestinienne se poursuit. Marwan Barghouti, chef du Fatah pour la Cisjordanie et  successeur potentiel d’Arafat, a été arrêté. Quant à Arafat lui-même, Ariel Sharon a appelé à une conférence avec l'Egypte, l'Arabie séoudite, la Jordanie, le Maroc et des représentants palestiniens, mais pas Yasser Arafat, «chef d'une organisation terroriste». Commentaire de Powell: la conférence «ne requiert effectivement pas la présence du président Arafat pour commencer». Le Secrétaire d’Etat américain revenait d’une tournée de consultations au Liban et en Syrie où il a mis en garde les deux pays contre les conséquences des attaques du Hezbollah libanais sur le nord d'Israël. Alors que Bush affirmait, il y a une semaine exactement, que «maintenant voulait dire maintenant!», la mission Powell dans la région semble donc moins avoir visé au retrait de Tsahal des territoires, qu'à éviter  une régionalisation du conflit durant ses opérations.
- Sharon ne rengainera pas 11-12/04/2002  «J'ai prévenu les Américains que l'armée israélienne ne se retirerait pas de Bethléem, Jénine, Naplouse et Ramallah tant que les terroristes qui s'y trouvent ne se seront pas rendus!» Dans l'avion qui le conduisait à Tel-Aviv, Colin Powell a dû avaler de travers en apprenant l'ampleur des concessions qu'Ariel Sharon était prêt à lui faire. Ce dernier a aussi annoncé qu'il allait établir une zone de sécurité d'une largeur de 5 km tout le long de la ligne de démarcation, et encore plus large dans le secteur de l'aéroport international de Tel-Aviv. Pour enfoncer le clou, un haut responsable des services de renseignement israéliens, le colonel Miri Eisen, a souligné que l'armée n'avait pas encore achevé sa tâche et aurait probablement besoin de réoccuper des territoires palestiniens dans l'avenir, à moins qu'elle ne dispose de plusieurs semaines supplémentaires pour agir. Dans l'immédiat, Powell devrait tout de même obtenir un cesser-le-feu, peut-être l'accès aux blessés et l'évacuation des cadavres par des équipes médicales, bref, le minimum que Sharon est tenu de faire pour que Powell puissent encore apparaître comme un médiateur crédible.
- ERETZ ISRAËL 08/04/2002 Le premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé l'entrée dans son gouvernement du Parti national religieux (PNR), émanation des colons, et du parti Gesher de David Levy, ancien ministre des Affaires étrangères. Le général de réserve >>Effie Eitam, nouveau chef du PNR (cinq députés), ultra parmi les ultras, refuse tout compromis et toute négociation avec les Palestiniens sur une quelconque parcelle des territoires palestiniens, partie intégrante, selon lui, «d'Eretz Israël» (Israël dans ses frontières bibliques). «Nous n'allons ni à droite, ni a gauche, nous allons tout droit sur le chemin de nos pères (...) Ils (les Palestiniens) n'auront jamais de souveraineté, d'armée ou de gouvernement dans aucune partie d'Eretz Israël.» (dépêche AFP du 8 avril 2002). Sur le terrain, Sharon a affirmé que Tsahal ne se retirerait des territoires autonomes qu'après avoir fini de les nettoyer du «terrorisme» palestinien. Tard hier soir, après un coup de gueule de Bush Jr., Sharon lâchait du lest en annonçant un retrait des villes de Kalkiliya et Tulkarem (elles resteront encerclées). L'épisode semble confirmer le scénario de l'allié en rupture de ban auquel Washington tenterait de faire face pour limiter la casse avec les pays arabes, et reprendre sa marche sur Bagdad. Pourtant, le curieux périple touristique de Powell avant sa venue dans la région laisse planer le doute d'un pas de deux israélo-américain en coulisses. Au plan régional, le roi Abdallah de Jordanie a averti qu'une poursuite de l'invasion israélienne en territoire palestinien aurait des effets «catastrophiques». Le roi a contesté l'argument israélien selon lequel cette offensive répond à un problème de sécurité: «Ce n'est pas un problème de sécurité, mais un problème politique. [Israël] est un pays qui en occupe un autre, le seul pays dans le monde qui occupe [le territoire d'] un autre peuple... et les gens ne comprennent pas cela
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L'allié en rupture de ban? 07/04/2002 Le black-out imposé par Tsahal fait craindre les pires exactions aux associations de défense des droits de l'homme. Le général Mofaz a annoncé que l'opération «Mur de protection» avait coûté la vie à 200 Palestiniens dans une Cisjordanie presque totalement réoccupée en dix jours. L'Europe s'indigne sans oser plus, les Nations Unies multiplient les résolutions mais, en annonçant l'arrivée de Powell dans la région vendredi seulement, le  médiateur américain vient d'accorder à Sharon une semaine supplémentaire pour mener à bien sa campagne militaire. Pour le monde arabe, c'est la énième confirmation d'une politique des deux poids-deux mesures qui rend désormais intenable toute position modérée. Soutenus financièrement par les Américains, les deux seuls Etats arabes à avoir signé des accords de paix avec Israël, l'Egypte et la Jordanie, sont menacés d'implosion et la frontière libanaise se réchauffe. Jamais, depuis 20 ans, la région n'aura été si proche de l'embrasement. Deux hypothèses: soit la régionalisation du conflit est un objectif agréé par l'administration américaine (ce qui paraîtrait franchement excessif et a priori contre-productif pour ses plans d'attaque de l'Irak), soit les Américains sont tombés dans le piège de l'allié en rupture de ban. Un scénario qui verrait Israël chercher à déclencher, seule, une guerre régionale à laquelle les États-Unis seraient, alliance éternelle oblige, contraints de participer ensuite. Sharon n'a en effet jamais abandonné son rêve de Grand Israël (lire Petites phrases), et la configuration exceptionnelle offerte par la guerre américaine contre le terrorisme représente peut-être, à ses yeux, sa dernière grande occasion. Dans ce dernier cas de figure, les missions Zinni-Powell dans la région viseraient donc surtout à déjouer le scénario de l'allié en rupture de ban.
- Médiation américaine 05/04/2002 Alors que le feu vert américain devrait rester allumé pour Sharon jusqu'à l'arrivée de Powell au moins, Zinni a pu rencontrer Arafat vendredi 5 avril, alors que 28 Palestiniens étaient tués dans les territoires, selon Euronews. Rien n'a filtré des discussions mais on peut s'en faire une idée avec ces révélations de Palestiniens qui, furieux, ont fait diffuser les détails du plan de cessez-le-feu proposé par Anthony Zinni le 25 mars dernier. Le plan ordonnait aux Palestiniens de cesser immédiatement toute violence, et demandait aux Israéliens de s'engager à cesser la violence. The Guardian (anglais, 4 avril 2002).

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Mars 2002
-  feu vert  30/03/2002 «Le monde entier doit savoir qu'Israël n'agit pas et ne peut pas agir sans un accord américain!» Prisonnier dans son QG de Ramallah ce 29 mars 2002, Yasser Arafat dénonce. Lors du sommet de Beyrouth, le soutien apporté par les pays arabes à l’Irak, et plus singulièrement le soutien saoudien, ont en effet été vécus comme un cinglant revers par les Américains. L'échec de la mission Cheney au Moyent-Orient, qui cherchait, au même moment, un appui arabe à une nouvelle campagne militaire contre Saddam, était patent. En «représailles», l’administration Bush aura, semble-t-il, voulu faire plier les Arabes en augmentant la pression sur les Palestiniens. Pari on ne peut plus risqué, à moins qu’une régionalisation du conflit ne soit le but recherché pour « redessiner » quelques frontières. Sur le terrain, 20’000 réservistes israéliens ont été mobilisés et un front menace de s'ouvrir sur la frontière libano-israélienne. «Arafat est un ennemi [Lire ci-dessous] qu'il faut isoler totalement et nous avons ordonné une vaste opération d'au moins plusieurs semaines dont l'objectif est de détruire l'infrastructure terroriste», a déclaré Ariel Sharon. L'opération, déclenchée après une vague d'attentats palestiniens qui a fait plus de 130 victimes israéliennes en un mois, a été baptisée «Mur de protection». C'est la plus vaste opération lancée depuis l'invasion du Liban, en 1982. Mardi 2 mars 2002, Arafat a refusé l'offre d'un exil «aller-simple» de Sharon. Jeudi 4 avril, la Syrie a ordonné le redéploiement de 20'000 soldats au Liban.
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  34 nouvelles colonies ont été construites dans les territoires palestiniens depuis qu'Ariel Sharon a été élu premier ministre, selon The Independent.co.uk (anglais, 20 mars 2002). Jeudi 4 avril, alors que l'offensive israélienne se poursuivait tout azimuts, le médiateur américain, par la voix de George Bush, accusait Arafat d'être non seulement «le responsable» de la détérioration de la situation au Proche-Orient, mais d'avoir «trahi les espoirs du peuple qu'il est censé dirigé». Selon l'AFP, Bush paraissait déjà envisager son remplacement [du président Arafat] en évoquant une direction palestinienne «responsable».