Israël va-t-il rayer l’iran de la carte  ?

17/02/2012 La chose semble entendue. A en croire la grande presse du Bloc de l’Ouest, l’entité sioniste devrait bientôt attaquer l’Iran pour «éviter une nouvelle Shoah» (sic). Depuis quelques jours, c’est même la montée aux extrêmes entre les deux pays.
Tel Aviv a accusé Téhéran d’avoir commandité les récentes attaques visant ses diplomates à Tbilissi, New Dehli et Bangkok. Dans un moment d’exaltation si typique des personnalités maniaco-dépressives, Netanyahou a alors accusé l’Iran d’être «le plus grand exportateur de terrorisme au monde et de menacer l'équilibre mondial» (sic), affirmant ensuite avec le même lyrisme que le régime iranien «violait toutes les règles», et n’avait «absolument aucun respect pour les normes internationales».
Apprécions d’emblée tout le sel de la chose venant d’un pays qui n’a jamais respecté la moindre résolution onusienne et qui a développé illégalement un puissant arsenal nucléaire.
Bien sûr, Netanyahou oublie de mentionner que ses unités d’assassins ont exécutés au moins 5 scientifiques iraniens ces derniers mois, sans parler des multiples cybers-attaques lancées contre les installations perses.
Avec la délicatesse de violette qu’on lui connaît, l’entité sioniste appelle cela «tondre le gazon».
Dans le jargon militaire, on appelle ça «verser le premier sang», chose qui, moralement et juridiquement d’ailleurs, légitime la riposte.

Zombie-land «embedded»
Dans la presse-Système, on spécule sur les dates de l’attaque israélienne ; on évalue les chances de succès de telle ou telle tactique bref, on se prépare et on prépare les esprits alors que la question de la légitimité éventuelle d’une telle opération reste marginale. Or une telle opération, soit dit en passant, pourrait tout de même déboucher sur une guerre de dimension régionale ; provoquer un face à face très risqué entre le Bloc de l’Ouest, la Chine et la Russie , le tout sur fond de choc pétrolier après blocage du détroit d’Ormuz.
Mais au fond, qu’importe. Dans les esprits zombifiés de la sous-culture journalistique du Système, le
gentil- peuple-persécuté-depuis-dix-milliards-d’années a le droit absolu d’attaquer pour se défendre, quand bien même il n’est pas vraiment menacé. Et tant pis si tout cela peut conduire à un embrasement généralisé – C’est une question de principe, diantre ! Et les principes, ça nous connaît ! Nous sommes les représentants du monde libre tout de même !–
Enfin bref, la bouillie pour les chats habituelle donc, avec comme postulat de base qu’on ne saurait de toute façon soupçonner les boucheries sionistes passées ou à venir d’être autre chose que vertueuses.
Question de principe, vous dis-je !

Une si dangereuse victime
Dans les faits pourtant, c'est-à-dire hors les fantasmes et les manipulations de la presse-Système, aucune preuve n’est jamais venue étayer l’hypothèse d’une militarisation du programme nucléaire iranien.
Dans les faits, hormis des gesticulations anti-sionistes à usage interne, Téhéran n’a jamais eu l’intention de rayer Israël de la carte, menace qu’il n’a d’ailleurs jamais proférée.
Dans les faits, L’Iran est signataire du TNP qui lui donne le droit de développer un nucléaire civil.
Dans les faits, L’Iran est à des années lumières de développer une bombe.
Dans les faits, Israël n’est pas signataire du TNP.
Dans les faits, Israël a toujours refusé que des inspecteurs de l’AIEA visitent ses installations.
Dans les faits, Israël pointe illégalement quelque 200 à 300 ogives nucléaires sur ses voisins arabes, arsenal développé en toute illégalité et sans aucun contrôle.
Dans les faits, le seul pays qui fait peser une véritable menace nucléaire au Moyen-Orient est l’entité sioniste.

L’hystérie guerrière comme réflexe post-mortem
Toute cette affaire se situe donc dans un champ qui n’a rien à voir, ou si peu, avec les faits justement.
La crise Iran vs Israël s’inscrit en réalité dans l’immense crise de fin de règne du Bloc de l’Ouest, dont l’entité sioniste n’est qu’une excroissance. Une excroissance avec son propre agenda, et dont la singularité, résumée par le triptyque paranoïa-impunité-inculpabilité,  lui confère une liberté de manœuvre particulièrement inquiétante.
L’hystérie israélienne vis-à-vis de l’Iran, même si elle déborde parfois le Bloc par la droite, n’est ainsi que le prolongement naturel de l’hystérie atlantiste dont elle se nourrit, et qu’elle nourrit à son tour, hystérie judicieusement dénoncée d’ailleurs par le ministre russe des Affaires étrangère, Sergueï Lavrov, après le double veto russo-chinois à l’ONU dans l’affaire syrienne (
lire les commentaires des différents pays après le vote de la résolution (ici l'actu et un rapport intéressant là).
Au final, tout cela procède de l’emballement général du Système pour tenter de maintenir à flots un hyper-Titanic atlantiste en plein naufrage.
L’hystérie guerrière comme réflexe post-mortem en somme.