Obama :
la fin des illusions 09/12/09 Barak Hussein Obama est le président
le plus glamour de l’histoire américaine depuis JFK. Malheureusement, il
semble bien qu’il ne sera que cela. A entrefilets,
nous avons cru un moment qu’il serait un Gorbatchev américain. Qu’il avait
l’étoffe pour changer les choses, opérer cette sorte de démolition contrôlée
du système américaniste qui conduit le monde, et les Etats-Unis au premier
chef, à la ruine. Il n’en sera rien. Après avoir été poussé
dans les cordes par le système, BHO s’est couché. C’est terrible
pour les Etats-Unis, pas vraiment pour le Rest of the World (ROW).
La décision du prix Nobel de la paix 2009 d’envoyer 30'000 GI supplémentaires
dans le bourbier d’une guerre afghane totalement dépourvue de sens ou de
justification est l’élément qui, à notre sens, marque la fin des illusions
sur les capacités de BHO à affronter le système. Bien sûr, BHO a assorti sa
décision d’une date butoir pour un hypothétique retrait des troupes US
d’Afghanistan. Mais qui se soucie d’un vœu pieu, sorte de baroud
d’honneur d’un président qui tient à nous dire, de manière détournée,
qu’il se soumet à son corps défendant. Qu’il ne voulait pas cette guerre
mais qu’il est obligé de la mener et qu’au moins, il tient à la limiter
dans le temps. Gesticulation sympathique mais dérisoire dirons-nous, tant il
est naïf, ou malhonnête, de vouloir faire croire que l’on peut décider
du jour de la fin d’une guerre à l’heure où on la lance. Courte et joyeuse donc ?
Allons bon, d’autres ont essayé, passons.
Dans les faits, le président américain a cédé à la pression des généraux ;
à la pression du complexe militaro-industriel, à la pression d’un système
américaniste désormais en
roue-libre, où personne et tout le monde est aux commandes à la fois,
aujourd’hui les généraux,
hier
Wall Street, demain sans doute les lobbies pro-israéliens,
et BHO au milieu, incarnation désemparée mais toujours glamour de
l’impuissance flamboyante.
Que de vide à remplir dans les temps qui viennent pour l’homme le plus
inutilement puissant de la planète !
Que d’opportunités à saisir pour tous les lobbies, multinationales et
sous-groupes plus ou moins mafieux du système qui disposent dès lors des
capacités de nuisances encore féroces d’un pouvoir washingtonien désormais
corvéable à merci, jusqu’à extinction des feux au moins.
BHO est-il un lâche ? Est-il juste aveugle ? N’est-il dès le début
qu’une marionnette du système ? Un charmeur destiné à redonner un
visage fréquentable à une Amérique salie par le règne sanglant des néocons ?
Ces questions resteront sans réponse, et cela n’a finalement aucune
importance.
Un président digne de ce nom ne s’appartient pas. Il EST sa fonction et, en
tant que tel, se doit de placer le bien commun au-dessus de toutes autres considérations,
quelles qu’en soient les conséquences pour lui-même, son parti, sa réputation,
les sondages.
Or, à observer la chose froidement et sans parti pris, il est clair que pour éviter
à son pays un effondrement de type soviétique, pour le bien commun des étasuniens
donc, BHO avait le devoir d’affronter le système, de le mettre au pas, de le
corriger, de le réformer, de le faire plier, imposant pour cela des décisions
spectaculaires, même si potentiellement dangereuses pour son intégrité
physique (cf. JFK).
En renonçant au combat, BHO a rejoint la multitude des responsables politiques
de notre temps auxquels le courage fait défaut aux heures décisives. La fin
des illusions donc.
Bien sûr, la déception dans cette affaire est avant tout question de point de
vue. Car vu du ROW, la chose est loin d’être dramatique. L’envoi des
troupes US en Afghanistan marque une rupture salutaire qui nous impose un retour
aux réalités. L’espoir suscité par la fougue de ce jeune président au
sourire étincelant avait en effet, en la matière, tendance à suspendre notre
réflexion entre différents possibles, dans le champ des illusions en fait. Le
retour à la
réalité, c’est le retour à l’inéluctabilité de l’effondrement
d’un système
nihiliste, pervers à l’extrême et enfermé dans ses contradictions.
Effondrement qui ne sera donc pas contrôlé ; effondrement que la dérobade
face aux généraux ne fera qu’accélérer, et qu’aucune main invisible ne
viendra plus empêcher.
Parti en vrille depuis plus d’un an sur le plan financier, le système
américaniste va donc poursuivre son déclin, sa marche presque joyeuse (et
courte ?) vers l’autodestruction dans l’illustration parfaite d’une
fuite en avant sans exemple. Incontestablement, la non-guerre afghane accélérera
le rythme des choses. Alors, l’Afghanistan: fossoyeur d’un deuxième empire ?
L’ironie de l’Histoire est décidément sans limites.