Montage en Syrie : le Bloc repart à l’offensive

14/06/2013 Le 6 mai dernier, Carla del Ponte, membre de la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie, avait été on ne peut plus claire en affirmant que les rebelles, et non le régime de Damas, avait utilisé des armes chimiques : «Nous avons rassemblé des témoignages qui laissent apparaître que certaines armes chimiques ont été utilisées, en particulier du gaz innervant, et ce qui apparaît dans notre enquête c’est que ces gaz ont été utilisés par les opposants, les rebelles.»
Aujourd’hui, grâce au montage grandiloquent orchestré par la France avec l’aide zélée de l’inénarrable quotidien Le Monde (transformé en
officine de barbouzes pour l’occasion), c’est le régime seul que l’on accuse désormais. C’est donc reparti de plus belle avec les projets d’armement des rebelles bisounours de la pseudo révolution, de zones d’exclusions aériennes, avec l’Oncle Sam en renforts. Bref, rien de nouveau sous le soleil atlantiste. On use jusqu’à la corde les vieilles ficelles (cf. l’Irak) pour tenter de donner un coup de fouet à un projet de désintégration de la Syrie qui, mis en échec depuis 2 ans, commence en effet à avoir du plomb dans l’aile.

Qousseir, opération de légitime défense
Le facteur déclenchant de cette nouvelle offensive aura été sans conteste la bataille de Qousseir, où le régime de Damas, appuyé par le Hezbollah libanais, a réussi à écraser les coupe-jarrets islamistes de la rébellion qui occupaient cette ville située à une dizaine de kilomètres seulement du Pays du Cèdre. Une
victoire stratégique qui a donné des sueurs froides aux tenants occidentaux du pourrissement.
Bien sûr, les journaleux bobo-altantistes qui forment le gros des troupes de la presse-Système n’ont pas manqué de pousser des cris d’orfraie en apprenant que le Hezbollah avait prêté main forte au régime de Damas. C’est que pour ces esprits formatés, le Hezbollah, c’est les méchants, comme Bachar, comme l’Iran etc.. etc.. etc… C’est si bon les clichés… Sauf que les
gangs d’assassins du Front al-Nosra qui occupaient Qousseir commençaient à représenter une menace existentielle pour le Pays du Cèdre. Des takfiristes syriens menaient ainsi de plus en plus d’incursions au Liban depuis Qousseir. Début mai, des combattants du Hezbollah ont même éliminé un groupe qui s’était introduit au Liban pour y installer un canon de 120 mm menaçant la ville de Baalbeck. Quelques jours plus tard, des jihadistes du Front al-Nosra étaient descendus à Beyrouth avec leurs drapeaux et leurs armes dans un quartier chiite de la capitale, provoquant des troubles et contraignant l’armée à intervenir pour éviter l’escalade.
Parallèlement, la Sécurité générale libanaise a arrêté et démantelé une cellule terroriste liées aux gangs de Qousseir mais qui s’était installé au Liban pour y planifier des attentats et assassinats.
Bref, ne demandons pas aux bobo-atlantistes endoctrinés du Monde ou de Libé de s’attacher aux faits mais, pour ce qui nous concerne, nous rangeons la participation du Hezbollah à la bataille de Qousseir dans la catégorie des opérations de légitime défense face à la racaille islamiste sponsorisée par le Bloc en Syrie.
Comme le rappelle Scarlett Haddad dans
l’un de ses derniers éclairages, le Front al-Nosra et affiliés sont «directement financés par les pays du Golfe (les relais du Bloc pour la logistique de l’opération syrienne donc) qui versent des salaires élevés à leurs recrues, pouvant aller jusqu’à 4000 dollars par mois». En plus de ce salaire mensuel mirobolant, ces coupe-jarrets sont autorisés à grands coups de fatwas complaisantes à «réquisitionner» les biens de l’ennemi, ou même à «violer les femmes et les enfants».
Décidément,
le Bloc sait toujours choisir ses alliés

L’improbable intervention directe du Bloc ?
Alors bien sûr, la question d’une intervention directe du Bloc, type Irak, reste toujours ouverte. Et la récente poussée de fièvre liée au montage grotesque des Français sur les armes chimiques syriennes plaide en ce sens.
Les objectifs de guerre n’ont en effet pas changé.
Le Bloc atlantiste entend toujours briser le dernier axe de résistance à la domination occidentale au Moyen-Orient que forment l’Iran, la Syrie, une partie du Liban (Hezbollah) et de la Palestine (Hamas). Les opérations menées en Syrie visent ainsi à noyauter Damas et le Hezbollah, pour limiter les possibilités de riposte de Téhéran, qui reste l’objectif final.
Seulement voilà, comme on le sait, les Russes, soutenus par les Chinois, forment l’autre versant de l’affaire, jouant efficacement un rôle de contre-mesures à l’offensive sous-traitée par le Bloc atlantiste aux djihadistes en Syrie.
A l’heure où l’Occident reste encagé dans une crise économique systémique qui le conduit inexorablement à la banqueroute, on le voit mal se lancer dans une aventure militaire coûteuse et à l’issue incertaine. Il est plus probable qu’il poursuivre ainsi sa stratégie de pourrissement en inondant, de plus en plus officiellement, le pays d’armements de plus en plus sophistiqués.
Armement qui, tôt ou tard, l’exemple afghan est là pour le prouver, se retournera contre lui.
Décidément, le Bloc sait toujours choisir ses stratégies…

PS : la pause printanière d'entrefilets prend donc fin aujourd’hui, et nous vous préparons quelques digressions sortant du champ habituel de nos préoccupations. À bientôt donc…