![]() Maternité Al-Alwiya, Bagdad, 1998 |
«Le pétrole est une chose trop
sérieuse pour qu'on la laisse aux Arabes.»
Henry Kissinger
«Ce
fut un choix très difficile»,
répondit la secrétaire d'Etat, Madeleine Albright, en 1996, lors d'un
programme télévisé national, quand on lui demanda ses réactions au meurtre
(du fait de l'embargo) d'un demi-million d'enfants irakiens en cinq ans, mais «nous
pensons que cela vaut la peine de payer ce prix».
source: Le monde
dipolmatique - Mai 1999, p. 4-5
Actualité
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Éclairage - La
chute de Saddam Hussein:
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- l'arrestation de Saddam: juste
un montage de plus 29/12/2003 On s'en doutait, ça se confirme.
A l'image d'une «libération
de Bagdad» interprétée par une poignée de copains de Chalabi
sur une place encadrée par les chars US, l'arrestation de l'ancien
dictateur de Bagdad n'était qu'un montage de plus. En fait, selon le site
US dissident Xymphora
ou encore le Sunday
Herald, ce ne sont même pas les forces US qui ont cravaté
Saddam, mais les Kurdes, qui l'ont ensuite offert à la machine de
propagande d'un cabinet Bush qui était en chute libre dans les sondages.
Du côté du bourbien irakien, Washington ne peut que se féliciter de sa
trouvaille du «plus
ça va mal, plus ça va bien»! Car avec les 19 morts de
samedi, ça va vraiment de plus en plus mal. Donc ça va très bien...
Israël bientôt le dernier détenteur d'armes de destruction massive
du Moyen-Orient L'Irak de Saddam écrasée, la Syrie qui fait le dos
rond, l'Iran qui joue la carte de la transparence nucléaire, la Libye qui
l'imite avec un zèle inédit: tout «l'axe du mal» de Washington (hormis
un régime de Pyongyang beaucoup trop bien armé pour qu'on se risque à
la confrontation) semble découvrir les vertus de la normalisation.
Evidemment, les fous de guerre du cabinet Bush célèbre cette nouvelle
donne comme le fruit de leur politique de cowboys. Pas si simple nous dit
le décidément incontournable de
defensa.org. Khadafi pourrait en effet avoir joué son coup
beaucoup plus finement qu'il n'y paraît et, sous l'aiguillon iranien,
Israël pourrait finalement apparaître comme le seul détenteur d'armes
de destruction massive (dont 200 ogives nucléaires) au Moyen-Orient. La
Syrie a d'ailleurs ajouté une briquette à l'affaire lundi en présentant
au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution demandant à
tous les Etats du Proche-Orient de se débarrasser des armes de
destruction massive (ADM), notamment nucléaires, qu'ils pourraient détenir.
L'ambassadeur de la Syrie à l'ONU, Fayssal Mekdad, a évidemment confirmé
que ce projet de résolution visait Israël...
Plus de 37'000 civils tués durant l'invasion de l'Irak? La première
guerre du Golfe et son cortège
de crimes de guerre ayant fait quelques
200'000 morts selon les sources, l'on peut s'interroger sur le bilan de l'invasion
de l'Irak par la coalition anglo-saxonne. Les premiers bilans
indépendants font état de 6'100
à 7'800 victimes civiles pour l'instant. Mais selon un repérage
de de
defensa.org, le Dr
Mohammed Al-Obaidi (>>2),
coordinateur général du Parti irakien de la liberté, aurait demandé
aux représentations de son parti à travers le pays d'enquêter sur le
nombre de civils tués durant l'offensive. Après cinq semaines
d'enquêtes fouillées menées par des centaines de cadres du parti dans
les hôpitaux, villes, villages et quelques zones désertiques (à
l'exception de la zone kurde), les chiffres obtenus affichent un
total de plus de 37'000 morts.
Dont:
Baghdad: 6103 morts
Mossoul: 2009 morts
Bassorah: 6734 morts
Nasiriyah: 3581 morts
Diwaniyah: 1567 morts
Kut: 2494 morts
Hillah: 3552 morts
Karbala (y compris Najaf): 2263 morts
Samawah: 659 morts
Amarah: 2741 morts
Ramadi: 2172 morts
Kerkuk: 861 morts
Diyalah: 604 morts
Tikrit: 1797 morts
- Occupation de l'Irak: un ami de Wolfowitz remplace un ami de Rumsfeld 12/05/2003 Paul Bremer, un ex-diplomate et ancien chef du service du contre-terrorisme du Département d'Etat, est arrivé hier lundi à Bagdad en tant qu'émissaire spécial des Etats-Unis en Irak. M. Bremer deviendra l'administrateur civil de l'Irak et dirigera le groupe de transition comprenant le général en retraite Jay Garner, actuel administrateur du pays et ami personnel de Rumsfeld. De nombreux observateurs analyse cette nomination comme une victoire du Département d'Etat sur le Pentagone, c'est à dire de Powell sur Rumsfeld. Powell ayant réussi à imposer un civil pour gérer l'occupation de l'Irak. Sauf que Bremer n'est, semble-t-il, qu'un super-faucon de plus (>>2) dont la principale qualité est, dit-on, d'être du même avis que l'idéologue de l'invasion de l'Irak et numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz. Ce qui est sûr, c'est qu'il a un pedigree suspect puisqu'il fut collaborateur zélé d'Henry Kissinger. M. Bremer a en effet quitté le département d'Etat où il assistait les anciens secrétaires d'Etat William Rogers et Henry Kissinger, pour rejoindre Kissinger Associates, une société de conseil. M. Bremer préside actuellement la société Marsh Crisis Consulting.
Le cruel manque à gagner irakien de l'ONU Relégué au rang de vague ONG par la coaltion des fous de guerre britannico-étasuniens, l'ONU doit aussi faire face à un sérieux manque à gagner depuis la chute de Bagdad. Sous le régime du programme «Pétrole contre nourriture» mis en place en 1996, les Nations unies se sont copieusement engraissées sur le dos de l'Irak. 3% des revenus pétroliers irakiens (soient environ 1,7 milliard de dollars annuels) ont en effet financé les activités onusiennes. Pour la première fois dans l'histoire de l'organisation, le pays récipiendiaire d'une aide alimentaire était celui-là même qui la finançait avec ses propres deniers!
- Objectifs de guerre étasuniens Une excellente analyse de PINR (Power and Interest News Report) sur les motivations des fous de guerre étasuniens. Extraits: «Washington trouvera nécessaire d'établir des bases militaires dans le pays afin de superviser les activités militaires de la période post-guerre. Ceci rendra possible la réalisation du même modèle qu'en Afghanistan. Avec l'Iraq comme nouvelle base militaire, les USA se trouveront à un point stratégique: ayant des frontières communes avec six pays d' importance capitale, l'Iraq se trouve en effet au coeur du Moyen- Orient. (...) Une fois les bases militaires actives en Irak, Washington sera en mesure de remodéler le Moyen-Orient. (...) Cette projection de pouvoir dans le Moyen-Orient est la raison primaire derrière l'invasion de l'Irak. Mais en plus d'augmenter son influence dans la région, Washington sera aussi en mesure de contrôler l'offre de pétrole.»
- premier jour du
protectorat étasunien sur l'Irak 21/04/2003 A peine arrivé
hier lundi à Bagdad, l'administrateur civil étasunien de l'Irak, le général
à la retraite Jay Garner, a annoncé la couleur: «Je vous le dis très
franchement, nous allons vous aider mais cela va prendre du temps».
Dans un entretien au Washington Post publié dimanche, le général
de 65 ans avait déjà estimé ne pas avoir de calendrier pour le
transfert du pouvoir aux Irakiens: «Nous leur remettrons les rênes de
secteurs du gouvernement, non pas en fonction d'un calendrier, mais quand
ils seront prêts.» Rappelons qu'au début mars, le secrétaire
adjoint à la défense et idéologue de la guerre en Irak, Paul Wolfowitz,
n'avait pas exclu le maintien d'une présence militaire américaine
prolongée en Irak, à l'image de celle qui existe toujours en Allemagne
depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. A la question: «Envisagez-vous
(en Irak) une présence militaire américaine comme celle qui existe
toujours en Allemagne, afin de contribuer à la paix et à la stabilité
de la région?», le super-faucon avait répondu dimanche 6 avril sur
Fox News: «C'est une possibilité.»
Côté pedigree, le général Garner est d'abord l'ami personnel de Donald
Rumsfeld. Après son départ de l'armée en 1997, et bien que dépourvu de
toute expérience dans le secteur privé, il fut nommé PDG de SY
Technology, une société passée l'an dernier dans le giron du groupe
industriel de défense L-3 Communications, spécialisée dans le guidage
de missiles. Il a quitté cette entreprise en janvier. Lors de sa présidence
à SY Technology, le général Garner a fait l'objet, l'été dernier,
d'accusations de trafic d'influence. Un ancien lieutenant-colonel du
commandement spatial, Biff Baker, l'a accusé d'avoir obtenu pour 100
millions de dollars de contrats du Pentagone en faisant jouer ses
relations. Jay Garner a attaqué son accusateur en diffamation et
l'affaire s'est réglée hors des tribunaux, en janvier, par un accord
amiable confidentiel. Ses prises de position politique en faveur de la défense
de l'Etat d'Israël, et ses liens avec l'Institut juif pour les questions
de sécurité nationale (JINSA), lui ont aussi valu des accusations de «sionisme»
de certains milieux arabes.
Bechtel: la reconstruction après les armes chimiques? 21/04/2003 L'administration Bush a attribué jeudi 17 avril un important contrat au
groupe étasunien de bâtiment et travaux publics Bechtel pour la
reconstruction en Irak. D'un montant de 34,8 millions de dollars, il
pourrait atteindre les 680 millions. Ce contrat est le plus important des
huit prévus par l'agence étasunienne pour le développement
international (USAID) pour reconstruire l'Irak, une agence créée sur
mesure par l'administration Bush et qui réserve ses appels d'offres à
des entreprises étasuniennes évidemment. La compagnie pétrolière
Halliburton, au départ sur les rangs pour le contrat, se serait, selon
des informations de presse, retirée de l'appel d'offres pour ne pas
donner prise aux accusation de favoritisme. Il faut dire qu'Halliburton,
dirigée jusqu'en 2000 par le vice-président étasunien et véritable
patron de la Maison-Blanche, Dick Cheney, s'était déjà vu attribuer le
mois dernier le plus important des contrats de lutte contre les incendies
de puits de pétrole par l'armée US et ce, sans appel d'offres évidemment
(rappelons qu'Halliburton avait offert des stock options pour une valeur
de 20 millions de dollars à Dick Cheney en guise de cadeau d'adieu).
Selon le site d'information TomPaine.com,
Bechtel a signé, en 1988, plusieurs contrats avec Bagdad pour la
construction d'une usine chimique à double-usage en banlieue de la
capitale. Dans l'inventaire remis aux Nations Unies à la fin de l'année
dernière, Saddam Hussein citait d'ailleurs Bechtel parmi les fournisseurs
de technologie qui ont participé à la mise au point des armes chimiques
détenues par le régime.
Bechtel a par ailleurs largement financé les campagnes électorales des républicains
comme des démocrates. Selon le Center for Responsive Politics (CRP), le
groupe a également versé au moins 166'000 dollars aux comités locaux du
Parti républicain. W. Bush a de plus nommé Ross Conelley, un ancien
responsable de Bechtel, au poste de président exécutif adjoint d'Overseas
Private Investment, l'agence qui soutient les investissements américains
à travers le monde, et l'actuel directeur exécutif du groupe, Riley
Bechtel, parmi ses conseillers aux exportations.
De l'intérêt US d'une guerre
en Irak 5/12/2002 Le 22 mai 2002, soit bien avant le lancement
officiel de la campagne médiatique du président Bush pour «libérer le peuple
irakien», William Kristol, président du «Project for a new American Century»
(un puissant lobby
conservateur co-fondé sous Clinton par Donald Rumsfeld, Secrétaire à la
Défense, ou encore Dick Cheney, le vice-président) déclarait au Congrès: «Se débarrasser du régime de Saddam Hussein et aider à construire
une société et une économie irakiennes décentes permettrait de réduire
l'influence séoudienne de manière décisive. Permettre au pétrole
irakien d'accéder aux marchés mondiaux serait un plus pour l'économie.
D'un point de vue militaire et stratégique, l'Irak est plus important que
l'Arabie Saoudite.»
Surréaliste! L'inénarrable porte-parole de la Maison-Blanche,
Ari Fleisher, jeudi aux journalistes: «Le président Bush a dit que l'Irak
avait des armes de destruction massive, Tony Blair a dit que l'Irak avait
des armes de destruction massive, Donald Rumsfeld a dit que l'Irak avait
des armes de destruction massive, Richard Butler [ancien chef de l'Unscom
qui avait donné un blanc-seing à Washington pour les frappes sur l'Irak en
1998 au
mépris des Nations Unies] a dit qu'il en avait, les Nations
unies ont dit qu'il en avait [qui, quand?], les experts ont dit
qu'il en avait, l'Irak a dit qu'il n'en avait pas. C'est à vous de
choisir qui vous voulez croire. La charge de la preuve repose clairement
sur Saddam Hussein.»
A ce jour, ni Bush Jr., ni Blair, ni Rumsfeld, (ne parlons pas de Butler), ni
les fameux experts n'ont apporté le moindre début de preuve de leurs
allégations. En revanche, les preuves existent que la seconde guerre contre
l'Irak est planifiée depuis longtemps par les faucons du cabinet Bush. Pour
faire court, citons deux rapports: le Defense Policy Guidance (DPG) 1992,
puis en 2000, Rebuilding America's Defences (>>article
>>rapport).
Un autre document daté de 2001,
émanant de l'Institut Baker cette fois, sur les défis de la politique
énergétique pour le 21e siècle, notait que l'Irak était un danger pour la
stabilité des marchés pétroliers et préconisait, dans ses conclusions, une
révision de la politique étasunienne, vis-à-vis de l'Irak, incluant les
options militaires.
Une «opportunité pour Israël» Selon le chef de la diplomatie
israélienne, Netanyahou, la guerre étasunienne en Irak sera une opportunité
pour Israël. Middle
East Newsline affirme par ailleurs que l'Etat hébreu planche
sur des scénarios de guerre régionale.
Pour le pétrole
De l'intérêt US d'une guerre en Irak Le 22 mai 2002, soit bien avant le lancement officiel de la campagne médiatique du président Bush pour «libérer le peuple irakien», William Kristol, président du «Project for a new American Century» (un puissant lobby conservateur co-fondé sous Clinton par Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense, ou encore Dick Cheney, le vice-président) déclarait au Congrès: «Se débarrasser du régime de Saddam Hussein et aider à construire une société et une économie irakiennes décentes permettrait de réduire l'influence séoudienne de manière décisive. Permettre au pétrole irakien d'accéder aux marchés mondiaux serait un plus pour l'économie. D'un point de vue militaire et stratégique, l'Irak est plus important que l'Arabie Saoudite.»
Pétrole, pétrole, pétrole 22/12/2002 Selon des milieux pétroliers américains, plus d'une trentaine d'accords ont été conclus au cours de derniers mois entre l'Irak et des sociétés italienne (Eni), espagnole (Repsol YPF), russe (Tatneft), française (TotalFinaElf), chinoise, indienne, turque et autres, avec un taux de rentabilité élevé (plus 20%). Le montant de ces contrats portant sur le développement de nouveaux champs pétroliers est estimé à 38 milliards de dollars par la Deustche Bank, avec une capacité de production potentielle de 4,7 millions de barils par jour (mbj), si tous les projets sont exécutés. Pour leur part, les firmes américaines ont entamé des pourparlers avec des représentants de l'opposition irakienne aux Etats-Unis sur l'après-Saddam, pourparlers parrainés par le département d'Etat. L'opposition irakienne n'a pas pour sa part dissimulé le fait qu'en cas de changement de régime, celles-ci percevraient «une bonne partie des dividendes» de l'intervention américaine.
Pillage de l'or noir irakien déjà en discussion 19/12/2002 L'opposition
irakienne et les grandes compagnies pétrolières américaines ont commencé
à se rencontrer discrètement pour déterminer ce qu'il adviendra des
gigantesques réserves de pétrole irakiennes si Saddam Hussein est chassé
du pouvoir, selon des informations obtenues par AFX, filiale d'information
financière de l'AFP. Des représentants de l'opposition irakienne aux
Etats-Unis, soutenus par l'administration Bush, ont indiqué qu'ils
discutaient de la meilleure manière de gérer les réserves de brut, les
deuxièmes plus importantes du monde après celles de l'Arabie Saoudite,
en cas de changement de régime à Bagdad.
Rappelons que le 31 octobre dernier, le patron de BP, Lord
Browne, demandait aux Etats-Unis de ne pas garder le contrôle de
tout le pétrole irakien pour eux seuls après la guerre.
Guerre pétrolière en Irak: élément de réponse 20/11/2002 Les Etats-Unis vont dépendre de plus en plus des importations de pétrole qui représenteront deux tiers de leur consommation d'ici 2025, indique une étude publiée mercredi par le département américain de l'Energie. «La demande américaine de pétrole devrait devenir de plus en plus dépendante des importations. Les importations nettes de pétrole, comprenant à la fois le pétrole brut et les produits raffinés, devraient représenter 68% de la demande pétrolière totale d'ici 2025, contre 55% en 2001», selon ce rapport de l'Agence d'information sur l'énergie (EIA). L'Irak abritant les deuxième réserves d'hydrocarbure de la planète...
Pétrole, pétrole, et encore pétrole Le patron de BP, Lord Browne, demande aux Etats-Unis de ne pas garder le contrôle de tout le pétrole irakien pour eux seuls après la guerre.
Attaque de l'Irak: encore le pétrole En Avril 2001 déjà, un rapport de l'Institut James Baker, sur les défis de la politique énergétique pour le 21e siècle, notait que l'Irak était un danger pour la stabilité des marchés pétroliers et préconisait, dans ses conclusions, une révision de la politique étasunienne, vis-à-vis de l'Irak, incluant les options militaires.
Stratégie
- Remodelage de tout le
Moyen-Orient prévu?
16/10/2002 En rupture
totale avec la situation de 1991 où, pour éviter un embrasement
régional, l'on avait interdit à Israël de riposter aux tirs de Scuds
irakiens, W. a donné carte blanche hier à Ariel Sharon pour
répliquer à une éventuelle attaque. «Si l'Irak attaquait Israël
demain, je suis sûr qu'il y aurait une réponse appropriée. Je pense que
le premier ministre [Sharon] répondrait, car il a le droit de se défendre»,
a affirmé Jr. à Washington, à l'issue d'un entretien avec Ariel Sharon.
«Nous ne pouvions espérer mieux de la part du président américain
qui a reconnu publiquement le droit d'Israël à se défendre en cas
d'attaque de la part de l'Irak ou du Hezbollah», a ensuite
précisé à l'AFP le porte-parole du premier ministre israélien, Ranaan
Gissin. Il a ajouté qu'il n'y avait eu «aucune pression de la part
des Américains sur la question palestinienne». C'est d'abord la
confirmation du pas de deux israélo-étasunien dans toutes les options
choisies depuis deux ans sur la scène régionale. Ensuite, c'est le
risque de voir les super-faucons de Washington réunir toutes les
conditions à un embrasement régional. Pour remodeler tout le Proche-Orient?
C'est ce que pense Pat
Buchanan (14 octobre). Une thèse déjà développée
début septembre dans le Boston
Globe. Et l'on repense au récent avertissement, dans le
Ha'aretz du 15 août, du commentateur israélien Meron Benvenisti: «Les avertissements sur les conséquences destructrices pour
l'ensemble du Moyen-Orient d'une attaque contre l'Irak ne dissuadent pas
Israël: ils l'encouragent. (...) Un assaut américain sur l'Irak, en dépit
d'une opposition arabe et mondiale, et une participation même
symbolique d'Israël à cet assaut, provoquera l'effondrement du régime
hachémite en Jordanie. Israël mettrait alors en oeuvre la vieille «option
jordanienne» en expulsant des centaines de milliers de Palestiniens de
l'autre côté du Jourdain. Il n'y a jamais eu de meilleure opportunité
pour cette option. (...). Les avertissements à propos du nettoyage
ethnique ne doivent pas seulement venir des militants gauchistes, mais
aussi de ceux dont on ne peut remettre en doute le patriotisme.
Et Benvenisti de souligner que les Américains doivent être «avertis
qu'un assaut contre l'Irak pourrait déclencher le nettoyage ethnique
des Palestiniens.»
Notons au passage que ce remodelage de la région croisent les objectifs d'un vieux
plan sioniste des années 80, qui prônait d'ailleurs déjà le démembrement
de l'Irak. Extrait:«En
Irak, une distribution des provinces, selon les ethnies et les religions,
peut se faire de la même manière qu'en Syrie au temps de la domination
ottomane. Trois Etats se constitueront autour des trois villes
principales: Bassorah, Bagdad et Mossoul; et les régions chiites du sud
se sépareront des sunnites et des kurdes du nord.»
-
Attaque
sur l'Irak: HK va-t-elle reprendre du service? 21/07/2002
Petit retour en arrière à l'heure où les Américains se préparent à
une nouvelle ratonnade en Irak, affirmant que Saddam se dotent d'armes de
destruction massive. Souvenez-vous, peu avant le lancement de la guerre du
Golfe, l'une des plus fantastiques opérations de propagande de la décennie,
(destinée à rallier les opinions publiques occidentales aux frappes
contre l'Irak), avait été cette histoire de soldats irakiens faisant
irruption dans un hôpital de Koweït City, renversant des couveuses et
jetant à terre 312 bébés, les laissant mourir à même le sol. Une
histoire relatée au Conseil des Nations Unies, avec force témoignages,
au cours d'une présentation audio-visuelle le 27 novembre 1990. En fait,
tout avait été inventé, de A à Z. Derrière cette opération de
propagande: la société Hill & Knowlton (HK), fondée en 1927, leader
international dans le domaine des relations publiques et des affaires
publiques. Son siège social est à New York et compte 70 bureaux dans 33
pays ainsi qu'un vaste réseau d'associés. Le coût total des services de
H & K pour l'intox irakienne a été estimé à 10,8 millions de USD
(pour 119 personnes réparties dans 12 bureaux), selon Infoguerre.
Pour rester dans la tragi-comédie, à noter encore que l'un des
dirigeants de Disney, Michael
Haseltine, vient de quitter son poste de directeur de l'unité
Walt Disney Imagineering, de la société Disney, pour un poste de
direction à la National Security Agency (NSA).