Etats-Unis - Israël: une affaire de famille
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L'Alliance éternelle pour la
guerre perpétuelle |
(publié dans 24 heures du 12/04/2002)
Depuis 1948, les Etats-Unis et Israël ont
lentement tissé un réseau de liens de plus en plus serrés. Le couple
se crée en 1948, avec la naissance à l'ONU de l'Etat d'Israël,
soutenue par les Etats-Unis. " C'était essentiellement un geste
moral: les blessures de l'Holocauste et le respect pour la communauté
juive américaine ", explique Leon Hadar, spécialiste du
Proche-Orient au Cato Institute, un think tank washingtonnien. En 1956,
le vent se lève. Lors de la cirse de Suez, le président Eisenhower
fait pression sur Israël et ses alliés français et britanniques pour
se retirer du Sinaï. Succès.
Cependant, le retrait progressif des Européens du
Moyen Orient laisse un vide, qui, en pleine guerre froide, ne peut pas
aux yeux des Etats-Unis être comblé par l'Union soviétique. A
l'obligation morale, s'ajoute l'intérêt géostratégique: l'URSS se
rapprochant des pays arabes, les Etats-Unis placent leurs pions en Israël.
La guerre du Kippour en 1973, donne un nouveau coup d'accélérateur à
l'aide américaine: menacé dans son existence, Israël ne doit pas
tomber, estiment les Etats-Unis. L'alliance est scellée.
40 milliards de dons
L'afflux de dollars va croissant. Jusqu'en 1965, les
montants restent modestes: 63 millions de dollars par an, dont 95% de
soutien économique. En 1971, l'aide américaine atteint 2 milliards de
dollars dont les deux tiers en assistance militaire. Aujourd'hui, elle
avoisine les 3 milliard de dollars, dont 2 milliards pour les besoins
militaires. D'ici 2008, l'aide économique devrait tomber à zéro
tandis que l'aide militaire grimpera autour des 2,4 milliards. Parallèlement,
les Etats-Unis ont transformé 40 milliards de dollars de dettes en
dons.
L'ombre des Etats-Unis est aussi la meilleure arme
de dissuasion israélienne: " Sans les Etats-Unis, Israël n'est
rien ", assure Leon Hadar. Inversement, la guerre contre le
terrorisme renforce l'importance d'Israël pour les Etats-Unis. Et à
Washington, les intérêts d'Israël sont défendus par le lobby
pro-Israélien.
Puissant lobby
Le Comité israélo-américain pour les affaires
publiques (AIPAC) est ainsi le lobby non américain le plus puissant des
Etats-Unis. Aux idées conservatrices, il a dès le premier jour
affirmer son soutien à Ariel Sharon et plaide pour une pression accrue
sur Arafat tout en laissant le Premier ministre tranquille. Politique
qui a été suivie par le gouvernement américain jusqu'à la semaine
dernière. La communauté juive américaine, qui a voté à 80% démocrate
en 2000, se dit d'ailleurs " agréablement surprise " par la
politique de Bush en général.
Washington / Anne-Muriel Brouet
Israël,
plus gros bénéficiaire de l'aide américaine
Selon une dépêche 'AFP du 21 avril 2002, Israël a été depuis 1976
le principal bénéficiaire de l'aide étrangère annuelle des
Etats-Unis et a été le pays ayant reçu l'assistance cumulée la plus
importante de Washington depuis la Deuxième guerre mondiale, selon un
rapport publié dimanche par le service de recherches du Congrès.
Pour l'année budgétaire en cours,
l'administration du président George W. Bush a demandé 2,04 milliards
de dollars en aide militaire, 720 millions en assistance économique et
60 millions pour l'installation des immigrants, précise ce rapport.
Depuis un accord de 1983, Les Etats-Unis
et Israël collaborent dans différents secteurs militaires, avec des
manoeuvres communes ou la mise au point d'armes.
Washington a ainsi fourni à Israël 625
millions de dollars pour développer et déployer le missile
anti-missile Arrow, 1,3 milliard pour la mise au point de l'avion Lavi,
200 millions pour construire le char d'assaut Merkava et 130 millions de
dollars pour réaliser un système laser anti-missile, note l'étude du
Congrès.
Les Etats-Unis est également le premier
partenaire économique d'Israël. En l'an 2000, les échanges entre les
deux pays ont totalisé quelque 20,8 milliards de dollars, selon les
statistiques américaines.
Les principales exportations américaines
vers Israël consistent en matériel électronique, pièces d'avions et
autres équipements militaires, blé et automobiles. De son côté, l'Etat
hébreu exporte notamment vers les Etats-Unis des diamants, des bijoux,
des circuits intégrés et des équipements de télécommunications.