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- L'an
prochain à Jérusalem? 18/05/2004 La
dernière livraison de notre correspondante à Jérusalem-Est.
Thème du jour: la liberté de culte, vue par l'occupant israélien..
Extrait:
«Jérusalem ne ressemble à aucune autre ville sur terre. Elle est
sainte pour les trois principales religions monothéistes (?)», déclare
le site officiel de la municipalité israélienne de la ville qui
affirme aussi qu'elle «est la capitale de l'Etat d'Israël et du
peuple juif», et conclut qu'en un sens «elle appartient à tout
le monde». Cette description prometteuse est celle en fait de la «capitale
de la Terre Promise» Yérushalaim, qui a droit en Arabe à son
néologisme «Ourshalaim»
(inscrit sur les panneaux routiers). On ne pourrait la confondre
avec celle de Jérusalem, al Qods en Arabe,
qui ne ressemble certes «à aucune autre ville sur terre»,
qui est certes «sainte» pour les trois grandes «religions
monothéistes», mais qui
vit, elle, au rythme de l'occupation
et la colonisation israélienne. Offrons nous donc
un instant de magie dans cette dernière le temps d'une promenade
dans la Vieille Ville. >>Lire
la suite
Etat
Bunker: en plus du mur de la honte, Israël envisage de creuser un canal
gigantesque au sud de Gaza En plus de son
scandaleux mur
de la honte (>>photos
/// >>2
), qui transforme la Cisjordanie en gigantesque prison à
ciel ouvert (ce qu'est déjà une bande de Gaza entourée de barbelés
et de mitrailleuses automatiques), l'armée israélienne envisage désormais
de creuser un énorme canal de 20 m de profondeur, et de 60 à 80 m de
large, le long de l'axe dit de Philadelphie, un couloir que contrôle
Israël le long de la frontière qui sépare l'Egypte du sud de la bande
de Gaza. Selon un schéma publié lundi par le quotidien Haaretz,
la tranchée doit être creusée sur près de 15 km de long, du littoral
méditerranéen jusqu'à hauteur du kibboutz de Kerem Shalom (sud d'Israël),
le long de la frontière avec l'Egypte. Elle devrait être ensuite
remplie d'eau de mer. Par la suite, le passage ne pourrait plus se faire
qu'au moyen de ponts. Côté palestinien, à bonne distance de
l'ouvrage, courrait un autre mur de la honte qui parachèverait
l'ensemble.
Pour ce faire, Israël a entrepris, depuis la semaine passée, la
destruction de centaines de maisons palestiniennes à Rafah. Plus de
1'000 Palestiniens se sont déjà retrouvés à la rue après la démolition
de 88 habitations ces derniers jours, selon l'Agence des Nations unies
pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa).
Rappelons que selon le décompte de l'UNRWA, plus de 11'000 Palestiniens
ont perdu leur domicile à Rafah depuis le début de l'Intifada en
septembre 2000.
Crimes de guerre à Rafah Dix-neuf
Palestiniens ont été tués mardi lors de l'opération d'envergure en
cours de l'armée israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de
Gaza, selon bilan de source hospitalière. Parmi les morts figurent un
enfant de 11 et sa sœur de 15 ans. Le lendemain mercredi, des
hélicoptères israéliens ont tiré au missile sur une manifestation de
Palestiniens qui protestaient contre les massacres en cours. Au
moins 10 Palestiniens ont été tués selon Euronews.
En tout, plus de 50
Palestiniens ont ainsi été tués en trois jours et 90 depuis le début
du mois de mai. Une véritable «guerre d'extermination» selon
l'Autorité palestinienne. Officiellement, les opérations en cours
viseraient à détruire des tunnels utilisés pour importer des armes à
Rafah, officieusement, comme la déclaré l'ancien responsable de la
sécurité à Gaza, Mohammed Dahlan, elles visent à venger la mort
récente de 13 soldats israéliens tombés dans des embuscades.
Pour expliquer le carnage de mercredi à Rafah, l'armée israélienne a,
toujours selon Euronews (21heure), expliqué qu'elle ne visait pas les
Palestiniens mais... «des
activistes armés dissimulés dans la foule».
Une explication qui fait frémir car alors, l'Etat major israélien
pourrait aussi bien décider d'exterminer le million de Palestiniens
emprisonnés dans la bande de Gaza en prétextant avoir visé les
activistes armés qui se dissimulaient parmi eux.
Criminel de guerre en exercice, le général Sharon
est en train d'entraîner son pays et son peuple dans une honte infamante
qui restera à jamais inscrite en lettre de sang dans
l'Histoire. Qui jugera le général Sharon?
- reculade
de Bush 06/05/2004 Les images de tortures et d'humiliation
des prisonniers irakiens par les libérateurs étasuniens obligent
Doobleyou à des concessions vis-à-vis des arabes pour tenter de
limiter la casse. Jeudi, l'inénarrable président a ainsi appelé Israël
à se retirer des territoires annexés pendant la guerre des Six jours
en 1967. La déclaration a été faite à l'issue d'un entretien avec le
roi Abdallah II de Jordanie. Ce faisant, Bush a fait un 180 degrés par
rapport aux assurances données au fou de guerre israélien Ariel Sharon
le mois dernier, lorsqu'il avait soutenu l'idée de conserver des
implantations en Cisjordanie dans le cadre d'un accord global avec les
Palestiniens. «Toutes
ces questions doivent être négociées, avec en toile de fond, les résolutions
du Conseil de sécurité de l'ONU de 1967 et 1973 qui appellent Israël
à se retirer des territoires annexés»,
a affirmé Doobleyou lors d'une conférence de presse conjointe avec le
roi de Jordanie.
Paroles, paroles...
- Blanc
seing de Bush à Sharon dans le mépris de l'ONU 17/04/2004
Succès total pour le général Sharon, après sa neuvième visite mercredi 14
avril à la Maison-Blanche. Il a obtenu un soutien sans faille des
Etats-Unis à son plan de retrait unilatéral de la bande
de Gaza. Selon Doobleyou, les frontières
d’Israël seront ainsi fixées lors d’un «règlement
négocié tenant compte des réalités démographiques»
dans les territoires occupés depuis 1967, c'est à dire que l'homme de
paille de Cheney-Rumsfeld-Wolfowitz donne un blanc seing à Sharon pour l’annexion de blocs
d’implantations où vivent la majorité des 220 000 colons de
Cisjordanie. Bush a aussi appelé le futur Etat palestinien à
accueillir les réfugiés palestiniens de 1948. Ce faisant, il leur a
aussi niés
le «droit au retour»
à l’intérieur des frontières d’Israël. Enfin, il s’est engagé à assurer la supériorité
militaire d’Israël, et reconnu son «droit
de poursuite» contre
le terrorisme, c'est à dire la poursuite des massacres de civils
Palestiniens et des assassinats extra-judiciaires.
Doobleyou vient donc de balayé d'un coup le
principe de restitution des territoires palestiniens en échange d'une
paix avec Israël. En apportant son soutien au plan Sharon, il devient
ainsi le premier dirigeant US à envisager une modification
du tracé des frontières d'Israël tel qu'il existait avant la guerre
israélo-arabe de juin 1967, tout en écartant un retour sur le
territoire israélien des réfugiés palestiniens de 1948. Les précédentes
administrations américaines avaient en effet toujours considéré les résolutions
242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies comme une base
d'un règlement pacifique du conflit. Les résolutions 242 (22 novembre
1967) et 338 (22 octobre 1973) stipulent explicitement l'obligation de
«retrait des forces armées israéliennes des (de selon la
version anglaise du texte) territoires occupés» lors du conflit
de juin 1967 dans le cadre d'une paix négociée «juste et durable
permettant à chaque Etat de la région de vivre en sécurité».
Outre la 242 et la 338, la nouvelle approche de Doobleyou s’inscrit également
en faux par rapport à l’article 49 de la Quatrième convention de Genève
(1949) qui pose que «la Puissance occupante ne pourra procéder
(...) au transfert d’une partie de sa propre population civile dans
le territoire occupé par elle».
Une fois de plus donc, l'administration Bush affirme par cette prise de
position scandaleuse sont mépris pour le droit international et plus
singulièrement pour les Nations Unies. Et enfonce encore le clou de la
politique étasunienne des deux poids deux mesures qui voit l'Irak de
Saddam Hussein attaqué pour non respect des résolutions onusiennes, et
l'Israël de Sharon récompensée alors qu'il viole des résolutions
onusiennes depuis pas moins de 35 ans.
PS: une première conséquence du soutien inconditionnel du cabinet de
guerre Bush au cabinet de guerre Sharon a été l'assassinat, samedi, du
successeur de Cheikh Yassine à la tête du Hamas, le radical
al-Rantissi.
- Sharon
fait assassiner Yassine 22/03/2004 Le chef spirituel et
fondateur du Hamas, cheikh Ahmad Yassine, a été assassiné lundi à
l’aube alors qu’il quittait la mosquée de son quartier de Gaza
accompagné de deux gardes du corps qui poussaient son fauteuil roulant.
Sept autres personnes sont également mortes et 17 ont été blessées
dans la frappe. Le général
Sharon a personnellement donné son feu vert à ce raid et
l’a supervisé. Ce faisant, Ariel Sharon a délibérément condamné
à une mort certaine des dizaines de ses concitoyens.
«La boîte de Pandore est ouverte, a estimé lundi soir Yossi
Beilin, l’un des architectes israéliens de l’Initiative de paix de
Genève. Le compte à rebours a commencé pour le prochain attentat
et la question est de savoir combien d’Israéliens seront tués.»
Evidemment, le général
Sharon
n'est pas homme à s'embarrasser de ce
genre de considérations. Lui qui, depuis le déclenchement de la deuxième
Intifada (survenue, rappelons-le, au lendemain de sa visite provocatrice
sur l'Esplanade des mosquées), n'a jamais hésité à relancer le cycle
attentat-répression nécessaire à justifier sa politique du pire.
Bilan des victimes de l'Intifada en 2004:
Janvier
32 Palestiniens
tués
16 Israéliens
tués
Février
55 Palestiniens tués
11 Israéliens tués
Mars
77 Palestiniens tués
11 Israéliens tués
- Terreur
contre terreur 14/03/2004
Dix personnes, outre deux kamikazes, ont été tuées dimanche dans un
double attentat suicide dans le port israélien d’Ashdod, sur la côte
méditerranéenne, revendiqué à la fois par le mouvement islamiste
palestinien Hamas et par un groupe armé lié au Fatah. Dans la bande de
Gaza, trois Palestiniens du Hamas ont par ailleurs été tués hier par
l’armée israélienne.
Rappelons que, au cours de la semaine du 4 au 10 mars 2004, l'Etat israélien
a:
-Tué 27 Palestiniens, dont 2 enfants (8, 10 ans) 2 femmes de (23, 34
ans), 5 adolescents (14, 15, 16, 17)
-Blessé 134 Palestiniens, dont 5 enfants (7, 8, 10, 12 ans), 1
jeune-fille de 14 ans, 1 femme
-Arrêté 70 Palestiniens, dont 5 adolescents (14, 15 et 16 ans)
Il a aussi attaqué:
- l'université d'Hébron (4.3.04)
- le village de Marda (Naplouse, 7.3.04)
- le camp de réfugiés de Balata (Naplouse, 8.3.04)
Il a aussi démoli:
- 12 maisons (Rafah, 4.3.04 + 10.3.04)
- des routes (Rafah, 4.3.04 + 10.3.04)
Il a encore envahi :
- le camp de réfugiés de Jénine (4.3.04)
- le village de Ya'bad (Jénine, 8.3.04)
- le village de Tell (Naplouse, 8.3.04)
- le camp de réfugiés de Rafah (10.3.04)
- le camp de réfugiés de Dheisheh (Bethlehem, 10.3.04)
Il a aussi Rasé :
- 11 hectares de terre agricole (Hébron, 7.3.04)
Par ailleurs:
- Une Palestinienne de 21 ans, Mzayen Salhab, a été sauvagement
battue par des colons juifs; elle présente des contusions sur
plusieurs parties du corps. (IPC, WAFA) (Hébron, 9.3.04)
- Hossam Al Najjar, un bébé palestinien âgé d'un mois, est arrivé
mort à son arrivée à l'hôpital Mubarak de Khan Younis,
l'ambulance qui le transportait ayant été empêchée par les soldats
israéliens de franchir un barrage militaire. (IPC) (Gaza, 10.3.04)
- Mo'taz Al-Sharafy, un enfant palestinien de 10 ans blessé le
28 février lors d'une frappe de missile israélienne dans la Bande de
Gaza est mort vendredi, selon des responsables de l'hôpital Shifa de
Gaza. Source : Agences AP, AFP, Reuters, IMEMC
Bien sûr, tout ceci n'est pas du terrorisme!
- Sharon
empêtré dans un troisième scandale
04/03/2004 Déjà mouillé dans deux scandales de
corruption qui font l'objet d'enquêtes policières, le général Ariel
Sharon a été confronté hier à un nouveau scandale: il aurait
entretenu des liens d’affaires avec la famille d'Elhanan Tannenbaum,
un colonel de réserve libéré en janvier dans le cadre du plus grand
échange de prisonniers de l'histoire du conflit israélo-palestinien.
Le quotidien israélien Maariv affirme que si Sharon a usé de
toute son influence pour obtenir de ses ministres un vote favorable à
l’échange de Tennenbaum contre 430 prisonniers palestiniens, libanais
et syriens, c’est essentiellement pour «des raisons personnelles
qu’il s’était bien gardé de révéler».
Il y a 30 ans, en effet, Sharon avait associé Shimon Cohen (le beau-père
du colonel Tennenbaum) au développement de son ranch dans le Neguev.
Mais Sharon nie en bloc comme d'habitude, allant
même jusqu'à affirmer, sans rire: «Je ne savais pas que c’était
son beau-père».
Accesssoirement, rappelons que Tennenbaum aurait
été enlevé alors qu’il se rendait à Dubaï pour mettre au point un
trafic de stupéfiants en direction d’Israël à partir du Liban...
Selon un sondage de
Maariv, 42% des Israéliens souhaiteraient que Sharon démissionne
s'il s'avérait qu'il a caché ses liens avec la famille Tannenbaum.
Dommage que 42% des Israéliens ne souhaitent pas que Sharon démissionne
plus simplement que parce-qu'il n'est qu'une brute
sanguinaire (>>2)
qui ne leur apportera jamais la paix.
- Tsahal
se lance dans le hold up 27/02/2004 Empêtré dans des
affaires de corruption et de financement illégal de sa campagne électorale,
Ariel Sharon aurait-il besoin de liquidité? Toujours est-il qu'après
les massacres de civils, voici que Tsahal se lance dans les opérations
purement «mafieuses», selon les termes du premier ministre
palestinien Ahmed Qoreï. Mercredi, l'armée israélienne a ainsi littéralement
braqué quatre banques palestiniennes à Ramallah, saisissant «entre
de sept et neuf millions de dollars». Bien sûr, l'armée a affirmé
qu'une grande partie des fonds étaient envoyés par l'Iran, la Syrie,
et le Hezbollah libanais pour financer les militants palestiniens. Le
premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a toutefois vivement dénoncé
l'opération, déclarant qu'il «s'agit ni plus ni moins d'un acte
mafieux». «C'est comme la mafia, cela ressemble à une guerre
de mafia», a-t-il déclaré.
Dix-sept Palestiniens ont été blessés lors du braquage israélien,
dont trois se trouvaient dans un état critique selon les médecins.
- Tuerie à Gaza 12/02/2004 Alors que l'étau se ressert
autour d'un général Sharon accusé de corruption, et que la Cour
internationale de justice (CIJ) doit se prononcer, le 23 février, sur
la légalité du mur
de la honte (>>photos
/// >>2
) érigé par Israël, Tsahal a perpétré un nouveau massacre dans
la bande de Gaza, tuant pas moins de quinze Palestiniens et blessant
plus de cinquante autres personnes. A Rome, le premier ministre
palestinien, Ahmad Qoreï, a condamné «ces meurtres» et le
conseiller du président Yasser Arafat, Nabil Abou Roudeina, a condamné
ces «massacres» et accusé Israël de «torpiller les
efforts» de paix. De son côté, le mouvement radical Hamas a bien
entendu menacé Israël d'attentats-suicides de «grande ampleur»,
et bien entendu il mettra ses menaces à exécution (une semaine plus
tard, un attentat fera 11 morts à Jérusalem-Ouest).
Une fois encore, le «Boucher
de Beyrouth», comme l'on surnommé les Libanais, semble chercher
l'escalade, instrumentalisant avec un cynisme révoltant des
attentats-suicides nécessaires à justifier sa politique du pire.
- Coup
pour coup 29/01/2004 Au lendemain d'une énième boucherie de
Tsahal qui a fait huit morts à Gaza, un terrible attentat suicide a
fait une dizaine de victimes jeudi à Jérusalem-Ouest. Mercredi, le
chef du services des urgences à l'hôpital Al-Chifa de Gaza, Bakr Abu
Saffiyeh, avait affirmé que cinq des huit palestiniens tués dans le
raid israélien avaient été abattus «à bout portant chacun d'une
seule balle dans la tête ou la nuque», laissant entendre qu'ils
avaient été exécutés. Tsahal a démenti.
Il est intéressant de noter que Sharon avait lancé ses troupes
mercredi dans Gaza au moment même où l'émissaire américain John Wolf
rencontrait le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, en vue d'une
relance du processus de paix.
L'ONU débordée par les sans-abris Le chef de l'agence de l'ONU
pour l'aide aux réfugiés palestiniens avertit que son organisation ne
parvient plus à répondre à la demande de logements en raison de la
poursuite par Israël des démolitions de maisons dans la bande de Gaza,
qui a jeté à la rue un nombre croissant de familles. L'Unrwa ne
dispose pas des fonds nécessaires pour reloger les réfugiés après la
destruction par Israël de quelque 1400 maisons, a déclaré le Danois
Peter Hansen, dans une interview à l'AFP.
- Une
humanitaire dans l'enfer de Naplouse 08/01/2004
Témoignage. Tsahal a lancé sa plus vaste opération dans cette
ville de Cisjordanie depuis le début de l'Intifada. Une coordinatrice
de Médecins du monde accepte pour la première fois de raconter les atrocités
subies par les civils.
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