Liban 1989-1991

Cette période charnière qui, après quinze ans de guerre, vit le peuple libanais se soulever contre les occupations syrienne et israélienne dans un dernier sursaut pour réclamer son droit à disposer de lui-même. Mais d'autres cieux se couvraient. Et l'élan fut brisé le jour où les Libanais comprirent que la communauté internationale les avait vendus à la Syrie, en échange de son soutien à l'opération Tempête du désert contre l'Irak.
Tout allait basculé un 13 octobre 1990. La chasse syrienne avait reçu l'inconcevable autorisation de survoler Beyrouth; de la part des Américains d'abord, chef de fil de la coalition, et puis d'Israël surtout. Les avions syriens bombardèrent le palais de Baabda en ravageant toutes les collines allentours pendant qu'un pillonage d'artillerie sans précédent noyait l'enclave du Général Aoun sous le feu. Puis les blindés et les troupes arrivèrent. La résistance fut d'abord héroïque, puis inutile. Au soir, le drapeau syrien flottait sur Beyrouth et les massacres avaient été à la hauteur de toutes les attentes.
Quatre mois plus tard, la coalition internationale pouvait frapper Saddam Hussein. Pendant plus de dix ans, et dans l'indifférence quasi générale, la population irakienne fut alors quotidiennement frappée par une arme biologique d'autant plus puissante qu'elle ne disait pas son nom: la privation. Bilan, plus d'un million de morts, dont une majorité d'enfants.
Mais au moins, le monde libre contrôlait désormais les robinets du pétrole.
Le Liban n'avait pas pesé lourd dans la balance.