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Terrorisme
de l'hystérie étasunienne
à la brutalité des chiffres
15/02/2006 Nous l'avons souvent écrit, la guerre contre le terrorisme n'est qu'un écran de fumée, un mirage
au service de la politique guerrière des néocons étasuniens notamment (avec 440 milliards de dollars, le budget du Pentagone a par exemple explosé de 48% depuis la fin 2001). C'est sur l'autel de cette pseudo guerre globale, virtuelle donc, que le monde occidental en général, cédant pan
après pan à l'hystérie étasunienne, est en train de sacrifier les libertés individuelles de ses concitoyens à grands coups de législations de plus en plus intrusives. Un arsenal législatif de contrôle des masses dangereusement inédit, servis sur un plateau aux pouvoirs en place. Pouvoirs dont personne ne peut dire aujourd'hui quels visages ils prendront demain, par exemple face aux conséquences sociales d'une crise pétrolière
peut-être imminente (>>1
/// >>2
/// >>3
/// >>4
), ou face à une révolte généralisée des laissés-pour-compte
de la globalisation néolibérale.
Terrorisme domestique
- Aux USA
zéro mort en 2006
zéro mort en 2005
zéro mort en 2004
zéro mort en 2003
zéro mort en 2002
- En Europe
zéro mort en 2006
56 morts en 2005
2 morts en 2004
6 morts en 2003
15 morts en 2002
Terrorisme international
- Aux USA
zéro mort en 2006
zéro mort en 2005
pas de chiffres officiels en 2004, mais zéro à notre connaissance
pas de chiffres officiels en 2003, mais zéro à notre connaissance
3 morts en 2002
- En Europe
zéro mort en 2006
zéro mort en 2005
192 morts en 2004
1 mort en 2003
zéro mort en 2002
Total terrorisme:
- Aux USA:
3 morts déclarés en 5 ans
- En Europe:
272 morts en 5 ans
(source)
Guerre contre le terrorisme
Des milliers de morts en Afghanistan, dont une majorité de civils
entre 100'000 et 600'000 morts en Irak selon les estimations, en ne comptant que les civils
(études de
The Lancet).
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Dossier
Liban
Israël,
Etat paria 06/01/2009 Plus de 500 morts dont
une grande partie de civils parmi lesquels des dizaines d'enfants, 2000
blessés: c'est le bilan provisoire de la dernière boucherie orchestrée
par l’armée israélienne en une dizaine de jours de courageux raids aériens
sur un ghetto de Gaza préalablement affamé par dix-huit mois de
blocus. L’objectif est officiellement de faire cesser les tirs de
roquettes sur Israël, de briser le Hamas, bref, de faire respecter
l’interdiction qui est faite aux Palestiniens de se défendre contre
l’oppression sanguinaire de l’Etat hébreu et son occupation de leur
terre.
Inutile de compter sur le Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin
à ces énièmes crimes de guerre, paralysé qu’il est par l’éternel
véto américain en faveur des carnages israéliens (cf. la sanglante
agression du Liban en 2006). Inutile aussi de
compter sur une Europe nain politique dont les poids lourds ne se pensent
qu’en laquais des Etats-Unis (les gesticulations narcissiques de
Moi-Je Sarkozy n'y changeront rien). Inutile encore de compter sur la
mobilisation d’une grande presse, notamment télévisuelle, qui pourrait clamer son indignation
devant tant d’horreur puisqu’elle est depuis des années largement
muselée par le terrorisme intellectuel auquel elle est soumise sur la
question juive*.
L’Etat hébreu a donc comme d’habitude les coudées franches pour
poursuivre un jeu de massacre commencé il y a maintenant 60 ans. Les
Palestiniens sont ainsi priés de mourir en silence, tués à la fois par
les Israéliens et par l’Occident qui leur refuse ce droit que l’on
croyait inaliénable d’un peuple à la résistance et au combat pour sa
liberté. Pourtant, comme le disait l’archevêque de San Salvador, Oscar
Romero, avant d’être assassiné par des extrémistes soutenu par les
Etats-Unis, « toute forme d’oppression légitime la violence
insurrectionnelle ». Reprenant ce credo, nous tenons donc ici à
réaffirmer haut et fort que oui, bien sûr, évidemment, les Palestiniens
ont non seulement le droit mais le devoir moral de combattre par tous les
moyens l’occupation de leur terre après 60 ans de carnages,
d’occupation, de pillages, de blocus, de viols, d’assassinats, de
déportations, de meurtres de masse, de spoliation bref, 60 ans de terrorisme d’Etat. Et même
si chez les décideurs occidentaux l’humeur est plus pétainiste que
gaulliste, c’est faire insulte à l’Histoire et au sens de la justice
la
plus élémentaire que de prétendre le contraire.
Il est donc grand temps de rappeler quelques fondamentaux de cette crise
soi-disant inextricable :
1. Au début du XXe siècle il n’y
avait que quelques milliers de juifs en Palestine. L’Histoire avait
tranché la question et « la
bible n’étant pas un cadastre », les Juifs n’avaient pas
d’Etat.
2. La naissance de l’Etat hébreu,
seul pays créé par l’ONU, est le fruit d’un vote de l’Assemblée générale
des Nations Unies durant lequel les principaux pays occidentaux ont tordu
les bras de tous leurs petits pays clients pour arracher une majorité.
Formellement, la création de l’Etat hébreu par l’ONU est le résultat
d’une tricherie.
3. Non, la Palestine n’était pas un désert
inhabité et l’agriculture y était même florissante.
4. C’est lors d’une « opération
balai » conduite par des groupes terroristes juifs --- qui n’ont
pas hésité à massacrer des villages entiers, femmes, enfants et
vieillards compris pour faire fuir les Palestiniens --- que les Israéliens
se sont installés par le glaive et le feu sur une terre où il y avait
bien un peuple. Plus de 700'000 Palestiniens furent alors chassés de
leurs terres lors d’une des plus grandes opérations d’épurations
ethniques du XXe siècle.
5. Jamais, absolument jamais, Israël
n’a eu l’intention d’aboutir à une paix juste avec les
Palestiniens. Les pseudo-processus de paix successifs ont toujours eu pour
uniques objectifs de contraindre les Palestiniens à renoncer à la lutte armée
tout en servant d’écran de fumée à la colonisation.
Aujourd’hui, Israël
s’est installé sur les 4/5e de la patrie historique des
Palestiniens qui sont désormais cantonnés dans de gigantesques prisons
à ciel ouvert comme la bande de Gaza, entourée de barbelés et de
miradors, ou la Cisjordanie, encerclée par un nouveau mur de la honte.
Mais qui s’en soucie ? Israël est un Etat dont l’impunité
semble indiscutable, dont les pires crimes sont toujours excusés,
protégé qu’il est d’une part par le soutien indéfectible américain
et, d’autre part, par une sacralisation de la Shoah entretenue quasi
scientifiquement par l’Etat hébreu et qui empêche tout contrepoids
européen. Présenté comme le «seul Etat moral du Moyen-Orient »
par l’ex-président israélien Moshe Katsav avant qu’il ne soit
condamné pour viol et harcèlement, l’Etat juif est en fait un pays
malade de son complexe de « peuple élu », totalement
paranoïaque et profondément raciste.
Un racisme qui est même le fondement de son modèle de démocratie
ethnique et en garantit la cohésion (La guerre qui ravage Gaza unit Israël, titrait un
quotidien suisse lundi matin). L’on peut même sans grands risques
avancer que l’Etat hébreu ne survivrait certainement pas longtemps à
la paix sans se désagréger tant les divisions et les fractures qui
traversent cette société sont profondes.
Oppresseur pour ses voisins,
Israël est aussi un Etat d’apartheid où les arabes israéliens sont
considérés comme des sous-citoyens. Quatrième
exportateur d’armes du monde, il a aussi fait de la violence et de la mort
l'un de ses principaux fonds de commerce. Et que dire d'une armée à
laquelle 60 ans d'atrocités à fait perdre tous ses critères moraux.
Devenue ramassis de coupe-jarrets et d'assassins, l'armée israélienne se
comporte avec une brutalité ultime: massacres délibérés (cf. Cana
au Liban ou tuerie sur les plages palestiniennes), excécutions
sommaires de prisonniers, ordres donnés à des unités spécialisées de tuer
des enfants pour renverser les ratios: il n'y a plus aucune limite
à sa barbarie.
Voilà le portrait (sans concession certes, mais n’y en a-t-il pas assez
eu ?), du pays auquel la Communauté internationale accorde
inlassablement un blanc seing pour ses atrocités. Côté Etasuniens
parce-que l’Etat hébreu y est considéré au Pentagone comme une place
forte militaire avancée en territoire ennemi ; côté Européen pour
cause de lâcheté morale due à une inextinguible culpabilité liée à
la Shoah, Israël ne lésinant sur aucun moyen pour instrumentaliser
jusqu’à la nausée le génocide de ses pères.
Après 60 ans de crimes perpétrés en toute impunité, il est peut-être
aujourd’hui temps pour les Européens de se libérer de cette culpabilité
pour regarder et traiter Israël comme n’importe quel pays. Ne plus le
considérer pour ce que ses pères ont vécu, mais pour ce qu’il est réellement
devenu : un Etat paria.
En refusant avec une arrogance insoutenable et un mépris affiché pour
les instances internationales de respecter la moindre résolution de
l’ONU depuis sa création, Israël s’est mise elle-même au ban de la
Communauté internationale. Il est grand temps de l’y laisser.
Encore un mot sur le danger d'embrasement régional. Il est clair que
l'Etat hébreu a voulu profiter des dernières semaines de pouvoir des
extrémistes du gouvernement Bush pour être sûr d'ëtre couvert à 100%.
Et le risque est très grand aujourd'hui qu'Israël ne cherche à pousser
ses pions plus loin en ouvrant un front sur la frontière libanaise suite
à quelque provocation savamment orchestrée (une unité israélienne
infiltrée pourrait tirer elle-même des missiles sur son territoire ce
qui permettrait d'accuser le Hezbollah). L'Etat hébreu en prendrait
alors prétexte pour porter le fer jusqu'en Iran, jouant les alliés en
rupture de ban ce qui contraindrait les Etats-Unis à soutenir l'aventure.
La dangerosité d'Israël pour la paix mondiale n'a peut-être jamais
été aussi extrême.
Pour ce qui concerne la Palestine, la solution ne viendra pas d'une communauté internationale impuissante à
faire plier cet Etat voyou tant que le parapluie américain sera déployé
et que l'UE ne prendra pas ses responsabilités. Reste donc la
mobilisation citoyenne par le boycott intégral des produits israéliens,
par la participation massive aux manifestations en faveur des
Palestiniens, par les pressions sur les élus, par le lancement de
pétitions ou de référendum pour empêcher son pays de commercer avec
l'Etat hébreu, spécialement dans le domaine de l'armement. Côté
Palestinien, il faut en revenir à l'OLP, dissoudre l'Autorité
palestinienne pour faire porter tout le poids logistique et sécuritaire
de l'occupation à Israël, abandonner l'idée d'un Etat palestinien qui ne serait au
mieux qu'un bantoustan, réorienter toute l'action politique dans un
combat de style sud-africain avec pour objectif un Etat binational.
Car de paix juste il n'y aura jamais.
* J’ai
vécu l’Intifada Al-Aqsa au sein de la rédaction d’un grand quotidien
suisse. Durant les massacres, une organisation juive avait annoncé la création
d’un « Conseil de surveillance de la presse » pour lutter
contre l’antisémitisme.... Quant au chef de la rubrique étrangère du
journal, il était très régulièrement convoqué à l’ambassade israélienne,
pardon, invité --- non convoqué car il ne pouvait bien sûr refuser
ladite invitation sous peine d’être soupçonné d’antisémitisme ---
pour un petit lavage de cerveau.
.- Le
Liban otage d’un nouveau Grand Jeu
12/02/2008 Une fois de plus, des enjeux régionaux servent de toile de
fond à la crise libanaise. Les protagonistes principaux sont connus.
D’un côté Washington, Israël et l’Arabie Séoudite. De l’autre
l’Iran et la Syrie.
Pour Washington, il s’agit coûte que coûte d’asseoir son influence
au Pays du Cèdre et, pour ce faire, de favoriser par tous les moyens l’émergence
d’un gouvernement « ami ». D’où un soutien inconditionnel
au premier ministre Fouad Siniora et à ses alliés de la majorité contre
une opposition formée d’un général Michel Aoun incontrôlable, et de
son allié du Hezbollah, bête noire des Etats-Unis. En plein bras de fer
avec l’Iran, Washington refuse bien sûr de laisser un parti chiite
peser sur l’échiquier politique au Pays du Cèdre, quant bien même les
chiites représentent plus du tiers de la population. Dès lors, les émissaires
américains n’ont eu de cesse d’inciter la majorité à ne faire
aucune concession à l’opposition, participant ainsi activement au
blocage politique actuel.
Côté israélien, l’intérêt bien compris de l’Etat Hébreu est de
voir cette domination américaine s’accomplir au Liban, avec pour
objectif final le désarmement du Hezbollah que l’aventure militaire de
juillet 2006 n’a fait que renforcer. A terme, Israël espère aussi
qu’un gouvernement libanais « ami » se résoudra le moment
venu à accepter l’installation définitive des quelques 300'000
Palestiniens réfugiés sur son sol, et dans une ultime phase signera un
Traité de paix avec Tel Aviv, achevant ainsi de sécuriser la
frontière nord de l’Etat hébreu.
Enfin, pour l’Arabie Séoudite, contrarier l’émergence d’une force
politique chiite dans la région s’inscrit dans sa lutte d’influence
contre l’Iran pour le leadership musulman. Depuis la disparition de
l’Irak, contrepoids naturel à la puissance perse, Téhéran tente en
effet de reprendre sa place perdue de grande puissance régionale. Sur un
plan idéologique, les prises de positions extrêmes du président
Ahmadinejab envers Israël et les Etats-Unis, puis la « divine
victoire » du Hezbollah contre l’Etat Hébreu ont créé une
situation nouvelle où l’on a vu la rue sunnite prendre parti avec
ferveur pour ces nouveaux « héros », fussent-ils les ennemis
héréditaires de la Sunna. Et toujours à contre-pied de gouvernements
arabes pro-occidentaux en totale rupture avec leur opinion publique sur
ces questions. De Riyad au Caire en passant par Amman, l’on avait par
exemple initialement condamné l’attaque menée contre Tsahal par le
Hezbollah, prélude à la guerre de juillet 2006, avant de se rétracter
sous la pression populaire.
Leur intérêt bien compris étant de diviser pour régner, les Américains
se dépensent sans compter depuis des mois pour redonner toute sa vigueur
à la Fitna, cette première grande rupture qui vit l’Islam se scinder
en deux courants antagonistes, et donc convaincre les capitales arabes
sunnites que leur véritable ennemi est désormais l’Iran chiite et
non… Israël. Un point de
vue parfois tout de même difficile à faire passer comme lorsque le secrétaire
américain à la Défense avait déclenché les rires de l’assistance en
déclarant à Manama, lors d’un forum organisé par l’Institut
international d’études stratégiques (IISS) qu’« Israël en
tant que puissance nucléaire présumée, ne représentait pas une menace
pour les pays du Golfe comme l’Iran ».
De l’autre côté de l’échiquier, l’Iran et la Syrie cherchent bien
sûr à contrer l’émergence d’un leadership par trop pro-américain
au Liban. Damas ne veut tout simplement pas voir le Pays du Cèdre
transformé en porte-avion US. Quant à l’Iran, même s’il ne contrôle
pas un Hezbollah largement « nationalisé » depuis la fin de
la guerre, il n’en a pas pour autant abandonné ses aspirations
pan-chiites et le soutien à la milice lui permet à la fois de contrarier
les plans américains et de consolider la visibilité du chiisme comme
nouvel acteur régional désormais incontournable.
L’isolement international de Téhéran, soumis à forte pression sur le
dossier nucléaire, et de Damas, également dans la ligne de mire américaine
dans sa tentative de façonnage d’un « nouveau Moyen-Orient »,
les a enfin tout naturellement jeté dans les bras l’un de l’autre,
chacun étant à la recherche d’un décloisonnement stratégique.
C’est au Liban que les protagonistes de ce Grand Jeu s’affrontent
aujourd’hui directement, profitant d’un système politique encore
marqué par le féodalisme, dominé par les intérêts partisans et où un
certains nombres d’ex-chefs de guerre, manipulables à souhait, semblent
toujours prêts aux pires aventures.
Dans ce contexte, seuls les partisans ou les naïfs peuvent prétendre
savoir qui est derrière les 22 attentats perpétrés au Liban
depuis 2005, sans qu’aucun ne soit jamais élucidé. Ce
qui ne laisse pas de surprendre dans un pays où la police est épaulée
par à peu près tous les Services de Renseignement occidentaux, et les
dotations techniques dont ils disposent.
Nous renvoyons ici à une interview
d'Yves
Bonnet,
ancien chef de la DST (
service de sécurité intérieure de la France),
qui
se passe vraiment de commentaires...
- oui,
la CIA et le Mossad
ont bien trempé dans les attentats du 11 septembre, mais qui s'en soucie
28/12/2007 Les révélations de l'ancien président italien Francesco
Cossiga aurait
dû faire l'effet d'une bombe. Mais rien. Ou presque. Et pourtant l'ancien
chef d'Etat n'y est pas allé quatre chemins dans une interview accordée
au Corriere Della Sera le 30 novembre dernier: « On
nous fait croire que Ben Laden aurait avoué l’attaque du 11 septembre
2001 sur les deux tours à New York, alors qu’en fait les services
secrets américains et européens savent parfaitement que cette attaque désastreuse
fut planifiée et exécutée par la CIA et le Mossad, dans le but
d’accuser les pays arabes de terrorisme et de pouvoir ainsi attaquer
l’Irak et l’Afghanistan. »
Ouvrons ici une petite parenthèse pour rappeler que Cossiga avait déjà
provoqué
l’hostilité de l’Establishment politique et de l’OTAN en rendant
publique l’existence du réseau d'espionnage atlantiste Gladio/Stay
Behind (plus actifs que jamais aujourd'hui (>>1 ///
>>2
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>>3
/// >>4),
qui fut le véritable organisateur des attentats qui
secouèrent l'Italie et la Belgique dans les années 1970-1980. Des
attaques perpétrées à l'époque par des cellules néo-fascistes liées
à des cercles dans l'Armée, la police et les services secrets italiens,
ainsi qu'à la CIA et aux services de renseignement de l'OTAN. Le but d'une
telle «stratégie
de tension» était alors de créer une psychose telle que la
population finirait non seulement par accepter, mais par réclamer des
mesures d'Etat policier considérées jusqu'alors comme inacceptables, le tout ayant pour toile de fond la guerre froide
et la nécessité de susciter, en Europe, l'émergence de
pouvoirs forts susceptibles de faire barrage au communisme. Les
révélations de Cossiga avait aboutit à une enquête parlementaire en
2000 sur les activités de Gladio en Italie. Il en était ressortit
que les services secrets américains et de l’OTAN avaient bel et bien
mené des activités de terreur « sous faux drapeaux », qui
avaient fait de nombreuses victimes parmi la population civile.
Intérêt supérieur Même si aucun lien entre
Gladio et le 11 septembre n'est à relever, il nous paraissait utile de
relater ces faits en préambule pour bien mettre en évidence qu'il n'y a rien
de farfelu à penser que certains services
secrets occidentaux sont capables d'organiser des carnages dans leur propres
populations, le bénéfice escompté étant alors d'un intérêt jugé "supérieur"
à la valeur des vies d'une poignée de civils classés dans la
catégorie des "dommages collatéraux", des "victimes de
guerre". Un précédant exemple de cette tactique, non abouti
celui-là, avait été l'opération Northwood. En 1962, juste après le désastre de la
baie des Cochons, la National Security Agency (NSA) avait projeté des attentats
antiaméricains, qui auraient été attribués à Castro, pour fournir à l'Amérique
le prétexte d'envahir Cuba. Cette Northwood Operation (Document
déclassifié en format pdf (777ko) prévoyait ainsi des
détournements
d'avion, des bombes à Miami ou Washington notamment, de sorte que... «la
publication de la liste des victimes dans les journaux américains provoque une
vague d'indignation instrumentalisable».
Les Israéliens à pied d'oeuvre? Le décors étant planté, revenons
maintenant au 11 septembre
2001. Et ceci non pour réaffirmer ce que nous avons toujours
soutenu ici, à savoir qu'une
partie au moins des services secrets américains était impliquée,
mais pour nous intéresser au possible rôle du Mossad, les services secrets
israéliens. Et pour rappeler que dans son édition du 28 février 2002
(NO 424), Intelligence
Online (IOL), revue spécialisée dans le Renseignement, avait
ainsi révélé avoir obtenu la copie d'un rapport classifié lui permettant
d'affirmer qu'un important réseau de renseignement israélien avait été
découvert aux Etats-Unis. Près de... 120 ressortissants de l'Etat hébreu
avaient été expulsés ou arrêtés dans le cadre de cette enquête, débutée
un an auparavant. IOL rapportait au terme de son enquête que «les domiciles des agents israéliens, mentionnés dans le
rapport, sont effectivement très proches des ex-domiciles connus des
terroristes».
En décembre 2001, la chaîne américaine Fox News avait déjà révélé
l'affaire,
mais curieusement son enquête avait été «effacée» de
son site internet. Jusqu'au début août 2002 en effet, en cliquant sur
l'ancienne adresse web du reportage, vous obteniez un message
ironique de Fox News, daté du 21 décembre 2001: «This story no
longer exists» (Cette histoire n'existe PLUS!) Aujourd'hui ce
lien est mort mais bien sûr, Entrefilets.com a gardé une trace que voici de la chose...
Dans son reportage, Fox News évoquait déjà l'éventualité d'un réseau clandestin israélien
surveillant les futurs auteurs de l'attentat du 11 septembre... (cf.: les
dossiers de Michaël
Rivero et d'Antiwar.com).
Malgré un faisceau de présomption accablant pour les Services US, une
partie du gouvernement US et le Mossad, le mystère reste pourtant
entier sur les attentats du 11
septembre 2001. Et il le restera à notre avis. Car enfin: si
effectivement une partie des Services secrets et du Gouvernement
américains, ainsi que du Mossad, étaient bel et bien derrière les
attentats du 11 septembre 2001, qui voudrait vraiment le savoir? Une
grande presse conformiste jusqu'à la nausée parce que largement achetée
par de grands groupes financiers, eux-mêmes vendus au Grand Capital? Des
gouvernements occidentaux dont les banques nationales sont pleines à
craquer de Bons du Trésor américains et qui ont tout sauf intérêt à
voir vaciller leur principal débiteur? Qui au fond? Ah oui, vous et moi
bien sûr. Il semble pourtant que chacun de nous devra donc se contenter
de son intime conviction dans cette affaire.
Politique
us du chaos au Liban 20/12/2007 Il y a quelque chose de
fascinant à entendre les responsables américains ânonner jusqu'à la
nausée qu'ils veulent une élection présidentielle libanaise "sans
ingérence extérieure", alors que c'est précisément
l'ingérence américaine au Pays du Cèdre qui est à l'origine de l'impasse dans laquelle
se trouve aujourd'hui le Liban. Une ingérence qui
vient de prendre une tournure plus qu'inquiétante. Le 15 décembre
dernier en effet, plutôt que de rencontrer
le général
Aoun, chef de l'opposition et candidat naturel
des chrétiens à la présidence, le sous-secrétaire d'Etat américain
chargé des Affaires du Proche-Orient, David Welsh, a préféré
s'entretenir avec le chef de la milice chrétienne des Forces Libanaises
(FL), Samir Geagea,
meurtrier trois
fois condamné à la prison à vie pour assassinats puis gracié. Renouant ainsi d'anciens liens
qui ne présagent rien de bon puisque cette milice a par le passé souvent été
utilisée par Washington (et parfois Tel-Aviv c'est selon), comme
exécuteur de basses oeuvres et éléments déstabilisateur du Liban. Il
suffit de se souvenir qu'en 1990, Samir Geagea avait ainsi tourné ses
canons contre l'armée légaliste du général Aoun sur ordre des
Américains pour affaiblir ce dernier avant l'attaque finale opérée par
les Syriens (ah oui, rappelons qu'à l'époque la Syrie avait les
faveurs de Washington qui lui avait offert le Liban en contrepartie de sa
docilité lors de la première Guerre du Golfe). Le pauvre Samir
Geagea, à qui les Etatsuniens avaient dû promettre monts et merveilles
pour prix de sa trahison, aura finalement fait dix ans de placard.
Apparemment pas de quoi dissuader le chef de FL de reprendre le rôle sans
sourciller (avec une telle bonhomie d'ailleurs que même
les Américains ne doivent pas en revenir...). Toujours est-il que dès le lendemain de son départ
pour Paris, David Welsh téléphonait à Samir Geagea pour "s'enquérir
de la situation".... Un geste qui en dit long sur
l'importance du rôle que Washington entend lui conférer désormais.
Passons rapidement sur le scandale que représente cette situation où
l'on voit un représentant de la "plus grande démocratie du monde",
censé être en mission de médiation, boycotter le principal
interlocuteur de l'opposition et s'acoquiner avec un assassin notoire. Car
il n'y a finalement là que l'expression presque pathologique d'un pouvoir
étasunien tombé aux mains de gangsters dont les méthodes ont, dès
lors, une certaine cohérence dans ce cas. Reste que les mêmes causes (et
les mêmes alliances) produisant les mêmes effets, il y a fort à parier
que la résurrection de M. Geagea par la perfusion américaine vise au
même but qu'il y a 15 ans: utiliser les FL pour tenter d'affaiblir le
général Aoun en accentuant la division du camp chrétien.
Ce faisant, les Etats-Unis intensifient donc leur politique du sape de la
souveraineté libanaise sur plusieurs fronts. D'abord en soutenant à bout
de bras un gouvernement illégitime et inconstitutionnel dont le seul
mérite est de leur être inféodé. Ensuite en accentuant par là même
la fracture entre sunnites et chiites libanais, puisque ce gouvernement a
pour principal fonction de faire barrage au Hezbollah, aux chiites donc,
et enfin en accentuant les fractures au sein du camp chrétien en y exhumant
leurs complices les plus dévoués pour ce faire.
Aux dernières nouvelles, et selon des sources bien informées, la
nouvelle visite au Liban de David
Welsh, mardi, lui aura servi à réaffirmer au gouvernement pro-américain
de Siniora qu’il « bénéficiait
de l’appui de la communauté internationale et qu’il n’était obligé
de souscrire à aucune condition [à l'opposition] avant l’élection
du prochain président ». En clair encourager le blocage et donc une possible dégradation de la situation.
Il aurait aussi annoncé qu'une campagne médiatique allait être lancée
pour faire porter le chapeau de l'impasse actuelle à l'opposition et à
la Syrie.
On le voit, le souci affirmé par les Américains de non-ingérence
étrangère dans les affaires libanaises pourrait presque faire sourire.
Presque.
>>Relire nos enquêtes
au Liban
- Liban:
ces temps historiques où le monde marche sur la tête
27/11/07 Comme prévu, les pressions américaines ont permis de maintenir
au Liban le gouvernement "illégitime et anticonstitutionnel"
du clan Siniora-Hariri, enfonçant un peu plus le pays dans une dangereuse
impasse à l'heure où nombre de miliciens ont graissé leurs armes et
sont prêts à en découdre. La pilule est d'autant plus amère dans le
camp des véritables souverainistes libanais, regroupés dans l'opposition
derrière le général Michel Aoun, que c'est grâce à la troïka
européenne que le diktat de Washington a pu être imposé au Pays des
Cèdres. Pour les Etats-Unis, il s'agissait coûte que coûte de barrer la
route vers la magistrature suprême au général chrétien Michel Aoun,
beaucoup trop indépendant à leur goût. "Nous avons été trahis par les Européens",
s'emporte le député Nabil Nicolas, membre du Courant Patriotique
Libre (CPL) du général Michel Aoun. L'opposition avait en effet accepté de jouer la carte du compromis dans le cadre de la
médiation opérée par la troïka européenne. Sauf que ladite troïka
s'est finalement contentée d'arracher une liste de noms de présidentiables au vieux patriarche maronite
Sfeir pour la soumettre ensuite.... au clan Siniora-Hariri pour choix
définitif. Inacceptable pour le CPL comme pour ses alliés du Hezbollah! Nabil Nicolas prédit pourtant l'échec
de cette manoeuvre de contournement pilotée par Washington pour maintenir au Liban un
pouvoir à sa botte: "Les Américains et les Européens ne
comprennent rien à cette région et la terre va trembler sous leur pied.
Ils ne pourront pas indéfiniment soutenir un gouvernement illégal. Nous n'avons que deux options,
conclut le député
du CPL, l'entente ou le chaos."
Entente franco-étasunienne Mais comment en est-on arrivé là. On connaît dans les grandes lignes les plans
américains au Liban: éradication du Hezbollah chiite libanais_1, fixation définitive des réfugiés
palestiniens dans le pays et, grâce à la complicité d'un gouvernement
docile, transformation du pays des Cèdres en base américaine avancée (avec toutes les
facilités et la coopération
militaires requises) pour d'éventuelles opérations dans la région.
D'aucuns estiment aussi que les Américains, qui s'appuient exclusivement sur
les pouvoirs sunnites_2 (qui sont des pouvoirs de
marchands aisément manipulables) dans leur grand projet de remodelage à coups de flingue du
Moyen-Orient, ont décidé de réduire toutes les
originalités, toutes les spécificités régionales qui pourraient leur
faire obstacle, les chrétiens du Liban ayant désormais rejoint les
chiites dans la catégorie des
empêcheurs de dominer en rond aux yeux de Washington.
Mais pourquoi l'Europe appuie-t-elle sans retenue Washington sur ce
dossier. Comme me le confiait récemment sous couvert d'anonymat un
officiel occidental en place à Beyrouth, "le
Liban est la chasse gardée de Paris au sein de l'Union européenne et
aucun autre membre de l'UE ne veut se mettre à dos un poids lourd comme la France pour ce petit pays
qu'est le Liban".
Et ceci est tellement vrai que dans la plupart des chancelleries
européennes à Beyrouth, on déplore en substance, sous couvert d'anonymat
également, que "nos capitales nous imposent de soutenir ce que nous constatons
bien être le mauvais camp". Quant aux raisons qui poussent
Paris à soutenir la clique Siniora-Hariri, elles sont peu glorieuses. Car
si Chirac appuyait sans réserve Hariri pour des
raisons... d'intérêts personnels résumerons-nous, Sarkozy soutient Washington à cause de la fascination
puérile qu'il nourrit pour une Amérique de papier glacé qui n'a jamais
existé que dans ses rêves d'adolescent. La troïka
européenne n'était donc à ce titre que de la poudre aux yeux. Ici,
l'Europe, c'est juste Paris et sa nouvelle politique de caniche vis-a-vis
de Washington.
Point à la ligne.
Le monde marche donc une fois de plus sur la tête ici au Liban, à voir
les leaders du fameux "monde-libre", Washington chantre de la
démocratie et Paris, Patrie des droits de l'homme, soutenir un
gouvernement illégitime et inconstitutionnel (esprit
gaullien où es-tu!), le premier par calcul stratégique, le deuxième
par soumission aveugle au premier.
Temps historiques dirons-nous donc, à y constater tant d'aveuglement
coupable.
Paralysie Mais est-ce à dire que les choses vont en rester là. Un
autre député, démissionnaire, nous faisait le pronostic que oui, sous
couvert du chantage suivant opéré par le clan Siniora vis-à-vis de
l'opposition: "Où vous nous fournissez le quorum nécessaire pour
élire le président de notre choix, où nous en restons là, mais comme
en cas de vacance de la présidence la chambre des députés ne peut pas
se réunir pour autre chose que cette élection,les législatives prévues
dans deux ans n'auront pas lieu et vous n'aurez plus votre mot à dire".
La situation nous paraît toutefois peu tenable pour le clan Siniora. Le fait est que même si les Occidentaux
pratiquent la respiration artificielle sur ce gouvernement pour le
maintenir au pouvoir durant deux ans et plus, il n'est
qu'un gouvernement de transition et ne peut en principe que gérer les
affaires courantes en attendant l'élection d'un président. Sauf à
violer toutes les lois du pays. La paralysie est
donc totale, y compris pour Siniora.
Pas de coup de force Reste l'entente ou l'épreuve de force.
Concernant cette dernière, d'aucuns se sont étonnés dans le camp de
l'opposition souverainiste, qu'au soir du "coup" opéré par
Washington Michel Aoun n'appelle pas à la formation d'un gouvernement
bis. Envisageant même une prise de pouvoir musclée. Il est clair en
effet qu'avec l'appui du Hezbollah, Beyrouth serait prise en trois heures
et que si le général Aoun en appelait à l'armée, plus de la moitié
des troupes, selon notre estimation, se rangerait immédiatement sous sa
bannière et il y a fort à parier que le reste suivrait sans coup férir.
Mais le scénario reste extrêmement dangereux: Car les milices
manipulées par Washington, notamment les Forces libanaises de Samir
Geagea, tenteraient par tous les moyens de combattre la nouvelle légalité
même si du côté de l'armée, comme nous le confiait un officier à
Beyrouth, "on n'attend qu'un faux pas des FL pour les écraser
jusqu'au dernier". Et reste aussi à savoir quelle serait
l'attitude des Druzes. On sait que Walid Joumblatt voue une haine tenace
à Michel Aoun, surtout depuis une alliance avec les chiites qui le
marginalise totalement sur la scène politique. Au final, un tel coup de
force compte trop de variables dangereuses. D'ailleurs, du côté des
rangs aounistes, on nous assure qu'une telle option n'est "pas
envisagée".
Et pourquoi pas une révolution à la yougoslave? Une manifestation
monstre qui déferlerait sur le sérail et renverserait le gouvernement?
Même s'il n'est pas exempt de dangers, ce scénario là n'est pas à
exclure de notre point de vue, surtout à l'approche de la date fatidique
du 1er décembre qui marque les un an du sit-in de l'opposition Place des Martyrs. Et le gouvernement illégitime et anticonstitutionnel
du clan Siniora-Hariri ne peut pas l'ignorer.
D'où un dernier scénario qui semble s'imposer: l'entente et, finalement,
l'acceptation par les Américains du fait que la négociation avec toutes
les parties en présence, y compris et peut-être surtout le Hezbollah
(plus de 30% des Libanais sont chiites),
est la seule voie vers la stabilité du Liban. Sauf bien sûr si
Washington (et Israël donc), a
quelque intérêts à y préférer le chaos.
1. Le désarmement du Hezbollah a
tourné à l'obsession pour Washington. L'an passé, le cabinet Doobleyou
avait bien sous-traité une guerre à son allié israélien pour tenter
de réduire militairement la milice chiite. Depuis le fiasco de l'Etat
hébreu, les néocons ont décidé de manipuler la
scène politique libanaise pour contraindre à l'émergence d'un pouvoir
politique qui lui soit inféodé et dont les premières actions
intérieures seront, bien sûr, l'exigence du désarmement du Hezbollah,
l'idée étant de faire faire aux Libanais eux-mêmes ce que les Israéliens ont
raté en 2006. Avec tous les risques de guerre civile que cela implique.
Une telle extrémité pouvant même servir les dessins étasuniens dans la
région. (lire notre
prédédente enquête à Beyrouth).
2. Le chiisme inquiète, effraie même par le fait
qu'il s'agisse d'une religion révolutionnaire par nature. Comme le souligne
François Thual dans sa "Géopolique du chiisme", "vivre
dans l'attente du retour de l'Imam en luttant contre l'injustice sur cette
terre est, très globalement, le programme de cette religion dans son
aspect profane". Et de fait, à l'inverse du sunnisme dont la
doctrine préconise d'obéir au prince, fusse-t-il corrompu, puisque l'on
ne saurait présumer du jugement final de dieu, le chiite ne fait pas de compromis avec le prince
si celui-ci est perverti et préconise alors le renversement de l'ordre
établi. La pire des hérésies pour Washington et ses zélateurs qui son
apparemment tenté, partout où cela est possible, de lancer les sunnites
contre les chiites. Le Liban pourrait devenir à ce titre le premier champ
de bataille d'une nouvelle "Fitna" (première grande fracture
de l'Islam après la mort du prophète) aiguillonnée par Washington.
ingérence americaine au liban
20/10/2007 Le Hezbollah et Michel Aoun toujours en ligne de mire Dans notre
précédente brève nous relevions que depuis le ratage de la guerre
sous-traitée par les Etats-Unis à Israël pour écraser le Hezbollah,
Washington manipulait la scène politique libanaise pour faire émerger,
maintenir devrait-on dire, un
gouvernement à sa botte lors des prochaines échéances électorales. Et
l'on sait que l'un des premiers mandats de ce docile allié sera précisément de
désarmer le Hezbollah. Dans le quotidien Al-Akhbar de mardi, Jean Aziz
affirme ainsi que lors d'une rencontre privée, l'ambassadeur des Etats-Unis, Jeffrey Feltman,
a laissé échapper des propos qui ont convaincu l'assistance que les
Etats-Unis
veulent bel et bien "un président qui prône la nécessité
de résoudre la question de l'armement du parti, abstraction faite du débat
sur l'évolution de la mise en œuvre de la résolution
internationale".
Dans son édition de mercredi le journal al-Akhbar rapporte encore que les
Les
Etats-Unis ont fait savoir au député Saad Hariri qu'ils opposent un veto
au général Michel Aoun, candidat de l'opposition dont Washington ne
supporte pas l'indépendance d'esprit. Pour
Washington, le maintien en place du président Fouad Siniora serait même une « question vitale »,
rapporte le journal. Vous
avez dit ingérence? (lire notre
enquête à Beyrouth)
Et
l'on reparle du projet de... bases militaires US au Liban. Jeudi, le
ministre libanais de l’Information, Ghazi Aridi, a été contraint de
démentir les informations du journal As-Safir sur une demande d’établissement
de bases américaines au Liban, des informations diffusées auparavant sur un site israélien. Le chroniqueur d'As Safir a
répliqué le lendemain en rappelant qu'une confirmation de l'information
de son journal "a émané du directeur du Département américain
de la Défense pour les affaires politiques, Eric Edelman, qui a évoqué,
lors d’une interview au programme Kalam En Nass du journaliste Marcel
Ghanem sur la LBCI, l’établissement d’un « partenariat
stratégique (avec le Liban) et d’une relation constante avec l’armée
libanaise ».
Ce qui, de par la force du fait accompli et du décalage de force entre
les deux pays, transforme de facto le Liban, selon le chroniqueur, en
une sorte de « base militaire alliée ».
Pour ce qui nous concerne, il nous semble évident qu'un tel projet
d'établissement de bases militaires US au Liban est plus que
vraisemblable.
D'abord parce que l'engagement furieux de Washington pour contrôler le
gouvernement libanais n'est certainement pas exempt d'arrière-pensées
liées à son projet de remodelage à coups de flingue du
Moyen-Orient,
ensuite parce que les informations concernant un projet de telles bases ne
sont pas nouvelles. On se souvient en effet qu'au lendemain de l'assassinat
de Rafic Hariri, le journaliste et éditorialiste US,
Wayne Madsen, rapportait
déjà que les
Etats-Unis avaient demandé à l'ancien premier ministre libanais d'installer
une base
militaire au nord du Liban,
raison pour laquelle les troupes syriennes devaient quitter totalement
le Liban. Selon Wayne Madsen, "le contrat, avant même la signature d'un
accord avec le Liban, a été remis par le Pentagone à la firme Jacobs
Engineering Group, sise à Pasadena en Californie en partenariat avec le
groupe Bechtel. Cette base devait servir de plate-forme logistique et de
transit pour les troupes US en Irak. Elle devrait servir à protéger
les oléoducs US dans la région (Bakou-Tbilissi-Ceyhan et
Mossoul-Kirkouk-Ceyhan) ainsi qu'à la déstabilisation de la Syrie. Des
indices permettent de penser que cette base en gestation serait aussi
importante que la base US au Qatar."
En Palestine occupée rien de nouveau Alors
que les Etats-Unis sont censés accueillir prochainement une importante
conférence sur la question israélo-palestinienne, l'Etat hébreu a lancé
la construction de nouvelles colonies, notamment à Jérusalem-Est. Rien
de nouveau donc en Palestine occupée. Les sommets se suivent et se
ressemblent, ne débouchant sur rien. Seul Israël tire son épingle du
jeu, toute cette stérile agitation diplomatique lui servant d'écran de
fumée pour masquer la réalité du terrain. Réalité qui se résume à
davantage d'assassinats, davantage de spoliations, davantage de colonies,
davantage d'apartheid. Rien ne sortira donc de ce Sommet, hormis une
317eme feuille de route vers un improbable Etat palestinien se résumant
au mieux à un bantoustan sans continuité territoriale, hormis peut-être
un tunnel entre les restes d'une Cisjordanie constellée de colonies
israéliennes et la bande de Gaza. Installé sur les 4/5eme
de la patrie historique des Palestiniens, l'Etat hébreu pourra donc continuer
à prendre ses
aises sur une terre où il y avait bien un peuple. Mais qui s'en soucie
encore vraiment? Nain politique car ne réussissant à se penser qu'en
subalterne de Washington, l'Europe est impuissante à peser sur
l'échiquier dans ce dossier. Sans compter qu'elle reste rongée par une culpabilité
liée à la Shoah, scientifiquement entretenue par l'Etat hébreu, qui
fausse sont jugement. Quant aux Etats-Unis, leur
soutien inconditionnel à Israël ces 50 dernières années devrait
largement suffire à les disqualifier en tant que médiateur dans ce
dossier.
Pour ce qui nous concerne, nous persistons à penser que l'application
inconditionnelle des résolutions de l'ONU est la seule base possible pour
une paix juste, résolutions
qui réclament le retour de l'Etat hébreu dans les frontières d'avant
1967, et réaffirment notamment le droit au retour des réfugiés
palestiniens (on sait à ce sujet que les Etasuniens veulent fixer les
250'000 réfugiés palestiniens du Liban au Pays des Cèdres, raison
supplémentaires pour eux d'avoir un gouvernement à leur botte).
Poutine in, Sarkozy out Un savoureux papier de De
defensa.org nous dit à quel point le jeu de la Russie est
maîtrisé en Iran, et à quel point la politique du caniche de Sarkozy ne
peut que susciter un dédain affligé. Notre point de vue est que rien ne peut finalement
expliquer l'alignement de Sarkozy sur Doobleyou mieux que des
considérations d'ordre psychologique. Et en l'espèce le goût
pathologiquement immodéré du président français pour tout ce qui
ressemble de près ou de loin à la manifestation de la puissance, du pouvoir absolu. Le
complexe du petit érigé en diplomatie?
La démocratie libérale progresse Sur le le front de la promotion
de la démocratie libérale au moins tout va mieux.
En Afghanistan, le massacre de dizaines de milliers de civils en six ans
par les GI puis les troupes de l'OTAN commence à porter ses fruits. Nous
venons d'apprendre que le proconsul américain Hamid Karzaï vient de
sécuriser un troisième pâté de maisons dans un quartier du centre de
Kaboul (admettons que le renversement de l'odieux régime des taliban
est toutefois un bénéfice collatéral indéniable).
En Irak, on parle désormais d'un million
de morts directs ou indirects suite à l'invasion du pays par les
Etats-Unis mais au moins ils sont morts en démocratie (ah oui, la
partition du pays est en marche mais bon, on peut pas tout avoir).
En Palestine, le boycott du gouvernement élu du Hamas lors d'élections
plus honnêtes et transparentes que celles, frauduleuses on le sait, qui
ont porté par deux fois Doobleyou au pouvoir, a conduit les territoires
occupés au bord de la guerre civile.
En Iran, les grandes manoeuvres sont commencées pour renverser le régime.
Un nouveau petit massacre pour la bonne cause en perspective?
Petit guide à l'usage des candidats à la néo-démocratie
Si vous contrôlez une dictature mais rêvez de transition douce pour
éviter le tapis de bombes ou l'embargo, et bénéficier du parapluie
américain, sachez que pour obtenir le label US de la démocratie libérale il
vous faut:
1. accepter de voir sa politique étrangère dictée par Washington
2. se doter d'une façade parlementaire pour paraître fréquentable aux
yeux des opinions publiques occidentales.
3. diviser votre parti unique en diverses tendances (pas trop marquées
pour éviter de susciter des vocations) pour donner l'illusion du
multipartisme.
4. Bien sûr vous pouvez continuer à emprisonner, torturer ou même
exécuter vos opposants mais uniquement sous l'accusation de terrorisme ou
de complot contre la démocratie justement.
Alors!
- Compte
à rebours contre l'Iran CHIITE 12/10/07 (brève
enrichie le 14) Sauf à voir
basculer (comme le craint Paul Craig, ancien sous-secrétaire au trésor
de Reagan), les Etats-Unis dans la dictature à la faveur d'un nouveau
11 septembre (>>lire l'article dans sa version
française) qui s'avèrerait aussi suspect
que le premier, les neocons étasuniens n'ont plus qu'un an de pouvoir
pour achever leur
remodelage à coups de flingue du
Moyen-Orient. Et malgré le sanglant bourbier irakien, les grandes manoeuvres de l'ombre ont
commencé contre l'Iran. Dans sa livraison d'octobre, Le Monde
Diplomatique fait l'état des lieux des préparatifs en cours.
Et nous rappelle que:
- le Congrès US a débloqué 75 millions de dollars pour "promouvoir
la liberté de parole et de mouvement pour le peuple iranien".
- une directive présidentielle de fin avril autorise désormais l'intensification
des opérations clandestines pour déstabiliser le régime.
- Israël équiperait et entraînerait une milice kurde (PJAK) et le
Pakistan, quand à lui, ferait de même avec des groupes dans la région
baloutche de l'Iran. De même, les velléités séparatistes de la région du
Khouzistan,
proche de Bassorah, sont encouragées.
Il faut ajouter à cela que l'US air force est actuellement entraînée à des frappes
sur l'Iran.
L'offensive de Washington contre l'Iran se construit aujourd'hui sur une
double articulation d'attaque sur le front intérieur purement iranien,
mais aussi sur le front anti-chiite.
En Iran: des foyers de déstabilisation du pays sont
aiguillonnés au nord-ouest, au sud et au sud-est du pays, contraignant
Téhéran a une tactique de défense du centre, la particularité des
minorités perses (44% des habitants) étant d'être transfrontalières,
rendant en quelque sorte "perméables" ces zones dès lors que
des tensions y sont encouragées ou organisées.
En Afghanistan: la puissance militaire de l'OTAN est
instrumentalisée depuis des mois pour réduire les tribus rebelles
Hazaras, d'obédience chiite et que Washington considère comme l'une des
tentacules de Téhéran.
Au Liban: le désarmement du Hezbollah a
tourné à l'obsession pour Washington. L'an passé, le cabinet Doobleyou
avait bien sous-traité une guerre à son allié israélien pour tenter
de réduire militairement la milice chiite. Depuis le fiasco de l'Etat
hébreu, les néocons ont décidé de manipuler la
scène politique libanaise pour contraindre à l'émergence d'un pouvoir
politique qui lui soit inféodé et dont les premières actions
intérieures seront, bien sûr, l'exigence du désarmement du Hezbollah,
l'idée étant de faire faire aux Libanais eux-mêmes ce que les Israéliens ont
raté en 2006. Avec tous les risques de guerre civile que cela implique.
Une telle extrémité pouvant même servir les dessins étasuniens dans la
région (lire notre
enquête à Beyrouth)
En Syrie: c'est peu dire que le régime alaouite (une branche du chiisme) est sous pression. Toutefois, comme me le faisait
remarquer un ami fin observateur de la situation régionale, Tel Aviv a
"dû freiner Washington sur ce dossier car il semble que les
Israéliens préfèrent traiter avec un pouvoir alaouite qu'ils connaissent
parfaitement, plutôt que de lui voir substituer un pouvoir sunnite à la
faveur d'un renversement". A relever encore que le 6 septembre
dernier, le fameux raid israélien en Syrie (au sujet duquel nous avons lu
les plus étonnantes absurdités) visait apparemment à tester une
route de bombardement de l'Iran. Sans doute moins pour tester la route elle-même
que pour rappeler à Washington qu'en cas de fléchissement de
sa part, Tel Aviv était prêt à jouer les alliés en rupture de ban dans
ce dossier.
L'objectif. La politique des néocons étasuniens s'articule sur
trois grands axes.
Dans l'ordre d'importance décroissant il s'agit de:
1. Maintenir la suprématie militaire et économique d'Israël au
Moyen-Orient, qu'ils considèrent comme le 51e état américain (par
exemple, la partition en cours de l'Irak correspond en tout point à un objectif
israélien vieux de 20 ans (>>
1 / >> 2 / >>
3). Abattre l'Iran revient, dans le même ordre d'idée, à abattre
un puissant concurrent qui devrait logiquement exercer ce rôle de
gendarme du Moyen-Orient que lui confère naturellement sa puissance
économique et militaire.
L'autre raison qui pousse l'Iran dans l'axe du mal washingtonien est son
caractère chiite. Car le chiisme inquiète, effraie même par le fait
qu'il s'agisse d'une religion révolutionnaire par nature. Comme le souligne
François Thual dans sa "Géopolique du chiisme", "vivre
dans l'attente du retour de l'Imam en luttant contre l'injustice sur cette
terre est, très globalement, le programme de cette religion dans son
aspect profane". Et de fait, à l'inverse du sunnisme dont la
doctrine préconise d'obéir au prince, fusse-t-il corrompu, puisque l'on
ne saurait présumer du jugement final de dieu, le chiite ne fait pas de compromis avec le prince
si celui-ci est perverti et préconise alors le renversement de l'ordre
établi. La pire des hérésies pour Washington et ses zélateurs.
2. Contrôler les routes d'approvisionnement du pétrole dans une logique
de guerre pour les ressources.
3. Remodeler le Moyen-Orient pour en faire un espace économique
cohérent, c'est-à-dire soumis à la dictature des marchés et des
multinationales sans barrière étatiques.
La grande illusion Flanqué d'un nouveau caniche européen en la personne de Sarkozy, depuis
le départ à la niche de Tony Blair, Doobleyou et ses marionnettistes ont
donc l'air
d'avoir choisi la fuite en avant, convaincus qu'ils sont que "le temps
leur donnera raison". Comme si d'un cercle vicieux pouvait
émerger un cercle vertueux à force d'obstination dans l'erreur. Les
idéologies les plus sanguinaires, les plus jusqu'au-boutistes ont
fonctionné sur ce registre. On parle déjà d'un million de morts en Irak
suite à l'invasion du pays par les Etats-Unis. Qui jugera leurs
assassins? M. George Soros financera-t-il un Tribunal pénal international
pour juger le gang Cheney et consors?
En fin de compte, si la décision d'attaquer est prise, les États-Unis
vont sans doute faire savoir aux Iraniens qu'ils vont bombarder
consciencieusement toutes leurs installations mais qu'en cas de riposte
majeure de leur part (comme l'écrasement du corps expéditionnaire
américain en Irak ou un blocus du Détroit d'Ormuz ou des frappes sur
Israël), ils vitrifieront le pays à l'arme nucléaire comme les y
autorise désormais leur nouvelle doctrine. Et là de deux choses l'une,
où les Iraniens se laissent intimider, où ils ne se laissent pas
intimider. Et c'est la boîte de pandore qui s'ouvre avec un risque
d'embrasement dont les conséquences forcément dévastatrices, n'en
doutons pas, s'étendront bien au-delà de la seule scène moyen-orientale.
- Psycho-Mickey
bombe le torse 29/08/2007 Malgré la mise en scène solennelle, le ton exagérément
ferme et déterminé, malgré les effets de manches d'un discours
exclusivement rhétorique, Doobleyou, alias Psycho-Mickey selon une
savoureuse trouvaille égyptienne, n'a pas réussi, mardi à Reno, à
nous faire oublier la toujours étonnante vacuité de son regard, cette
presque absence au monde qui nous fait parfois douter de sa réalité
même. Comme si l'homme se confondait avec la marionnette, comme si la
coquille était réellement, dramatiquement vide. Récitant une fois
encore le credo de néocons hystériquement pro-israéliens, islamophobes
et plus que jamais décidé à un
remodelage
à coups de flingue du Moyen-Orient *,
Doobleyou s'en est donc violemment pris à l'Iran lors d'un discours censé défendre
les bienfaits de la boucherie irakienne. Brandissant la menace d'un "holocauste
nucléaire" si l'Iran parvenait à se doter de l'arme atomique,
réaffirmant que c'était bien là ce que Téhéran cherchait à faire,
accusant la république des mollahs de soutenir la résistance irakienne
et de semer le trouble dans tout le Moyen-Orient, le porte-parole des
néocons a donc désigné l'Iran comme le nouveau Satan à abattre,
la forme du discours, les arguments choisis étant bien sûr calqués à
la virgule près sur le modèle des recettes servies jusqu'à
la nausée avant l'attaque de l'Irak. Tout les ingrédients y
étaient, de la menace des armes de destruction massive au soutien
au terrorisme planétaire en passant par les menaces sur les
libertés et la sécurité du monde libre...
Il faut dire que les néocons n'ont plus qu'une année de pouvoir devant
eux, élection présidentielle US de 2008 oblige. Et si chacun peut mesurer
l'entendue des dégâts provoqués par l'aventure irakienne (augmentation
de la menace terroriste, massacres à grande échelle, menace de guerre
civile et de déstabilisation régionale (cf. Pakistan), les néocons n'appliquent
pas la même grille de lecture et voient encore une possibilité de
victoire en Irak, quand bien même le cercle vertueux espéré par la
démocratisation aux forceps du pays s'est transformé en cercle vicieux. Et
même si ce chaos devait aboutir à la partition
du pays sur fond de sanglante guerre civile, cela réaliserait au moins le
vieil objectif israélien de partition de l'Irak (relire à ce sujet
Stratégie pour Israël dans les années 1980 (Extrait
1 / Extrait 2 /
Extrait
3), le soutien inconditionnel à l'Etat hébreu étant l'une des priorités
des néocons. A cet égard, il est évident que les agendas
israéliens et néocons se superposent désormais à la perfection autour du projet
de remodelage du Moyen-orient. Nous l'avons vu concernant l'Irak et,
concernant l'Iran, il suffit de rappeler les déclarations
d'un ancien chef du Mossad, Shavtaï
Shavit le 1er septembre 2006, affirmant qu'"Israël doit se
préparer à la pire des possibilités, même à une option militaire"
(en
préparation depuis
longtemps d'ailleurs), pour empêcher l’Iran
d’acquérir l’arme nucléaire. On se souvient
aussi qu'en 2003 déjà, le Washington Post
rapportait que le général Sharon avait affirmé
à Doobleyou que l'Iran pourrait avoir la bombe atomique en 2005 (sic...) et, surtout,
qu'il envisageait une attaque préventive contre Téhéran. De son côté,
le magazine allemand Spiegel
(>>L'article
du Ha'aretz) révélait dans le même temps qu'une unité spéciale du Mossad avait déjà
reçu pour mission d'élaborer des plans d'attaques simultanées contre
une demi-douzaine de sites nucléaires dispersés sur le territoire
iranien. Parmi lesquels le réacteur de Bushehr, l'usine de production
d'eau lourde d'Arak, la centrifugeuse de Natanz, la Compagnie nationale
iranienne des métaux d'Ispahan et le Centre de recherches nucléaires
de Rudan. Dans une interview du Times du 5
novembre 2002 et intitulée «Attack
Iran the day Iraq war ends, demands Israel», le général
Sharon avait enfin pressé la communauté internationale d'attaquer
l'Iran dès que le conflit avec l'Irak serait terminé.
L'on voit
donc bien que, à la fois par conviction, ou plutôt aveuglement, et aiguillonnés par Tel Aviv qui pourrait être tenté de
jouer les alliés en rupture de ban en cas d'inaction américaine, les
néocons sont presque contraints à la fuite en avant. Reste à
considérer l'aspect militaire de l'opération. Et là, rien n'est joué.
Car nous l'avons déjà souligné, même si les Etats-Unis ont les moyens
de renvoyer l'Iran à l'âge de pierre, les capacités de riposte de
Téhéran ne sont pas celles de l'Irak, qui fut rappelons-le contrainte de
rendre ses derniers missiles à l'ONU avant l'attaque américaine. L'Iran
dispose de missiles russes modifiés capables d'envoyer par le fond
n'importe quel bâtiment de la Ve flotte US. L'Iran peut contribuer à déstabiliser
un peu plus l'Afghanistan et l'Irak. L'Iran peut bloquer le détroit
d'Ormuz et provoquer une grave crise pétrolière. L'Iran a enfin
théoriquement les moyens d'anéantir purement et simplement le corps
expéditionnaire US englué en Irak. Il existe donc entre Washington et
Téhéran une sorte d'équilibre de la terreur qui devrait empêcher le
pire. Reste à savoir si, face à une administration américaine en pleine
croisade, pressée dans son agenda et donc dangereusement
jusqu'au-boutiste, ces considérations auront un poids quelconque.
* L'objectif
néocons de remodelage du Moyen-Orient est à usages multiples. Il
s'agit d'abord de créer un ensemble économique cohérent dans le plateau
arabo-musulman qui puisse être soumis à la dictature des marchés sans
barrière étatique. Pour cela, il faut renverser les régimes
récalcitrants en leur substituant des pouvoirs amis sous quelque forme
que ce soit mais avec une façade parlementaire pour les rendre
fréquentables. Ensuite, il s'agit de casser les puissances naissantes qui
pourraient devenir un rival militaire d'Israël qui, considéré ici comme
le 51eme Etat américain, doit rester maître absolu en ce domaine dans la
région. Enfin, il s'agit de contrôler les robinets du pétrole soit par
la force, soit au travers de gouvernement inféodés.
- Privatisation
de
la guerre 12/07/2007 Selon
le Los Angeles Times
( >>1
///
>>2), le contingent des milices privées financées par
les Etats-Unis pour dégommer de l’Irakien s’élève désormais à…
180'000 hommes, contre les
160'000 GI officiellement déployés. Le double avantage pour Washington
est de ne pas être contraint de recourir à la conscription alors que le
Pentagone peine déjà à faire tourner sa guerre avec l’effectif
disponible. Surtout, le nombre des mercenaires tués n’a pas à
figurer dans le chiffre des pertes US que l’administration Bush doit
fournir au peuple américain.
La boucherie des neocons Les pertes irakiennes elles, pourraient
approcher du million
de morts, évidemment dans l’écrasante majorité des civils. Le
rêve neocons de démocratisation à coup de flingues du Moyen-Orient
tourne ainsi à la plus épouvantable des boucheries. Heureusement, ces
massacres de masse sont perpétrés au nom du monde libre, pour la liberté
bien sûr, contre la terreur (…), sans quoi ce ne serait tout juste pas
supportable. De leur côté, les neocons.
- Interview
exclusive de Hussein Hajj Hassan 11/04/2007 Pour compléter son
dossier sur le Liban et à l'heure où la crise politique au Pays du
Cèdre est dans l'impasse, principalement parce que les gouvernements
occidentaux s'acharnent à pratiquer la respiration artificielle sur le
cadavre politique que constitue le gouvernement Siniora, Entrefilets
vous propose une interview
exclusive du député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan. Lequel ne
mâche évidemment pas ses mots pour nous dire à quel point la scène politique libanaise est instrumentalisée par les Etats-Unis qui créent
ou alimentent les crises, partout où ils le peuvent, en cherchant à créer
ce fameux "chaos constructif" censée faire naître ce non moins fameux "Nouveau Moyen-Orient".
- Dossier sur le Liban (enrichi le 20 mars) où l'on apprend que:
oui, la guerre de juillet 2006 déclenchée par Israël avait bel et bien
été commanditée par les Américains qui espéraient que l'exode massif
des chiites libanais vers Beyrouth allait provoquer une guerre civile.
Objectif: plonger le Pays du Cèdre dans un nouveau chaos qui aurait
notamment servi, le moment venu, de porte d'entrée locale dans la guerre régionale
(texte enrichi le 20 mars)
rêvée alors par les néocons contre l'Iran et la Syrie. Une thèse
notamment soutenue par un député
franco-libanais du Courant Patriotique Libre, Nabil Nicolas, qui
fait aussi le point sur la situation politique intérieure libanaise et la complète
soumission de l'actuel gouvernement au diktat des Américains. Un
gouvernement qui se livre par ailleurs, à coup de millions, à une propagande
hystérique avec la création d'un véritable
culte autour de la personne pourtant controversée de Rafik Hariri, assassiné en
2005
dans des conditions plutôt obscures...
- où l'on apprend aussi,
dans une longue
interview du général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique
Libre, que c'est précisément son entente avec le Hezbollah qui bloque
les plans américano-israéliens de déclenchement d'une guerre civile au Liban.
Le principal leader de l'opposition s'étonne aussi de constater que sur
les 16 attentats commis au Liban ces dernières années, aucun n'a été
élucidé, ce qui soulève de délicates questions sur leurs réels
commanditaires.
- où l'on apprend enfin que
le chef de la milice chrétienne des Forces Libanaises, Samir
Geagea, condamné 3 fois à la prison à vie pour assassinats et
finalement grâcié (!!!), est l'objet des pires soupçons, considéré
qu'il est par beaucoup comme un agent déstabilisateur à la solde des
Etats-Unis et d'Israël.
Enfin,
il est intéressant de revenir sur un discours prononcé par le
leader du Hezbollah, Cheikh
Hassan Nasrallah, en décembre dernier, et dans lequel il donne sa
version des faits (largement interdite de séjour dans la presse
occidentale) sur les tentatives de déstabilisation du Liban et la
guerre d'agression israélienne de juillet 2006.
-La
militarisation des Etats-Unis fait son chemin 04/10/05 On l'a
deviné depuis longtemps mais c'est désormais quasi officiel, le rêve
des marionnettistes de l'inénarrable Doobleyou est bien de voir l'armée
prendre à peu près tout en charge aux USA, du maintien de l'ordre aux actions humanitaires. La
crise de l'ouragan Katrina a d'ailleurs montré à quel point
le système américaniste est déjà
largement militarisé, l'exemple de La
Nouvelle-Orléans est en cela frappant, et le département
de la Défense a d'ailleurs très finement joué le coup, se profilant
désormais comme l'acteur incontournable de la sécurité continentale aux USA,
dans le domaine
civil comme dans le domaine militaire. Évoquons
aussi pour terminer la militarisation
de l'espace et
celle des villes
américaines.
La démocratisation à coups de flingue comme programme La cheffe
de la "diplomatie" américaine, Condoleezza Rice, n'y va plus
par quatre chemins. Dans un discours à l'université de Princeton (New
Jersey), elle affirme: «Dans un monde où le Mal est encore très réel,
les principes démocratiques doivent avoir le soutien du pouvoir sous
toutes ses formes: politique, économique, culturel et moral et, oui,
militaire parfois . Si vous pensez, comme je le pense et comme
le président (George) Bush le pense aussi, que la cause
profonde du 11 septembre a été l'expression violente d'une idéologie
extrémiste mondiale fondée sur l'oppression et le désespoir du
Moyen-Orient moderne, alors vous devez tenter de supprimer la source même
de ce terrorisme en transformant l'ensemble de la région»
Bon ben au moins c'est clair.
Sauf que, vraiment, l'armée US est la plus mauvaise armée du monde Où l'on apprend que l'armée
US, la plus mauvaise armée du monde selon le mot d'un
diplomate français qui l'a vu combattre au Cambodge, a tiré quelque 900'000
balles par insurgé irakien tué.
Rafic Hariri, mythes
et réalités Si l'assassinat de Rafic Hariri (>>ici
la
version moins conformiste
de Wayne Madsen) a été le
facteur déclenchant d'un retour à la souveraineté libanaise après le
départ des Syriens, il a suscité une idéalisation du personnage qui
nécessite le rappel de
certaines réalités.
05/11/2003 Les Européens placent Israël (minuscule pays de six
millions d'habitants alignant 200 ogives nucléaires (>>1
/ >>2
/ >>3
) et les Etats-Unis
en tête des pays qui constituent une menace pour la paix dans le monde,
selon un vaste
sondage réalisé dans les 15 Etats membres de l'Union européenne.
Avec 59% de sondés qui le désigne comme la principale menace à la
paix mondiale, l'Etat hébreu arrive largement en tête, suivit des
Etats-Unis (53%) qui se retrouve à égalité avec... l'Iran et la Corée
du Nord. L'Irak (52%) n'arrive qu'en cinquième position. Viennent
ensuite l'Afghanistan (50%), le Pakistan (48%), la Syrie (37%), la Libye
et l'Arabie séoudite (toutes deux à 36%). Ce sondage a été réalisé
par téléphone du 8 au 16 octobre par 15 instituts de sondage EOS
Gallup Europe auprès de 7'515 personnes. Sa marge d'erreur est de plus
ou moins quatre points.
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