Crimes de guerre à Naplouse
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Communiqué de presse signé de la direction Centre de la Paix de Bethléem Publié en anglais dans le numéro de juin de This
week in Palestine Ce qui s’est passé dans le Centre dénoncent une arrogance, une violence, une insolence inimaginables et un manque de respect absolu pour la société civile et la dignité humaine. Il y a assurément eu des comportements fous et violents. Le directeur du Centre est entré sur les lieux le vendredi 10 mai au soir. En moins d’une heure, des diplomates du Consulat général suédois de Jérusalem l’ont rejoint. Ils découvrirent une scène de complète dévastation, inexplicable et inexcusable même dans les circonstances d’une occupation militaire. Il ne s’agissait assurément pas de traces laissées par une armée civilisée. Alors que la structure du bâtiment même a été laissée en grande partie intacte, l’intérieur a été détérioré de toutes les manières possibles. Le Centre, cadeau de la Suède à Bethlehem et dédié à la promotion de la paix, de la démocratie, de la tolérance face aux différentes cultures et religions, était couvert d’un mélange de saletés, de bière, de vin, d'urine, d'œufs, de pourritures et de café et de thé renversés. Dans les toilettes, il y avait des excréments et des vomissures sur les cuvettes, sur le sol et contre les murs. Dons humanitaires pillés La cuisine, qui venait d’être installée et n’avait jamais été utilisée, était souillée jusqu’à la rendre méconnaissable d'une couche d’huile, de saleté et de poussière jusqu’au genou avec des jaunes d’œufs coulant le long des murs et sur le sol. Les réserves de nourritures, acquises grâce à des dons humanitaires et prévues pour la distribution aux nécessiteux, ont été totalement pillées. Il y avait des aliments en décomposition et des boissons partout, sur les tables, le sol, les murs et sur les plafonds. Les galeries ont apparemment été utilisées pour tirer et faire la fête. Il y avait les signes de beuveries à la bière et au vin partout. Une véritable montagne de douilles sur le sol de la galerie faisant face à l’Eglise de la Nativité parle d’elle-même. Des photographies d’une exposition sur l’architecture palestinienne ont été utilisées pour couvrir les fenêtre afin de protéger les soldats des balles. Joseph, pris d’une Crèche de Hong-Kong en exposition, a servi de leurre dans une fenêtre et a perdu sa tête. Vols massifs L’ascenseur a été détruit, tout comme plus de 25 voitures parquées dans le garage du Centre. Le vol a aussi largement sévit. La liste comprend au moins 7 ordinateurs et imprimantes, des fac-similés, un photocopieur, tous les téléphones du bâtiment, un destructeur de documents, deux scanners, un projecteur vidéo, un DVD, un magnétoscope, deux téléviseurs, deux projecteurs à diapositives, deux tables de mixage, des lecteurs CD, des microphones et une caméra digitale. Des outils et des pièces détachées ont été volés de l’entrepôt. De nombreux fichiers officiels et affaires personnelles ont été dérobés. La somme pour que le Centre retrouve l’état dans lequel il se trouvait au 1er avril, s’élève approximativement à 200,000 US$ et prendra des semaines, si ce n’est des mois à être réunie. Ceci sans compter les voitures du garage. A ce jour, Israël insiste sur le fait que les actes de pillage et de vandalisme sont des incidents rares et isolés, perpétrés par des membres exceptionnellement criminels et individuels de l’armée. L’étendue des dégâts et le fait que le Centre a servi de quartier général à l’armée israélienne durant 38 jours réfutent les démentis d’Israël. Cela prouve sans l’ombre d’un doute que la destruction de la société civile palestinienne et le pillage étaient non seulement tolérés par l’armée mais qu’ils étaient orchestrés par les plus hauts dignitaires de l’armée et qu’ils était en fait un des objectifs de l'Opération mur de protection. La direction Centre de la Paix de Bethléem |
La première enquête d'ONG internationales menée à Naplouse parle
d'infractions "qualifiables de crimes de guerre"
Dépêche AFP du 3 juillet 2002
Israël s'est rendu coupable, lors de son opération militaire d'avril à
Naplouse (Cisjordanie), d'"infractions graves du droit international
humanitaire et des droits de l'homme", indiquait hier un rapport de deux
ONG après une mission d'enquête sur place. "D'après le Statut de la Cour
pénale internationale, ces infractions sont qualifiables de crimes de
guerre", souligne le rapport de la Fédération internationale des ligues
des droits de l'Homme (FIDH) et de Médecins du Monde (MDM), qui préconise la
"mise en place d'une force internationale de protection".
Ce constat a été établi après une mission d'enquête dans l'agglomération
de Naplouse, depuis l'Opération "Mur de protection" menée du 3 au 22
avril. Cette mission - composée d'un médecin et de deux juristes - s'est
rendue sur place du 28 avril au 5 mai, constitue "la première enquête
d'ONG internationales", souligne le rapport. " La mission a notamment
pu constater de nombreuses violations de la IVe Convention de Genève relative
à la protection des personnes civiles en temps de guerre, ratifiée par Israël:
entraves à l'accès aux soins; mauvais traitements infligés à des blessés;
atteintes à la vie et à l'intégrité corporelle des personnes protégées (délibérées
ou conséquence d'un usage indiscriminé et disproportionné de la force);
atteintes à la dignité des personnes, traitements humiliants et dégradants;
utilisation de boucliers humains", souligne le rapport.
Située à 60 km au nord de Jérusalem, l'agglomération de Naplouse, qui
comprend les villages périphériques et 3 camps de réfugiés, est considérée
comme la première de Cisjordanie par l'importance de sa population estimée à
quelque 200.000 habitants.
"La mission, poursuit le texte, a également relevé que l'armée israélienne
a procédé à Naplouse à des arrestations massives et arbitraires. Les
conditions de détention et le traitement des détenus sont apparues bien en deçà
des règles du droit international humanitaire et des dispositions de la
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants".
L'opération israélienne, qui a duré 19 jours, a fait 89 morts, 289 blessés
et des centaines de personnes interpellées, précise le rapport citant la
mairie de Naplouse, ville autonome depuis 1995.
De plus, "la destruction de biens mobiliers et immobiliers ainsi que
d'autres actes perpétrés par l'armée israélienne équivalent à des peines
collectives, proscrites par le droit international humanitaire".
L'épais rapport établit une chronologie détaillée, et rassemble un grand
nombre de témoignages recueillis auprès des victimes, de la population civile,
de diplomates étrangers, du CICR et des forces armées israéliennes.
La FIDH et MDM "considèrent que la responsabilité internationale de
l'Etat d'Israël est engagée du fait des violations du droit des conflits armés
commises par les membres de ses forces armées à Naplouse et que l'Etat d'Israël
devra réparer les conséquences de ses actes".
"Par ailleurs, certains faits, dont ceux constitutifs des crimes de guerre,
sont des infractions pénales internationales dont les auteurs, co-auteurs et
complices doivent répondre individuellement", ajoute le rapport