Accueil


«Israël, c'est le peuple de Dieu»

Interview de Christian Waber, conseiller national bernois de l'UDF, qui soutient les promoteurs de la pétition.

Qu'allez-vous dire à Joseph Deiss ?
Tout d'abord que nous sommes ravis qu'il nous ouvre sa porte. Ce n'est pas une démarche évidente. Ensuite, nous voulons l'engager à rééquilibrer la politique suisse dans ce dossier. Berne doit pas seulement écouter la partie palestinienne et il faut mieux surveiller comment l'argent de la coopération suisse est utilisé par les Palestiniens. Nous voulons surtout le sensibiliser au fait qu'Israël ce n'est pas seulement un Etat comme les autres. Israël c'est aussi le peuple de Dieu qui doit être protégé. 
Est-ce que c'est aussi la position de votre parti ?

Absolument. l'UDF est un parti basé sur les valeurs chrétiennes, sur la Bible. Notre programme d'action 1999-2003 consacre d'ailleurs un chapitre à Israël. Nous nous y engageons à agir afin que la Suisse défende les intérêts de l'Etat d'Israël et du peuple juif. Nous demandons aussi la reconnaissance de Jérusalem comme capitale indivisible d'Israël.
Que pensez-vous de la création d'un futur Etat palestinien ?

Nous ne sommes pas opposés à la création d'un tel Etat, mais il ne doit en aucun cas se faire sur la terre biblique d'Israël. Dans la région, il y a assez d'espace dans des pays comme l'Egypte, la Jordanie, la Syrie ou l'Irak. Seul le Liban est déjà trop peuplé.
Que faites-vous des résolutions de l'ONU et des négociations entre Israël et l'Autorité palestinienne qui stipulent que l'Etat palestinien naîtra dans les territoires occupés ?

Juridiquement, bien sûr, l'Etat d'Israël doit respecter de droit international, mais derrière tout ce qui se passe sur terre, il y a Dieu. Et Dieu a un plan qui est en train de s'accomplir.
   A. K.

 

La droite chrétienne affûte ses armes aux Etats-Unis
Grande manifestation de soutien à Israël en octobre à Washington.
 «En route pour la victoire 2002». Le slogan de la droite chrétienne américaine pour son grand rassemblement à Washington, les 11 et 12 octobre prochains, ne laisse guère de place au doute. Emmenée par la  «Christian Coalition», un mouvement créé en 1989 par le téléévangéliste Pat Robertson, cette droite évangélique a un combat à gagner. Parmi ses chevaux de bataille, on retrouve la lutte contre l'avortement, l'abstinence sexuelle avant le mariage mais, également, le soutien indéfectible à Israël. Le 11 octobre, la  «Christian coalition», qui revendique 2 millions d'adhérents, organise d'ailleurs une manifestation à ce propos à proximité de la Maison-Blanche.
Cet engagement des fondamentalistes chrétiens américains en faveur d'Israël s'explique par leur conviction que la fin des temps approche et que Jésus va bientôt revenir sur terre. Dans cette vision soutenue par les parlementaires républicains Tom DeLay et JC Watts,  «parrains» du rassemblement de Washington, pas de place pour des concessions israéliennes et encore moins pour un Etat palestinien non mentionné dans les prophéties bibliques.
Bush et Netanyahou

Parmi les orateurs invités les 11 et 12 octobre, le président George Bush est la tête d'une liste qui compte de nombreux républicains du Congrès et des figures de la droite israélienne, comme l'ancien premier ministre Benyamin Netanyahou. Pas de trace  «officielle» en revanche de John Ashcroft, ministre de la Justice, et relais convaincu de la droite chrétienne au sein de l'administration Bush. Dans son autobiographie On my honour («Sur mon honneur»), Ashcroft écrit notamment que "le verdict de l'histoire est inconséquent, seul compte le verdict de l'éternité».
L'influence de la droite chrétienne grandit d'ailleurs au sein de l'administration Bush. Dernier exemple: il y a une semaine, la Maison-Blanche a proposé de nommer Michael McConnell, un professeur de droit conservateur de l'Utah, à la Cour fédérale d'appel de Denver. McConnell est non seulement un adversaire féroce de l'avortement, mais trouve également qu'on insiste trop sur la séparation entre Eglise et Etat.  J.-C. De

Des chrétiens fondamentalistes suisses
font pression sur le gouvernement en faveur d'Israël

En Suisse comme aux Etats-Unis, des courants protestants fondamentalistes se mobilisent en faveur d'Israël.

ANNE KAUFFMANN (24heures du 26/09/2002)

«Nous, chrétiens, sommes avec Israël.» C'est ce que proclamait une grande banderole dans le cortège qui a parcouru Jérusalem, mardi, à l'occasion de la fête juive de Soucot, qui commémore la marche des Hébreux dans le désert vers la Terre promise. 2500 chrétiens de la mouvance évangélique, venus de 70 pays, participaient à cette manifestation annuelle organisée maintenant depuis 23 ans. Deux jours auparavant, ils avaient ovationné Ariel Sharon venu prononcer un discours à leur assemblée. Ce matin, à Berne, c'est un même message de soutien résolu qu'une délégation de groupements évangéliques pro-israéliens de Suisse va transmettre à Josef Deiss, en lui remettant une pétition munie de 6239 signatures, recueillies pour la plupart en Suisse alémanique.
D'ordinaire, à Berne, la règle est stricte: le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne reçoit pas les promoteurs des pétitions qui lui sont adressées. «Il s'agit ici d'une exception, reconnaît Ruedi Christen, le chef du service d'information du DFAE. En Suisse, le dossier du Proche-Orient suscite de grandes discussions, parfois même des tensions, et M. Deiss tient à s'entretenir avec tous les acteurs de ce débat.» Une attitude que salue Christian Waber, le seul élu de la très chrétienne Union démocratique fédérale (UDF) sous la Coupole, qui doit participer avec les promoteurs de la pétition à l'entretien de ce matin (lire ci-dessous).

«La malédiction de dieu»
Lancée en avril dernier, la pétition soutenue par vingt organisations issues de la mouvance évangélique alémanique stigmatise la politique «anti-israélienne et pro-palestinienne» de la Confédération. Entre autres reproches, les signataires de l'«Appel à tous les chrétiens de Suisse» affirment que les fréquents appels de la diplomatie helvétique à un arrêt de la violence par les deux parties ne tiennent pas compte du fait que le climat de terreur a été initié «par la violence palestinienne arabe». Le texte se conclut sur des accents apocalyptiques: «Notre conscience nous oblige à faire cette déclaration afin que nous ne subissions pas le jugement et la malédiction que Dieu réserve à tous les ennemis d'Israël
«Il est clair que notre attitude est guidée par la Bible, explique Markus Ernst, qui est un des promoteurs de l'«Appel». Mais je ne pense pas que nous allons argumenter religieusement avec Josef Deiss. Nous nous en tiendrons aux faits et ceux-ci démontrent une attitude partiale de notre gouvernement. Nous estimons également qu'en Suisse, l'information par les médias n'est pas objective

La fin des temps
A Schaffhouse, Markus Ernst milite pour le fonds de soutien Ebenezer, une organisation qui a son siège aux Etats-Unis et qui soutient financièrement le voyage des juifs de l'ancienne Europe de l'Est vers Israël.
A l'instar de la plupart des fondamentalistes protestants, Markus Ernst voit, en effet, dans le retour des juifs en Terre sainte un signe annonciateur du retour de Jésus et de la fin des temps annoncés par la Bible (24heures du 5 juillet): «C'est une question de croyance, nous ne voulons pas imposer notre point de vue. Mais il faut quand même constater que tous ceux qui se sont dressés contre Israël ont été punis par Dieu. Voyez ce qui est arrivé à l'Empire britannique après qu'il eut commencé à soutenir les Arabes contre les juifs, souvenez-vous de l'effondrement de l'Empire romain... »

Réserves
A la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) , on se montre très réservé face à cette montée au créneau des évangélistes. Alors que ces derniers lançaient leur pétition, ce printemps, la FEPS, elle, lançait un appel à soutenir l'action des ONG sur le terrain et tentait de favoriser la reprise du dialogue. «Nous condamnons clairement la violence des deux côtés, explique le chargé des relations extérieures, Serge Fornerod. Mais nous estimons que l'occupation israélienne est injustifiée, que les Palestiniens ont droit à un Etat.»  Cette position recoupe celle de la diplomatie suisse.
Après le Palais fédéral, c'est à l'ambassade d'Israël que se rendront les promoteurs de la pétition. "Ils avaient souhaité me rencontrer à l'occasion du Nouvel-An juif, mais j'étais en Israël, déclare l'ambassadeur Yigal Antebi qui a «de temps en temps»  des contacts avec les milieux évangéliques. Sa réaction à cette manifestation de soutien? «Laissez-moi d'abord les recevoir