Accueil



Maternité Al-Alwiya, Bagdad, 1998

Dossier irakien de l 'ONU

«Le pétrole est une chose trop sérieuse pour qu'on la laisse aux Arabes.»
Henry Kissinger

«Ce fut un choix très difficile», répondit la secrétaire d'Etat, Madeleine Albright, en 1996, lors d'un programme télévisé national, quand on lui demanda ses réactions au meurtre (du fait de l'embargo) d'un demi-million d'enfants irakiens en cinq ans, mais «nous pensons que cela vaut la peine de payer ce prix».
source:
Le monde dipolmatique - Mai 1999, p. 4-5

Actualité 

Éclairage

- La chute de Saddam Hussein:
juste un bénéfice collatéral
10/04/2003 A l'heure où les forces d'occupation anglo-saxonnes jubilent en affirmant avoir «libéré l'Irak» après trois semaines d'un jeu de massacre électronique juste monstrueux, il faut souligner que la chute de Saddam Hussein n'est, en fait, qu'un bénéfice collatéral dans une guerre illégale décidée pour de toutes autres raisons. Ainsi, rappelons que les prétextes successivement invoqués pour justifier cette guerre ont été, dans l'ordre de leur apparition à l'écran de fumée britannico-étasunien:
1. Des liens supposés entre Bagdad et Al-Qaïda. Inventés de toutes pièces, ils n'ont jamais pu être démontrés.
2. Les armes de destruction massive qu'aurait continué à produire l'Irak. Là encore, aucune preuve n'a pu être fournie et c'est face à ce nouveau fiasco que la coalition anglo-saxonne a ensuite déplacé le débat sur le terrain moral en présentant, comme objectif de guerre, la nécessité d'un renversement du régime dictatorial et cruel de Saddam Hussein.
A ceux qui voient, aujourd'hui, la justification ultime de cette invasion dans la joie d'Irakiens forcément heureux d'être débarrassé d'un tyran (surtout après douze ans d'un embargo si sauvage qu'il extermina 1,5 million d'entre-eux par l'arme biologique de la privation), nous rappelons qu'aux milliers de cadavres laissés sur le champ de bataille s'ajoutent ceux du Droit international d'abord, et de l'ONU ensuite en tant qu'organe crédible de régulation des relations entre les États. Cette guerre signifie ainsi l'avènement de l'Empire étasunien, en tant que nouvelle «source du Droit», désormais habilité à renverser les régimes qu'il voudra pour, sous prétexte de lutte anti-terroriste ou de moralisation du monde, étendre en fait son influence, notamment son emprise sur les ressources énergétiques de la planète (outre sa situation stratégique, l'Irak est le seul pays du monde a posséder des gisements géants non encore exploités).
Comme le relevait mercredi dans le quotidien madrilène El Pais le chef des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix, «cette guerre signifie [aussi] la fin du désarmement pacifique.» Et de citer l'exemple de la Corée-du-Nord qui a «déjà annoncé qu'elle n'accepterait pas la venue d'inspecteurs sur son sol, sachant qu'elle serait attaquée après
Et l'Irak n'est qu'une étape dans le grand dessein de remodelage complet du Moyen-Orient  (>>1 / >>2 / >>3) de l'administration Bush. Avec, peut-être, des centaines de milliers de morts supplémentaires à la clé. Reprenant à son compte le credo des pires tyrans qu'ait connu la planète, le gouvernement Bush prétend en effet faire le bonheur du monde malgré lui, à coups de flingue, pour imposer au final à la planète des régimes de type oligarchique mais qui, pour peu qu'ils se parent d'une façade parlementaire et accepte la dictature des marchés, pourront bien continuer à torturer leurs opposants dans leurs caves.
La prochaine cible est déjà toute désignée: la Syrie, puissance occupante du Liban
Reprenant un refrain d'abord entonné par Sharon, Powell, Rumsfeld et Wolfowitz ont ainsi tour à tour accusé Damas d'abriter... les pseudo armes de destruction massive irakiennes, dans une menace à peine voilée d'intervention. Notons au passage l'hypocrisie par laquelle procède le cabinet Bush dans le volet syrien. Car aujourd'hui, les super-faucons qui réclament, à juste titre d'ailleurs, la fin de l'occupation du Liban, sont très exactement les mêmes (Powell, Cheney, The Bush family) qui, le 13 octobre 1990, ont donné leur feu vert à Damas pour envahir le Pays des Cèdres. Il s'agissait, alors, de se garantir la passivité de la Syrie durant... la première guerre du Golfe. 
Et tournent les têtes, et tournent les canons.


- Victoire totale de l'Empire? 22/05/2003 C'est fait. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution britannico-étasunienne réclamant la levée de sanctions sur l'Irak (14 voix pour, abstention de la Syrie). L'adoption de la résolution 1483 placera ainsi dans six mois, au terme du programme Pétrole contre nourriture, les revenus pétroliers irakiens sous supervision des puissances occupantes, officiellement pour des tâches de reconstruction du pays et ses besoins humanitaires. En clair, et comme prévu, les Etats-Unis se sont donc assurer le contrôle officielle du pétrole irakien, et ce avec la bénédiction de l'ONU. Parachevant ainsi leur prise de contrôle militaire des ressources énergétiques de la planète et des routes du pétrole.
La chronologique de cette sanglante mascarade,
se déroule donc comme suit:
Acte I
Réclamant un feu vert de l'ONU pour attaquer l'Irak, la coalition anglo-saxonne prétexte d'abord des connexions entre Bagdad et Al-Qaïda, puis la poursuite des programmes irakiens d'armes de destruction massive et déplace ensuite, faute de preuves dans les deux premiers cas, le débat sur le terrain moral en affirmant la nécessité d'abattre la dictature de Saddam Hussein.
Niet de l'ONU
Niet des citoyens du monde avec des dizaines de millions de citoyens qui descendent dans les rues.
Acte II
La coalition criminelle anglo-saxonne attaque l'Irak en déclenchant une campagne de bombardements aériens sans précédent dans l'histoire, avec, à la clé, des dizaines de milliers de morts (30'000 est le premier chiffre articulé), militaires comme civils.
Reste aussi sur le carreau le droit international, foulé au pied par les fous-de-guerre britannico-étasuniens. Au droit international se substitue donc désormais le droit impérial. C'est le retour officiel de la barbarie.
Moscou, Pékin, Paris et Bonn crient au scandale, appellent à la fin des opérations.
Par la voix de Kofi Annan, l'ONU déplore dans un premier temps, mais se tait. Surtout, aucune réunion du Conseil de Sécurité n'est organisée pour réclamer l'arrêt de l'invasion ou seulement la condamner en tant qu'agression illégale, ce qu'elle est de l'avis des meilleurs experts sur la question.
Acte III
Forcément victorieux au plan militaire, les Etats-Unis et leurs zélateurs mettent en scène la libération de Bagdad (>>Lire l'article du WSWS).
Le 28 mars, l'ONU a un sursaut de dignité et se fend d'une résolution qualifiant la coalition anglo-saxonne de puissance occupante 1472 du Conseil de Sécurité, et lui demande de respecter les obligations inhérentes à ce statut. Le jeudi 22 mai, l'organisation se reprend toutefois et offre enfin sa caution aux Etats-Unis en inscrivant l'occupation de l'Irak dans un processus internationalisé, donc légitime, de pseudo-reconstruction.
Epilogue
Au chapitre des raisons pouvant expliquer le numéro de spéléologie politique du camp de la paix, citons simplement la crise économique majeure qui sévit en Allemagne et qui s'installe en France. Récession qu'il nous suffit de mettre en parallèle avec le marché de 20 milliards de dollars que représente la fameuse reconstruction irakienne.
Côté Russe, rappelons seulement les paroles prononcées le jeudi 15 mai dernier par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Gueorgui Mamedov: «Nous espérons que nos intérêts légaux seront pris en compte, comme les intérêts des autres pays créanciers. Il y a des discussions vives en ce moment à New York, cette question va être réglée et le sort de la résolution en dépendra.» Il faut dire que l'ancien régime à accumuler une dette de 100 à 120 milliards de dollars envers la Russie.
Dédicace
«Nous devons nous rassembler pour aider le peuple irakien, avait déclaré Colin Powell avant le vote, jeudi après-midi à Paris. Et tous ceux qui voterons pour cette résolution participeront à cet effort, à cette croisade pour aider le peuple irakien. Pas une croisade pour un conflit mais une croisade pour la paix, une croisade pour aider le peuple à avoir une meilleure vie
En fait, dépouillé du verbiage diplomatique, le message du secrétaire étasunien voulait dire: «Nous devons nous rassembler pour piller le peuple irakien. Et tous ceux qui voterons pour cette résolution pourront s'en mettre plein les poches.»
Dont acte.

- l'arrestation de Saddam: juste un montage de plus 29/12/2003 On s'en doutait, ça se confirme. A l'image d'une «libération de Bagdad» interprétée par une poignée de copains de Chalabi sur une place encadrée par les chars US, l'arrestation de l'ancien dictateur de Bagdad n'était qu'un montage de plus. En fait, selon le site US dissident Xymphora ou encore le Sunday Herald, ce ne sont même pas les forces US qui ont cravaté Saddam, mais les Kurdes, qui l'ont ensuite offert à la machine de propagande d'un cabinet Bush qui était en chute libre dans les sondages.
Du côté du bourbien irakien, Washington ne peut que se féliciter de sa trouvaille du «plus ça va mal, plus ça va bien»! Car avec les 19 morts de samedi, ça va vraiment de plus en plus mal. Donc ça va très bien...
Israël bientôt le dernier détenteur d'armes de destruction massive du Moyen-Orient L'Irak de Saddam écrasée, la Syrie qui fait le dos rond, l'Iran qui joue la carte de la transparence nucléaire, la Libye qui l'imite avec un zèle inédit: tout «l'axe du mal» de Washington (hormis un régime de Pyongyang beaucoup trop bien armé pour qu'on se risque à la confrontation) semble découvrir les vertus de la normalisation. Evidemment, les fous de guerre du cabinet Bush célèbre cette nouvelle donne comme le fruit de leur politique de cowboys. Pas si simple nous dit le décidément incontournable de defensa.org. Khadafi pourrait en effet avoir joué son coup beaucoup plus finement qu'il n'y paraît et, sous l'aiguillon iranien, Israël pourrait finalement apparaître comme le seul détenteur d'armes de destruction massive (dont 200 ogives nucléaires) au Moyen-Orient. La Syrie a d'ailleurs ajouté une briquette à l'affaire lundi en présentant au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution demandant à tous les Etats du Proche-Orient de se débarrasser des armes de destruction massive (ADM), notamment nucléaires, qu'ils pourraient détenir. L'ambassadeur de la Syrie à l'ONU, Fayssal Mekdad, a évidemment confirmé que ce projet de résolution visait Israël...

Plus de 37'000 civils tués durant l'invasion de l'Irak? La première guerre du Golfe et son cortège de crimes de guerre ayant fait quelques 200'000 morts selon les sources, l'on peut s'interroger sur le bilan de l'invasion de l'Irak par la coalition anglo-saxonne. Les premiers bilans indépendants font état de 6'100 à 7'800 victimes civiles pour l'instant. Mais selon un repérage de de defensa.org, le Dr Mohammed Al-Obaidi (>>2), coordinateur général du Parti irakien de la liberté, aurait demandé aux représentations de son parti à travers le pays d'enquêter sur le nombre de civils tués durant l'offensive. Après cinq semaines d'enquêtes fouillées menées par des centaines de cadres du parti dans les hôpitaux, villes, villages et quelques zones désertiques (à l'exception de la zone kurde), les chiffres obtenus affichent un total de plus de 37'000 morts.
Dont:
Baghdad: 6103 morts
Mossoul: 2009 morts
Bassorah: 6734 morts
Nasiriyah: 3581 morts
Diwaniyah: 1567 morts
Kut: 2494 morts
Hillah: 3552 morts
Karbala (y compris Najaf): 2263 morts
Samawah: 659 morts
Amarah: 2741 morts
Ramadi: 2172 morts
Kerkuk: 861 morts
Diyalah: 604 morts
Tikrit: 1797 morts

- Occupation de l'Irak: un ami de Wolfowitz remplace un ami de Rumsfeld 12/05/2003 Paul Bremer, un ex-diplomate et ancien chef du service du contre-terrorisme du Département d'Etat, est arrivé hier lundi à Bagdad en tant qu'émissaire spécial des Etats-Unis en Irak. M. Bremer deviendra l'administrateur civil de l'Irak et dirigera le groupe de transition comprenant le général en retraite Jay Garner, actuel administrateur du pays et ami personnel de Rumsfeld. De nombreux observateurs analyse cette nomination comme une victoire du Département d'Etat sur le Pentagone, c'est à dire de Powell sur Rumsfeld. Powell ayant réussi à imposer un civil pour gérer l'occupation de l'Irak. Sauf que Bremer n'est, semble-t-il, qu'un super-faucon de plus  (>>2) dont la principale qualité est, dit-on, d'être du même avis que l'idéologue de l'invasion de l'Irak et numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz. Ce qui est sûr, c'est qu'il a un pedigree suspect puisqu'il fut collaborateur zélé d'Henry Kissinger. M. Bremer a en effet quitté le département d'Etat où il assistait les anciens secrétaires d'Etat William Rogers et Henry Kissinger, pour rejoindre Kissinger Associates, une société de conseil. M. Bremer préside actuellement la société Marsh Crisis Consulting.

Le cruel manque à gagner irakien de l'ONU Relégué au rang de vague ONG par la coaltion des fous de guerre britannico-étasuniens, l'ONU doit aussi faire face à un sérieux manque à gagner depuis la chute de Bagdad. Sous le régime du programme «Pétrole contre nourriture» mis en place en 1996, les Nations unies se sont copieusement engraissées sur le dos de l'Irak. 3% des revenus pétroliers irakiens (soient environ 1,7 milliard de dollars annuels) ont en effet financé les activités onusiennes. Pour la première fois dans l'histoire de l'organisation, le pays récipiendiaire d'une aide alimentaire était celui-là même qui la finançait avec ses propres deniers!

- Objectifs de guerre étasuniens Une excellente analyse de PINR (Power and Interest News Report) sur les motivations des fous de guerre étasuniens. Extraits: «Washington trouvera nécessaire d'établir des bases militaires dans le pays afin de superviser les activités militaires de la période post-guerre. Ceci rendra possible la réalisation du même modèle qu'en Afghanistan. Avec l'Iraq comme nouvelle base militaire, les USA se trouveront à un point stratégique: ayant des frontières communes avec six pays d' importance capitale, l'Iraq se trouve en effet au coeur du Moyen- Orient. (...) Une fois les bases militaires actives en Irak, Washington sera en mesure de remodéler le Moyen-Orient. (...) Cette projection de pouvoir dans le Moyen-Orient est la raison primaire derrière l'invasion de l'Irak. Mais en plus d'augmenter son influence dans la région, Washington sera aussi en mesure de contrôler l'offre de pétrole.»

- premier jour du protectorat étasunien sur l'Irak 21/04/2003 A peine arrivé hier lundi à Bagdad, l'administrateur civil étasunien de l'Irak, le général à la retraite Jay Garner, a annoncé la couleur: «Je vous le dis très franchement, nous allons vous aider mais cela va prendre du temps». Dans un entretien au Washington Post publié dimanche, le général de 65 ans avait déjà estimé ne pas avoir de calendrier pour le transfert du pouvoir aux Irakiens: «Nous leur remettrons les rênes de secteurs du gouvernement, non pas en fonction d'un calendrier, mais quand ils seront prêts.» Rappelons qu'au début mars, le secrétaire adjoint à la défense et idéologue de la guerre en Irak, Paul Wolfowitz, n'avait pas exclu le maintien d'une présence militaire américaine prolongée en Irak, à l'image de celle qui existe toujours en Allemagne depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. A la question: «Envisagez-vous (en Irak) une présence militaire américaine comme celle qui existe toujours en Allemagne, afin de contribuer à la paix et à la stabilité de la région?», le super-faucon avait répondu dimanche 6 avril sur Fox News: «C'est une possibilité
Côté pedigree, le général Garner est d'abord l'ami personnel de Donald Rumsfeld. Après son départ de l'armée en 1997, et bien que dépourvu de toute expérience dans le secteur privé, il fut nommé PDG de SY Technology, une société passée l'an dernier dans le giron du groupe industriel de défense L-3 Communications, spécialisée dans le guidage de missiles. Il a quitté cette entreprise en janvier. Lors de sa présidence à SY Technology, le général Garner a fait l'objet, l'été dernier, d'accusations de trafic d'influence. Un ancien lieutenant-colonel du commandement spatial, Biff Baker, l'a accusé d'avoir obtenu pour 100 millions de dollars de contrats du Pentagone en faisant jouer ses relations. Jay Garner a attaqué son accusateur en diffamation et l'affaire s'est réglée hors des tribunaux, en janvier, par un accord amiable confidentiel. Ses prises de position politique en faveur de la défense de l'Etat d'Israël, et ses liens avec l'Institut juif pour les questions de sécurité nationale (JINSA), lui ont aussi valu des accusations de «sionisme» de certains milieux arabes.
Bechtel: la reconstruction après les armes chimiques? 21/04/2003 L'administration Bush a attribué jeudi 17 avril un important contrat au groupe étasunien de bâtiment et travaux publics Bechtel pour la reconstruction en Irak. D'un montant de 34,8 millions de dollars, il pourrait atteindre les 680 millions. Ce contrat est le plus important des huit prévus par l'agence étasunienne pour le développement international (USAID) pour reconstruire l'Irak, une agence créée sur mesure par l'administration Bush et qui réserve ses appels d'offres à des entreprises étasuniennes évidemment. La compagnie pétrolière Halliburton, au départ sur les rangs pour le contrat, se serait, selon des informations de presse, retirée de l'appel d'offres pour ne pas donner prise aux accusation de favoritisme. Il faut dire qu'Halliburton, dirigée jusqu'en 2000 par le vice-président étasunien et véritable patron de la Maison-Blanche, Dick Cheney, s'était déjà vu attribuer le mois dernier le plus important des contrats de lutte contre les incendies de puits de pétrole par l'armée US et ce, sans appel d'offres évidemment (rappelons qu'Halliburton avait offert des stock options pour une valeur de 20 millions de dollars à Dick Cheney en guise de cadeau d'adieu).
Selon le site d'information TomPaine.com, Bechtel a signé, en 1988, plusieurs contrats avec Bagdad pour la construction d'une usine chimique à double-usage en banlieue de la capitale. Dans l'inventaire remis aux Nations Unies à la fin de l'année dernière, Saddam Hussein citait d'ailleurs Bechtel parmi les fournisseurs de technologie qui ont participé à la mise au point des armes chimiques détenues par le régime.
Bechtel a par ailleurs largement financé les campagnes électorales des républicains comme des démocrates. Selon le Center for Responsive Politics (CRP), le groupe a également versé au moins 166'000 dollars aux comités locaux du Parti républicain. W. Bush a de plus nommé Ross Conelley, un ancien responsable de Bechtel, au poste de président exécutif adjoint d'Overseas Private Investment, l'agence qui soutient les investissements américains à travers le monde, et l'actuel directeur exécutif du groupe, Riley Bechtel, parmi ses conseillers aux exportations.

De l'intérêt US d'une guerre en Irak 5/12/2002 Le 22 mai 2002, soit bien avant le lancement officiel de la campagne médiatique du président Bush pour «libérer le peuple irakien», William Kristol, président du «Project for a new American Century» (un puissant lobby conservateur co-fondé sous Clinton par Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense, ou encore Dick Cheney, le vice-président) déclarait au Congrès: «Se débarrasser du régime de Saddam Hussein et aider à construire une société et une économie irakiennes décentes permettrait de réduire l'influence séoudienne de manière décisive. Permettre au pétrole irakien d'accéder aux marchés mondiaux serait un plus pour l'économie. D'un point de vue militaire et stratégique, l'Irak est plus important que l'Arabie Saoudite
Surréaliste! L'inénarrable porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleisher, jeudi aux journalistes: «Le président Bush a dit que l'Irak avait des armes de destruction massive, Tony Blair a dit que l'Irak avait des armes de destruction massive, Donald Rumsfeld a dit que l'Irak avait des armes de destruction massive, Richard Butler [ancien chef de l'Unscom qui avait donné un blanc-seing à Washington pour les frappes sur l'Irak en 1998 au mépris des Nations Unies] a dit qu'il en avait, les Nations unies ont dit qu'il en avait [qui, quand?], les experts ont dit qu'il en avait, l'Irak a dit qu'il n'en avait pas. C'est à vous de choisir qui vous voulez croire. La charge de la preuve repose clairement sur Saddam Hussein
A ce jour, ni Bush Jr., ni Blair, ni Rumsfeld, (ne parlons pas de Butler), ni les fameux experts n'ont apporté le moindre début de preuve de leurs allégations. En revanche, les preuves existent que la seconde guerre contre l'Irak est planifiée depuis longtemps par les faucons du cabinet Bush. Pour faire court, citons deux rapports: le Defense Policy Guidance (DPG) 1992, puis en 2000, Rebuilding America's Defences (>>article >>rapport). Un autre document daté de 2001, émanant de l'Institut Baker cette fois, sur les défis de la politique énergétique pour le 21e siècle, notait que l'Irak était un danger pour la stabilité des marchés pétroliers et préconisait, dans ses conclusions, une révision de la politique étasunienne, vis-à-vis de l'Irak, incluant les options militaires.
Une «opportunité pour Israël» Selon le chef de la diplomatie israélienne, Netanyahou, la guerre étasunienne en Irak sera une opportunité pour Israël. Middle East Newsline affirme par ailleurs que l'Etat hébreu planche sur des scénarios de guerre régionale.

Pour le pétrole

De l'intérêt US d'une guerre en Irak Le 22 mai 2002, soit bien avant le lancement officiel de la campagne médiatique du président Bush pour «libérer le peuple irakien», William Kristol, président du «Project for a new American Century» (un puissant lobby conservateur co-fondé sous Clinton par Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense, ou encore Dick Cheney, le vice-président) déclarait au Congrès: «Se débarrasser du régime de Saddam Hussein et aider à construire une société et une économie irakiennes décentes permettrait de réduire l'influence séoudienne de manière décisive. Permettre au pétrole irakien d'accéder aux marchés mondiaux serait un plus pour l'économie. D'un point de vue militaire et stratégique, l'Irak est plus important que l'Arabie Saoudite

Pétrole, pétrole, pétrole 22/12/2002 Selon des milieux pétroliers américains, plus d'une trentaine d'accords ont été conclus au cours de derniers mois entre l'Irak et des sociétés italienne (Eni), espagnole (Repsol YPF), russe (Tatneft), française (TotalFinaElf), chinoise, indienne, turque et autres, avec un taux de rentabilité élevé (plus 20%). Le montant de ces contrats portant sur le développement de nouveaux champs pétroliers est estimé à 38 milliards de dollars par la Deustche Bank, avec une capacité de production potentielle de 4,7 millions de barils par jour (mbj), si tous les projets sont exécutés. Pour leur part, les firmes américaines ont entamé des pourparlers avec des représentants de l'opposition irakienne aux Etats-Unis sur l'après-Saddam, pourparlers parrainés par le département d'Etat. L'opposition irakienne n'a pas pour sa part dissimulé le fait qu'en cas de changement de régime, celles-ci percevraient «une bonne partie des dividendes» de l'intervention américaine.

Pillage de l'or noir irakien déjà en discussion 19/12/2002 L'opposition irakienne et les grandes compagnies pétrolières américaines ont commencé à se rencontrer discrètement pour déterminer ce qu'il adviendra des gigantesques réserves de pétrole irakiennes si Saddam Hussein est chassé du pouvoir, selon des informations obtenues par AFX, filiale d'information financière de l'AFP. Des représentants de l'opposition irakienne aux Etats-Unis, soutenus par l'administration Bush, ont indiqué qu'ils discutaient de la meilleure manière de gérer les réserves de brut, les deuxièmes plus importantes du monde après celles de l'Arabie Saoudite, en cas de changement de régime à Bagdad.
Rappelons que le 31 octobre dernier, le patron de BP, Lord Browne, demandait aux Etats-Unis de ne pas garder le contrôle de tout le pétrole irakien pour eux seuls après la guerre.

Guerre pétrolière en Irak: élément de réponse 20/11/2002 Les Etats-Unis vont dépendre de plus en plus des importations de pétrole qui représenteront deux tiers de leur consommation d'ici 2025, indique une étude publiée mercredi par le département américain de l'Energie. «La demande américaine de pétrole devrait devenir de plus en plus dépendante des importations. Les importations nettes de pétrole, comprenant à la fois le pétrole brut et les produits raffinés, devraient représenter 68% de la demande pétrolière totale d'ici 2025, contre 55% en 2001», selon ce rapport de l'Agence d'information sur l'énergie (EIA). L'Irak abritant les deuxième réserves d'hydrocarbure de la planète...

Pétrole, pétrole, et encore pétrole Le patron de BP, Lord Browne, demande aux Etats-Unis de ne pas garder le contrôle de tout le pétrole irakien pour eux seuls après la guerre.

Attaque de l'Irak: encore le pétrole En Avril 2001 déjà, un rapport de l'Institut James Baker, sur les défis de la politique énergétique pour le 21e siècle, notait que l'Irak était un danger pour la stabilité des marchés pétroliers et préconisait, dans ses conclusions, une révision de la politique étasunienne, vis-à-vis de l'Irak, incluant les options militaires.

Stratégie

- Remodelage de tout le Moyen-Orient prévu? 16/10/2002 En rupture totale avec la situation de 1991 où, pour éviter un embrasement régional, l'on avait interdit à Israël de riposter aux tirs de Scuds irakiens,  W. a donné carte blanche hier à Ariel Sharon pour répliquer à une éventuelle attaque. «Si l'Irak attaquait Israël demain, je suis sûr qu'il y aurait une réponse appropriée. Je pense que le premier ministre [Sharon] répondrait, car il a le droit de se défendre», a affirmé Jr. à Washington, à l'issue d'un entretien avec Ariel Sharon. «Nous ne pouvions espérer mieux de la part du président américain qui a reconnu publiquement le droit d'Israël à se défendre en cas d'attaque de la part de l'Irak ou du Hezbollah», a ensuite précisé à l'AFP le porte-parole du premier ministre israélien, Ranaan Gissin. Il a ajouté qu'il n'y avait eu «aucune pression de la part des Américains sur la question palestinienne». C'est d'abord la confirmation du pas de deux israélo-étasunien dans toutes les options choisies depuis deux ans sur la scène régionale. Ensuite, c'est le risque de voir les super-faucons de Washington réunir toutes les conditions à un embrasement régional. Pour remodeler tout le Proche-Orient? C'est ce que pense Pat Buchanan (14 octobre). Une thèse déjà développée début septembre dans le Boston Globe. Et l'on repense au récent avertissement, dans le Ha'aretz du 15 août, du commentateur israélien Meron Benvenisti: «Les avertissements sur les conséquences destructrices pour l'ensemble du Moyen-Orient d'une attaque contre l'Irak ne dissuadent pas Israël: ils l'encouragent. (...) Un assaut américain sur l'Irak, en dépit d'une opposition arabe et mondiale, et une participation même symbolique d'Israël à cet assaut, provoquera l'effondrement du régime hachémite en Jordanie. Israël mettrait alors en oeuvre la vieille «option jordanienne» en expulsant des centaines de milliers de Palestiniens de l'autre côté du Jourdain. Il n'y a jamais eu de meilleure opportunité pour cette option. (...). Les avertissements à propos du nettoyage ethnique ne doivent pas seulement venir des militants gauchistes, mais aussi de ceux dont on ne peut remettre en doute le patriotisme. Et Benvenisti de souligner que les Américains doivent être «avertis qu'un assaut contre l'Irak pourrait déclencher le nettoyage ethnique des Palestiniens.»
Notons au passage que ce remodelage de la région croisent les objectifs d'un vieux plan sioniste des années 80, qui prônait d'ailleurs déjà le démembrement de l'Irak. Extrait:«En Irak, une distribution des provinces, selon les ethnies et les religions, peut se faire de la même manière qu'en Syrie au temps de la domination ottomane. Trois Etats se constitueront autour des trois villes principales: Bassorah, Bagdad et Mossoul; et les régions chiites du sud se sépareront des sunnites et des kurdes du nord.»

- Attaque sur l'Irak: HK va-t-elle reprendre du service? 21/07/2002 Petit retour en arrière à l'heure où les Américains se préparent à une nouvelle ratonnade en Irak, affirmant que Saddam se dotent d'armes de destruction massive. Souvenez-vous, peu avant le lancement de la guerre du Golfe, l'une des plus fantastiques opérations de propagande de la décennie, (destinée à rallier les opinions publiques occidentales aux frappes contre l'Irak), avait été cette histoire de soldats irakiens faisant irruption dans un hôpital de Koweït City, renversant des couveuses et jetant à terre 312 bébés, les laissant mourir à même le sol. Une histoire relatée au Conseil des Nations Unies, avec force témoignages, au cours d'une présentation audio-visuelle le 27 novembre 1990. En fait, tout avait été inventé, de A à Z. Derrière cette opération de propagande: la société Hill & Knowlton (HK), fondée en 1927, leader international dans le domaine des relations publiques et des affaires publiques. Son siège social est à New York et compte 70 bureaux dans 33 pays ainsi qu'un vaste réseau d'associés. Le coût total des services de H & K pour l'intox irakienne a été estimé à 10,8 millions de USD (pour 119 personnes réparties dans 12 bureaux), selon Infoguerre.
Pour rester dans la tragi-comédie, à noter encore que l'un des dirigeants de Disney, Michael Haseltine, vient de quitter son poste de directeur de l'unité Walt Disney Imagineering, de la société Disney, pour un poste de direction à la National Security Agency (NSA).