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Etats-Unis - Israël: une affaire de famille

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L'Alliance éternelle pour la guerre perpétuelle
11/09/2002 Les commémorations du 11 septembre auront été l'occasion, pour le couple américano-israélien, de réaffirmer l'Alliance éternelle qui unit les deux pays dans leur pseudo lutte contre le terrorisme: même vision du monde, même objectifs de guerre.
En préambule, une perle du général Sharon:
Sharon: «Nous, en Israël, nous luttons contre le terrorisme depuis plus d'un siècle» 11/09/2002 «Le président américain George W. Bush mène la lutte contre le mal et le terrorisme pour préserver les valeurs démocratiques. Nous, en Israël, nous luttons contre le terrorisme depuis plus d'un siècle», a déclaré le premier ministre israélien lors des commémorations du 11 septembre. Pour un état créé en 1948 et qui occupe illégalement depuis 35 ans des territoires palestiniens soumis à la violence, l'oppression et l'apartheid, il fallait oser...
A bas la pensée unique Puis c'est le couplet sur l'axe du Mal, version Sharon, avec, en préambule, une vibrante déclaration d'allégeance: «Nous sommes aux côtés des Américains. Nous n'oublierons pas. C'est notre devoir historique, c'est notre devoir pour la vie et pour les générations futures» (...) «Tout le monde éclairé comprend qu'il n'y a pas de bon et de mauvais terrorisme, et que le terrorisme de Ben Laden, du Hamas, du Tanzim (organisations palestiniennes), du Hezbollah (chiite libanais), de Saddam Hussein et de l'Iran, tous font partie du même axe du Mal qui menace la paix et la stabilité du monde.» Dans la foulée, le premier ministre a alors accusé l'Iran, l'Irak et la Libye de soutenir le terrorisme et de vouloir se doter de l'arme nucléaire, reprenant ainsi à son compte la réthorique guerrière de W. Bush dans son discours sur l'Etat de l'Union de janvier 2002.
En écho, Bush Jr. a évidemment renouvelé quant à lui, à Washington, sa promesse de gagner à tout prix, et surtout celui du sang irakien, sa guerre contre le terrorisme:  «Nous renouvelons notre engagement de gagner la guerre qui a commencé ici», a notamment déclaré le président étasunien, ajoutant que les attentats perpétrés avaient déclenché «la première grande lutte du nouveau siècle». Et que bien sûr malgré les progrès réalisés dans la lutte contre Al-Qaïda, «beaucoup de choses restent à faire».
A noter que la notion de «première grande lutte du nouveau siècle» avait déjà été développée récemment par... Ehud Barak, l'ancien premier ministre israélien, en juillet dernier: «Le premier chapitre de la guerre, l'Afghanistan, s'achève. L'étape suivante, c'est l'Irak, et ensuite l'Iran. Nous devons gagner la première guerre mondiale du XXIe siècle. Ce ne sera pas une simple guerre. Ce sera un marathon.» (AFP, Sofia, 11 juillet 2002). Dans l'ordre nous avons donc Sharon qui plagie Bush et Bush qui plagie Barak. On tourne un peu en rond, non?

(publié dans 24 heures du 12/04/2002)

Depuis 1948, les Etats-Unis et Israël ont lentement tissé un réseau de liens de plus en plus serrés. Le couple se crée en 1948, avec la naissance à l'ONU de l'Etat d'Israël, soutenue par les Etats-Unis. " C'était essentiellement un geste moral: les blessures de l'Holocauste et le respect pour la communauté juive américaine ", explique Leon Hadar, spécialiste du Proche-Orient au Cato Institute, un think tank washingtonnien. En 1956, le vent se lève. Lors de la cirse de Suez, le président Eisenhower fait pression sur Israël et ses alliés français et britanniques pour se retirer du Sinaï. Succès.
Cependant, le retrait progressif des Européens du Moyen Orient laisse un vide, qui, en pleine guerre froide, ne peut pas aux yeux des Etats-Unis être comblé par l'Union soviétique. A l'obligation morale, s'ajoute l'intérêt géostratégique: l'URSS se rapprochant des pays arabes, les Etats-Unis placent leurs pions en Israël. La guerre du Kippour en 1973, donne un nouveau coup d'accélérateur à l'aide américaine: menacé dans son existence, Israël ne doit pas tomber, estiment les Etats-Unis. L'alliance est scellée.

40 milliards de dons
L'afflux de dollars va croissant. Jusqu'en 1965, les montants restent modestes: 63 millions de dollars par an, dont 95% de soutien économique. En 1971, l'aide américaine atteint 2 milliards de dollars dont les deux tiers en assistance militaire. Aujourd'hui, elle avoisine les 3 milliard de dollars, dont 2 milliards pour les besoins militaires. D'ici 2008, l'aide économique devrait tomber à zéro tandis que l'aide militaire grimpera autour des 2,4 milliards. Parallèlement, les Etats-Unis ont transformé 40 milliards de dollars de dettes en dons.
L'ombre des Etats-Unis est aussi la meilleure arme de dissuasion israélienne: " Sans les Etats-Unis, Israël n'est rien ", assure Leon Hadar. Inversement, la guerre contre le terrorisme renforce l'importance d'Israël pour les Etats-Unis. Et à Washington, les intérêts d'Israël sont défendus par le lobby pro-Israélien.

Puissant lobby
Le Comité israélo-américain pour les affaires publiques (AIPAC) est ainsi le lobby non américain le plus puissant des Etats-Unis. Aux idées conservatrices, il a dès le premier jour affirmer son soutien à Ariel Sharon et plaide pour une pression accrue sur Arafat tout en laissant le Premier ministre tranquille. Politique qui a été suivie par le gouvernement américain jusqu'à la semaine dernière. La communauté juive américaine, qui a voté à 80% démocrate en 2000, se dit d'ailleurs " agréablement surprise " par la politique de Bush en général.
Washington / Anne-Muriel Brouet

Israël, plus gros bénéficiaire de l'aide américaine
Selon une dépêche 'AFP du 21 avril 2002, Israël a été depuis 1976 le principal bénéficiaire de l'aide étrangère annuelle des Etats-Unis et a été le pays ayant reçu l'assistance cumulée la plus importante de Washington depuis la Deuxième guerre mondiale, selon un rapport publié dimanche par le service de recherches du Congrès.
Pour l'année budgétaire en cours, l'administration du président George W. Bush a demandé 2,04 milliards de dollars en aide militaire, 720 millions en assistance économique et 60 millions pour l'installation des immigrants, précise ce rapport.
Depuis un accord de 1983, Les Etats-Unis et Israël collaborent dans différents secteurs militaires, avec des manoeuvres communes ou la mise au point d'armes.
Washington a ainsi fourni à Israël 625 millions de dollars pour développer et déployer le missile anti-missile Arrow, 1,3 milliard pour la mise au point de l'avion Lavi, 200 millions pour construire le char d'assaut Merkava et 130 millions de dollars pour réaliser un système laser anti-missile, note l'étude du Congrès.
Les Etats-Unis est également le premier partenaire économique d'Israël. En l'an 2000, les échanges entre les deux pays ont totalisé quelque 20,8 milliards de dollars, selon les statistiques américaines.
Les principales exportations américaines vers Israël consistent en matériel électronique, pièces d'avions et autres équipements militaires, blé et automobiles. De son côté, l'Etat hébreu exporte notamment vers les Etats-Unis des diamants, des bijoux, des circuits intégrés et des équipements de télécommunications.