non
aux ogm
non à la privatisation de la vie
| CLIMAT |
| La Terre bientôt inhabitable?
Canicule, orages, tempêtes... la succession de catastrophes climatiques à laquelle nous avons dû faire face cet été résonne comme un signal d'alarme. Pour Edouard Goldsmith, fondateur de The Ecologist, le pire est à venir. PAR CAROLINE STEVAN / 24heures du 5 septembre 2003
Si la Terre continue à tourner autour de l'économie, elle court
à sa perte. Telle est, en résumé, la thèse que défend Edouard Goldsmith.
Fondateur du magazine britannique de référence The Ecologist, en 1969, le
Franco-Britannique est également l'auteur de Changer ou disparaître et du Tao
de l'écologie. Autorité mondiale en matière d'écologie, Edouard Goldsmith
frère du compositeur du même nom a en outre reçu le Prix Nobel
alternatif en 1991. Le chercheur était à Genève jeudi 4 septembre pour donner
une conférence. Rencontre. ---------------------------------------------------------------- Note d'Entrefilets: |
- Les OGM
ne servent qu'à privatiser le vivant. C'est leur raison d'être.
- Ils menacent la biodiversité.
- Ils créent des plantes mutantes par contamination d'autres espèces avec des
effets inconnus (ces mutations ont déjà été observées).
- Les OGM pourraient s'avérer dangereux pour la santé humaine, notamment
en terme de risques allergiques, de résistances aux antibiotiques. (Des
études
scientifiques, dont les résultats ne parviennent que rarement aux oreilles du
public pour cause de censure, ont d'ailleurs déjà démontré une nocivité
patente des OGM, notamment lors d'expérience faite sur des rats). En fait,
c'est le scandale des cigarettiers qui recommence. On connaît les risques et
les dangers, mais les enjeux économiques sont trop énormes pour en tenir
compte.
- Les OGM menacent la perpétuation
naturelle des espèces en produisant des graines qui ne permettent plus la
reproduction, comme dans le cas du brevet dit "Terminator".
- Ils servent de ce fait à rendre les paysans (60% de la
population active de notre planète) dépendants des multinationales
pour leur production, et par extension l'humanité pour sa subsistance.
- L'argument selon lequel ils permettent d'améliorer les cultures est un
non sens au regard des nuisances et des dangers qu'ils engendrent.
- L'argument selon lequel ils permettraient de lutter contre la faim dans le
monde est une gigantesque farce de publicistes.
- A l'heure actuelle en effet, l'agriculture mondiale peut nourrir 12
milliards d'êtres humains (cf. rapport 2003 de la FAO) et nous ne
sommes que 6,2 milliards sur cette Terre.
- Le seul intérêt des OGM est donc permettre à une poignée de gigantesques
groupes du secteur des biotechnologies, comme l'étasunien Monsanto, de
s'attaquer à la gratuité du vivant, insupportable pour la logique néo-libérale.
- A l'heure actuelle, 70 milliards d'hectares de cultures sont déjà contaminés
dans le monde par les OGM (90% à cause des semences de Monsanto).
- Washinton a mis tout son poids dans la balance pour propager ces OGM. Les
semences fournies par les Etats-Unis dans ses programmes d'aide au développement
sont toutes des OGM.
actualité
"Cancers, diabètes et effets de perturbateurs hormonaux.» Dans une interview publiée récemment, Gilles-Eric Séralini, chercheur en biologie moléculaire à l'Université de Caen, dénonçait les dérives des multinationales dans le domaine des organismes génétiquement modifiés, qui mettent la santé mondiale en danger. Extraits: «Pendant trois mois, des tests ont été effectués sur des rats de laboratoire nourris avec des OGM en voie de commercialisation en Europe. Il a été constaté des effets sur leur santé: des lésions rénales, une augmentation du taux de sucre sanguin, des anomalies dans les taux de globules rouges et blancs. Les multinationales, qui ont elles-mêmes mené ces tests, jugent ces effets sur la santé « sans gravité » et les négligent complètement. C'est évidemment un scandale énorme, mais des intérêts économiques fabuleux sont en jeu.» (...) «99% des plantes génétiquement modifiées commercialisées absorbent des désherbants sans mourir ou produisent des insecticides. Or on sait que ces produits ont des effets sur la santé à terme: ils provoquent des cancers, des diabètes et ont des effets de perturbateurs hormonaux.»
Mutation observée De plus, une étude officielle présentée au Royaume-Uni lundi 5 septembre 2005 a mis en évidence la transmission d'un gène modifié de colza à des mauvaises herbes, suscitant l'inquiétude du groupe Les Amis de la Terre. Le gène a été retrouvé dans l'ADN d'un plant d'une espèce courante de mauvaise herbe, la moutarde sauvage (Sinapis arvensis). Le plant de moutarde, poussé un an après le colza sur la même parcelle, était devenu résistant aux herbicides. Selon Les Amis de la Terre, la transmission de gènes résistants aux plantes sauvages pourrait contraindre les agriculteurs à utiliser des doses plus fortes d'herbicide, avec des conséquences néfastes pour les milieux naturels.
Ministre britannique ulcéré Début mars 2005, Londres a comme prévu donné son feu vert hier à la culture, sous certaines conditions, de maïs génétiquement modifié pour l'alimentation animale, étant aussitôt accusé d'avoir sacrifié l'environnement en cédant à la pression de l'industrie agro-alimentaire et de Washington. Devenu l'un des plus féroces adversaires du gouvernement de Tony Blair sur ce dossier, Michael Meacher, encore secrétaire d'Etat à l'Environnement en juin 2003, n'a pas mâché ses mots au micro de la BBC radio, affirmant que «cette décision n'est pas motivée par l'intérêt général, mais par l'intérêt commercial de quelques énormes compagnies du secteur de la biotechnologie, comme Monsanto, et a été prise sous la pression du gouvernement américain».
- Reconstruction à coups d'OGM US en Afghanistant 26/01/2002 Les paysans afghans reçoivent des semences génétiquement modifiées au titre de l'aide américaine pour la reconstruction du pays (AFP du 26 janvier 2002). Les paysans, selon Andrew Natsios, administrateur de l'agence américaine pour le développement international (USAID), sont «ravis de voir germer des récoltes promettant d'être 300% plus importantes que d'ordinaire».