BrèvES 2004 Proche-Orient

 

Brèves 2002 /// Brèves 2003  

- L'an prochain à Jérusalem? 18/05/2004 La dernière livraison de notre correspondante à  Jérusalem-Est.
Thème du jour: la liberté de culte, vue par l'occupant israélien.. Extrait:
«Jérusalem ne ressemble à aucune autre ville sur terre. Elle est sainte pour les trois principales religions monothéistes (?)», déclare le site officiel de la municipalité israélienne de la ville qui affirme aussi qu'elle «est la capitale de l'Etat d'Israël et du peuple juif», et conclut qu'en un sens «elle appartient à tout le monde». Cette description prometteuse est celle en fait de la «capitale de la Terre Promise» Yérushalaim, qui a droit en Arabe à son  néologisme  «Ourshalaim» (inscrit sur les panneaux routiers). On ne pourrait la confondre  avec celle de Jérusalem, al Qods en Arabe, qui ne ressemble certes «à aucune autre ville sur terre», qui est certes «sainte» pour les trois grandes «religions monothéistes», mais qui vit, elle,  au rythme de l'occupation et la colonisation israélienne. Offrons nous donc  un instant de magie dans cette dernière le temps d'une promenade dans la Vieille Ville. >>Lire la suite
Etat Bunker: en plus du mur de la honte, Israël envisage de creuser un canal gigantesque au sud de Gaza En plus de son scandaleux mur de la honte (>>photos /// >>2 ), qui transforme la Cisjordanie en gigantesque prison à ciel ouvert (ce qu'est déjà une bande de Gaza entourée de barbelés et de mitrailleuses automatiques), l'armée israélienne envisage désormais de creuser un énorme canal de 20 m de profondeur, et de 60 à 80 m de large, le long de l'axe dit de Philadelphie, un couloir que contrôle Israël le long de la frontière qui sépare l'Egypte du sud de la bande de Gaza. Selon un schéma publié lundi par le quotidien Haaretz, la tranchée doit être creusée sur près de 15 km de long, du littoral méditerranéen jusqu'à hauteur du kibboutz de Kerem Shalom (sud d'Israël), le long de la frontière avec l'Egypte. Elle devrait être ensuite remplie d'eau de mer. Par la suite, le passage ne pourrait plus se faire qu'au moyen de ponts. Côté palestinien, à bonne distance de l'ouvrage, courrait un autre mur de la honte qui parachèverait l'ensemble.
Pour ce faire, Israël a entrepris, depuis la semaine passée, la destruction de centaines de maisons palestiniennes à Rafah. Plus de 1'000 Palestiniens se sont déjà retrouvés à la rue après la démolition de 88 habitations ces derniers jours, selon l'Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa).
Rappelons que selon le décompte de l'UNRWA, plus de 11'000 Palestiniens ont perdu leur domicile à Rafah depuis le début de l'Intifada en septembre 2000.
Crimes de guerre à Rafah
Dix-neuf Palestiniens ont été tués mardi lors de l'opération d'envergure en cours de l'armée israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon bilan de source hospitalière. Parmi les morts figurent un enfant de 11 et sa sœur de 15 ans. Le lendemain mercredi, des hélicoptères israéliens ont tiré au missile sur une manifestation de Palestiniens qui protestaient contre les massacres en cours. Au moins 10 Palestiniens ont été tués selon Euronews. En tout, plus de 50 Palestiniens ont ainsi été tués en trois jours et 90 depuis le début du mois de mai. Une véritable «guerre d'extermination» selon l'Autorité palestinienne. Officiellement, les opérations en cours viseraient à détruire des tunnels utilisés pour importer des armes à Rafah, officieusement, comme la déclaré l'ancien responsable de la sécurité à Gaza, Mohammed Dahlan, elles visent à venger la mort récente de 13 soldats israéliens tombés dans des embuscades.
Pour expliquer le carnage de mercredi à Rafah, l'armée israélienne a, toujours selon Euronews (21heure), expliqué qu'elle ne visait pas les Palestiniens mais... «des activistes armés dissimulés dans la foule». Une explication qui fait frémir car alors, l'Etat major israélien pourrait aussi bien décider d'exterminer le million de Palestiniens emprisonnés dans la bande de Gaza en prétextant avoir visé les activistes armés qui se dissimulaient parmi eux.
Criminel de guerre en exercice, le général Sharon est en train d'entraîner son pays et son peuple dans une honte infamante qui restera à jamais inscrite en lettre de sang dans l'Histoire. Qui jugera le général Sharon?

- reculade de Bush 06/05/2004 Les images de tortures et d'humiliation des prisonniers irakiens par les libérateurs étasuniens obligent Doobleyou à des concessions vis-à-vis des arabes pour tenter de limiter la casse. Jeudi, l'inénarrable président a ainsi appelé Israël à se retirer des territoires annexés pendant la guerre des Six jours en 1967. La déclaration a été faite à l'issue d'un entretien avec le roi Abdallah II de Jordanie. Ce faisant, Bush a fait un 180 degrés par rapport aux assurances données au fou de guerre israélien Ariel Sharon le mois dernier, lorsqu'il avait soutenu l'idée de conserver des implantations en Cisjordanie dans le cadre d'un accord global avec les Palestiniens.  «Toutes ces questions doivent être négociées, avec en toile de fond, les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU de 1967 et 1973 qui appellent Israël à se retirer des territoires annexés», a affirmé Doobleyou lors d'une conférence de presse conjointe avec le roi de Jordanie.
Paroles, paroles... 

- Blanc seing de Bush à Sharon dans le mépris de l'ONU 17/04/2004 Succès total pour le général Sharon, après sa neuvième visite mercredi 14 avril à la Maison-Blanche. Il a obtenu un soutien sans faille des Etats-Unis à son plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza. Selon Doobleyou, les frontières d’Israël seront ainsi fixées lors d’un «règlement négocié tenant compte des réalités démographiques» dans les territoires occupés depuis 1967, c'est à dire que l'homme de paille de Cheney-Rumsfeld-Wolfowitz donne un blanc seing à Sharon pour l’annexion de blocs d’implantations où vivent la majorité des 220 000 colons de Cisjordanie. Bush a aussi appelé le futur Etat palestinien à accueillir les réfugiés palestiniens de 1948. Ce faisant, il leur a aussi niés le «droit au retour» à l’intérieur des frontières d’Israël. Enfin, il s’est engagé à assurer la supériorité militaire d’Israël, et reconnu son «droit de poursuite» contre le terrorisme, c'est à dire la poursuite des massacres de civils Palestiniens et des assassinats extra-judiciaires.
Doobleyou vient donc de balayé d'un coup le principe de restitution des territoires palestiniens en échange d'une paix avec Israël. En apportant son soutien au plan Sharon, il devient ainsi le premier dirigeant US à envisager une modification du tracé des frontières d'Israël tel qu'il existait avant la guerre israélo-arabe de juin 1967, tout en écartant un retour sur le territoire israélien des réfugiés palestiniens de 1948. Les précédentes administrations américaines avaient en effet toujours considéré les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies comme une base d'un règlement pacifique du conflit. Les résolutions 242 (22 novembre 1967) et 338 (22 octobre 1973) stipulent explicitement l'obligation de «retrait des forces armées israéliennes des (de selon la version anglaise du texte) territoires occupés» lors du conflit de juin 1967 dans le cadre d'une paix négociée «juste et durable permettant à chaque Etat de la région de vivre en sécurité».
Outre la 242 et la 338, la nouvelle approche de Doobleyou s’inscrit également en faux par rapport à l’article 49 de la Quatrième convention de Genève (1949) qui pose que «la Puissance occupante ne pourra procéder (...) au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle».
Une fois de plus donc, l'administration Bush affirme par cette prise de position scandaleuse sont mépris pour le droit international et plus singulièrement pour les Nations Unies. Et enfonce encore le clou de la politique étasunienne des deux poids deux mesures qui voit l'Irak de Saddam Hussein attaqué pour non respect des résolutions onusiennes, et l'Israël de Sharon récompensée alors qu'il viole des résolutions onusiennes depuis pas moins de 35 ans.
PS: une première conséquence du soutien inconditionnel du cabinet de guerre Bush au cabinet de guerre Sharon a été l'assassinat, samedi, du successeur de Cheikh Yassine à la tête du Hamas, le radical al-Rantissi.

- Sharon fait assassiner Yassine 22/03/2004 Le chef spirituel et fondateur du Hamas, cheikh Ahmad Yassine, a été assassiné lundi à l’aube alors qu’il quittait la mosquée de son quartier de Gaza accompagné de deux gardes du corps qui poussaient son fauteuil roulant. Sept autres personnes sont également mortes et 17 ont été blessées dans la frappe. Le général Sharon a personnellement donné son feu vert à ce raid et l’a supervisé. Ce faisant, Ariel Sharon a délibérément condamné à une mort certaine des dizaines de ses concitoyens. «La boîte de Pandore est ouverte, a estimé lundi soir Yossi Beilin, l’un des architectes israéliens de l’Initiative de paix de Genève. Le compte à rebours a commencé pour le prochain attentat et la question est de savoir combien d’Israéliens seront tués.»
Evidemment, le
général Sharon n'est pas homme à s'embarrasser de ce genre de considérations. Lui qui, depuis le déclenchement de la deuxième Intifada (survenue, rappelons-le, au lendemain de sa visite provocatrice sur l'Esplanade des mosquées), n'a jamais hésité à relancer le cycle attentat-répression nécessaire à justifier sa politique du pire.
Bilan des victimes de l'Intifada en 2004:
Janvier

32 Palestiniens tués
16 Israéliens tués
Février
55 Palestiniens tués
11 Israéliens tués
Mars
77 Palestiniens tués
11 Israéliens tués

- Terreur contre terreur 14/03/2004 Dix personnes, outre deux kamikazes, ont été tuées dimanche dans un double attentat suicide dans le port israélien d’Ashdod, sur la côte méditerranéenne, revendiqué à la fois par le mouvement islamiste palestinien Hamas et par un groupe armé lié au Fatah. Dans la bande de Gaza, trois Palestiniens du Hamas ont par ailleurs été tués hier par l’armée israélienne.
Rappelons que, au cours de la semaine du 4 au 10 mars 2004, l'Etat israélien a:
-Tué 27 Palestiniens, dont 2 enfants (8, 10 ans) 2 femmes de (23, 34 ans), 5 adolescents (14, 15, 16, 17)
-Blessé 134 Palestiniens, dont 5 enfants (7, 8, 10, 12 ans), 1 jeune-fille de 14 ans, 1 femme
-Arrêté 70 Palestiniens, dont 5 adolescents (14, 15 et 16 ans)
Il a aussi attaqué:
- l'université d'Hébron (4.3.04)
- le village de Marda (Naplouse, 7.3.04)
- le camp de réfugiés de Balata (Naplouse, 8.3.04)
Il a aussi démoli:
- 12 maisons (Rafah, 4.3.04 + 10.3.04)
- des routes (Rafah, 4.3.04 + 10.3.04)
Il a encore envahi :
- le camp de réfugiés de Jénine (4.3.04)
- le village de Ya'bad (Jénine, 8.3.04)
- le village de Tell (Naplouse, 8.3.04)
- le camp de réfugiés de Rafah (10.3.04)
- le camp de réfugiés de Dheisheh (Bethlehem, 10.3.04)
Il a aussi Rasé :
- 11 hectares de terre agricole (Hébron, 7.3.04)
Par ailleurs:
- Une Palestinienne de 21 ans, Mzayen Salhab, a été sauvagement battue par des colons juifs; elle présente des contusions sur plusieurs parties du corps. (IPC, WAFA) (Hébron, 9.3.04)
- Hossam Al Najjar, un bébé palestinien âgé d'un mois, est arrivé mort à son arrivée à l'hôpital Mubarak de Khan Younis, l'ambulance qui le transportait ayant été empêchée par les soldats israéliens de franchir un barrage militaire. (IPC) (Gaza, 10.3.04)
- Mo'taz Al-Sharafy, un enfant palestinien de 10 ans blessé le 28 février lors d'une frappe de missile israélienne dans la Bande de Gaza est mort vendredi, selon des responsables de l'hôpital Shifa de Gaza. Source : Agences AP, AFP, Reuters, IMEMC
Bien sûr, tout ceci n'est pas du terrorisme!

- Sharon empêtré dans un troisième scandale 04/03/2004 Déjà mouillé dans deux scandales de corruption qui font l'objet d'enquêtes policières, le général Ariel Sharon a été confronté hier à un nouveau scandale: il aurait entretenu des liens d’affaires avec la famille d'Elhanan Tannenbaum, un colonel de réserve libéré en janvier dans le cadre du plus grand échange de prisonniers de l'histoire du conflit israélo-palestinien. Le quotidien israélien Maariv affirme que si Sharon a usé de toute son influence pour obtenir de ses ministres un vote favorable à l’échange de Tennenbaum contre 430 prisonniers palestiniens, libanais et syriens, c’est essentiellement pour «des raisons personnelles qu’il s’était bien gardé de révéler». Il y a 30 ans, en effet, Sharon avait associé Shimon Cohen (le beau-père du colonel Tennenbaum) au développement de son ranch dans le Neguev. Mais Sharon nie en bloc comme d'habitude, allant même jusqu'à affirmer, sans rire: «Je ne savais pas que c’était son beau-père».
Accesssoirement, rappelons que
Tennenbaum aurait été enlevé alors qu’il se rendait à Dubaï pour mettre au point un trafic de stupéfiants en direction d’Israël à partir du Liban...
Selon un sondage de Maariv, 42% des Israéliens souhaiteraient que Sharon démissionne s'il s'avérait qu'il a caché ses liens avec la famille Tannenbaum.
Dommage que 42% des Israéliens ne souhaitent pas que Sharon démissionne plus simplement que parce-qu'il n'est qu'une brute sanguinaire (>>2) qui ne leur apportera jamais la paix.

- Tsahal se lance dans le hold up 27/02/2004 Empêtré dans des affaires de corruption et de financement illégal de sa campagne électorale, Ariel Sharon aurait-il besoin de liquidité? Toujours est-il qu'après les massacres de civils, voici que Tsahal se lance dans les opérations purement «mafieuses», selon les termes du premier ministre palestinien Ahmed Qoreï. Mercredi, l'armée israélienne a ainsi littéralement braqué quatre banques palestiniennes à Ramallah, saisissant «entre de sept et neuf millions de dollars». Bien sûr, l'armée a affirmé qu'une grande partie des fonds étaient envoyés par l'Iran, la Syrie, et le Hezbollah libanais pour financer les militants palestiniens. Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a toutefois vivement dénoncé l'opération, déclarant qu'il «s'agit ni plus ni moins d'un acte mafieux». «C'est comme la mafia, cela ressemble à une guerre de mafia», a-t-il déclaré.
Dix-sept Palestiniens ont été blessés lors du braquage israélien, dont trois se trouvaient dans un état critique selon les médecins.

- Tuerie à Gaza 12/02/2004 Alors que l'étau se ressert autour d'un général Sharon accusé de corruption, et que la Cour internationale de justice (CIJ) doit se prononcer, le 23 février, sur la légalité du mur de la honte (>>photos /// >>2 ) érigé par Israël, Tsahal a perpétré un nouveau massacre dans la bande de Gaza, tuant pas moins de quinze Palestiniens et blessant plus de cinquante autres personnes. A Rome, le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a condamné «ces meurtres» et le conseiller du président Yasser Arafat, Nabil Abou Roudeina, a condamné ces «massacres» et accusé Israël de «torpiller les efforts» de paix. De son côté, le mouvement radical Hamas a bien entendu menacé Israël d'attentats-suicides de «grande ampleur», et bien entendu il mettra ses menaces à exécution (une semaine plus tard, un attentat fera 11 morts à Jérusalem-Ouest).
Une fois encore, le «Boucher de Beyrouth», comme l'on surnommé les Libanais, semble chercher l'escalade, instrumentalisant avec un cynisme révoltant des attentats-suicides nécessaires à justifier sa politique du pire.

- Coup pour coup 29/01/2004 Au lendemain d'une énième boucherie de Tsahal qui a fait huit morts à Gaza, un terrible attentat suicide a fait une dizaine de victimes jeudi à Jérusalem-Ouest. Mercredi, le chef du services des urgences à l'hôpital Al-Chifa de Gaza, Bakr Abu Saffiyeh, avait affirmé que cinq des huit palestiniens tués dans le raid israélien avaient été abattus «à bout portant chacun d'une seule balle dans la tête ou la nuque», laissant entendre qu'ils avaient été exécutés. Tsahal a démenti.
Il est intéressant de noter que Sharon avait lancé ses troupes mercredi dans Gaza au moment même où l'émissaire américain John Wolf rencontrait le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, en vue d'une relance du processus de paix. 
L'ONU débordée par les sans-abris
Le chef de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens avertit que son organisation ne parvient plus à répondre à la demande de logements en raison de la poursuite par Israël des démolitions de maisons dans la bande de Gaza, qui a jeté à la rue un nombre croissant de familles. L'Unrwa ne dispose pas des fonds nécessaires pour reloger les réfugiés après la destruction par Israël de quelque 1400 maisons, a déclaré le Danois Peter Hansen, dans une interview à l'AFP.

- Une humanitaire dans l'enfer de Naplouse 08/01/2004 Témoignage.  Tsahal a lancé sa plus vaste opération dans cette ville de Cisjordanie depuis le début de l'Intifada. Une coordinatrice de Médecins du monde accepte pour la première fois de raconter les atrocités subies par les civils.